jeudi 11 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2104765 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | DUFFAY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 26 mai 2021 et 2 juillet 2022, M. B D et Mme C E épouse D, représentés par Me Duffay, demandent au tribunal :
1°) de condamner solidairement l'Etat et le Syndicat mixte d'aménagement des digues du delta du Rhône et de la mer (SYMADREM) ou l'un à défaut de l'autre, à leur verser une somme globale de 25 829,18 euros en réparation de leurs divers préjudices :
2°) de mettre à la charge solidaire de l'Etat et du SYMADREM ou l'un à défaut de l'autre les frais d'expertise de 4 280,63 euros ;
3°) de mettre à la charge solidaire de l'Etat et du SYMADREM ou l'un à défaut de l'autre, une somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- leur requête est recevable ;
- leur action en responsabilité n'est pas prescrite ;
- la responsabilité de la puissance publique au titre des dommages de travaux publics est engagée à raison des ouvrages publics que constituent les digues, barrages, remblais et plus généralement tous les ouvrages divers formant digue sur le Rhône, dont la présence peut être regardée comme ayant provoqué ou aggravé les dommages subis par les propriétés voisines ou en raison du défaut de leur conception ou de leur entretien alors que la gestion préventive des risques au titre de la sécurité publique doit être assurée par la puissance publique, qui a la charge du libre écoulement des eaux ;
- en l'espèce, l'Etat doit assurer la gestion et l'entretien du fleuve Rhône ; en particulier, les digues ne permettent pas de contenir une crue centennale du fleuve et elles étaient dégradées, ainsi qu'en attestent l'existence de brèches accidentelles et leur rupture en différents endroits lors des inondations de 2002 et de 2003 ; des déversoirs fonctionnant à partir d'un niveau de crue déterminé auraient dû être mis en place ; le défaut d'entretien normal des digues a aggravé les effets de l'inondation ;
- l'Etat et le SYMADREM ont failli dans l'entretien et la surveillance de la digue au lieu-dit " Petite-Argence " dont la rupture révèle un défaut d'entretien normal de l'ouvrage ;
- le défaut d'entretien concerne également les ouvrages hydrauliques et le lit du fleuve ; en particulier, il n'existe aucun programme d'entretien défini par l'Etat pour un bon écoulement de l'eau ;
- les inondations étant prévisibles et ne revêtant pas un caractère exceptionnel, les évènements de crues de 2002 et 2003 ne sauraient être assimilés à un cas de force majeure ;
- en s'abstenant d'élaborer un plan de prévention du risque inondation, l'Etat a commis une faute de nature à engager sa responsabilité ;
- en délivrant des documents d'urbanisme dans une zone à risque sans les assortir d'indications ou de prescriptions concernant les risques d'inondation, l'Etat engage sa responsabilité ;
- ils n'ont commis aucune faute de nature à exonérer ou réduire leur droit à réparation ;
- ils ont subi des préjudices et une indemnisation doit leur être allouée à raison de 380 euros de franchise contractuelle, 4 599,18 euros au titre de la vétusté non récupérable, 600 euros au titre des troubles dans les conditions d'existence, 20 000 euros au titre du préjudice de santé et 250 euros au titre de leur préjudice moral.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 14 avril, 4 mai et 12 mai 2023, le Syndicat mixte d'aménagement des digues du delta du Rhône et de la mer (SYMADREM), représenté par Me Héquet, conclut :
1°) au rejet de la requête ;
2°) à la mise à la charge des époux D d'une somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- la requête est irrecevable dès lors que les requérants ne justifient pas de leur intérêt donnant qualité pour agir ; en, outre, ils ne justifient pas avoir formulé de demande indemnitaire auprès du SYMADREM dans le délai de prescription quadriennale ;
- sa responsabilité ne peut utilement être recherchée à raison d'un fait préjudiciable dont il n'est pas l'auteur et dont il n'a pas accepté d'assumer la responsabilité alors que cette dernière ne pouvait lui être transférée de plein droit ; l'action entreprise à son encontre est donc mal dirigée et il doit être mis hors de cause ;
