mardi 7 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2110593 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 9ème Chambre |
| Avocat requérant | RIGHI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 6 et 7 décembre 2021 et le 16 mai 2022, l'association Centre Le Mistral, représentée par Me Righi, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 5 octobre 2021 par laquelle le directeur régional des finances publiques de Provence-Alpes-Côte d'Azur et du département des Bouches-du-Rhône a rejeté ses demandes d'aide au titre du fonds de solidarité à destination des entreprises pour les mois de janvier, mars, avril et mai 2021, et, " si elles existent ", les décisions implicites de rejet de ses
demandes d'aide des 25 février, 19 mai et du 14 juin 2021 ;
2°) d'enjoindre à l'administration, à titre principal, de lui verser la somme de 20 000 euros au titre de l'aide accordée pour les mois de janvier et mai 2021, cette somme devant être assortie des intérêts au taux légal à compter de la date du refus des décisions correspondantes, dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir et, à titre subsidiaire, de réexaminer ses demandes d'aide ;
3°) à titre subsidiaire, de mettre en place une médiation sur le fondement des dispositions de l'article L. 213-7 du code de justice administrative ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la compétence du signataire de la décision du 5 octobre 2021 n'est pas établie ;
- la décision du 5 octobre 2021 est insuffisamment motivée ;
- l'administration ne pouvait solliciter des justificatifs de son chiffre d'affaires ;
- elle remplit les conditions pour bénéficier de l'aide au titre des mois de janvier et mai 2021.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 janvier 2022, la directrice régionale des finances publiques de Provence-Alpes-Côte d'Azur et du département des Bouches-du-Rhône conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions à fin d'annulation des décisions ayant rejeté les demandes d'aide au titre des mois de mars et avril 2021 et au rejet du surplus des conclusions de la requête.
Elle soutient que :
- la requête est devenue sans objet s'agissant de l'aide sollicitée au titre des mois de mars et avril 2021 dès lors que ces aides ont été accordées à l'association requérante ;
- les moyens soulevés par l'association Centre Le Mistral ne sont pas fondés ;
- elle est opposée à la médiation sollicitée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'ordonnance n° 2020-317 du 25 mars 2020 ;
- le décret n° 2020-371 du 30 mars 2020 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- les conclusions de M. Garron, rapporteur public,
- et les observations de Me Righi, représentant l'association Centre Le Mistral.
Considérant ce qui suit :
1. L'association Centre Le Mistral, qui dispose de deux établissement situés à Marseille et à Gémenos, a pour activité principale la location de locaux pour l'organisation de sessions de formations, conférences, séminaires ou autres réunions professionnelles et l'offre de services de restauration. Par deux demandes du 25 février 2021, elle a sollicité le bénéfice d'une aide financière pour le mois de janvier 2021 pour les sites de Marseille et Gémenos, au titre du fonds de solidarité mis en place dans le contexte de crise sanitaire. Elle a également demandé, les 19 mai et 14 juin 2021, l'octroi d'une aide pour les mois de février à mai 2021 pour le seul site de Marseille. Ses demandes ont été expressément rejetées par des décisions de la direction régionale des finances publiques Provence-Alpes-Côte d'Azur (DRFIP PPACA) des 26 avril, 21 mai et 3 septembre 2021. Le recours gracieux formé par l'association contre ces décisions a été rejeté par une décision de l'administration du 5 octobre 2021. L'association Centre Le Mistral doit être regardée comme demandant l'annulation des décisions des 25 février, 19 mai et 14 juin 2021 rejetant ses demandes d'aide au titre des mois de janvier à mai 2021 pour le site de Marseille, ainsi que la décision du 5 octobre 2021 rejetant son recours gracieux. Elle demande également, à titre subsidiaire, la mise en place d'une médiation sur le fondement des dispositions de l'article L. 213-7 du code de justice administrative.
Sur l'étendue du litige :
2. Il ressort des pièces du dossier que, postérieurement à l'introduction de la requête, la direction générale des finances publiques a procédé le 14 janvier 2022 à la mise en paiement de l'aide pour les mois de mars et avril 2021 pour un montant de 14 852 euros et 10 840 euros. L'association Centre Le Mistral ayant pris acte, dans le dernier état de ses écritures, de la suite favorable finalement réservée à ses demandes, les conclusions à fin d'annulation de la requête relatives au versement de cette aide sont, dans cette mesure, devenues sans objet, ainsi que par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction assortie des intérêts au taux légal concernant ces périodes. Il n'y a, dès lors, pas lieu d'y statuer.
Sur le surplus des conclusions de la requête :
3. L'ordonnance du 25 mars 2020 a institué un fonds de solidarité ayant pour objet le versement d'aides financières aux personnes physiques et morales de droit privé exerçant une activité économique particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de la covid-19 et des mesures prises pour en limiter la propagation. Le décret du 30 mars 2020 relatif au fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19 et des mesures prises pour limiter cette propagation fixe les conditions à remplir pour bénéficier de l'aide financière, dont la justification d'une perte de chiffre d'affaires.
