lundi 18 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2104666 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP PIETRA & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 26 mai 2021, le 27 octobre 2021 et le 16 mai 2022, Mme C B, représentée par Me Pietra, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 30 mars 2021 par lequel le maire de Bouc-Bel-Air a refusé de lui délivrer un permis d'aménager un lotissement de 4 lots à bâtir sur un terrain cadastré CE 174 situé 1 120 chemin de Sauvecanne ;
2°) d'enjoindre au maire de Bouc-Bel-Air de réexaminer sa demande et de lui délivrer l'autorisation sollicitée ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Bouc-Bel-Air la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté litigieux est entaché d'incompétence de l'auteur de l'acte ;
- il méconnaît l'article UC 2 du règlement du plan local d'urbanisme ;
- il méconnaît l'article UC 6 du même règlement ;
- il méconnait l'article 5 des dispositions générales du même règlement ;
- il méconnait l'article UC 11 du même règlement.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 septembre 2021, la commune de Bouc-Bel-Air conclut au rejet de la requête et demande au tribunal de mettre à la charge de Mme B la somme de 1 600 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens invoqués par Mme B ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 5 octobre 2023, a été prononcée, en application des articles R. 611-11-1 et R. 613-1 du code de justice administrative, la clôture immédiate de l'instruction.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Le Mestric, première conseillère,
- les conclusions de Mme Giocanti, rapporteure publique,
- les observations de Me Dioum, représentant Mme B, de Me Gouard-Robert représentant la commune de Bouc-Bel-Air.
Considérant ce qui suit :
1. Par la présente requête, Mme B demande au tribunal l'annulation de l'arrêté du 30 mars 2021 par lequel le maire de Bouc-Bel-Air a refusé de lui délivrer un permis d'aménager un lotissement de 4 lots à bâtir sur un terrain cadastré CE 174 situé 1 120 chemin de Sauvecanne pour une surface de plancher à créer de 390m².
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, l'arrêté du 30 mars 2021 a été signé par M. A D, adjoint au maire en charge de l'urbanisme, qui disposait d'une délégation de signature consentie par le maire de Bouc-Bel-Air par arrêté du 26 mai 2020, régulièrement publié et affiché, à l'effet de signer, notamment les actes relatifs à l'urbanisme. Cette mention étant suffisamment claire et précise, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté litigieux doit être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 442-1 du code de l'urbanisme : " Constitue un lotissement la division en propriété ou en jouissance d'une unité foncière ou de plusieurs unités foncières contiguës ayant pour objet de créer un ou plusieurs lots destinés à être bâtis ". Une unité foncière est un îlot de propriété d'un seul tenant, composé d'une parcelle ou d'un ensemble de parcelles appartenant à un même propriétaire.
4. Pour refuser le projet, le maire a indiqué que le terrain d'assiette est lui-même issu d'une division foncière non autorisée faisant obstacle à la délivrance de toute autorisation de construire.
5. Il ressort des pièces du dossier que Mme B était propriétaire d'un tènement foncier sur lequel est implanté d'une part sa maison et d'autre part une villa avec piscine. En juillet 2019, elle a cédé la partie de sa propriété sur laquelle est située la villa et la piscine et a détaché le terrain objet du litige, qui constitue désormais la parcelle 174, déjà bâti compte tenu de la présence d'un garage. Le détachement du terrain en litige et la vente de la parcelle contenant la maison avec piscine, qui ont fait l'objet d'actes clairement distincts établis dans le cadre de projets différenciés, qui n'avaient pas pour objet de créer un ou plusieurs lots destinés à être bâtis ne pouvaient ainsi être regardé comme constitutifs d'un lotissement au sens et pour l'application de l'article L.442-1 du code de l'urbanisme qui aurait exigé préalablement une autorisation de lotir. Il suit de là que le motif de refus opposé à Mme B est erroné.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article UC 2 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Bouc-Bel-Air : " Pour tout projet à destination d'habitation portant sur une surface de plancher supérieure ou égale à 400 m², 30% a minima de cette surface de plancher et 50% a minima du nombre total de logements doivent être affectés au logement locatif social ". L'article 4 de ce règlement précise qu'" en cas de projet créant de la surface de plancher sur une unité foncière comportant de la surface de plancher existante, conservée dans le cadre dudit projet, cette surface de plancher est comptabilisée pour le calcul du seuil de 400m² de surface de plancher à partir duquel un pourcentage minimal affecté au logement social s'impose ".
7. Pour s'opposer à la déclaration préalable, le maire s'est également fondé sur le non-respect de la servitude de mixité sociale par le projet, qui excèderait le seuil de 400 m² de surface de plancher. Il ressort toutefois des pièces du dossier que le terrain d'assiette du projet de division foncière litigieux est constitué de la seule parcelle CE 174 sur laquelle est implanté un garage à conserver, dont la surface n'est pas prise en compte dans le calcul du seuil. Dès lors contrairement à ce qu'a estimé la commune, la surface de plancher du projet de 390m² est inférieure au seuil imposé par l'article UC 2 et n'imposait pas de faire application de la servitude de mixité sociale. Il suit de là que ce deuxième motif de refus opposé à Mme B est également erroné.
