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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2108007

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2108007

lundi 15 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2108007
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation10e Ch Magistrat statuant seul
Avocat requérantREZAIGUIA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 10 septembre 2021, Mme D C, représentée par Me Rezaiguia, demande au tribunal :

I/ 1°) d'annuler la décision implicite, prise sur recours administratif préalable obligatoire, par laquelle la caisse d'allocations familiales des Bouches-du-Rhône a confirmé à son encontre un indu d'aide personnalisée au logement de 7 346,03 euros constitué sur la période de mars 2019 à décembre 2020, un indu de prime d'activité de 1 072,83 euros constitué sur la période de juin 2019 à février 2021 et deux indus de prime exceptionnelle de fin d'année de 228,67 euros constitués au mois de décembre 2019 et au mois de décembre 2020 et a refusé de la rétablir rétroactivement dans ses droits ainsi que de lui rembourser les retenues exercées pour le recouvrement de ces indus ;

2°) d'enjoindre à la caisse d'allocations familiales des Bouches-du-Rhône de lui rembourser la somme correspondant aux retenues effectuées depuis le mois de mars 2021 pour le recouvrement des indus ;

3°) d'enjoindre à la caisse d'allocations familiales des Bouches-du-Rhône de la rétablir dans ses droits à la prime d'activité, à l'aide personnalisée au logement et à la prime exceptionnelle de fin d'année à compter du jour où leur versement a cessé ;

4°) de mettre à la charge de la caisse d'allocations familiales des Bouches-du-Rhône la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

-son recours administratif préalable obligatoire n'a pas été soumis pour avis à la commission de recours amiable en méconnaissance de l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles ;

-le délai de deux mois prescrit à l'article R. 133-9-2 du code de la sécurité sociale n'a pas été respecté entre la notification des indus et leur recouvrement exercé par des retenues de sorte que la procédure est entachée A irrégularité ;

-elle n'a pas été informée, préalablement à la mise en recouvrement, de la teneur et de l'origine des documents obtenus dans le cadre du droit de communication et ne l'a pas mise en mesure de solliciter la communication A copie desdits documents en méconnaissance du principe du contradictoire ;

-il n'est pas établi qu'elle mène une vie de couple stable et continue avec M. B ;

-la caisse d'allocations familiales des Bouches-du-Rhône a commis une erreur de droit.

Par un mémoire en défense enregistrée le 13 mai 2024, la caisse d'allocations familiales des Bouches-du-Rhône conclut au rejet de la requête.

II/ Par une requête, enregistrée le 9 novembre 2021, Mme D C, représentée par Me Rezaiguia, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 9 septembre 2021, prise sur recours administratif préalable obligatoire, par laquelle la caisse d'allocations familiales des Bouches-du-Rhône a confirmé à son encontre un indu d'aide personnalisée au logement de 7 346,03 euros constitué sur la période de mars 2019 à décembre 2020, un indu de prime d'activité de 1 072,83 euros constitué sur la période de juin 2019 à février 2021 et deux indus de prime exceptionnelle de fin d'année de 228,67 euros constitués au mois de décembre 2019 et au mois de décembre 2020 et a refusé de la rétablir rétroactivement dans ses droits ainsi que de lui rembourser les retenues exercées pour le recouvrement de ces indus ;

2°) d'enjoindre à la caisse d'allocations familiales des Bouches-du-Rhône de lui rembourser la somme correspondant aux retenues effectuées depuis le mois de mars 2021 pour le recouvrement des indus mis à sa charge ;

3°) d'enjoindre à la caisse d'allocations familiales des Bouches-du-Rhône de la rétablir dans ses droits à la prime d'activité, à l'aide personnalisée au logement et à la prime exceptionnelle de fin d'année à compter du jour où leur versement a cessé ;

4°) de mettre à la charge de la caisse d'allocations familiales des Bouches-du-Rhône la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

-son recours administratif préalable obligatoire n'a pas été soumis pour avis à la commission de recours amiable en méconnaissance de l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles ;

-le délai de deux mois prescrit à l'article R. 133-9-2 du code de la sécurité sociale n'a pas été respecté entre la notification des indus et leur recouvrement exercé par des retenues de sorte que la procédure est entachée A irrégularité ;

-elle n'a pas été informée, préalablement à la mise en recouvrement, de la teneur et de l'origine des documents obtenus dans le cadre du droit de communication et ne l'a pas mise en mesure de solliciter la communication A copie desdits documents en méconnaissance du principe du contradictoire ;

-il n'est pas établi qu'elle mène une vie de couple stable et continue avec M. B ;

-la caisse d'allocations familiales des Bouches-du-Rhône a commis une erreur de droit.

