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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2203496

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2203496

jeudi 1 juin 2023

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2203496
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème Chambre
Avocat requérantCONSTANZA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et trois mémoires complémentaires enregistrés les 25 avril 2022, 27 juin 2022, 18 octobre 2022 et 28 décembre 2022, M. G F, Mme A F, M. C B, Mme M B, M. D J, Mme I E et Mme L N, représentés par Me Savi, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :

1°) d'annuler l'arrêté du 2 novembre 2021 par lequel le maire d'Allauch a délivré à la SAS Pierprovence Immobilier un permis de construire un ensemble immobilier sur un terrain situé 207 chemin des Aubagnens et transféré à la SAS Pierprovence Allauch, ainsi que la décision rejetant leur recours gracieux ;

2°) d'annuler l'arrêté du 28 octobre 2022 par lequel le maire d'Allauch a délivré à la SAS Pierprovence Allauch un permis de construire modificatif ;

3°) de mettre à la charge de la commune d'Allauch et de la SAS Pierprovence Allauch la somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que leur requête est recevable et que :

S'agissant du permis de construire délivré le 2 novembre 2021 :

- l'arrêté attaqué a été pris par une autorité incompétente faute de justifier d'une délégation de signature dûment publiée ;

- le permis a été délivré au regard d'un dossier incomplet, la notice architecturale étant insuffisante au regard des prescriptions de l'article R.431-8 du code de l'urbanisme ;

- les photos d'insertion produites au dossier de demande sont insuffisantes en méconnaissance de l'article R.431-10 du code de l'urbanisme ;

- le projet méconnaît plusieurs objectifs du PADD ;

- le projet méconnaît les dispositions de l'article 3.8 des dispositions générales du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal relatif aux toitures terrasses ;

- il méconnaît l'OAP Qualité d'aménagement et des formes urbaines de la zone UP qui privilégie l'habitat individuel ;

- il est incompatible avec cette OAP qui proscrit les toitures dont le linéaire est supérieur à 15 mètres ;

- il méconnaît l'article UP6 du règlement du PLUi ;

- il méconnaît l'article UP7 dudit règlement ;

- il méconnaît l'article UP9 du règlement du PLUi ;

- il méconnaît l'article UP10 dudit règlement ;

- il méconnaît l'article UP11 dudit règlement ;

- il méconnaît l'article UP12 dudit règlement ;

- il méconnaît l'article UP13 dudit règlement.

S'agissant du permis de construire modificatif délivré le 28 octobre 2022 :

- en ce qui concerne l'incompatibilité du projet avec les règles fixées par l'OAP Qafu, s'agissant du linéaire de toiture, il ne régularise que le bâtiment E, mais pas les bâtiments A, B, C et D ;

- il ne régularise pas les autres vices soulevés à l'encontre du permis de construire initial.

Par leur mémoire complémentaire enregistré le 28 décembre 2022, les requérants ont entendu retirer les moyens tirés de la violation, d'une part, de l'article 3.8 des dispositions générales du PLUi et, d'autre part, de l'article UP6 du règlement du PLUi.

Par deux mémoires en défense enregistrés les 31 mai 2022 et 28 octobre 2022, la commune d'Allauch, représentée par Me Constanza, conclut, à titre principal, au rejet de la requête, à titre subsidiaire à ce que le tribunal fasse application des dispositions de l'article L.600-5 ou de l'article L.600-5-1 du code de l'urbanisme et, en toute hypothèse, à ce que soit mis à la charge solidaire des requérants la somme de 3 600 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que les moyens invoqués ne sont pas fondés.

Par un mémoire en défense enregistré le 7 juin 2022, la société Pierprovence Immobilier, représentée par Me Raoul, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge des requérants une somme globale de 8 000 euros sur le fondement de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir, à titre principal, que la requête est irrecevable faute pour les requérants de produire l'entier dossier de permis de construire attaqué.

Elle fait valoir, à titre subsidiaire, qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.

Les sociétés Pierprovence Immobilier et Pierprovence Allauch ont produit un mémoire en défense complémentaire le 7 février 2023 qui n'a pas été communiqué en application de l'article R.611-1 du code de justice administrative.

Par une ordonnance du 7 février 2023, a été prononcée, en application des articles R.611-11-1 et R. 613-1 du code de justice administrative, la clôture immédiate de l'instruction.

La commune d'Allauch a produit un dernier mémoire, enregistré le 7 février 2023, postérieurement la clôture de l'instruction, qui n'a pas été communiqué.

Par une lettre du 27 avril 2023, les parties ont été informées que le tribunal est susceptible, dans l'affaire citée en référence, de juger que le moyen tiré de la méconnaissance du f) de l'article UP11 du plan local d'urbanisme intercommunal est fondé, en tant que le projet ne justifie pas d'une impossibilité technique interdisant l'implantation du local vélo en rez-de-chaussée, d'estimer que ce vice est susceptible d'être régularisé et, en conséquence, de surseoir à statuer jusqu'à l'expiration d'un délai de quatre mois qu'il aura fixé pour cette régularisation.

