mardi 27 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2104419 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | GUENDOUZ |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 18 mai 2021, M. B A, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 27 décembre 2017 par lequel le préfet des Bouches-du-Rhône a décidé de l'expulser du territoire français et a fixé le pays de destination de cette mesure ;
2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'incompétence de son auteur ;
- elle est insuffisamment motivée, ce qui traduit un défaut d'examen de sa situation ;
- elle méconnaît l'article L. 521-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- il ne pouvait être expulsé car il est français ;
- le préfet a commis une erreur d'appréciation en retenant qu'il constitue une menace grave pour l'ordre public ;
- la décision attaquée méconnait l'article L. 521-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile car il réside en France depuis 1995 ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 juin 2021, le préfet des Bouches-du-Rhône conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 2 juin 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 17 juin 2022.
Par lettre du 7 septembre 2022, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur le moyen relevé d'office tiré de l'irrecevabilité pour tardiveté de la requête, introduite après l'expiration du délai de recours contentieux.
M. A a produit des observations en réponse à ce moyen d'ordre public le 8 septembre 2022, qui n'ont pas été communiquées.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C,
- les conclusions de M. Grimmaud, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant mauritanien, s'est vu délivrer un titre de séjour " vie privée et familiale " valable jusqu'au 16 octobre 2015. À la suite de plusieurs condamnations, il a été incarcéré à compter du 10 novembre 2017 jusqu'au 30 avril 2021. Après un avis favorable de la commission d'expulsion le 19 octobre 2017, le préfet des Bouches-du-Rhône a, par un arrêté du 27 décembre 2017, prononcé à son encontre un arrêté d'expulsion du territoire français et a fixé le pays de destination de cette mesure. Par un arrêté du 30 avril 2021, M. A a été placé en centre de rétention administrative en vue de l'exécution de cet arrêté, rétention prolongée jusqu'au 30 mai 2021. Par la présente requête, M. A demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 27 décembre 2017 portant expulsion du territoire français.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / () ".
3. D'une part, il incombe à l'administration d'établir que le requérant a reçu notification régulière de la décision contestée. D'autre part, il appartient au requérant, comme à tout administré, d'établir qu'il a informé l'administration de son changement d'adresse ou qu'il a pris les dispositions utiles auprès des services postaux pour recevoir le courrier qui lui est adressé. Ainsi, lorsque la notification a été faite par lettre recommandée avec accusé de réception, la preuve de la régularité de celle-ci doit être regardée comme apportée lorsqu'il est établi que la lettre a été régulièrement présentée à la dernière adresse connue du destinataire, sans qu'y fasse obstacle la circonstance que celui-ci ne l'a pas retirée au bureau de poste de son domicile dans le délai imparti à cet effet.
4. Il ressort des pièces du dossier que la notification de l'arrêté d'expulsion contesté a été faite par courrier recommandé avec avis de réception à la dernière adresse connue du requérant, correspondant au domicile de ses parents. Ce courrier a été retourné avec la mention " pli avisé et non réclamé " le 18 octobre 2018. D'une part, il ne ressort d'aucune pièce du dossier que le préfet des Bouches-du-Rhône avait, à la date de la décision en litige, et alors que l'incarcération de M. A était récente, connaissance de l'établissement pénitentiaire au sein duquel ce dernier était détenu. D'autre part, l'intéressé n'établit pas qu'il a été dans l'impossibilité d'informer en temps utile le préfet de son changement d'adresse ou de prendre les dispositions utiles auprès des services postaux pour recevoir son courrier. Dans ces conditions, la notification de l'arrêté contesté du 27 décembre 2017, comportant la mention des voies et délais de recours, doit être regardée comme régulière et donc comme ayant fait courir le délai de recours contentieux de deux mois à compter de la date à laquelle le pli a été présenté, soit au plus tard le 19 décembre 2018. Il s'ensuit que la requête présentée le 18 mai 2021 est tardive et, pour ce motif, irrecevable.
5. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision du 27 décembre 2017 présentées par M. A doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E:
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet des Bouches-du-Rhône.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 13 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Gonneau, président,
Mme Simeray, première conseillère,
Mme Bruneau, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 septembre 2022.
La rapporteure,
Signé
C. C
Le président,
Signé
P-Y. Gonneau La greffière,
Signé
A. Martinez
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026