Par un mémoire en défense enregistré le 13 mai 2024, la caisse d'allocations familiales des Bouches-du-Rhône conclut au rejet de la requête.

Vu :

-le code de l'action sociale et des familles ;

-le code de la sécurité sociale ;

-code de la construction et de l'habitation ;

-le décret n°2019-1323 du 10 décembre 2019 ;

-le décret n°2020-1746 du 29 décembre 2020 ;

-le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Pecchioli, vice-président, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de M. Pecchioli, président-rapporteur.

Aucune partie n'était présente ni représentée.

Après avoir prononcé, à l'issue de l'audience, la clôture de l'instruction.

Considérant ce qui suit :

1. Mme C a été bénéficiaire de l'aide personnalisée au logement, de la prime d'activité et de la prime exceptionnelle de fin d'année dans le département des Bouches-du-Rhône. Suite à un contrôle effectué en date du 11 janvier 2021, la caisse d'allocations familiales des Bouches-du-Rhône a mis à la charge de Mme C un indu d'aide personnalisée au logement de 7 346,03 euros constitué sur la période de mars 2019 à décembre 2020, un indu de prime d'activité de 1 072,83 euros constitué sur la période de juin 2019 à février 2021 ainsi que deux indus de prime exceptionnelle de fin d'année de 228,67 euros constitués au mois de décembre 2019 et au mois de décembre 2020. Par une décision implicite de rejet, née suite à un recours administratif préalable obligatoire, la caisse d'allocations familiales des Bouches-du-Rhône a confirmé à son encontre l'ensemble des indus précités. Par la présente requête, Mme C demande au tribunal d'annuler cette décision.

Sur la jonction :

2. Les requêtes susvisées n° 2108007 et n° 2109760, présentées par Mme C, concernent la situation A même d'allocataire et ont fait l'objet A instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.

Sur l'étendue du litige :

3. Il résulte de l'instruction que la caisse d'allocations familiales des Bouches-du-Rhône a rendu une décision explicite en date du 9 septembre 2021, prise à la suite du recours administratif préalable obligatoire formé par Mme C le 12 mai 2021. Il s'ensuit que la décision explicite du 9 septembre 2021 qui confirme son indu d'aide personnalisée au logement se substitue à la décision implicite de rejet, et qu'en conséquence, les conclusions de la requête doivent être regardées comme étant dirigées uniquement contre cette décision explicite du 9 septembre 2021.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne le bien-fondé des indus :

4. En premier lieu, Mme C soutient que le recours administratif préalable obligatoire qu'elle a formé le 12 mai 2021 n'a pas été soumis pour avis à la commission de recours amiable. Toutefois, il résulte de l'instruction que la commission de recours amiable s'est réunie le 3 septembre 2021 et qu'elle a rendu un avis le jour même sur le recours administratif préalable obligatoire formé par la requérante. Le moyen soulevé par l'intéressée manquant en fait, il ne pourra qu'être écartée.

5. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 133-9-2 du code de sécurité sociale dans sa version applicable au litige : " L'action en recouvrement de prestations indues s'ouvre par l'envoi au débiteur par le directeur de l'organisme compétent A notification de payer le montant réclamé par tout moyen permettant de rapporter la preuve de sa date de réception. Cette lettre précise le motif, la nature et le montant des sommes réclamées et la date du ou des versements donnant lieu à répétition. Elle mentionne l'existence d'un délai de deux mois impartis au débiteur pour s'acquitter des sommes réclamées et les modalités selon lesquelles les indus de prestations pourront être récupérés, le cas échéant, par retenues sur les prestations à venir. Elle indique les voies et délais de recours ainsi que les conditions dans lesquelles le débiteur peut, dans le délai mentionné au deuxième alinéa de l'article R. 142-1, présenter ses observations écrites ou orales. "

