mardi 6 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2200385 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL CALLON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 17 janvier 2022 et 22 mars 2023, Mme D A, représentée Me Jean-Eric Callon de la SELARL Callon avocat et conseil, demande au tribunal :
1°) de condamner le centre hospitalier (CH) d'Arles à lui verser une somme de 3 094,80 euros en réparation des préjudices qu'elle a subi dans le cadre de sa prise en charge le 4 juin 2021 ;
2°) de mettre les frais d'expertise judiciaire à la charge définitive du CH d'Arles ;
3°) de mettre à la charge du CH d'Arles une somme de 1 500 euros à lui verser en application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le CH d'Arles a commis une faute par négligence alors qu'elle l'avait alerté sur son état dentaire détérioré, en déchaussant deux de ses dents durant son intubation lors de l'intervention qu'elle a subie au sein de cet établissement le 4 juin 2021 laquelle faute par négligence, engage la responsabilité du CH d'Arles après application d'un taux de perte de chance de 20% tel que fixé par les experts dans leur rapport ;
- elle est fondée à obtenir l'indemnisation des préjudices résultants de cette faute dont elle a été victime, après application du taux de perte de chance, à savoir son déficit fonctionnel temporaire à hauteur de 160,60 euros, les souffrances qu'elle a endurées à hauteur de 180 euros, son préjudice esthétique temporaire à hauteur de 60 euros, son déficit fonctionnel permanent à hauteur de 400 euros, son préjudice esthétique permanent à hauteur de 140 euros et ses dépenses de santé futures restées à charge à hauteur de 154,20 euros.
- par ailleurs, les experts retiennent également un défaut d'information fautif relatif aux risques encourus durant l'intervention du 4 juin 2021 qui lui ouvre droit à la réparation de son préjudice moral d'impréparation à hauteur de 2 000 euros ;
Par des mémoires en défense, enregistrés le 27 octobre 2023, le CH d'Arles, représenté par la SELARL Abeille et associés, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- à titre principal, la requête est irrecevable dès lors qu'elle est tardive ;
- à titre subsidiaire, les prétentions indemnitaires de la requérante devront être réduites à de plus justes proportions ;
- le caisse devra être déboutée de tous les débours qui ne seraient pas en lien direct et certain avec les conséquences dommageables des faits litigieux.
La requête a été communiquée à la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) des Hautes-Alpes, pour le compte de la CPAM des Bouches-du-Rhône, qui n'a pas produit de mémoire.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- les ordonnances du 23 janvier 2023 par lesquelles la présidente du tribunal administratif de Marseille a taxé et liquidé les honoraires de l'expert à hauteur de 1 500 euros et ceux du sapiteur à hauteur de 800 euros et les a mis à la charge de Mme A.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Ludivine Journoud, magistrate rapporteure,
- et les conclusions de Mme Amélie Lourtet, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A a subi le 4 juin 2021 au CH d'Arles une cholécystectomie coelioscopique pour cholécystite chronique lithiasique, sous anesthésie générale. Si cette intervention réalisée sur la vésicule biliaire s'est bien déroulée, deux incisives maxillaires (n°11 et 21) ont été expulsées au moment de l'intubation de l'intéressée. Mme A recherche la responsabilité du CH d'Arles s'agissant de la perte de ces deux dents et obtenir l'indemnisation de ses préjudices.
Sur la fin de non-recevoir soulevée en défense :
2. En vertu des dispositions de l'article R. 421-1, du 1° de l'article R. 421-3 et de l'article R. 421-5 du code de justice administrative alors applicables, la personne qui a saisi un hôpital public d'une demande préalable indemnitaire et qui s'est vu notifier une décision expresse de rejet dispose d'un délai de deux mois à compter de cette notification pour rechercher la responsabilité de l'établissement devant le tribunal administratif. Eu égard à l'objectif poursuivi par le législateur en instituant en matière de responsabilité des établissements publics de santé une procédure de règlement amiable des litiges, la notification de la décision rejetant la demande d'indemnité doit indiquer non seulement que le tribunal administratif peut être saisi dans le délai de deux mois mais aussi que ce délai est suspendu en cas de saisine de la commission de conciliation et d'indemnisation. La notification ne fait pas courir le délai si elle ne comporte pas cette double indication. Par ailleurs, l'article L. 1142-7 du code de la santé publique prévoit que : " () la saisine de la Commission suspend les délais de prescription et de recours contentieux jusqu'au terme de la procédure prévue par le présent chapitre () ".