En réponse à cette lettre d'information relative à l'emploi éventuel de l'article L.600-5-1 du code de l'urbanisme, des observations présentées pour la société pétitionnaire et pour la commune d'Allauch ont été enregistrées le 2 mai 2023 et pour les requérants le 3 mai 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Peyrot,

- les conclusions de M. Terras, rapporteur public,

- les observations de Me Savi pour M. F et autres,

- les observations de Me Le Neel pour la SAS Pierprovence Immobilier,

- et les observations de Me Constanza pour la commune d'Allauch.

Considérant ce qui suit :

1. Par arrêté du 2 novembre 2021, le maire d'Allauch a délivré à la SAS Pierprovence Immobilier un permis de construire portant démolition de deux villas et un abri-jardin, et construction de 5 bastides en R+1 comprenant 27 logements et 51 places de stationnement en sous-sol, pour une surface de plancher totale de 1 893 m², sur un terrain situé 207 chemin des Aubagnens. Ce permis de construire a été transféré à la société Pierprovence Allauch par arrêté du 1er juillet 2022. Par arrêté du 28 octobre 2022, le maire d'Allauch a délivré à la société Pierprovence Allauch un permis de construire modificatif, réduisant le projet à 26 logements pour une surface totale de plancher ramenée à 1 864 m². Par leur requête, et dans le dernier état de leurs écritures, M. F et autres sollicitent l'annulation des arrêtés du 2 novembre 2021 et du 28 octobre 2022 valant permis de construire et permis de construire modificatif.

Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :

2. Aux termes de l'article R. 412-1 du code de justice administrative : " La requête doit, à peine d'irrecevabilité, être accompagnée, sauf impossibilité justifiée, de la décision attaquée, ou, dans le cas mentionné à l'article R. 421-2, de la pièce justifiant du dépôt de la réclamation ".

3. En l'espèce, les requérants ont produit à l'appui de leur requête l'arrêté de permis de construire initial attaqué, ainsi que le courrier de recours gracieux formé contre cet arrêté le 28 décembre 2021, lequel a donné lieu à la naissance d'une décision implicite de rejet. Ces deux décisions constituent les décisions attaquées au sens des dispositions de l'article R.412-1 précité, sans que ne puisse être reproché aux requérants de ne pas avoir produit l'entier dossier de permis de construire. En tout état de cause, l'entier dossier de permis de construire a été versé aux débats par la commune d'Allauch le 31 mai 2022. La fin de non-recevoir opposée par la société Pierpovence Immobilier, tirée de l'absence de production du permis de construire initial attaqué, doit donc être écartée.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

4. Lorsqu'un permis de construire a été délivré en méconnaissance des dispositions législatives ou réglementaires relatives à l'utilisation du sol ou sans que soient respectées des formes ou formalités préalables à la délivrance des permis de construire, l'illégalité qui en résulte peut être régularisée par la délivrance d'un permis modificatif dès lors que celui-ci assure le respect des règles de fond applicables au projet en cause, répond aux exigences de forme ou a été précédé de l'exécution régulière de la ou des formalités qui avaient été omises. Les irrégularités ainsi régularisées ne peuvent plus être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir dirigé contre le permis initial. En l'espèce, les requérants présentent les mêmes moyens à l'encontre du permis de construire modificatif que ceux soutenus à l'encontre du permis de construire initial. Par le présent jugement, les moyens que le permis de construire modificatif délivré régularise seront écartés, sans qu'il soit nécessairement rappelé qu'ils sont devenus inopérants contre le permis de construire initial.

S'agissant du moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'acte :

5. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 2122-18 du code général des collectivités territoriales : " Le maire est seul chargé de l'administration, mais il peut, sous sa surveillance et sa responsabilité, déléguer par arrêté une partie de ses fonctions à un ou plusieurs de ses adjoints () ". Selon l'article L. 2131-1 du même code, dans sa rédaction alors applicable : " Les actes pris par les autorités communales sont exécutoires de plein droit dès qu'il a été procédé à leur publication ou affichage ou à leur notification aux intéressés ainsi qu'à leur transmission au représentant de l'Etat dans le département (). / Le maire certifie, sous sa responsabilité, le caractère exécutoire de ces actes () ". L'article L. 2131-2 de ce code prévoit, dans sa rédaction alors en vigueur, que : " Sont soumis aux dispositions de l'article L. 2131-1 les actes suivants : () / 3° Les actes à caractère réglementaire pris par les autorités communales dans tous les autres domaines qui relèvent de leur compétence en application de la loi () ".