4. Il est constant que, ainsi que cela a été exposé au point 1, l'association requérante exerce son activité sur deux sites différents, l'un situé à Marseille et l'autre à Gémenos. Il ressort par ailleurs des pièces du dossier que l'association a sollicité le bénéfice des aides exceptionnelles à destination des entreprises en présentant à chaque fois une demande séparée pour chaque site. Alors que l'administration lui a indiqué, à plusieurs reprises, notamment par courriels des 1er avril 2021, 4 août 2021 et 5 octobre 2021, qu'elle devait présenter une demande d'aide par entreprise et non par établissement et que les éléments en sa possession concernant le chiffre d'affaires de référence ne correspondaient pas aux éléments déclarés, elle était en droit de solliciter des éléments justificatifs du chiffre d'affaires pour le site de Marseille. A défaut pour l'association requérante d'avoir apporté des éléments probants pour justifier de sa perte de chiffre d'affaires, la DRFIP PACA était fondée à rejeter ses demandes d'aide pour les mois de janvier et mai 2021. En outre, si l'association requérante a déclaré pour le mois de janvier 2021 un chiffre d'affaires mensuel pour la période de référence de 54 972 euros, elle soutient dans ses écritures que ce chiffre d'affaires s'élève désormais à 71 687,84 euros. Alors que ses demandes d'aide pour le site de Marseille au titre des mois de janvier et mai 2021 ont été rejetées au motif qu'elle n'établissait pas le montant de son chiffre d'affaires de référence, ainsi que le fait valoir l'administration fiscale, l'association requérante ne produit pas à l'instance de pièces utiles de nature à établir le montant de son chiffre d'affaires de référence, les balances comptables versées aux débats, qui ne distinguent pas entre les chiffres d'affaires réalisés sur les deux sites, étant à cet égard insuffisamment probantes. Dans ces conditions, eu égard aux des motifs des décisions des 26 avril et 3 septembre 2021, c'est à bon droit que l'administration fiscale a estimé que l'association Centre Le Mistral ne remplissait pas les conditions pour bénéficier de l'aide exceptionnelle qu'elle avait demandée pour les mois de janvier et mai 2021.
5. S'il est toujours loisible à la personne intéressée, sauf à ce que des dispositions spéciales en disposent autrement, de former à l'encontre d'une décision administrative un recours gracieux devant l'auteur de cet acte et de ne former un recours contentieux que lorsque le recours gracieux a été rejeté, l'exercice du recours gracieux n'ayant d'autre objet que d'inviter l'auteur de la décision à reconsidérer sa position, un recours contentieux consécutif au rejet d'un recours gracieux doit nécessairement être regardé comme étant dirigé, non pas tant contre le rejet du recours gracieux dont les vices propres ne peuvent être utilement contestés, que contre la décision initialement prise par l'autorité administrative. Il appartient, en conséquence, au juge administratif, s'il est saisi dans le délai de recours contentieux qui a recommencé de courir à compter de la notification du rejet du recours gracieux, de conclusions dirigées formellement contre le seul rejet du recours gracieux, d'interpréter les conclusions qui lui sont soumises comme étant aussi dirigées contre la décision administrative initiale.
6. Il résulte de ce qui précède que les moyens tirés de l'incompétence du signataire et du défaut de motivation de la décision du 5 octobre 2021 rejetant le recours gracieux de l'association requérante, lequel était facultatif, qui relèvent d'un vice propre de cette dernière décision, sont inopérants et doivent, par suite, être écartés.
7. Il résulte de ce tout qui précède que le surplus des conclusions à fin d'annulation présentées par l'association Centre Le Mistral, ainsi que par voie de conséquence, le surplus de ses conclusions à fin d'injonction assortie des intérêts au taux légal, et ses conclusions, présentés à titre subsidiaire, tendant à la mise en place d'une médiation, doivent être rejetées.
Sur les frais liés à l'instance :
8. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions de l'association Centre Le Mistral présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1: Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation et d'injonction assortie des intérêts au taux légal de la requête de l'association Centre le Mistral en ce qui concerne les aides au titre des mois de mars et avril 2021.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à l'association Centre Le Mistral, au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique et au directeur des finances publiques de Provence-Alpes-Côte d'Azur et du département des Bouches-du-Rhône.
Délibéré après l'audience du 24 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Jorda-Lecroq, présidente,
Mme Gaspard-Truc, première conseillère,
Mme Balussou, première conseillère,
Assistées de Mme Faure, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 février 2023.
La rapporteure,
Signé
F.A
La présidente,
Signé
K. Jorda-Lecroq
La greffière,
Signé
N. Faure
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026