3. En l'espèce, il résulte de l'instruction que Mme A, par le biais de son conseil, a adressé une demande préalable indemnitaire le 14 juin 2021 qui a été expressément rejetée par décision du CH d'Arles du 12 juillet suivant. Cette décision mentionne les voies et délais de recours ainsi que la suspension de ce délai en cas de saisine de la commission de conciliation et d'indemnisation des accidents médicaux. La requérante a saisi la commission de conciliation et d'indemnisation de Provence-Alpes-Côte d'Azur (CCI PACA) le 19 juillet 2021 d'une demande d'indemnisation et cette dernière a émis un avis d'incompétence le 20 août 2021. Mme A a alors saisi la même CCI PACA le 26 août suivant, toujours dans le délai de recours contentieux initial de deux mois, en vue d'une conciliation. La CCI PACA a rendu un rapport de non conciliation le 15 novembre 2021, dont il résulte de l'instruction qu'il a été notifié à la requérante le 20 novembre suivant. Mme A disposait donc d'un nouveau délai de deux mois à compter de cette date pour introduire sa requête indemnitaire. Par suite, la fin de non-recevoir soulevée par le CH d'Arles doit être écartée.
Sur la responsabilité du CH d'Arles :
En ce qui concerne le défaut d'information fautif :
4. Aux termes du I de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute. () ". Aux termes de l'article L. 1111-2 du code de la santé publique : " Toute personne a le droit d'être informée sur son état de santé. Cette information porte sur les différentes investigations, traitements ou actions de prévention qui sont proposés, leur utilité, leur urgence éventuelle, leurs conséquences, les risques fréquents ou graves normalement prévisibles qu'ils comportent ainsi que sur les autres solutions possibles et sur les conséquences prévisibles en cas de refus.() Cette information incombe à tout professionnel de santé dans le cadre de ses compétences et dans le respect des règles professionnelles qui lui sont applicables. Seules l'urgence ou l'impossibilité d'informer peuvent l'en dispenser. Cette information est délivrée au cours d'un entretien individuel. / () En cas de litige, il appartient au professionnel ou à l'établissement de santé d'apporter la preuve que l'information a été délivrée à l'intéressé dans les conditions prévues au présent article. Cette preuve peut être apportée par tout moyen. ". Aux termes de l'article R. 4127-36 du même code : " Le consentement de la personne examinée ou soignée doit être recherché dans tous les cas. Lorsque le malade, en état d'exprimer sa volonté, refuse les investigations ou le traitement proposé, le médecin doit respecter ce refus après avoir informé le malade de ses conséquences. ( )". Hors les cas d'urgence ou d'impossibilité de consentir, la réalisation d'une intervention à laquelle le patient n'a pas consenti oblige l'établissement responsable à réparer tant le préjudice moral subi de ce fait par l'intéressé que, le cas échéant, toute autre conséquence dommageable de l'intervention. Par ailleurs, il résulte de ces dispositions que doivent être portés à la connaissance du patient, préalablement au recueil de son consentement à l'accomplissement d'un acte médical, les risques connus de cet acte qui, soit présentent une fréquence statistique significative, quelle que soit leur gravité, soit revêtent le caractère de risques graves, quelle que soit leur fréquence.
5. En cas de manquement à cette obligation d'information, si l'acte de diagnostic ou de soin entraîne pour le patient, y compris s'il a été réalisé conformément aux règles de l'art, un dommage en lien avec la réalisation du risque qui n'a pas été porté à sa connaissance, la faute commise en ne procédant pas à cette information engage la responsabilité de l'établissement de santé à son égard, pour sa perte de chance de se soustraire à ce risque en renonçant à l'opération. Il n'en va autrement que s'il résulte de l'instruction, compte tenu de ce qu'était l'état de santé du patient et son évolution prévisible en l'absence de réalisation de l'acte, des alternatives thérapeutiques qui pouvaient lui être proposées ainsi que de tous autres éléments de nature à révéler le choix qu'il aurait fait, qu'informé de la nature et de l'importance de ce risque, il aurait consenti à l'acte en question.
