jeudi 15 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2109054 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 9è ch Magistrat statuant seul |
| Avocat requérant | GUENDOUZ |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 18 octobre 2021 et un mémoire enregistré le 14 mars 2023, Mme A B, représentée par Me Guendouz, demande au tribunal :
1°) de condamner le département des Bouches-du-Rhône à l'indemniser des préjudices subis en raison de l'absence de versement du revenu de solidarité active pour la période d'octobre 2018 au 17 mai 2021 ;
2°) de mettre à la charge du département des Bouches-du-Rhône la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'illégalité de la décision du 7 mars 2019 prise par le département des Bouches-du-Rhône constitue une faute de nature à engager sa responsabilité ;
- sa radiation de la liste des bénéficiaires du revenu de solidarité active lui a causé un préjudice du fait des troubles causés dans ses conditions d'existence.
Par un mémoire en défense enregistré le 10 mars 2023, le département des Bouches-du-Rhône conclut au rejet de la requête.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Fédi, président, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le magistrat désigné a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Fédi, président-rapporteur,
- les observations de Mme C, représentant le département des Bouches-du-Rhône.
Par une ordonnance du 21 février 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 15 mars 2023.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B est bénéficiaire du revenu de solidarité active depuis le mois de juin 2009. Par une décision du 7 mars 2019 le département des Bouches-du-Rhône a prononcé sa radiation de la liste des bénéficiaires du revenu de solidarité active et a mis à sa charge un indu de solidarité active d'un montant de total de 2 694,99 euros constitué sur la période du 1er octobre 2016 au 30 septembre 2018. Par une décision du 17 mai 2021, le département des Bouches-du-Rhône a procédé au retrait de la décision du 7 mars 2019 et au remboursement des sommes retenues en recouvrement de l'indu.
Sur les conclusions aux fins de versement du revenu de solidarité active pour la période d'octobre 2018 à mai 2021 :
En ce qui concerne le principe de la responsabilité :
2. Aux termes de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un montant forfaitaire, a droit au revenu de solidarité active dans les conditions définies au présent chapitre. Le revenu de solidarité active est une allocation qui porte les ressources du foyer au niveau du montant forfaitaire. Il est complété, le cas échéant, par l'aide personnalisée de retour à l'emploi mentionnée à l'article L. 5133-8 du code du travail. ". Aux termes de l'article L. 262-3 du même code : " Le montant forfaitaire mentionné à l'article L. 262-2 est fixé par décret. Il est revalorisé le 1er avril de chaque année par application du coefficient mentionné à l'article L. 161-25 du code de la sécurité sociale. L'ensemble des ressources du foyer, y compris celles qui sont mentionnées à l'article L. 132-1, est pris en compte pour le calcul du revenu de solidarité active, dans des conditions fixées par un décret en Conseil d'Etat qui détermine notamment : 1° Les ressources ayant le caractère de revenus professionnels ou qui en tiennent lieu / 2° Les modalités d'évaluation des ressources, y compris les avantages en nature. L'avantage en nature lié à la disposition d'un logement à titre gratuit est déterminé de manière forfaitaire / 3° Les prestations et aides sociales qui sont évaluées de manière forfaitaire, notamment celles affectées au logement mentionnées à l'article L. 821-1 du code de la construction et de l'habitation / 4° Les prestations et aides sociales qui ne sont pas incluses dans le calcul des ressources à raison de leur finalité sociale particulière. ". Aux termes de l'article R. 262-6 du même code : " Les ressources prises en compte pour la détermination du montant du revenu de solidarité active comprennent, sous les réserves et selon les modalités figurant au présent chapitre, l'ensemble des ressources, de quelque nature qu'elles soient, de toutes les personnes composant le foyer, et notamment les avantages en nature ainsi que les revenus procurés par des biens mobiliers et immobiliers et par des capitaux (). "
3. Il résulte des dispositions précitées que le montant forfaitaire, en référence duquel les ressources d'une personne doivent être inférieures, pour pouvoir bénéficier du revenu de solidarité active, a été fixé au 1er avril 2018 à 550,93 euros. Il résulte de l'instruction, qu'à compter du mois d'octobre 2018, les ressources de Mme B ont été supérieures au montant forfaitaire de référence et dont le montant est d'ailleurs identique pour la période de novembre 2018 à janvier 2019, de sorte qu'elle ne remplissait plus les conditions pour prétendre au bénéfice de l'allocation de revenu de solidarité active à compter du mois de février 2019. Par suite, Mme B n'est donc pas fondée à soutenir que le refus de lui faire bénéficier du RSA, qui n'est illégal que pour la seule période comprise entre le 1er novembre 2018 et le 31 janvier 2019, engage la responsabilité du département des Bouches-du-Rhône.
En ce qui concerne les préjudices et le lien de causalité :
4. Mme B demande la réparation du préjudice correspondant au montant du RSA qu'elle estime lui être dû pour la période d'octobre 2018 à février 2021 et une indemnité de 8 000 euros au titre des troubles dans les conditions d'existence.
S'agissant du préjudice subi du fait du défaut de versement du RSA postérieur au 1er février 2019 :
5. Il résulte de ce qui a été dit au point 3, que pour la période postérieure au 1er février 2019, la responsabilité du département ne saurait être engagée. En conséquence la demande d'indemnisation du préjudice concernant cette période doit être rejetée.
S'agissant du préjudice subi du fait des troubles dans les conditions d'existence :
6. Si Mme B soutient qu'elle a subi, en raison de cette faute, des troubles dans ses conditions d'existence dès lors qu'elle aurait été privée du versement de ses droits au revenu de solidarité active pendant trois ans, toutefois elle ne fait état d'aucun élément circonstancié précis permettant de démontrer la réalité du préjudice invoqué.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions indemnitaires présentées par Mme B doivent être rejetées.
Sur les frais du litige :
8. Les dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit mis à la charge du département des Bouches-du-Rhône, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, une quelconque somme sur ce fondement.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au département des Bouches-du-Rhône.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 février 2024.
Le magistrat désigné,
Signé
G. FédiLe greffier,
Signé
D. Griziot
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Le greffier.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026