mercredi 25 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2107529 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | CITEAU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 24 août 2021 et 13 juin 2023, M. A C, représenté par Me Citeau, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 16 avril 2021 par lequel le maire de Marseille a procédé au retrait du permis de construire tacite et rejeté sa demande de permis de construire n° 013 055 20 00841 P0 ainsi que la décision implicite portant rejet de son recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Marseille une somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision a été prise par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un vice de procédure ;
- elle méconnaît l'article L. 424-5 du code de l'urbanisme ;
- elle est entachée d'erreur de droit compte tenu de l'existence d'un certificat d'urbanisme, en méconnaissance de l'article L. 410-1 du code de l'urbanisme.
Par un mémoire en défense enregistré 12 juin 2023, la commune de Marseille conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens présentés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Arniaud,
- les conclusions de M. Peyrot, rapporteur public,
- et les observations de Me Citeau, représentant le requérant.
Considérant ce qui suit :
1. Il ressort des pièces du dossier que le 31 mars 2011, un permis d'aménager a été délivré à M. C portant sur la division en deux lots de la parcelle initiale sise 9 chemin de la Carraire sur la commune de Marseille. Deux lots cadastrés 903 D 369 et 903 D 370 ont été créés et une déclaration attestant l'achèvement et la conformité des travaux a été déposée le 26 avril 2013. Le 1er décembre 2020, M. C a déposé une demande de permis de construire portant sur la construction d'une maison individuelle sur la parcelle D 369. Le permis a été tacitement délivré le 1er février 2021. Par un arrêté du 16 avril 2021, le maire de la commune de Marseille a procédé au retrait de ce permis de construire et a rejeté la demande de délivrance du permis de construire. Par un courrier du 14 juin 2021, M. B a présenté un recours gracieux lequel est resté sans réponse. Par la présente requête, M. C demande l'annulation de l'arrêté du 16 avril 2021 et de la décision portant rejet de son recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : () 4° Retirent ou abrogent une décision créatrice de droits () ". Aux termes de l'article L. 122-1 du même code : " Les décisions mentionnées à l'article L. 211-2 n'interviennent qu'après que la personne intéressée a été mise à même de présenter des observations écrites et, le cas échéant, sur sa demande, des observations orales () ". Une telle procédure contradictoire implique que la personne intéressée ait été avertie de la mesure que l'administration envisage de prendre, des motifs sur lesquels elle se fonde, et qu'elle bénéficie d'un délai suffisant pour présenter ses observations
3. La décision en litige, portant retrait d'un permis de construire, est au nombre de celles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration. Elle doit, par suite, être précédée d'une procédure contradictoire, permettant au titulaire du permis de construire d'être informé de la mesure qu'il est envisagé de prendre, ainsi que des motifs sur lesquels elle se fonde, et de bénéficier d'un délai suffisant pour présenter ses observations. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que le requérant a été informé par un courrier du 2 mars 2021 notifié le 9 mars suivant de ce que la commune envisageait de procéder au retrait du permis tacite compte tenu du classement de la parcelle assiette du projet en zone UEc1 du PLUi, qui n'est pas destinée à la construction de logements, en lui laissant un délai d'un jour pour présenter ses observations. A supposer même que le courrier soit entaché d'une erreur de plume concernant le nombre de jours accordé, cette circonstance est sans influence sur la durée du délai accordé, de fait, au pétitionnaire, durée insuffisante pour lui permettre de faire valoir utilement ses observations et, le cas échéant, demander l'assistance d'un conseil. Par suite, le requérant est fondé à soutenir que la décision attaquée a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière.