6. En l'espèce, il résulte de l'instruction, et notamment du rapport déposé au greffe le 12 janvier 2023 de l'expertise diligentée par le tribunal, que le risque de déchaussement dentaire encouru par la requérante durant son intubation liée à l'anesthésie générale rendue nécessaire à la réalisation de l'intervention chirurgicale du 4 juin 2021 n'a pas été porté à sa connaissance de sorte que le CH d'Arles n'a pas satisfait à son obligation d'information préalable à son endroit alors que cette intervention n'était pas impérieusement requise par son état de santé. Par suite, cet établissement a commis un défaut d'information fautif de nature à permettre l'engagement de sa responsabilité, alors même que la requérante n'ignorait pas son état dentaire antérieur considéré comme particulièrement détérioré par les experts, la requérante ayant par suite droit à une réparation intégrale du préjudice qu'elle a subi de ce fait.
En ce qui concerne la faute médicale :
7. Aux termes de l'article L. 1142-1 du code de justice administrative : " I. - Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute ".
8. Il résulte de l'instruction et notamment du rapport d'expertise que, durant l'intervention chirurgicale sur sa vésicule biliaire que Mme A a subi le 4 juin 2021 sous anesthésie générale, l'intéressée a fait l'objet d'une intubation et que durant cette intubation elle a perdu deux dents, les incisives n°11 et n°21 alors qu'elle avait signalé la détérioration de son état dentaire durant la consultation d'anesthésie préopératoire. Par suite, le déchaussement définitif des dents n°11 et n°21 lors de l'intervention du 4 juin 2021 est le résultat exclusif d'une faute par négligence durant l'intubation de Mme A consistant en l'absence de protège-dents sur une patiente qui présentait une parodontopathie majeure et terminale sur les deux dents expulsées, de nature à engager la responsabilité du CH d'Arles. Enfin, il y a un lien direct et certain entre cette faute et les dommages subis par Mme A.
9. Il résulte de ce qui précède que Mme A est fondée à demander l'engagement de la responsabilité pour faute du CH d'Arles, compte-tenu de la faute par négligence dont elle a été victime au cours de l'intervention réalisée le 4 juin 2021 et à obtenir la réparation des préjudices qui en découlent.
En ce qui concerne le taux de perte de chance :
10. Dans le cas où la faute commise lors de la prise en charge ou le traitement d'un patient dans un établissement public hospitalier a compromis ses chances d'obtenir une amélioration de son état de santé ou d'échapper à son aggravation, le préjudice résultant directement de la faute commise par l'établissement et qui doit être intégralement réparé n'est pas le dommage corporel constaté, mais la perte de chance d'éviter que ce dommage soit advenu. La réparation qui incombe à l'hôpital doit alors être évaluée à une fraction du dommage corporel déterminée en fonction de l'ampleur de la chance perdue.
11. En l'espèce, il résulte de l'instruction que compte-tenu de l'âge de la requérante, 66 ans au moments des faits, de l'existence d'un état dentaire antérieur particulièrement détérioré de parodontopathie évalué à 80% par les experts, il y a lieu de retenir que la faute par négligence de déchaussement de deux dents en l'absence de protège dents lors de l'intubation de Mme A, a fait perdre à cette dernière une chance de limiter les conséquences dommageables de l'intervention sur la vésicule biliaire dont elle a été victime, qui peut être évaluée dans les circonstances de l'espèce à 20 %. La responsabilité du CH d'Arles est donc engagée à hauteur de cette fraction du dommage.
Sur l'évaluation des préjudices :
En ce qui concerne le préjudice moral d'impréparation :
12. Il sera fait une juste appréciation du préjudice de Mme A, résultant de l'impossibilité pour elle de se préparer à la réalisation du risque de déchaussement de ses dents en lien direct, certain et exclusif avec le défaut d'information fautif retenu à l'encontre du CH d'Arles, à hauteur de 2 000 euros en réparation intégrale.
En ce qui concerne les préjudices temporaires :
13. En premier lieu, il résulte de l'instruction que Mme A, qui demande l'indemnisation de ses dépenses de santé actuelles relatives aux travaux de réparation de ses dents à hauteur de 771 euros, justifie d'un reste à charge, après déduction de la part prise en charge par la sécurité sociale et par sa mutuelle, dont elle est fondée à obtenir le remboursement. Par suite, le CH d'Arles doit être condamné à lui verser une somme de 154,20 euros qui correspond à ce reste à charge dument justifié, après application du taux de perte de chance de 20%.
