mercredi 20 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2108107 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | ANDRE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 16 septembre 2021, Mme A C, représentée par Me André, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision en date du 12 juillet 2021 par laquelle le recteur de l'académie d'Aix-Marseille a refusé de reconnaître l'imputabilité au service du choc émotionnel dont elle a été victime le 1er septembre 2017 ;
2°) d'enjoindre au recteur de l'académie d'Aix-Marseille de reconnaître l'accident du 1er septembre 2017 et les arrêts maladie successifs suivants imputables au service, de la rétablir dans l'ensemble de ses droits à compter de cette date et jusqu'à la reprise de ses fonctions dans le délai d'un mois à compter de la décision à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision en litige du 12 juillet 2021 est entachée d'incompétence de son auteur ;
- l'avis de la commission de réforme est entaché d'un vice de procédure, faute de mentionner le nombre de votant favorables et défavorables à l'imputabilité au service de son accident et de viser les pièces communiquées et faute que la case " motivation " de ce même avis ne soit pas complétée ;
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'erreur de droit en raison de l'autorité de la chose jugée ;
- elle est entachée d'erreur de droit, également, au regard de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 octobre 2022, le recteur de l'académie d'Aix-Marseille conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par une lettre du 12 septembre 2024, les parties ont été informées de ce que, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, le tribunal était susceptible de relever d'office le moyen tiré de la méconnaissance du champ d'application de la loi dès lors que les dispositions de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 n'étaient pas encore applicables à la date des faits constitutifs de l'accident dont Mme C se déclare victime. Les faits ayant eu lieu le 1er septembre 2017 soit avant l'entrée en vigueur du décret n° 2019-122 du 21 février 2019 relatif au congé pour invalidité temporaire imputable au service dans la fonction publique de l'État, le tribunal est susceptible, en conséquence, de procéder à une substitution de base légale et d'appliquer les dispositions de l'article 34 de la loi du 11 janvier 1984.
Des observations en réponse, enregistrées le 17 septembre 2024, pour Mme C représentée par Me André, ont été communiquées.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le décret n° 2019-122 du 21 février 2019 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Ridings, rapporteure,
- les conclusions de M. Peyrot, rapporteur public,
- et les observations de Me André, représentant la requérante.
Considérant ce qui suit :
1. Il ressort des pièces du dossier que Mme C, professeure certifiée d'espagnol depuis 2002, exerçait ses fonctions depuis 2015 au lycée professionnel B Montgrand (Port-de-Bouc) sur un poste temporairement vacant. Ayant découvert à la pré-rentrée scolaire du 1er septembre 2017 qu'elle ne faisait plus partie des effectifs de ce lycée, elle s'est vu prescrire à compter du 4 septembre 2017 des arrêts de travail et sera placée à compter de cette date en congé de longue maladie. Par une décision du 3 mai 2018, le recteur de l'académie d'Aix-Marseille a refusé de reconnaître l'imputabilité au service du choc émotionnel ressenti le 1er septembre 2017. Cette décision a été annulée par le jugement n° 1808639 du 5 octobre 2020 en raison d'un vice de procédure. Ce même jugement a enjoint le recteur de réexaminer la situation de l'intéressée. Après un réexamen de sa situation, par une décision du 12 juillet 2021 dont la requérante demande l'annulation, le recteur a rejeté, une seconde fois, la demande d'imputabilité au service évoquée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, par un arrêté du 7 janvier 2021 publié le 14 janvier 2021 au recueil des actes administratifs de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur n° R93-2021-005, M. B Bourdeaud'huy a régulièrement reçu délégation de signature de la part du recteur de l'académie d'Aix-Marseille à l'effet de signer la décision contestée. Par suite, le moyen relatif à l'incompétence de l'auteur de l'acte doit être écarté.
3. En deuxième lieu, si les actes administratifs doivent être pris selon les formes et conformément aux procédures prévues par les lois et règlements, un vice affectant le déroulement d'une procédure administrative préalable, suivie à titre obligatoire ou facultatif, n'est de nature à entacher d'illégalité la décision prise que s'il ressort des pièces du dossier qu'il a été susceptible d'exercer, en l'espèce, une influence sur le sens de la décision prise ou qu'il a privé les intéressés d'une garantie.
4. Mme C soutient que l'avis de la commission de réforme du 25 mai 2021 est irrégulier faute de mentionner le nombre de votant favorables et défavorables à l'imputabilité au service de son accident et de viser les pièces communiquées. Toutefois, il ne ressort d'aucun texte législatif ou règlementaire que l'avis de la commission de réforme devrait comporter et viser de telles informations. En outre, si la requérante soutient que la case " motivation " de l'avis évoqué n'est pas complétée, la motivation de cet avis est parfaitement retranscrite au sein de la case " avis " qui précise le motif de refus de sa demande d'imputabilité, soit " absence de fait accidentel ". Alors que la requérante ne démontre pas que les irrégularités dont elle se prévaut auraient été de nature à la priver d'une garantie, elle n'est pas fondée à soutenir que l'avis de la commission de réforme serait entaché d'un vice de procédure.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques () ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : () 6° Refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation () doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ". Il résulte de la combinaison de ces dispositions que le refus de reconnaître l'imputabilité au service d'un accident est au nombre des décisions qui doivent être motivées.