6. En l'espèce, Mme C indique que la caisse d'allocations familiales des Bouches-du-Rhône a procédé au recouvrement des indus dont le reversement lui est demandé par la réalisation de retenues à compter du mois de mars 2021 et ce, en violation du délai de deux mois entre la notification des indus et leur recouvrement prévu par les dispositions précitées de l'article R. 133-9-2 du code de la sécurité sociale. Toutefois, il ne ressort pas de ces dispositions que la caisse d'allocations familiales des Bouches-du-Rhône serait assujettie au respect d'un quelconque délai avant la mise en œuvre de l'action en recouvrement de sommes indûment perçues par un allocataire notamment par la voie de retenues. Dans ces conditions, il convient d'écarter ce moyen.

7. En troisième lieu, Aux termes de l'article L. 114-19 du code de la sécurité sociale, dans sa rédaction applicable au litige : " Le droit de communication permet d'obtenir, sans que s'y oppose le secret professionnel, les documents et informations nécessaires : / 1° Aux agents des organismes chargés de la gestion d'un régime obligatoire de sécurité sociale pour contrôler la sincérité et l'exactitude des déclarations souscrites ou l'authenticité des pièces produites en vue de l'attribution et du paiement des prestations servies par lesdits organismes () ". Aux termes de l'article L. 114-21 du même code : " L'organisme ayant usé du droit de communication en application de l'article L. 114-19 est tenu d'informer la personne physique ou morale à l'encontre de laquelle est prise la décision de supprimer le service A prestation ou de mettre des sommes en recouvrement, de la teneur et de l'origine des informations et documents obtenus auprès de tiers sur lesquels il s'est fondé pour prendre cette décision. Il communique, avant la mise en recouvrement ou la suppression du service de la prestation, une copie des documents susmentionnés à la personne qui en fait la demande ". Ainsi que l'a rappelé le Conseil constitutionnel dans sa décision 2019-789 QPC du 14 juin 2019, l'objet des dispositions de l'article L. 114-21 du code de la sécurité sociale est de permettre à la personne contrôlée de prendre connaissance des documents communiqués afin de pouvoir contester utilement les conclusions qui en ont été tirées par l'organisme de sécurité sociale. Il incombe ainsi à l'organisme ayant usé du droit de communication, avant la suppression du service de la prestation ou la mise en recouvrement de l'indu, d'informer l'allocataire à l'encontre duquel est prise la décision de supprimer le droit au revenu de solidarité active ou de récupérer un indu de cette prestation, de la teneur et de l'origine des renseignements qu'il a obtenus de tiers par l'exercice de son droit de communication et sur lesquels il s'est fondé pour prendre sa décision. Cette obligation a pour objet de permettre à l'allocataire, notamment, de discuter utilement leur provenance ou de demander que les documents qui, le cas échéant, contiennent ces renseignements soient mis à sa disposition avant la récupération de l'indu ou la suppression du service de la prestation, afin qu'il puisse vérifier l'authenticité de ces documents et en discuter la teneur ou la portée. Par suite, il appartient en principe à la caisse d'allocations familiales de mettre en œuvre cette garantie avant l'intervention de la décision de récupérer un indu de revenu de solidarité active, qui permet son recouvrement sur les prestations à échoir, ou de supprimer le service de cette prestation.

8. En quatrième lieu, les dispositions de l'article L. 114-21 du code de la sécurité sociale instituent une garantie au profit de l'intéressé. Toutefois, leur méconnaissance par l'organisme demeure sans conséquence sur le bien-fondé de la décision prise s'il est établi qu'eu égard à la teneur du renseignement, nécessairement connu de l'allocataire, celui-ci n'a pas été privé, du seul fait de l'absence d'information sur l'origine du renseignement, de cette garantie.

9. En l'espèce, Mme C soutient qu'elle n'a pas été informée de l'origine et de la teneur des documents obtenus dans le cadre du droit de communication et qu'elle n'a pas été mise en mesure de solliciter la communication A copie desdits documents en méconnaissance du principe du contradictoire. Cependant, il résulte du rapport d'enquête du 13 janvier 2021 que l'intéressée " a été confrontée aux éléments recueillis lors [des] investigations " menée par la caisse d'allocations familiales des Bouches-du-Rhône, et qu'elle a donc été informée par le contrôleur de l'exercice du droit de communication exercé auprès notamment des employeurs du père de ses enfants, et du fichier des comptes bancaires. En outre, s'il ressort du même rapport d'enquête que Mme C a été informée de son droit à obtenir la communication des documents obtenus par des tiers, il ne résulte pas de l'instruction qu'elle aurait expressément formulé une demande tendant à la communication A copie de ces documents. Dans ces conditions, il y convient d'écarter le moyen soulevé par la requérante.

10. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un montant forfaitaire, a droit au revenu de solidarité active dans les conditions définies au présent chapitre ". L'article L. 262-9 même code prévoit que : " Le montant forfaitaire mentionné à l'article L. 262-2 est majoré, pendant une période A durée déterminée, pour : 1° A personne isolée assumant la charge d'un ou de plusieurs enfants ; 2° A femme isolée en état de grossesse, ayant effectué la déclaration de grossesse et les examens prénataux. La durée de la période de majoration est prolongée jusqu'à ce que le dernier enfant ait atteint un âge limite. Est considérée comme isolée une personne veuve, divorcée, séparée ou célibataire, qui ne vit pas en couple de manière notoire et permanente et qui notamment ne met pas en commun avec un conjoint, concubin ou partenaire de pacte civil de solidarité ses ressources et ses charges. Lorsque l'un des membres du couple réside à l'étranger, n'est pas considéré comme isolé celui qui réside en France. ". En vertu de l'article L. 262-3 dudit code, l'ensemble des ressources du foyer est pris en compte pour le calcul du revenu de solidarité active. Enfin, aux termes de l'article R. 262-37 du même code : " Le bénéficiaire de l'allocation de revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer ; il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments. () ".

11. En sixième lieu aux termes de l'article 3 du décret du 10 décembre 2019 portant attribution A aide exceptionnelle de fin d'année aux bénéficiaires du revenu de solidarité active : " A aide exceptionnelle est attribuée aux allocataires du revenu de solidarité active qui ont droit à cette allocation au titre du mois de novembre 2019 ou, à défaut, du mois de décembre 2019 () ". Des dispositions similaires ont été édictées par le décret du 29 décembre 2020 pour l'aide exceptionnelle de fin d'année servie au titre de l'année 2020. Aux termes de ces dispositions, un versement indu de l'aide exceptionnelle attribuée à un allocataire du revenu de solidarité active au titre de cette allocation doit être regardé comme relevant des " sommes indûment versées au titre du revenu de solidarité active " au sens de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles.

12. En septième lieu, aux termes de l'article L. 842-1 du code de la sécurité sociale : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective qui perçoit des revenus tirés A activité professionnelle a droit à une prime d'activité, dans les conditions définies au présent titre ". Aux termes de l'article L. 843-1 du même code : " La prime d'activité est attribuée, servie et contrôlée, pour le compte de l'Etat, par les caisses d'allocations familiales et par les caisses de mutualité sociale agricole pour leurs ressortissants ". Aux termes de l'article R. 846-5 du même code : " Le bénéficiaire de la prime d'activité est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations nécessaires à l'établissement et au calcul des droits, relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer. Il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments ". Aux termes de l'article R. 842-3 du même code : " Le foyer mentionné au 1° de l'article L. 842-3 est composé : / 1° Du bénéficiaire ; / 2° De son conjoint, concubin, ou partenaire lié par un pacte civil de solidarité () ". Aux termes de l'article L. 842-7 du même code : " () Est considérée comme isolée une personne veuve, divorcée, séparée ou célibataire, qui ne vit pas en couple de manière notoire et permanente et qui, notamment, ne met pas en commun avec un conjoint, concubin ou partenaire lié par un pacte civil de solidarité ses ressources et ses charges () ".