14. En deuxième lieu, il résulte de l'instruction et notamment du rapport d'expertise, que Mme A a présenté un déficit fonctionnel temporaire partiel de classe 1 (10%) durant la période du 4 juin 2021 au 4 juin 2022, soit 365 jours. Il sera fait une juste appréciation globale du déficit fonctionnel temporaire total et partiel de Mme A en l'évaluant à 97 euros après application du taux de perte de chance de 20%.
15. En troisième lieu, il résulte de l'instruction que les souffrances endurées par Mme A ont été évaluées par l'expert à 1 sur une échelle de 7. Il sera fait une juste appréciation de ce poste de préjudice en l'indemnisant à hauteur 200 euros après application du taux de perte de chance de 20%.
16. En quatrième et dernier lieu, il résulte de l'instruction, principalement du rapport d'expertise, que la faute par négligence dont Mme A a été victime est à l'origine pour l'intéressée d'un préjudice esthétique temporaire évalué à 1 sur une échelle de 1 à 7. Il sera fait une juste appréciation de ce poste en l'évaluant à la somme de 200 euros après application du taux de perte de chance de 20%.
En ce qui concerne les préjudices permanents :
17. En premier lieu, il résulte de l'instruction et principalement des rapports d'expertise que Mme A présente un déficit fonctionnel permanent évalué à 2% par les experts. Celle-ci étant âgée de 67 ans à la date de consolidation de son état de santé, il sera fait une juste appréciation de ce poste de préjudice à hauteur de 400 euros après application du taux de perte de chance de 20%.
18. En second lieu, il résulte de l'instruction, que la faute par négligence dont Mme A a été victime est à l'origine pour l'intéressée d'un préjudice esthétique permanent évalué à 0,5 sur une échelle de 1 à 7. Il sera fait une juste appréciation de ce poste en l'évaluant à la somme 100 euros après application du taux de perte de chance.
19. Il résulte de tout ce qui précède que Mme A est seulement fondée à solliciter la condamnation du CH d'Arles, au versement de la somme de 3 151,20 euros en réparation des préjudices qu'elle a subi dans le cadre de l'intervention réalisée au sein de cet établissement le 4 juin 2021.
Sur la déclaration de jugement commun :
20. La CPAM des Hautes-Alpes pour le compte de la CPAM des Bouches-du-Rhône n'a pas produit de mémoire à l'instance. Il y a lieu, dès lors, de lui déclarer commun le présent jugement.
Sur les dépens :
21. Il y a lieu de mettre les frais de l'expertise, qui ont été taxés et liquidés à la somme globale de 2 300 euros par quatre ordonnances de la présidente du tribunal du 23 janvier 2023, à la charge définitive du CH d'Arles.
Sur les frais du litige :
22. Il y a lieu dans les circonstances de l'espèce de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge du CH d'Arles la somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par Mme A et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Le CH d'Arles est condamné à verser une somme de 3 151,20 euros à Mme A en réparation de ses préjudices.
Article 2 : Les honoraires de l'expert et du sapiteur, taxés et liquidés à la somme globale de 2 300 euros, sont mis à la charge définitive du CH d'Arles.
Article 3 : Le CH d'Arles versera la somme de 1 500 euros à Mme A en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement est déclaré commun à la CPAM des Bouches-du-Rhône.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme D A, au centre hospitalier d'Arles et à la caisse primaire d'assurance maladie des Hautes-Alpes pour le compte de la caisse primaire d'assurance maladie des Bouches-du-Rhône.
Copies en seront adressées au Dr F C, expert médical et au Pr E B, sapiteur.
Délibéré après l'audience du 16 janvier 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Frédérique Simon, présidente,
M. Alexandre Derollepot, premier conseiller,
Mme Ludivine Journoud, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 février 2024.
La rapporteure,
signé
L. JournoudLa présidente,
signé
F. Simon
La greffière,
signé
A. Vidal
La République mande et ordonne au directeur général de l'agence régionale de santé Provence-Alpes-Côte d'Azur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en cheffe,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026