mardi 14 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2106243 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | PELGRIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 12 juillet 2021 et 7 novembre 2022, Mme A B, représentée par Me Pelgrin, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 17 mai 2021 par laquelle le directeur général de l'Assistance publique-hôpitaux de Marseille (AP-HM) a décidé de la placer en congé de maladie ordinaire de plus de six mois, du 1er septembre 2020 au 29 mars 2021 ;
2°) d'enjoindre au directeur général de l'AP-HM de procéder à un nouvel examen de sa situation administrative ;
3°) de mettre à la charge de l'AP-HM une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le signataire de la décision en litige n'était pas compétent pour ce faire ;
- la décision est entachée d'un vice de procédure, l'information de l'examen de son dossier par le comité médical lui ayant été notifiée tardivement ce qui n'a pas permis de respecter le principe du contradictoire ;
- le médecin chargé de la prévention n'a pas été informé de la tenue de la séance du comité médicale et n'a donc pas eu la possibilité de produire un rapport écrit à l'attention du comité ;
- la composition du comité médical était irrégulière ;
- l'administration ne l'a pas invité à présenter une demande de reclassement dans un délai raisonnable et ne lui a pas proposé de poste aménagé ;
- la décision en litige est intervenue postérieurement à l'atteinte de la limite d'âge supposée ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle viole les dispositions de l'article 41 de la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986, le fonctionnaire conservant droit à l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à sa mise à la retraite ;
- la décision est illégale, ses arrêts de travail devant être reconnus l'imputable au service au titre de l'accident du 6 janvier 2019 à compter de la date de rechute le 5 juin 2020 jusqu'au 29 mars 2021 ;
- la décision de refus de prolongation est entachée d'erreur de droit, l'administration s'étant crue liée par les conclusions du comité médical départemental ;
- le congé pour invalidité temporaire imputable au service n'a pas de durée maximale et doit être prolongé jusqu'à ce que l'agent soit en état de reprendre son service ou jusqu'à sa mise à la retraite ;
- la décision est entachée d'une erreur d'appréciation, la consolidation de son état de santé n'impliquant pas sa guérison ;
- sa prolongation d'activité au-delà de la limite d'âge ne gêne pas le service.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 septembre 2022, l'AP-HM, représentée par Me Grimaldi, conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge de la requérante d'une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 ;
- le décret n°88-386 du 19 avril 1988 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Derollepot, rapporteur,
- les conclusions de Mme Lourtet, rapporteure publique,
- et les observations de Me Pelgrin, pour Mme B, et de Me Belahouane, substituant Me Grimaldi, pour l'Assistance publique-hôpitaux de Marseille.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, infirmière diplômée d'Etat au sein de l'Assistance publique - Hôpitaux de Marseille (AP-HM) depuis le 9 mai 1994, a été victime d'un accident le 6 janvier 2019, lequel a été reconnu imputable au service par une décision du 22 janvier 2019. Après une reprise du travail le 24 décembre 2019, Mme B a été victime d'une rechute le 5 juin 2020, reconnue également imputable au service, et n'a pas repris le service jusqu'à son départ à la retraite le 30 mars 2021. Par la présente requête, elle demande au tribunal d'annuler la décision du 17 mai 2021 par laquelle l'AP-HM l'a placée en congé de maladie ordinaire de plus de six mois du 1er septembre 2020 au 29 mars 2021.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. D'une part, l'article 7 du décret du 19 avril 1988 relatif aux conditions d'aptitude physique et aux congés de maladie des agents de la fonction publique hospitalière tel qu'applicable au litige prévoit que : " Les comités médicaux sont chargés de donner un avis à l'autorité compétente sur les contestations d'ordre médical qui peuvent s'élever à propos de l'admission des candidats aux emplois de la fonction publique hospitalière, de l'octroi et du renouvellement des congés de maladie, de longue maladie et de longue durée et de la réintégration à l'issue de ces congés. Ils sont consultés obligatoirement en ce qui concerne : 1. La prolongation des congés de maladie au-delà de six mois consécutifs() " L'article 9 du même décret dispose que " Le médecin du travail attaché à l'établissement auquel appartient le fonctionnaire dont le cas est soumis au comité médical ou à la commission départementale de réforme prévue par le décret n° 2003-1306 du 26 décembre 2003 relatif au régime de retraite des fonctionnaires affiliés à la Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales est informé de la réunion et de son objet. Il peut obtenir, s'il le demande, communication du dossier de l'intéressé. Il peut présenter des observations écrites ou assister à la réunion. Il remet un rapport écrit dans les cas prévus aux articles 23,32 et 35-7 () "
3. D'autre part, si les actes administratifs doivent être pris selon les formes et conformément aux procédures prévues par les lois et règlements, un vice affectant le déroulement d'une procédure administrative préalable, suivie à titre obligatoire ou facultatif, n'est de nature à entacher d'illégalité la décision prise que s'il ressort des pièces du dossier qu'il a été susceptible d'exercer, en l'espèce, une influence sur le sens de la décision prise ou qu'il a privé les intéressés d'une garantie.
