mercredi 8 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2104275 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | PELGRIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 14 mai 2021, Mme B C, représentée par Me Pelgrin, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 17 mars 2021 par lequel le maire de la ville de Marseille l'a placée en disponibilité d'office pour raison de santé à compter du 21 janvier 2021 ;
2°) d'enjoindre à la ville de Marseille de procéder au réexamen de sa situation administrative, à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de la ville de Marseille la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- il n'est pas justifié de la compétence du signataire de l'arrêté contesté ;
- la motivation de cet arrêté est erronée ;
- l'arrêté attaqué repose sur des motifs erronés et est entaché d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation, dès lors que son accident ou sa maladie doit être reconnu comme étant imputable au service ;
- cette décision la place dans une situation financière délicate alors qu'elle a toujours donné satisfaction.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 décembre 2021, la ville de Marseille conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par Mme C ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n° 86-442 du 14 mars 1986 ;
- le décret n° 87-602 du 30 juillet 1987 ;
- l'arrêté du 4 août 2004 relatif aux commissions de réforme des agents de la fonction publique territoriale et de la fonction publique hospitalière ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Gaspard-Truc,
- et les conclusions de M. Garron, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C, adjointe technique territoriale principale de 2ème classe au sein de la ville de Marseille, exerçait ses fonctions dans le service de restauration scolaire de l'école Malpassé les Oliviers. Placée en arrêt de travail à compter du 20 janvier 2020 en raison de troubles anxieux, Mme C a adressé à la ville de Marseille, le 24 juin 2020, une demande de reconnaissance de l'imputabilité au service d'un accident qui serait survenu le 20 janvier 2020. A la suite de l'avis défavorable émis le 24 septembre 2020 par la commission départementale de réforme, le maire de Marseille a, par une décision du 7 octobre 2020, refusé de faire droit à cette demande. Ayant épuisé ses droits à congé de maladie ordinaire, Mme C a, par un arrêté du 17 mars 2021 dont elle demande l'annulation, été placée en position de disponibilité d'office pour raison de santé à compter du 21 janvier 2021.
Sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction :
2. Il ressort des pièces du dossier que Mme F D, directrice de la gestion et de l'administration, signataire de la décision contestée du 17 mars 2021, bénéficiait d'une subdélégation l'autorisant à prendre la décision attaquée en cas d'absence ou d'empêchement de M. A E, directeur général adjoint des ressources humaines. Ce dernier bénéficiait lui-même d'une délégation du maire de la ville de Marseille à l'effet de signer, notamment, " les arrêtés relatifs aux positions de disponibilité ", par un arrêté du 5 août 2020 régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la ville de Marseille du 15 août 2020. L'absence d'empêchement de M. E ne ressort pas des pièces du dossier. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté contesté du 17 mars 2021 manque en fait et doit être écarté.
3. Aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : () 6° Refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".
4. Les décisions plaçant d'office un fonctionnaire en disponibilité en raison de l'expiration de ses droits statutaires à congé de maladie ne relèvent d'aucune des catégories de décisions qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration. Il n'est pas contesté que Mme C avait épuisé ses droits à congé de maladie ordinaire à la date du 21 janvier 2021 à laquelle elle a été placée en disponibilité d'office. En tout état de cause, la requérante ne saurait utilement soutenir qu'il incombait à l'administration de motiver la décision attaquée en prouvant que sa pathologie n'est pas imputable au service, dès lors que cette décision se borne à la placer, après épuisement de ses congés de maladie ordinaire, en disponibilité d'office. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de l'arrêté du 17 mars 2021 doit être écarté.
