mardi 9 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2110949 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | DI RUSSO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 17 décembre 2021, M. et Mme A C, représentés par Me Di Russo, demandent au tribunal de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquelles ils ont été assujettis au titre des années 2016 et 2017 et des pénalités correspondantes.
Ils soutiennent que :
- ayant fait l'objet d'un contrôle sur pièces et non d'un examen de situation fiscale personnelle, ils ont été privés des garanties du contribuable attachées à ce contrôle ;
- c'est à tort que le service a transposé dans la procédure de rectification issue d'un contrôle sur pièces, les conséquences de ce qu'il a interprété comme un défaut de justifications dans le cadre de l'examen de situation fiscale personnelle engagée à l'encontre de Thomas C qui a un foyer fiscal distinct de celui de son père ;
- le service a qualifié les sommes provenant de la Grande Loge Provenciale Massilia de revenus distribués sur le fondement de l'article 111 c du code général des impôts, alors que l'application de l'article 111 c de ce code est irrégulière ;
- les sommes provenant de la Grande Loge Nationale de France sont des avances de frais ;
- les sommes provenant de la SAS Massilia Construction sont des prêts remboursables.
Par un mémoire en défense enregistré le 19 janvier 2022, la directrice régionale des finances publiques de Provence-Alpes-Côte d'Azur et du département des Bouches-du-Rhône conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Charbit, rapporteure,
- les conclusions de Mme Caselles, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Dans le cadre d'un examen de situation fiscale personnelle (ESFP) dont M. B C a fait l'objet, et qui a donné lieu à l'envoi d'une demande d'éclaircissements et de justifications, le service a retenu l'explication suivant laquelle l'ensemble des crédits bancaires non justifiés présents sur le compte Crédit Mutuel n° 2010510190 ouvert au nom de M. B C étaient taxables entre les mains de M. A C, son père, seul utilisateur du compte et non entre celles de M. B C. Une proposition de rectification faisant suite à un contrôle sur pièces a été adressée à M. et Mme A C le 22 octobre 2019, par laquelle des rehaussements en matière d'impôt sur le revenu et de contributions sociales ont été effectués selon la procédure contradictoire visée à l'article L. 55 du livre des procédures fiscales, au titre des années 2016 et 2017. Les rectifications ont été totalement maintenues en réponse aux observations formulées le 24 décembre 2019. Après avoir exercé un recours hiérarchique infructueux, M. et Mme A C ont adressé au service, le 8 décembre 2020, une réclamation contentieuse qui a fait l'objet d'une décision de rejet en date du 22 octobre 2021. Les requérants sollicitent la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquelles ils ont été assujettis au titre des années 2016 et 2017, ainsi que des pénalités correspondantes.
Sur la régularité de la procédure :
2. M. A C s'est présenté, dès le début de la procédure dirigée à l'encontre de son fils, M. B C, en qualité de conseil, comme en atteste le compte-rendu de l'entretien du 3 septembre 2018. Il était présent chaque fois que la vérificatrice a rencontré M. B C dans le cadre du débat oral et contradictoire et a lui-même, spontanément, indiqué que le compte Crédit Mutuel n° 2010510190, sur lequel se retrouvaient les crédits bancaires visés dans la procédure de taxation, n'avait été ouvert par son fils que pour lui servir personnellement. Il a sollicité la possibilité de venir déposer au service les réponses à la demande d'éclaircissements et de justifications n°2172 du 13 septembre 2018, bien que la procédure soit écrite, s'est ainsi présenté le 10 janvier 2019 et le 14 février 2019, a répondu à la mise en demeure n° 2172 bis adressée à M. B C en adressant au service des courriels en date des 25 février 2019 et 10 mars 2019, depuis sa messagerie " erictag@orange.fr ". Il a sollicité un délai supplémentaire de 30 jours pour répondre à une demande adressée à son fils, et pour échanger avec le service a utilisé une adresse mail créée par lui au nom de son fils " thomas.C@gmail.com ", comme cela ressort du courriel explicatif de M. B C. Il était présent à tous les rendez-vous, a fait des démarches spontanées à l'adresse du service par courriels des 4 janvier 2019, 6 février 2019, 10 février 2019, 18 février 2019, 25 février 2019, 10 mars 2019, 14 mars 2019 envoyés de sa propre adresse mail "erictag@orange.fr", et a ainsi été étroitement associé aux opérations de contrôle dont procèdent indirectement les rectification contestées. Le 15 octobre 2019, M. A C a déposé auprès du service, une déclaration rectificative pour l'année 2015, déclarant les revenus innomés provenant de la Grande Loge Nationale de France, que l'administration entendait imposer entre les mains de son fils, par proposition de rectification du 18 décembre 2018. Au cours du recours hiérarchique demandé par ce dernier, le requérant a produit des documents justifiant qu'il était le seul concerné par les sommes qui apparaissaient au crédit de comptes bancaires détenus en commun avec son fils. Les impositions contestées sont issues de l'exploitation conjuguée par l'administration, dans le cadre d'un contrôle sur pièces, des éléments réunis à l'occasion de l'examen de situation fiscale du fils du requérant et de ceux spontanément fournis par M. A C.
3. Il suit de là que M. C ne peut sérieusement alléguer avoir été privé de garanties, sur lesquelles il n'apporte d'ailleurs aucune précision, dans le cadre du contrôle dont il a fait l'objet, alors qu'il n'est pas contesté qu'il a bénéficié de l'ensemble des garanties attachées à la procédure contradictoire. Il n'est, par suite, pas fondé à soutenir que, faute pour lui d'avoir bénéficié des garanties auxquelles il était en droit de prétendre, les impositions ont été établies à l'issue d'une procédure irrégulière.
