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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2102989

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2102989

lundi 2 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2102989
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation10eme Chambre
Avocat requérantGAGLIANO

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés les 6 et 7 avril 2021, M. A B, représenté par Me Gagliano, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 5 février 2021 par lequel le maire de la commune de La Ciotat s'est opposé à une déclaration préalable déposée en vue de la division d'un terrain en deux lots, le lot 1 de 319 m² à bâtir et le lot 2 de 671 m² déjà bâti, sur une parcelle située 240 avenue de Lorraine cadastrée section BD n° 142 ;

2°) d'enjoindre au maire de la commune d'instruire à nouveau le dossier dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir.

Il soutient que :

- l'auteur de l'acte en litige est incompétent en l'absence délégation de signature régulière, publiée et transmise au contrôle de légalité ;

- l'arrêté du 5 février 2021 est entaché d'un détournement de pouvoir ;

- il n'est pas suffisamment motivé ;

- il s'est fondé sur un avis de l'architecte des bâtiments de France concernant une précédente déclaration préalable ;

- le projet ne méconnait pas l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme ;

- il ne concerne pas la construction d'un lotissement mais porte uniquement sur une division parcellaire qui demeure la propriété du requérant ; il ne concerne pas non plus un permis d'aménager ni une demande de permis de construire mais une division foncière, les dispositions des articles L. 442-1 et suivants du code de l'urbanisme n'étant pas applicables ;

- le refus est entaché d'une erreur d'appréciation et d'une erreur de fait, le projet n'entrainant pas la suppression du couvert végétal du terrain d'assiette, s'intégrant harmonieusement dans son environnement et préservant le paysage ;

- le projet ne méconnait pas l'article 11 du règlement de la zone UP du règlement du plan local d'urbanisme.

Par un mémoire en défense enregistré 13 août 2022 le maire de la commune de La Ciotat, représenté par Me Drai conclut au rejet de la requête et demande que soit mis à la charge du requérant la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir que la requête est irrecevable et que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

La clôture immédiate de l'instruction a été prononcée le 18 septembre 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Houvet,

- les conclusions de Mme Noire, rapporteure publique ;

- les observations de Me Germain-Morel pour la commune.

Considérant ce qui suit :

1. M. B demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 5 février 2021 par lequel le maire de la commune de La Ciotat s'est opposé à une déclaration préalable déposée en vue de la division d'un terrain en deux lots, le lot 1 de 319 m² à bâtir et le lot 2 de 671 m² déjà bâti, sur une parcelle située 240 avenue de Lorraine.

Sur la fin de non-recevoir tirée de la tardiveté de la requête :

2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. ()". Aux termes de l'article R. 600-2 du code de l'urbanisme : " Le délai de recours contentieux à l'encontre d'une décision de non-opposition à une déclaration préalable ou d'un permis de construire, d'aménager ou de démolir court à l'égard des tiers à compter du premier jour continue de deux mois d'affichage sur le terrain des pièces mentionnées à l'article R. 424-15. ".

3. La commune ne justifie pas de la date de notification à l'intéressé de l'arrêté du 5 février 2021 alors que la requête a été enregistrée au tribunal administratif le 6 avril 2021. Il suit de là que la fin de non-recevoir opposée par la commune doit être écartée.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

4. En premier lieu, le maire s'est opposé à la déclaration préalable au motif que le détachement d'un lot à bâtir entrainerait la suppression du couvert végétal existant, induirait un impact paysager négatif sur l'avenue de Lorraine qui est très végétalisée et ne s'intègre pas harmonieusement avec son environnement et au motif que la demande n'est pas compatible avec les prescriptions de l'orientation d'aménagement et de programmation (OAP) relative à la qualité d'aménagement des zones UP car elle ne permet pas la préservation des composantes paysagères. Il ressort des pièces du dossier que le terrain d'assiette du projet accueille 6 palmiers, que le projet de division foncière ne comporte pas de demande d'autorisation de construire et ne prévoit aucun abattage des palmiers et que le maire pourrait, en tout état de cause et s'il y a lieu, prendre en compte cette préoccupation au stade du dépôt d'une demande de permis de construire pour limiter une éventuelle coupe d'arbres, alors que l'avenue de Loraine n'apparait pas aussi végétalisée que ce que la commune fait valoir. Dans ces conditions, le projet de division foncière n'a pas pour effet de porter atteinte au secteur du terrain d'assiette ni de ne pas être compatible avec l'orientation d'aménagement et de programmation et c'est à tort que le maire a considéré que le projet entrainerait la suppression du couvert végétal et méconnaitrait nécessairement avec les règles d'urbanisme applicables ou serait incompatible avec l'OAP.

5. En deuxième lieu, aux termes de l'article 11 du règlement de la zone UP du plan local d'urbanisme intercommunal : " Le nombre de places de stationnement à comptabiliser sur le terrain ou dans son environnement immédiat (environ 500 mètres) est déterminé dans les tableaux suivants () ". Pour un logement ou un hébergement, le tableau prescrit un minimum d'une place par logement pour les résidents.

6. Le maire s'est fondé sur le fait que la conservation des arbres existants sur le lot qu'il est projeté de détacher et la servitude de passage envisagée ne permettent pas la création de place de stationnement, alors qu'une " place de stationnement par logement est exigible ". Toutefois, aucun élément du dossier n'indique que le projet d'un lot à bâtir, en raison de la conservation nécessaire des arbres existants et d'une servitude de passage, ne permettrait pas en toute hypothèse de respecter le nombre de places de stationnement prévu par l'article 11 précité et alors que le maire pourra prévoir des prescriptions spéciales en ce sens à l'occasion d'une future autorisation d'urbanisme. Le requérant est fondé à soutenir que le maire ne pouvait lui opposer le motif tiré de la méconnaissance de l'article 11 du règlement de la zone UP du plan local d'urbanisme intercommunal.

7. Pour l'application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, aucun autre moyen n'est susceptible de fonder l'annulation de la décision attaquée.

8. Il résulte de ce qui précède que le requérant est fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 5 février 2021.

9. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. / La juridiction peut également prescrire d'office cette mesure. "

10. La présente décision implique nécessairement que la commune prenne une décision de non-opposition à la déclaration préalable déposée par le requérant le 11 décembre 2020. Il a donc lieu d'enjoindre à la commune de délivrer un arrêté de non-opposition à la déclaration préalable du requérant dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.

Sur les frais liés au litige :

11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une quelconque somme soit mise à la charge du requérant, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante.

DECIDE :

Article 1er : L'arrêté du 5 février 2021 s'opposant à la déclaration de division foncière déposée en vue de la division d'un terrain en deux lots présentée par M. B est annulé.

Article 2 : Il est enjoint à la commune de La Ciotat de délivrer un arrêté de non-opposition à la déclaration préalable présentée le 11 décembre 2020 par M. B dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 3 : les conclusions de la commune de La Ciotat tendant au paiement d'une somme en application des dispositions L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la commune de La Ciotat et à M. A B.

Délibéré après l'audience du 4 novembre 2024, à laquelle siégeaient :

- M. Pecchioli, président,

- M. Juste, premier conseiller,

- Mme Houvet, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 décembre 2024.

La rapporteure,

signé

A. HOUVETLe président,

signé

J-L PECCHIOLI

La greffière,

Signé

S. BOUCHUT

La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

La greffière.

N°2102989

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