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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2104422

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2104422

jeudi 12 octobre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2104422
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation1ère Chambre
Avocat requérantGASIOR

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 18 mai 2021, M. C B, représenté par Me Gasior, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 16 mars 2021 par lequel le maire de la commune de Marseille a mis fin à la concession du logement situé Stade Malpassé à Marseille ;

2°) d'enjoindre à la commune de Marseille de procéder à sa réintégration à compter du 9 avril 2021 et de le réintégrer dans ses droits à compter de cette date ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Marseille la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision de mettre fin à ses fonctions à compter du 9 avril 2021 est entachée d'un défaut de motivation ;

- le signataire est incompétent ;

- la décision de mettre fin à ses fonctions d'agent contractuel est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation alors que l'agent qu'il remplace n'a pas repris son activité et qu'il a accompli ses missions de manière exemplaire en dépit d'un contexte difficile.

Par un mémoire en défense enregistré le 25 août 2022, la commune de Marseille conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que :

- à titre principal, la requête est mal dirigée, l'arrêté du 16 mars 2021 n'ayant pas pour objet de mettre fin aux fonctions de M. B ;

- à titre subsidiaire, les moyens soulevés par M. B contre l'arrêté du 16 mars 2021 sont inopérants dès lors qu'elle se trouvait en situation de compétence liée pour mettre fin à la concession de logement de fonction de l'intéressé ;

- à titre encore plus subsidiaire, la décision du 8 mars 2021 n'est entachée d'aucune illégalité.

Par une ordonnance du 25 août 2022, la clôture de l'instruction a été fixée en dernier lieu au 26 octobre 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général de la fonction publique ;

- le code général de la propriété des personnes publiques ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Hétier-Noël, rapporteure,

- les conclusions de Mme Birsen Sarac-Deleigne, rapporteure publique,

- et les observations de Me Gasior, représentant M. B.

Considérant ce qui suit :

1. M. B a été recruté en contrat à durée déterminée pour une durée d'un an par la commune de Marseille à compter du 9 avril 2019 afin d'assurer le remplacement d'un agent momentanément indisponible, sur un emploi de concierge, chargé d'accueil, de surveillance et d'entretien du stade Malpassé à Marseille. Par un arrêté du 30 août 2019, le logement situé au sein du stade a été concédé par nécessité absolue de service à M. B, à compter du 19 août 2019 et une convention d'occupation de ce logement de fonction a été conclue afin d'en définir notamment les conditions d'octroi et d'utilisation, ainsi que les conditions financières. Le contrat à durée déterminée de M. B a été renouvelé pour deux périodes successives de six mois par contrats- des 9 avril et 21 octobre 2020. Par lettre recommandée du 8 mars 2021, la commune de Marseille a informé M. B que son contrat arrivant à échéance le 8 avril 2021 ne serait pas renouvelé et qu'il ne ferait en conséquence plus partie du personnel municipal à compter du 9 avril 2021. Par un arrêté du 16 mars 2021, le maire de la commune de Marseille a en outre mis fin à compter du 9 avril 2021 à la concession de logement de fonction de M. B. Ce dernier demande au tribunal d'annuler " l'arrêté du 16 mars 2021 " qui, selon lui, met fin à ses fonctions. Pour donner un effet utile à ses écritures et eu égard aux moyens qu'il invoque, il doit être regardé comme demandant également l'annulation de la décision de non-renouvellement de son contrat du 8 mars 2021.

Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision du 8 mars 2021 portant non renouvellement du contrat à durée déterminée de M. B :

2. Un agent public qui a été recruté par un contrat à durée déterminée ne bénéficie pas d'un droit au renouvellement de son contrat. Toutefois, l'administration ne peut légalement décider, au terme de son contrat, de ne pas le renouveler que pour un motif tiré de l'intérêt du service. Un tel motif s'apprécie au regard des besoins du service ou de considérations tenant à la personne de l'agent. Le juge exerce un contrôle de l'erreur manifeste sur l'existence de motifs non étrangers à l'intérêt du service. La décision de non-renouvellement n'a pas à être motivée

3. En premier lieu, la décision du 8 mars 2021, a été signée par M. A D, directeur général des services de la commune de Marseille, titulaire d'une délégation de signature à cet effet par arrêtés du maire de Marseille en date du 19 janvier 2021 puis du 4 mars 2021 régulièrement publiés au recueil des actes administratifs de la ville de Marseille. Par suite le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision doit être écarté comme manquant en fait.

4. En deuxième lieu, une décision de non-renouvellement de contrat à durée déterminée n'ayant pas à être motivée, le moyen tiré de ce que la décision serait entachée d'un défaut de motivation ne peut qu'être écarté.

5. En troisième lieu, à supposer qu'en invoquant le défaut d'énonciation par la décision contestée d'un motif précis, M. B ait entendu soulever le moyen tiré de ce que la décision de non-renouvellement de son contrat serait fondée sur un motif étranger au service, il ressort des pièces du dossier et notamment des avis du chef du service défavorables à sa nomination comme fonctionnaire stagiaire des 4 février 2020, 8 septembre 2020 et 25 février 2021, dont la teneur n'est pas sérieusement contestée, que M. B a rencontré de nombreuses difficultés pour acquérir les compétences requises, n'a pas correctement entretenu les installations, a ouvert le stade aux usagers sans autorisation et consigne préalable, et que sa manière de servir ne s'était pas améliorée alors que la commune avait décidé de prolonger son contrat en raison de la crise sanitaire. Dès lors, la décision de non-renouvellement du contrat à durée déterminée de M. B est bien fondée sur un motif tenant à l'intérêt du service. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision du 8 mars 2021 portant non renouvellement du contrat du requérant serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.

Sur les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 16 mars 2021 mettant fin à la concession d'un logement de fonction au bénéfice de M. B :

6. Aux termes de l'article R. 2124-73 du code général de la propriété des personnes publiques : " Les concessions de logement et les conventions d'occupation précaire avec astreinte sont, dans tous les cas, accordées à titre précaire et révocable. Leur durée est limitée à celle pendant laquelle les intéressés occupent effectivement les emplois qui les justifient et dans les conditions fixées par l'arrêté mentionné à l'article R. 2124-72. () ".

7. En application de ces dispositions, le maire de la commune de Marseille était tenu, après avoir constaté la fin du contrat à durée déterminée de M. B, de mettre fin à la concession de logement de fonction accordée par la commune à l'intéressé par arrêté du 30 août 2019. Par suite, les moyens tirés de ce que l'auteur de la décision serait incompétent, de ce que la décision serait insuffisamment motivée et de ce qu'elle serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés, ainsi que le relève la commune en défense, comme inopérants.

8. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir soulevée en défense, que les conclusions présentées par M. B à fin d'annulation de la décision du 8 mars 2021 portant non renouvellement de son contrat à durée déterminée et de l'arrêté du 16 mars 2021 mettant fin à la concession de logement doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et à la commune de Marseille.

Délibéré après l'audience du 28 septembre 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Hameline, présidente,

Mme Fabre, première conseillère,

Mme Hétier-Noël, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 octobre 2023.

La rapporteure,

signé

C. Hétier-Noël

La présidente,

signé

M.-L. Hameline

La greffière,

signé

B. Marquet

La République mande et ordonne au le préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

No 210442

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