13. En huitième lieu, aux termes de l'article L. 821-1 du code de la construction et de l'habitation : " () Les aides personnelles au logement comprennent : / 1° L'aide personnalisée au logement ; / 2° Les allocations de logement : / a) L'allocation de logement familiale; / () ". Aux termes de l'article L. 823-1 du code de la construction et de l'habitation, " Le montant des aides personnelles au logement est calculé en fonction d'un barème défini par voie réglementaire. / Ce barème est établi en prenant en considération : / 1° La situation de famille du demandeur et le nombre de personnes à charge vivant habituellement au foyer ; / 2° Ses ressources et la valeur en capital de son patrimoine et, s'il y a lieu, de son conjoint () " Aux termes des dispositions de l'article R. 822-2 du même code : " Les ressources prises en compte pour le calcul de l'aide personnelle au logement sont celles dont bénéficient le demandeur ou l'allocataire, son conjoint et les personnes vivant habituellement au foyer. / Sont considérées comme vivant habituellement au foyer les personnes y ayant résidé plus de six mois au cours de la période mentionnée au 1° de l'article R. 822-3 précédant la période de paiement prévue par l'article R. 823-6 et qui y résident encore au moment de la demande de l'aide ou du réexamen du droit à celle-ci. ".

14. En neuvième lieu, aux termes de l'article 515-8 du code civil : " Le concubinage est une union de fait, caractérisée par une vie commune présentant un caractère de stabilité et de continuité, entre deux personnes, de sexe différent ou de même sexe, qui vivent en couple. ". Aux termes de l'article R. 262-6 du même code : " Les ressources prises en compte pour la détermination du montant du revenu de solidarité active comprennent, sous les réserves et selon les modalités figurant au présent chapitre, l'ensemble des ressources, de quelque nature qu'elles soient, de toutes les personnes composant le foyer, et notamment les avantages en nature ainsi que les revenus procurés par des biens mobiliers et immobiliers et par des capitaux. (). ".

15. En l'espèce, il résulte de l'instruction que pour mettre à la charge de la requérante les indus litigieux d'aide personnalisée au logement, de prime d'activité et de prime exceptionnelle de fin d'année, la caisse d'allocations familiales des Bouches-du-Rhône a considéré qu'il existe une situation de communauté de vie entre celle-ci et M. B. Il ressort du rapport d'enquête établi le 13 janvier 2021 par un agent assermenté de la caisse d'allocations familiales des Bouches-du-Rhône que M. B est connu auprès des établissements bancaires comme étant domicilié depuis décembre 2016 chez Mme C, que l'adresse indiquée sur ses bulletins de salaires produit par la société PROMAN correspond également à celle de la requérante et que Mme C et M. B sont notoirement connus auprès des services publics comme étant en couple. Il ressort du même rapport d'enquête qu'en date du 12 janvier 2021, postérieurement au contrôle diligenté par la caisse d'allocations familiales des Bouches-du-Rhône, la société PROMAN a indiqué à ladite caisse que M. B a demandé que son adresse soit modifiée et qu'il déclare être hébergé à compter du même jour par ses parents. Si à l'appui de sa requête Mme C indique qu'elle règle seule ses charges depuis 2015, cette seule circonstance ne saurait suffire à démontrer qu'elle ne partage pas avec M. B une communauté de vie au cours de la période de constitution des indus. Dans ces circonstances et eu égard au faisceau d'indice circonstanciés et concordants, c'est sans avoir commis d'erreur que la caisse d'allocations familiales des Bouches-du-Rhône a retenu une situation de communauté de vie entre la requérante et M. B et qu'elle a procédé à la régularisation des déclarations trimestrielles de ressources de Mme C en réintégrant les revenus perçus par son conjoint. Par suite, Mme C n'est pas fondée à solliciter l'annulation de la décision querellée du 9 septembre 2021.

16. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme C doit être rejetée.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

17. Le présent jugement qui rejette les conclusions à fin d'annulation présentées par la requête de Mme C, n'implique au prononcée d'aucune injonction à l'encontre de la caisse d'allocations familiales des Bouches-du-Rhône. Il s'ensuit que les conclusions à fin d'injonction doivent également être rejetées.

Sur les frais du litige :

18. Il n'y a pas lieu de mettre à la charge de la caisse d'allocations familiales des Bouches-du-Rhône, qui n'est pas la partie perdante dans l'instance, une quelconque somme au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : Les requêtes 2108007 et 2109760 de Mme C sont rejetées.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme D C et à la caisse d'allocations familiales des Bouches-du-Rhône.

Copie en sera adressée au préfet des Bouches-du-Rhône.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 juillet 2024.

Le magistrat désigné,

signé

J-L. PECCHIOLILe greffier,

signé

D. GRIZIOT

La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

La greffière,

2, 2109760

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