- le défaut d'entretien normal et le défaut de conception de la digue, dans le secteur de Petite Argence, n'est pas établi ;
- la destruction de la digue au droit du mas de Petite Argence en décembre 2003 trouve son origine dans la conjonction de plusieurs phénomènes présentant des caractéristiques inédites tenant, d'une part, à un phénomène météorologique inédit du seul fait de sa durée et de son étendue et, d'autre part, à un débit de 11 500 mètres cubes par seconde excédant celui de la crue centennale ; la crue de décembre 2003 revêt ainsi le caractère d'un événement de force majeure ;
- en l'état des pièces du dossier, les préjudices dont il est demandé réparation ne sont pas établis.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 avril 2023, le ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la crue du Rhône de décembre 2003 doit être regardée comme un cas de force majeure ;
- la seule existence de la crue et des inondations, caractérisant en l'espèce un cas de force majeure, ne saurait valoir démonstration d'un défaut de conception ou de défaut d'entretien ;
- en se bornant à soutenir que la crue du Rhône de décembre 2003 a mis en évidence un certain nombre de défaillances dans le dispositif général de réduction du risque d'inondation constitué par ces ouvrages, les requérants n'établissent pas la réalité de l'éventuelle aggravation de leurs dommages qui aurait été provoquée par le défaut de conception ou le défaut d'entretien d'un ou de plusieurs ouvrages publics ;
- le défaut de conception ou d'entretien des ouvrages publics de protection des crues du Rhône mis en cause n'est pas établi ;
- le lien de causalité entre un tel défaut de conception ou d'entretien et l'aggravation des dommages subis par les requérants n'est pas établi ;
- les requérants ne démontrent pas en quoi l'Etat aurait commis une faute en s'abstenant d'élaborer à l'époque des faits un plan de prévention des risques naturels prévisibles inondation (PPRI) ;
- la responsabilité de l'Etat ne peut être valablement recherchée sur le fondement de la délivrance de documents d'urbanisme dans une zone à risque ; en tout état de cause, les requérants n'établissent pas l'existence et la matérialité d'une faute des services de l'Etat ;
- le montant des préjudices dont il est demandé réparation est excessif ;
- en tout état de cause, le préjudice moral n'est pas établi, ni le préjudice de santé.
Par une ordonnance du 26 avril 2023 la clôture d'instruction a été fixée au 12 mai 2023 à 12 heures.
Le mémoire enregistré le 12 mai 2023, présenté par le ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires n'a pas été communiqué.
Vu :
- l'ordonnance n° 0608837 du juge des référés du 1er mars 2007 désignant un collège d'experts ;
- les ordonnances n° s 0707365 et 0708229 des 20 février et 19 mars 2008 étendant cette expertise aux sociétés Gan assurances et autres, MMA Iard assurances mutuelles et autres et leurs assurés ;
- l'ordonnance n° 0806392 du 3 octobre 2008 du juge des référés déclarant les opérations de l'expertise prescrites communes et opposables aux communes de Tarascon, Bellegarde, Vallabrègues, Laudun l'Ardoise, Montélimar, Châteauneuf du Rhône, Viviers, Pierrelatte, La Motte du Rhône, Mondragon, Cornillon, Goudargues, Orange, Codolet, Caderousse, Sorgues, Sauveterre, Pujaut, Avignon, Montfrin, Boulbon, Mézoargues et Bourg Saint Andéol ;
- les quatre ordonnances n° 0608837 du 16 janvier 2018 par lesquelles le premier vice-président du tribunal administratif de Marseille a taxé et liquidé les frais et honoraires des experts ;
- le jugement n° 1800308 du tribunal administratif de Bastia du 19 décembre 2019 qui ramène à la somme globale de 954 579,55 euros les honoraires de l'expertise ainsi taxée et liquidée et mis provisoirement à la charge des parties ayant sollicité la désignation du collège d'experts ou l'extension des opérations d'expertise ;
- la décision n° 403367 du Conseil d'Etat du 15 novembre 2017 ;
- l'ordonnance n° 444676 du président de la section du contentieux du 9 octobre 2020 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'environnement ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Lopa Dufrénot,
- les conclusions de M. Boidé, rapporteur public,
- les observations de Me Duffay pour M. et Mme D,
- et les observations de Me Hequet pour le SYMADREM.
