jeudi 2 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2102833 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | GUENDOUZ |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 30 mars 2021, M. A B, représenté par Me Guendouz, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 21 janvier 2021 par lequel le maire de la commune de Simiane-la-Rotonde a retiré la délégation de fonctions dont il bénéficiait en qualité de deuxième adjoint ainsi que la décision du 16 mars 2021 ayant rejeté son recours gracieux ;
2°) d'annuler les délibérations du 30 janvier 2021 par lesquelles le conseil municipal de la commune de Simiane-la-Rotonde a décidé de ne pas le maintenir dans ses fonctions de deuxième adjoint au maire, s'est prononcé pour le maintien du poste de deuxième adjoint au maire et a élu M. C El Kaïm en cette qualité ;
3°) d'enjoindre à la commune de Simiane-la-Rotonde de le rétablir dans ses fonctions de deuxième adjoint ;
4°) de mettre à la charge de la commune de Simiane-la-Rotonde une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le retrait de sa délégation de fonctions par arrêté du maire du 21 janvier 2021, qui ne répond pas à un motif de bonne marche de l'administration communale, est illégal ;
- l'élection de M. El Kaïm en qualité de deuxième adjoint à la suite d'une délibération du même jour refusant son propre maintien dans les fonctions d'adjoint démontre la volonté de l'évincer au profit d'un élu issu de la majorité, et est constitutive d'un détournement de pouvoir.
Par un mémoire en défense enregistré le 14 mai 2021, la commune de Simiane-la-Rotonde conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que l'arrêté en litige n'a pas été édicté pour des motifs étrangers à la bonne marche de l'administration communale et est justifié par une rupture de confiance entre le maire et M. B.
Par ordonnance du 18 août 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 16 septembre 2022.
Un mémoire présenté par M. B a été enregistré le 16 septembre 2022, postérieurement à la clôture d'instruction et n'a pas été communiqué.
Vu :
-l'ordonnance n°2103278 du 16 avril 2021 du juge des référés du tribunal administratif de Marseille ;
- les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Fabre, rapporteure,
- les conclusions de Mme Sarac-Deleigne, rapporteure publique,
- et les observations de Me Guendouz représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. B a été élu deuxième adjoint au maire de la commune de Simiane-la-Rotonde le 3 juillet 2020. Par un arrêté du 4 septembre 2020, le maire a attribué à M. B, sur le fondement de l'article L. 2122-18 du code général des collectivités territoriales, une délégation de fonctions dans le domaine du patrimoine communal et des travaux, pour des fonctions limitativement énumérées. Par un arrêté du 21 janvier 2021, le maire de Simiane-la-Rotonde a abrogé la délégation accordée à M. B. Par une délibération du 30 janvier 2021, le conseil municipal de la commune a décidé de ne pas maintenir M. B dans sa fonction d'adjoint au maire, de maintenir le poste de deuxième adjoint et a élu M. El Kaïm à ces fonctions. A la suite de la décision explicite de rejet de son recours gracieux du 16 mars 2021 par lequel il demandait au maire de revenir sur son " éviction du poste de deuxième adjoint ", M. B demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 21 janvier 2021 du maire de Simiane-la-Rotonde abrogeant la délégation de fonctions dont il faisait l'objet en qualité de deuxième adjoint ainsi que la décision du 16 mars 2021 de rejet de son recours gracieux et d'annuler les délibérations du 30 janvier 2021 par lesquelles le conseil municipal a décidé de ne pas le maintenir dans ses fonctions de deuxième adjoint au maire, s'est prononcé pour le maintien du poste de deuxième adjoint au maire et a élu M. C El Kaïm en cette qualité.
Sur l'étendue du litige :
2. Le requérant présente, d'une part, des conclusions relevant du recours pour excès de pouvoir dirigées contre l'arrêté du maire de Simiane-la-Rotonde du 21 janvier 2021 et contre les délibérations de son conseil municipal du 30 janvier 2021 ayant décidé de ne pas maintenir M. B dans sa fonction d'adjoint au maire et de maintenir le poste de deuxième adjoint. Il présente, d'autre part, des conclusions ayant la nature d'une protestation électorale dirigées contre l'élection de M. El Kaïm en tant qu'adjoint qui ont fait l'objet d'une ordonnance de rejet définitive du 16 avril 2021 de la présidente de la 1ère chambre du tribunal administratif de Marseille. Dès lors, le litige relatif à la protestation électorale ayant été jugé par cette ordonnance, seules les conclusions en excès de pouvoir susmentionnées demeurent l'objet du présent jugement.