4. En deuxième lieu, selon le quatrième alinéa l'article L. 410-1 du code de l'urbanisme : " Le certificat d'urbanisme, en fonction de la demande présentée : / a) Indique les dispositions d'urbanisme, les limitations administratives au droit de propriété et la liste des taxes et participations d'urbanisme applicables à un terrain ; / b) Indique en outre, lorsque la demande a précisé la nature de l'opération envisagée ainsi que la localisation approximative et la destination des bâtiments projetés, si le terrain peut être utilisé pour la réalisation de cette opération ainsi que l'état des équipements publics existants ou prévus. / Lorsqu'une demande d'autorisation ou une déclaration préalable est déposée dans le délai de dix-huit mois à compter de la délivrance d'un certificat d'urbanisme, les dispositions d'urbanisme, le régime des taxes et participations d'urbanisme ainsi que les limitations administratives au droit de propriété tels qu'ils existaient à la date du certificat ne peuvent être remis en cause à l'exception des dispositions qui ont pour objet la préservation de la sécurité ou de la salubrité publique ". Aux termes de l'article R. 410-12 du même code : " A défaut de notification d'un certificat d'urbanisme dans le délai fixé par les articles R. 410-9 et R. 410-10, le silence gardé par l'autorité compétente vaut délivrance d'un certificat d'urbanisme tacite. Celui-ci a exclusivement les effets prévus par le quatrième alinéa de l'article L. 410-1, y compris si la demande portait sur les éléments mentionnés au b de cet article ". Enfin, selon le deuxième alinéa de l'article R. 410-18 : " Le délai de dix-huit mois prévu au quatrième alinéa de l'article L. 410-1 court à compter de la date d'acquisition du certificat d'urbanisme tacitement obtenu en application des dispositions de l'article R*410-12, nonobstant toute délivrance ultérieure d'un certificat d'urbanisme exprès ".
5. En application des dispositions mentionnées ci-dessus, M. C ayant déposé un certificat d'urbanisme opérationnel le 24 avril 2019, une décision portant délivrance d'un certificat d'urbanisme d'information est née, le 24 juin 2019, du silence gardé par l'administration. Le 5 juillet 2019, la commune de Marseille a délivré un certificat d'urbanisme d'information exprès mentionnant que le projet en cause se situait dans la zone UR1. Contrairement à ce que soutient la commune, la demande de permis de construire a été déposée le 1er décembre 2020, soit durant la période de validité du certificat d'urbanisme, lequel était alors applicable. Dès lors, la décision en litige qui est motivée par le classement de la parcelle en zone UEc1 en vertu des dispositions du plan local d'urbanisme intercommunal entrées en vigueur postérieurement à la délivrance du certificat d'urbanisme, méconnaît les dispositions de l'article L. 410-1 du code de l'urbanisme et doit être annulée pour erreur de droit.
6. Si la commune fait valoir en défense qu'un sursis à statuer aurait pu être opposée à la demande de permis de construire, la décision attaquée constitue non pas une décision de refus de permis de construire mais une décision de retrait dudit permis. Au demeurant, en se contentant de soutenir que la parcelle assiette du projet est désormais classée en zone UEc1 réservée à l'implantation d'activités économiques, elle ne justifie pas que les conditions du sursis à statuer étaient remplies à la date de sa décision.
7. Pour l'application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, aucun autre moyen n'est susceptible de justifier l'annulation de l'arrêté en litige.
8. Il résulte de ce qui précède que l'arrêté du 16 avril 2021 du maire de Marseille et, par suite, la décision implicite portant rejet du recours gracieux présenté le 14 juin 2021 doivent être annulés.
Sur les frais liés au litige :
9. Il y a lieu de mettre à la charge de la commune de Marseille la somme de 1 000 euros à verser à M. C en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 16 avril 2021 du maire de la commune de Marseille portant retrait et refus de permis de construire, ainsi que la décision de rejet du recours gracieux présenté par M. C sont annulés.
Article 2 : La commune de Marseille versera une somme de 1 000 euros à M. C sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et à la commune de Marseille.
Délibéré après l'audience du 3 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Hogedez, présidente,
Mme Busidan, première conseillère,
Mme Arniaud, conseillère,
Assistées de M. Brémond, greffier.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 octobre 2023.
La rapporteure,
signé
C. Arniaud
La présidente,
signé
I. Hogedez
Le greffier,
signé
A. Brémond
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Le greffier.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026