Considérant ce qui suit :
1. M. et Mme D sont propriétaires d'une maison à usage d'habitation sur le territoire de la commune de Bellegarde. Se plaignant de dommages consistant en l'inondation de leur propriété causés par de fortes pluies survenues sur la vallée du Rhône du 1er décembre au 4 décembre 2003, auxquelles s'est ajoutée, dans la nuit du 3 au 4 décembre 2003, une tempête marine, et qu'ils attribuent à un défaut d'aménagement et d'entretien des ouvrages du Rhône ainsi qu'à un défaut d'entretien normal de la digue située au lieu-dit " Petite Argence ", M. et Mme D demandent au tribunal, à la suite du rapport d'expertise déposé le 30 juillet 2017 par le collège d'experts, de condamner solidairement l'Etat et le SYMADREM, ou l'un à défaut de l'autre, à leur verser la somme globale de 25 829,18 euros en réparation de leurs divers préjudices.
Sur la responsabilité pour dommages de travaux publics :
En ce qui concerne la responsabilité de l'Etat :
2. Le maître de l'ouvrage est responsable, même en l'absence de faute, des dommages que les ouvrages publics dont il a la garde peuvent causer aux tiers tant en raison de leur existence que de leur fonctionnement. Il ne peut dégager sa responsabilité que s'il établit que ces dommages résultent de la faute de la victime ou d'un cas de force majeure. Ces tiers ne sont pas tenus de démontrer le caractère grave et spécial du préjudice qu'ils subissent lorsque le dommage n'est pas inhérent à l'existence même de l'ouvrage public ou à son fonctionnement et présente, par suite, un caractère accidentel.
3. Les requérants entendent engager la responsabilité de l'Etat à raison des dommages accidentels causés par les inondations qu'ils ont subies en invoquant l'existence ou le mauvais entretien des ouvrages du fleuve Rhône à savoir les digues et autres ouvrages hydrauliques par rapport auxquels ils ont la qualité de tiers, ainsi que l'entretien insuffisant du lit du fleuve.
4. Toutefois, en mettant en cause l'intégralité des ouvrages de protection du fleuve Rhône, qui s'étend sur plusieurs centaines de kilomètres, ainsi qu'ils en font état, sans incriminer précisément un ouvrage public à la charge de l'Etat, à l'origine des dommages dont ils demandent réparation, alors que l'Etat n'est pas gestionnaire de la plupart desdits ouvrages, les requérants ne permettent pas au tribunal d'apprécier l'existence d'un défaut d'entretien de l'ouvrage public, et n'établissent pas, dès lors, le lien de causalité entre un ouvrage public et les dommages qu'ils allèguent. En outre, dès lors qu'en l'espèce, par sa seule existence, le lit du fleuve, sans que ne soit relevée la défaillance d'un aménagement précis, ne peut être regardé comme constitutif d'un ouvrage public, les requérants ne sont pas fondés à rechercher la responsabilité sans faute de l'Etat à raison d'un défaut d'entretien du lit du fleuve.
En ce qui concerne la responsabilité du SYMADREM :
5. Les époux D sont, en leur qualité de riverains, bénéficiaires de l'ouvrage de protection contre les inondations du Rhône que constitue la digue située sur le territoire de la commune de Fourques, au lieu-dit " Petite Argence ", et qui s'est rompue. Ainsi, ils sont des usagers de cet ouvrage public. Le maître de l'ouvrage ou la personne en charge de son entretien doivent alors, pour s'exonérer de leur responsabilité, soit établir qu'ils ont normalement entretenu l'ouvrage, soit démontrer que le dommage est imputable à une faute de la victime ou à un cas de force majeure ;
6. Il résulte de l'instruction que la digue de " Petite Argence " qui s'est rompue le 3 décembre 2003 résulte de travaux commencés en 1846 à la suite des inondations de 1840, 1841 et 1843, de moindre importance que celle du mois de décembre 2003, et achevés en 1865. Par les pièces qu'il produit, le SYMADREM établit que cette digue était entretenue, notamment par fauchage et élagage, et avait fait l'objet de travaux de réparation et de confortement aux endroits qui, après études, paraissaient les plus fragiles. Enfin, cette digue a cédé lorsqu'en raison d'une montée des eaux supérieure à celles observées en 1840, 1841 et 1843, la pression exercée sur elle a excédé celle pour laquelle elle avait été conçue. Ainsi, et sans qu'il soit besoin d'examiner sur les fins de non-recevoir qu'il oppose, le SYMADREM établit qu'il a normalement entretenu l'ouvrage de sorte que sa responsabilité doit être écartée.