6. L'arrêté contesté comporte de manière suffisamment circonstanciée les considérations de droit et de fait qui le fondent dès lors qu'il mentionne que les circonstances qui ont conduit l'administration à refuser à Mme C sa demande d'imputabilité au service de l'accident survenu le 1er septembre 2017, ainsi que l'avis de la commission de réforme du 25 mai 2021 à la suite duquel le recteur a pris la décision en litige. Dans ces conditions, le moyen manque en fait et doit être écarté.
7. En quatrième lieu, contrairement à ce que soutient la requérante, le jugement n° 1808639 du 5 octobre 2020, cité au point 1, qui annule pour un vice de forme la décision du 3 mai 2018 et qui enjoint au recteur de réexaminer sa situation à l'issue d'une nouvelle procédure, ne s'est pas prononcé sur l'imputabilité au service de son accident. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'autorité de la chose jugée doit être écarté.
8. En dernier lieu, aux termes de l'article 34 de la loi du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat, dans sa version en vigueur applicable au présent litige, eu égard en l'espèce à la date du fait générateur, à savoir celle à laquelle l'accident déclaré par Mme C est survenu, le 1er septembre 2017, soit à une date antérieure à celle de l'entrée en vigueur du décret n° 2019-122 du 21 février 2019 relatif au congé pour invalidité temporaire imputable au service dans la fonction publique de l'Etat : " Le fonctionnaire en activité a droit : / 1° A un congé annuel avec traitement dont la durée est fixée par décret en Conseil d'Etat ; / 2° A des congés de maladie dont la durée totale peut atteindre un an pendant une période de douze mois consécutifs en cas de maladie dûment constatée mettant l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions. () / Toutefois, si la maladie provient () d'un accident survenu dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de ses fonctions, le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à mise à la retraite. Il a droit, en outre, au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par la maladie ou l'accident ".
9. Constitue un accident de service, pour l'application des dispositions précitées, un évènement survenu à une date certaine, par le fait ou à l'occasion du service, dont il est résulté une lésion, quelle que soit la date d'apparition de celle-ci.
10. Il ressort des pièces du dossier que Mme C déclare avoir ressenti un choc émotionnel le 1er septembre 2017 en apprenant, le jour de la pré-rentrée scolaire, qu'elle ne faisait plus partie des effectifs du lycée professionnel B Montgrand. Toutefois, par un arrêté du 15 juin 2016, la requérante, détachée dans le corps des professeurs de lycée professionnel " PLP " de lettres espagnoles, pour une durée de deux ans à compter du 1er septembre 2016, a été affectée, à titre provisoire du 1er septembre 2016 au 31 août 2017, auprès de l'établissement évoqué. Il ressort, également, des pièces du dossier que par un courriel du 27 juin 2016, le recteur de l'académie d'Aix-Marseille l'a informée qu'elle devra obligatoirement participer au mouvement intra-académique des " PLP " de lettres espagnoles pour la rentrée 2017-2018. En outre, par un arrêté du 20 juin 2017, soit au moins deux mois avant la rentrée scolaire 2017-2018, la requérante a été affectée sur une zone de remplacement dans le Vaucluse à compter du 1er septembre 2017. Ainsi, Mme C qui, par ailleurs, a interrogé le recteur le 26 juin 2017 sur sa prochaine affectation dans le Vaucluse, était informée qu'elle n'était affectée qu'à titre provisoire au lycée B Montgrand de Port-de-Bouc. Par suite, elle n'est pas fondée à soutenir que le refus de reconnaissance d'imputabilité au service de son accident survenu le 1er septembre 2017 serait entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ni même d'une erreur de droit.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
11. Le présent jugement qui rejette les conclusions à fin d'annulation de la requête de
Mme C n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction présentées par la requérante doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
12. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, verse à Mme C la somme qu'elle demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C et à la ministre de l'éducation nationale.
Copie pour information en sera adressée au recteur de l'académie d'Aix-Marseille.
Délibéré après l'audience du 15 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Trottier, président,
Mme Arniaud, première conseillère,
Mme Ridings, conseillère,
Assistés de M. Brémond, greffier.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 novembre 2024.
La rapporteure,
signé
M. Ridings
Le président,
signé
T. Trottier
Le greffier,
signé
A. Brémond
La République mande et ordonne à la ministre de l'éducation nationale en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Le greffier.
No 2108107
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026