Sur les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du maire de Simiane-la-Rotonde du 21 janvier 2021 :
3. Aux termes de l'article L. 2122-18 du code général des collectivités territoriales : " Le maire est seul chargé de l'administration, mais il peut, sous sa surveillance et sa responsabilité, déléguer par arrêté une partie de ses fonctions à un ou plusieurs de ses adjoints (). / () Lorsque le maire a retiré les délégations qu'il avait données à un adjoint, le conseil municipal doit se prononcer sur le maintien de celui-ci dans ses fonctions. ". Il résulte de ces dispositions qu'il est loisible au maire d'une commune, sous réserve que sa décision ne soit pas inspirée par un motif étranger à la bonne marche de l'administration communale, de mettre un terme, à tout moment, aux délégations de fonctions qu'il avait données à l'un de ses adjoints. Dans ce cas, il est tenu de convoquer sans délai le conseil municipal afin que celui-ci se prononce sur le maintien dans ses fonctions de l'adjoint auquel il a retiré ses délégations.
4. Il ressort des pièces du dossier que l'abrogation de la délégation de fonctions de M. B est motivée par la perte de confiance du maire de la commune envers le requérant, en raison de son manque de collaboration avec ce dernier et les conseillers municipaux avec lesquels la délégation de fonctions de M. B suppose un travail en concertation. A cet égard, il n'est pas contesté que le requérant, qui a organisé une visite du patrimoine communal dans le cadre de son attribution de délégué du syndicat mixte " villages et cités de caractère ", n'a pas associé les adjoints concernés et le maire. Il ressort en outre des pièces du dossier l'existence de tensions avec M. El Kaïm, conseiller municipal dont la délégation de fonctions avait alors pour objet le patrimoine communal et les affaires culturelles. Enfin, le maire établit que M. B s'est à plusieurs reprises abstenu de participer au vote des délibérations budgétaires de la commune au cours de l'année 2020, ce qui a contribué à nuire au climat de confiance nécessaire au travail de l'équipe municipale. La commune fait valoir, sans toutefois l'établir, que M. B aurait partagé sur les réseaux sociaux un virulent commentaire concernant le contenu, estimé excessivement réduit, de sa délégation. Toutefois, il ressort des échanges de courriels avec le maire qu'alors que ce dernier proposait au groupe minoritaire de leur réserver un espace d'expression au sein du bulletin municipal, M. B a réagi de façon ironique révélant un climat d'hostilité interpersonnelle. Enfin, si l'intéressé soutient avoir été entravé dans l'exercice de ses fonctions, en faisant état d'une réunion organisée par M. El Kaïm au sujet de la bibliothèque municipale entrant dans le cadre de sa délégation de fonctions, il n'établit pas en avoir été évincé alors qu'il a été prévenu de sa tenue, qu'il n'a pu s'y rendre de son propre fait et qu'il ne conteste pas avoir été destinataire de son compte rendu. Ainsi, M. B n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté en litige abrogeant sa délégation de fonctions ait été inspiré par des motifs étrangers à la bonne marche de l'administration communale. Dès lors, le moyen tiré du détournement de pouvoir doit être écarté.
5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté du 21 janvier 2021 du maire de Simiane-la-Rotonde et de la décision du 16 mars 2021 de rejet de son recours gracieux doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'annulation des délibérations de son conseil municipal du 30 janvier 2021 en tant qu'elles ont décidé de ne pas maintenir M. B dans sa fonction d'adjoint au maire et de maintenir le poste de deuxième adjoint :
6. Pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 4, et en l'absence de moyens propres au soutien des conclusions tendant à l'annulation des délibérations du conseil municipal du 30 janvier 2021, celles-ci ne peuvent qu'être rejetées.
7. Il résulte de ce qui précède que les conclusions en annulation doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au maire de la commune de Simiane-la-Rotonde.
Délibéré après l'audience du 12 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Trottier, président,
Mme Fabre, première conseillère,
Mme Hétier-Noël, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 novembre 2023.
La rapporteure,
signé
E. Fabre
Le président,
signé
T. Trottier
La greffière,
signé
B. Marquet
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2102833
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026