4. Il résulte des dispositions précitées des articles 7 et 9 du décret du 19 avril 1988 que le médecin du travail doit être informé de la réunion du comité médical et de son objet lorsqu'il examine le cas d'un fonctionnaire appartenant à l'établissement auquel il est rattaché, y compris lorsque le cas soumis au comité médical n'entre pas dans ceux prévus aux articles 23, 32 et 35-7. Le médecin du travail, par sa connaissance des conditions et de l'environnement de travail des agents, des tâches qui leur sont dévolues et des diverses contraintes, notamment physiques, auxquelles ils sont exposés, est à même d'apporter à la commission un éclairage que ne peut lui procurer le seul médecin expert. L'information du médecin du travail, qui lui laisse la possibilité d'obtenir la communication du dossier de l'intéressé, de présenter des observations écrites ou d'assister à la réunion, est constitutive d'une garantie pour le fonctionnaire.
5. En l'espèce, il est constant que le comité médical départemental des Bouches-du-Rhône s'est prononcé, dans sa séance du 6 mai 2021, sur le placement de la requérante en congé maladie de plus de six mois, postérieurement à la consolidation de son état de santé suite à une rechute le 5 juin 2020 de l'accident de service du 6 janvier 2019, sans que le médecin du travail n'ait été informé de cette réunion et de son objet. Alors même que les dispositions du décret du 19 avril 1988 précité ne faisait pas obligation au médecin du travail de remettre un rapport écrit au comité médical, ce vice de procédure a privé Mme B d'une garantie et a ainsi entaché la procédure d'une irrégularité justifiant l'annulation de la décision en litige.
6. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer les autres moyens de la requête, que la décision du 17 mai 2021 doit être annulée.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
7. L'article L. 911-2 dispose que : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne à nouveau une décision après une nouvelle instruction, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision juridictionnelle, que cette nouvelle décision doit intervenir dans un délai déterminé ".
8. Eu égard à son motif d'annulation, l'exécution du présent jugement implique que la situation administrative de Mme B entre le 1er septembre 2020 et le 31 mars 2021 soit à nouveau examinée. Il y a lieu, par suite, d'enjoindre au directeur général de l'AP-HM de procéder à ce nouvel examen dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais du litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de la requérante, qui n'est pas la partie perdante, le versement de la somme que l'AP-HM demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'AP-HM la somme demandée par Mme B au même titre.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 17 mai 2021, par laquelle le directeur général de l'AP-HM a décidé de placer Mme B en congé de maladie ordinaire de plus de six mois, du 1er septembre 2020 au 29 mars 2021, est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au directeur général de l'AP-HM de procéder à un nouvel examen de la situation administrative de Mme B entre le 1er septembre 2020 et le 31 mars 2021 dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à l'Assistance publique-hôpitaux de Marseille.
Délibéré après l'audience du 17 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Simon, présidente,
M. Derollepot, premier conseiller,
Mme Journoud, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 novembre 2023.
Le rapporteur,
signé
A. Derollepot
La présidente,
signé
F. Simon
La greffière,
signé
A. Vidal
La République mande et ordonne au directeur général de l'agence régionale de santé Provence-Alpes-Côte d'Azur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en cheffe,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026