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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2202662

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2202662

jeudi 17 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2202662
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation6ème Chambre
Avocat requérantSELARL BRETLIM FORTUNY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistré le 28 mars et le 8 juillet 2022, M. et Mme A B, représentés par Me Sarmont, demandent au tribunal :

1°) de prononcer la restitution de la somme de 54 042 euros correspondant à des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquelles ils ont été assujettis au titre de l'année 2014, et des pénalités correspondantes ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent qu'ils sont en droit d'obtenir la restitution des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu, de contributions sociales et des pénalités, auxquelles les a assujettis l'administration au titre de l'année 2014, dès lors que M. B a remboursé par compensation, au moyen de deux distributions de dividendes effectuées en 2018 à hauteur de 17 500 euros et en 2020 à hauteur de 78 400 euros, la somme de 93 737 euros, correspondant au solde débiteur de son compte courant d'associé au 31 décembre 2014, imposé en tant que revenus distribués.

Par un mémoire en défense enregistré le 9 juin 2022, la directrice régionale des finances publiques de Provence-Alpes-Côte d'Azur et du département des Bouches-du-Rhône conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que :

- la demande de restitution des impositions en litige est tardive en ce qui concerne le versement de dividendes réalisé en 2018 ;

- les autres moyens soulevés par M. et Mme B ne sont pas fondés.

M. et Mme B ont été invités, en application de l'article R. 613-1-1 du code de justice administrative, à produire tout élément de nature à établir que les impositions en litige ont été acquittées, et le cas échéant, la date de paiement, en vue de compléter l'instruction.

M. et Mme B ont produit une pièce le 2 août 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Pouliquen, rapporteure,

- et les conclusions de M. Secchi, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, associé de la société civile Helios Assets Managment SC, a bénéficié d'avances de la société, inscrites à son compte courant d'associé. L'administration a imposé le montant du solde débiteur de ce compte au 31 décembre 2014, s'élevant à 93 737 euros, comme des revenus distribués sur le fondement du a de l'article 111 du code général des impôts. Considérant que le prêt consenti par la société avait été intégralement remboursé par deux distributions de dividendes de 17 500 euros et 78 400 euros, effectuées respectivement en dates du 20 décembre 2018 et du 2 novembre 2020, M. et Mme B ont demandé la restitution des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu, de contributions sociales et des pénalités correspondantes, auxquelles ils ont été assujettis au titre de l'année 2014, sur le fondement du troisième alinéa de l'article 111 du code général des impôts. Leur réclamation ayant été implicitement rejetée par l'administration, M. et Mme B demandent au tribunal de prononcer la restitution de ces impositions.

2. Aux termes de l'article 111 du code général des impôts : " Sont notamment considérés comme revenus distribués : / a. Sauf preuve contraire, les sommes mises à la disposition des associés directement ou par personnes ou sociétés interposées à titre d'avances, de prêts ou d'acomptes. / Nonobstant toutes dispositions contraires, lorsque ces sommes sont remboursées postérieurement au 1er janvier 1960, à la personne morale qui les avait versées, la fraction des impositions auxquelles leur attribution avait donné lieu est restituée aux bénéficiaires ou à leurs ayants cause dans des conditions et suivant des modalités fixées par décret ". Aux termes de l'article 49 bis de l'annexe III au code général des impôts : " Tout remboursement fait depuis le 1er janvier 1960 et portant sur des sommes qui, lors de leur versement à titre d'avances, prêts ou acomptes par une personne morale visée à l'article 108 du code général des impôts, ont été considérées comme revenus distribués en application du a de l'article 111 dudit code () ouvre droit, dans les conditions fixées par les articles 49 ter à 49 sexies, à la restitution au profit du bénéficiaire des avances, prêts ou acomptes ou de ses ayants cause, des impositions auxquelles le versement a donné lieu ". Il appartient à l'intéressé de justifier que sont remplies les conditions de fond requises pour bénéficier de la restitution d'imposition prévue par les dispositions précitées.

3. Si les requérants soutiennent que M. B a remboursé par compensation, au moyen de deux distributions de dividendes effectuées en 2018 à hauteur de 17 500 euros et en 2020 à hauteur de 78 400 euros, la somme de 93 737 euros, ils ne démontrent pas que ces distributions auraient été spécifiquement affectées au remboursement des avances consenties au titre de l'année 2014, et donc que celles-ci ont bien été remboursées à la société civile Helios Assets Managment SC. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à invoquer leur droit à restitution des impositions litigieuses sur le fondement des dispositions précitées.

4. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée en défense, que la requête de M. et Mme B doit être rejetée, y compris les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, l'Etat n'étant pas la partie perdante dans la présente instance.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. et Mme B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme A B et à la directrice régionale des finances publiques de Provence-Alpes-Côte d'Azur et du département des Bouches-du-Rhône.

Délibéré après l'audience du 26 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Brossier, président,

Mme Charpy, première conseillère,

Mme Pouliquen, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 octobre 2024.

La rapporteure,

Signé

G. Pouliquen

Le président,

Signé

J.B. Brossier La greffière,

Signé

D. Dan

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de l'industrie, en ce qui le concerne, ou à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

La greffière,

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