Sur la responsabilité pour faute :
7. En premier lieu, en vertu de l'article L. 562-1 du code de l'environnement, l'Etat élabore et met en application des plans de prévention des risques naturels prévisibles, en particulier pour les inondations et les tempêtes, qui ont notamment pour objet de délimiter les zones exposées aux risques, en tenant compte de leur nature et de leur intensité, d'y interdire les constructions ou la réalisation d'aménagements ou d'ouvrages ou de prescrire les conditions dans lesquelles ils doivent être réalisés, utilisés ou exploités.
8. Si les dispositions de l'article L. 566-7 du même code imposent à l'Etat, depuis le 22 décembre 2015, la réalisation de plans de gestion des risques d'inondation dans certains bassins ou groupements de bassins à risques naturels importants, il ne ressort pas des dispositions du code de l'environnement qu'un plan de prévention du risque inondation devait obligatoirement avoir été approuvé à la date de délivrance du permis de construire octroyé le 19 octobre 2000 aux requérants en vue de la construction de leur maison d'habitation. Dans ces conditions, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que l'Etat aurait commis une faute en s'abstenant d'adopter des documents d'urbanisme dans un secteur inondable.
9. En second lieu, aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme, dans sa rédaction alors en vigueur : " Le permis de construire peut être refusé ou n'être accordé que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation ou leurs dimensions, sont de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique ". Aux termes du premier alinéa de l'article R. 111-3 du même code, applicable en l'espèce : " La construction sur des terrains exposés à un risque tel que : inondation, érosion, affaissement, éboulement, avalanches, peut, si elle est autorisée, être subordonnée à des conditions spéciales. / Ces terrains sont délimités par arrêté préfectoral pris après consultation des services intéressés et enquête dans les formes prévues par le décret n° 59-701 du 6 juin 1959 relatif à la procédure d'enquête préalable à la déclaration d'utilité publique et avis du conseil municipal ".
10. Si les requérants se prévalent de la délivrance d'une autorisation d'urbanisme omettant de les informer du caractère inondable et submersible de leur parcelle, ils s'abstiennent toutefois de produire ce document. En outre, il résulte des conclusions expertales que, par arrêté du 19 octobre 2000, leur a été délivré un permis de construire qui porte la mention : " la hauteur des plus Hautes Eaux (crues du Rhône) ayant atteint 7,24 m A, le terrain naturel étant à 2,34 m A, le niveau refuge (risque hauteur d'eau) se situe à 4,90 m au-dessus du sol. Il sera accessible par une trappe pratiquée dans la toiture depuis le dégagement et accessible par une échelle fixe ou un escalier escamotable. La délivrance du certificat de conformité est subordonnée à sa pose effective ". Par suite, dès qu'ils étaient informés du risque inondation, ils ne sont pas fondés à soutenir que la responsabilité pour faute de la personne publique en charge de la délivrance de cette autorisation est engagée à leur égard.
11. Il résulte de tout ce qui précède que M. et Mme D ne sont pas fondés à demander la condamnation solidaire de l'Etat et du SYMADREM à réparer les dommages qu'ils estiment consécutifs aux crues du Rhône survenues en décembre 2003.
Sur les frais d'expertise :
12. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge des requérants les honoraires des experts, seuls dépens auxquels a donné lieu le présent litige, liquidés et taxés à la somme de 4 280,63 euros en ce qu'ils concernent la seule part des requérants à la présente instance.
Sur les frais du litige :
13. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative s'opposent à ce que soit mise à la charge de l'Etat et du SYMADREM, qui ne sont pas les parties perdantes dans la présente instance, la somme que demandent les requérants au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions du SYMADREM présentées sur ce même fondement.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme D est rejetée.
Article 2 : Les frais d'expertise, en ce qu'ils concernent les seuls requérants à la présente instance, liquidés et taxés à la somme de 4 280,63 euros (quatre mille deux cent quatre vingt euros et soixantre trois centimes), sont mis à leur charge.
Article 3 : Les conclusions présentées par le SYMADREM sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B D, à Mme C E épouse D, au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires et au Syndicat mixte d'aménagement des digues du delta du Rhône et de la mer.
Délibéré après l'audience du 28 mars 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Lopa Dufrénot, présidente,
Mme Niquet, première conseillère,
M. Secchi, premier conseiller,
Assistés de M. Giraud, greffier.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 avril 2024.
La rapporteure,
signé
A. NIQUET La présidente,
signé
M. LOPA DUFRENOT
Le greffier,
signé
P. GIRAUD
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026