8. En quatrième lieu, aux termes de l'article UC 6 du règlement du PLU : " Sauf marge de recul portée aux documents graphiques du PLU, les constructions (débords de toits et balcons inclus) doivent être implantées à 4 mètres minimum de l'alignement actuel ou futur des voies et emprises publiques. ()".
9. Pour refuser le projet, le maire a indiqué que le garage existant sur le lot 2 serait en limite de voie de desserte et non avec un recul de 4 m comme exigé par les dispositions de l'article UC 6.
10. Il ressort des plans du dossier que tant la voie de " desserte " que le garage qui la longe sont déjà existants. A supposer même que leur disposition soit d'ores et déjà non conforme aux règles du plan local d'urbanisme issues de l'article 6, le projet, qui ne modifie ni l'implantation du garage ni ne déplace la voie existante, n'aggrave pas les irrégularités existantes par rapport au PLU. Ainsi, et en tout état de cause, le projet n'a pas méconnu les dispositions de l'article UC 6 dès lors qu'il ne portait pas sur cet élément. Par suite, ce motif de refus n'est pas fondé.
11. En cinquième lieu, aux termes de l'article 5 des dispositions générales du même règlement relatif à la prise en compte du risque inondation en zone bleu clair : " aspect extérieur : Clôtures : en zone urbaine (U) et à urbaniser (AU), les clôtures grillagées à large maille (100 mm*100* ou 50mm*100mm minimum) peuvent être admises sans mur bahut de soubassement (). ".
12. Pour refuser le projet, le maire a précisé que les lots 3 et 4 se situent en zone inondable/ bleu clair et qu'il ne pouvait être construit de mur bahut entre l'aire de retournement et le lot 4. Toutefois, il résulte des dispositions invoquées que les murs bahut ne sont pas interdits en zones bleu clair d'aléa modéré d'inondation. Par suite, ce motif de refus n'est pas fondé.
13. En dernier lieu, aux termes de l'article UC 11 du même règlement : " () 4. Clôture sur voies et emprises publiques : Les clôtures doivent être composées d'un mur bahut d'une hauteur maximale de 80 cm, surmonté d'un grillage ou d'une grille. La hauteur totale des clôtures, des piliers et des portails est limité à 2 m. () Dans les secteurs UCa () elle seront doublée de haie végétale. Il est également recommandé de créer/conserver de petites ouvertures au niveau du sol pour le passage de la petite faune. ".
14. Le maire a refusé le projet au motif qu'était prévue la création d'un mur d'1, 80 m de hauteur à l'entrée du lotissement entre le lot 1 et la voirie jusqu'à l'espace de stockage des déchets. Toutefois, il ressort de la notice descriptive que ce mur était existant. Ainsi, le projet n'a pas méconnu les dispositions de l'article UC 11 n'autorisant que les murs bahut de moins de 80 cm, dès lors qu'il ne portait pas sur cet élément. Ce motif est donc également infondé.
15. Il résulte de tout ce qui précède que l'ensemble des motifs opposés étant infondés, l'arrêté en litige doit être annulé.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
16. Lorsque le juge annule un refus d'autorisation ou une opposition à une déclaration après avoir censuré l'ensemble des motifs que l'autorité compétente a énoncés dans sa décision conformément aux prescriptions de l'article L. 424-3 du code de l'urbanisme ainsi que, le cas échéant, les motifs qu'elle a pu invoquer en cours d'instance, il doit, s'il est saisi de conclusions à fin d'injonction, ordonner à l'autorité compétente de délivrer l'autorisation ou de prendre une décision de non-opposition.
17. L'annulation de la décision du 30 mars 2021 implique nécessairement que le maire de Bouc-Bel-Air accorde le permis d'aménager sollicité par Mme B. Il y a lieu de l'y enjoindre dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais irrépétibles :
18. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de Mme B, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la commune de Bouc-Bel-Air demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de la commune de Bouc-Bel-Air une somme de 1 500 euros à verser à Mme B au même titre.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 30 mars 2021 est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au maire de Bouc-Bel-Air de délivrer le permis d'aménager sollicité par Mme B dans le délai de deux mois suivant la notification du présent jugement.
Article 3 : La commune de Bouc-Bel-Air versera à Mme B une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Les conclusions présentées par la commune de Bouc-Bel-Air au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B et à la commune de Bouc-Bel-Air.
Délibéré après l'audience du 4 décembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Salvage, président,
Mme Le Mestric, première conseillère
Mme Fayard, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 décembre 2023.
La rapporteure,
Signé
F. LE MESTRIC
Le président,
signé
F. SALVAGE La greffière
signé
S. BOUCHUT
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026