5. L'illégalité d'un acte administratif, qu'il soit ou non réglementaire, ne peut être utilement invoquée par voie d'exception à l'appui de conclusions dirigées contre une décision administrative ultérieure que si cette dernière décision a été prise pour l'application du premier acte ou s'il en constitue la base légale. S'agissant d'un acte réglementaire, une telle exception peut être formée à tout moment, même après l'expiration du délai du recours contentieux contre cet acte. S'agissant d'un acte non réglementaire, l'exception n'est, en revanche, recevable que si l'acte n'est pas devenu définitif à la date à laquelle elle est invoquée, sauf dans le cas où l'acte et la décision ultérieure constituent les éléments d'une même opération complexe.
6. Aux termes de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983, dans sa rédaction applicable au litige : " I.- Le fonctionnaire en activité a droit à un congé pour invalidité temporaire imputable au service lorsque son incapacité temporaire de travail est consécutive à un accident reconnu imputable au service, à un accident de trajet ou à une maladie contractée en service définis aux II, III et IV du présent article. () / II. -Est présumé imputable au service tout accident survenu à un fonctionnaire, quelle qu'en soit la cause, dans le temps et le lieu du service, dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice par le fonctionnaire de ses fonctions ou d'une activité qui en constitue le prolongement normal, en l'absence de faute personnelle ou de toute autre circonstance particulière détachant l'accident du service. / () IV. -Est présumée imputable au service toute maladie désignée par les tableaux de maladies professionnelles mentionnés aux articles L. 461-1 et suivants du code de la sécurité sociale et contractée dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice par le fonctionnaire de ses fonctions dans les conditions mentionnées à ce tableau./ () Peut également être reconnue imputable au service une maladie non désignée dans les tableaux de maladies professionnelles mentionnés aux articles L. 461-1 et suivants du code de la sécurité sociale lorsque le fonctionnaire ou ses ayants droit établissent qu'elle est essentiellement et directement causée par l'exercice des fonctions et qu'elle entraîne une incapacité permanente à un taux déterminé et évalué dans les conditions prévues par décret en Conseil d'État ".
7. Mme C, en soulevant les moyens tirés de l'existence d'une motivation erronée, d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation, doit être regardée comme excipant de l'illégalité de la décision du 7 octobre 2020, refusant de reconnaitre l'imputabilité au service de l'accident qui serait survenu le 20 janvier 2020.
8. L'arrêté attaqué, qui n'a d'autre objet que de placer Mme C en disponibilité d'office et selon les dispositions applicables à ce type de mesure, n'a pas été pris pour l'application de la décision du 7 octobre 2020 refusant de reconnaitre l'imputabilité au service de l'accident du 20 janvier 2020, et cette dernière décision ne constitue pas sa base légale. Par suite, la requérante, qui doit être regardée comme excipant de l'illégalité de l'arrêté du 7 octobre 2020 en ce qu'elle aurait dû bénéficier de la présomption d'imputabilité en vertu de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1984 et de l'erreur d'appréciation qu'aurait commise l'administration en ne reconnaissant pas l'imputabilité au service de sa maladie, ne peut utilement soutenir que l'arrêté attaqué est illégal en raison de l'illégalité dont serait, selon elle, entachée la décision du 7 octobre 2020 portant refus d'imputabilité au service de son accident. Par suite, les moyens soulevés à l'encontre de cet arrêté par la voie de l'exception de l'illégalité de la décision du 7 octobre 2020 sont inopérants.
9. Le moyen tiré de ce que l'arrêté en litige place Mme C dans une situation financière délicate alors qu'elle a toujours donné entière satisfaction est sans incidence sur la légalité de l'arrêté du 17 mars 2021.
10. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme C doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction.
Sur les frais liés à l'instance :
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la somme demandée à ce titre par Mme C soit mise à la charge de la ville de Marseille, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C et à la ville de Marseille.
Délibéré après l'audience du 17 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Jorda-Lecroq, présidente,
Mme Gaspard-Truc, première conseillère,
Mme Forest, première conseillère.
Assistées de Mme Faure, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 novembre 2023.
La rapporteure,
Signé
F. Gaspard-Truc
La présidente,
Signé
K. Jorda-Lecroq
La greffière,
Signé
N. Faure
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026