Sur le bien-fondé des impositions :
4. Aux termes de l'article 111 du code général des impôts : " Sont notamment considérés comme revenus distribués : / () / c. Les rémunérations et avantages occultes ; / () ".
5. Les rectifications, établies selon la procédure contradictoire ayant été régulièrement refusées par le contribuable, l'administration supporte la charge de la preuve.
En ce qui concerne les sommes provenant de la Grande loge Nationale de France :
6. Au vu des éléments produits par le requérant lui-même au cours du recours hiérarchique dans le cadre de l'examen de situation fiscal personnelle de son fils, l'administration a considéré que les sommes provenant de la Grande Loge Nationale de France portées au crédit du compte utilisé par le requérant avaient été, en l'absence de toute justification juridique, directement attribuées à ce dernier, sous couvert de remboursements de frais engagés par le biais du même compte au profit de la Grande Loge Nationale de France. Pour contester le bien-fondé des redressements afférents aux crédits inscrits sur le compte Crédit Mutuel n°2010510190, les requérants font valoir qu'il s'agit de remboursement de frais engagés au profit des dépenses courantes de la GLNF et versent aux débats, pour en justifier, un courrier daté du 29 septembre 2017, adressé à leur agence bancaire antérieurement au contrôle, dans lequel l'association a confirmé l'existence de remboursement de frais entre M. A C pris dans sa fonction de grand secrétaire et la Grande Loge Régionale Massilia. Néanmoins, ce document, de portée très générale, reste insuffisant à établir la nature des sommes, au regard, soit de l'absence de production de la copie de chèque rendant incertaine la provenance de la somme, soit de l'absence de production de la facture de dépense correspondante, soit de l'absence de correspondance entre le crédit bancaire et l'engagement de la dépense. Par ailleurs, il ne peut être tenu pour indifférent que M. A C a évolué dans ses explications, alléguant tout d'abord que la GLNF lui aurait versé des sommes pour tenir compte de sa situation financière difficile, évoquant ensuite son activité bénévole auprès de l'association. Par suite, c'est à bon droit que l'administration a réintégré ces sommes dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers, au titre des années 2016 et 2017.
En ce qui concerne les sommes provenant de la SAS Massilia Construction :
7. L'administration a considéré que les virements provenant de la SAS Massalia construction portés au crédit du compte utilisé par le requérant ne correspondaient à aucune prestation, n'avaient aucune contrepartie pour la société, avec laquelle M. C n'avait aucun lien juridique et a considéré que ces sommes correspondaient à des libéralités imposables en tant que distributions occultes. Pour soutenir avoir bénéficié d'avances remboursables, M. A C produit une attestation de la Grande Loge Provenciale Massilia datée du 20 août 2018 ayant pour objet " aide financière Eric C ", par laquelle l'association déclare avoir avancé à ce dernier la somme de 27 700 euros en 2016 et la somme de 36 994,54 euros en 2017 et précise que " le remboursement est laissé aux capacités financières " du débiteur et un courrier du cabinet d'avocat Perrymond-Pellequer daté du 26 août 2019 relatif à une reconnaissance de dette en date du 1er avril 2019, aux termes de laquelle M. A C s'engage à rembourser à la SAS Massilia Construction la somme de 66 794,54 euros avant le 30 juin 2019. D'une part ces éléments sont postérieurs au commencement de la procédure d'examen de situation fiscale personnelle engagée à l'encontre de M. B C et d'autre part, aucun acte écrit préalable ou concomitant à la remise des fonds, dûment enregistré avec prévision d'intérêt et modalités de remboursement n'est produit. En conséquence, c'est à bon droit que l'administration a qualifié ces sommes de rémunérations et avantages occultes au sens de l'article 111 c du code général des impôts et les a réintégrées dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers, au titre des années 2016 et 2017.
Sur les pénalités :
8. Aux termes de l'article 1729 du code général des impôts : " Les inexactitudes ou les omissions relevées dans une déclaration ou un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt ainsi que la restitution d'une créance de nature fiscale dont le versement a été indûment obtenu de l'Etat entraînent l'application d'une majoration de : / a. 40 % en cas de manquement délibéré ; (). "
9. Au regard du contexte des faits, soit l'ouverture par M. A C d'un compte bancaire au nom de son fils, pour son propre compte, dont il détenait procuration et qu'il était seul à utiliser pour ses besoins personnels, c'est à bon droit que l'administration fiscale a assorti les impositions supplémentaires de la majoration de 40 % prévue par les dispositions de l'article 1729 du code général des impôts en cas de manquement délibéré.
10. Il résulte de tout ce qui précède que M. et Mme A C ne sont pas fondés à demander la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquelles ils ont été assujettis au titre des années 2016 et 2017.
Sur les frais de l'instance :
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une quelconque somme soit mise à la charge de l'État, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme A C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme A C et à la directrice régionale des finances publiques de Provence-Alpes-Côte d'Azur et du département des Bouches-du-Rhône.
Délibéré après l'audience du 11 avril 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Menasseyre, présidente,
M. Claudé-Mougel, premier conseiller,
Mme Charbit, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 mai 2023.
La rapporteure,
signé
C. CharbitLa présidente,
signé
A. MenasseyreLa greffière,
signé
A. Vidal
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026