6. Aux termes du second alinéa de l'article L. 2122-29 du code général des collectivités territoriales, dans sa rédaction alors applicable : " Dans les communes de 3 500 habitants et plus, les arrêtés municipaux à caractère réglementaire sont publiés dans un recueil des actes administratifs dans des conditions fixées par décret en Conseil d'Etat ". L'article R. 2121-10 du même code, alors en vigueur, dispose que : " Dans les communes de 3 500 habitants et plus, () les arrêtés du maire, à caractère réglementaire, visés au deuxième alinéa de l'article L. 2122-29, sont publiés dans un recueil des actes administratifs ayant une périodicité au moins trimestrielle. / Ce recueil est mis à la disposition du public à la mairie () ". Ces dispositions n'ont pas dérogé au principe fixé à l'article L. 2131-1 du même code cité ci-dessus, selon lequel la formalité de publicité qui conditionne l'entrée en vigueur des actes réglementaires du maire peut être soit la publication, soit l'affichage.

7. Il ressort des pièces du dossier que, par un arrêté du 8 octobre 2020, le maire d'Allauch a délégué à M. H K, deuxième adjoint signataire de l'arrêté contesté, la signature, en particulier, de " toute décision relative à l'occupation et l'utilisation du sol régie par le code de l'urbanisme ". Par ailleurs, il ressort des mentions figurant sur cet arrêté de délégation, lesquelles font foi jusqu'à preuve contraire, que celui-ci a été transmis le 15 octobre 2020 à la préfecture. Enfin, la commune produit un certificat d'affichage par lequel le maire atteste de l'affichage en mairie de cet arrêté de délégation dès le 15 octobre 2020 et pour une durée de deux mois. L'arrêté de délégation étant entré en vigueur après la mise en œuvre des formalités de publicité prévues par l'article L. 2131-1 du code général des collectivités territoriales, la circonstance, à la supposer même établie, que cet arrêté n'aurait pas donné lieu à une inscription dans l'un des registres prévus par l'article R. 2122-7 du même code est sans incidence sur le caractère exécutoire de la délégation de signature consentie à M. K. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire du permis de construire en litige doit être écarté. A supposer le moyen soulevé à l'encontre du permis de construire modificatif, il sera écarté par les mêmes motifs.

S'agissant du moyen tiré de l'incomplétude du dossier de permis de construire :

8. Aux termes de l'article L.131-2 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural () précise, par des documents graphiques ou photographiques, l'insertion dans l'environnement et l'impact visuel des bâtiments ainsi que le traitement de leurs accès et de leurs abords ". Aux termes de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend une notice précisant : / 1° L'état initial du terrain et de ses abords indiquant, s'il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants ; / 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : / a) L'aménagement du terrain, en indiquant ce qui est modifié ou supprimé ; / b) L'implantation, l'organisation, la composition et le volume des constructions nouvelles, notamment par rapport aux constructions ou paysages avoisinants ; / c) Le traitement des constructions, clôtures, végétations ou aménagements situés en limite de terrain ; / d) Les matériaux et les couleurs des constructions ; / e) Le traitement des espaces libres, notamment les plantations à conserver ou à créer ; / f) L'organisation et l'aménagement des accès au terrain, aux constructions et aux aires de stationnement ". L'article R. 431-9 du même code dispose que : " Le projet architectural comprend également un plan de masse des constructions à édifier ou à modifier coté dans les trois dimensions. Ce plan de masse fait apparaître les travaux extérieurs aux constructions, les plantations maintenues, supprimées ou créées et, le cas échéant, les constructions existantes dont le maintien est prévu. / Il indique également, le cas échéant, les modalités selon lesquelles les bâtiments ou ouvrages seront raccordés aux réseaux publics ou, à défaut d'équipements publics, les équipements privés prévus, notamment pour l'alimentation en eau et l'assainissement () ". Selon l'article R. 431-10 de ce code : " Le projet architectural comprend également : () / c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain ; / d) Deux documents photographiques permettant de situer le terrain respectivement dans l'environnement proche et, sauf si le demandeur justifie qu'aucune photographie de loin n'est possible, dans le paysage lointain. Les points et les angles des prises de vue sont reportés sur le plan de situation et le plan de masse ".

9. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.

10. La notice descriptive du projet précise la localisation du terrain dans une zone résidentielle composée de lotissements, de villas, de grosses bastides et de maisons mitoyennes. Cette notice indique le zonage attaché à l'unité foncière, sa superficie et sa topographie et précise que " le terrain du projet est bordé par : Au Nord, des bastides et un lotissement dense de villas /A l'Est, le chemin des 4 familles qui dessert environ 14 bastides / A l'Ouest, le domaine de la Bastide des Chènes /Au Sud, l'accès au terrain par une plateforme en triangle comprenant un arrêt de bus (cet espace est soumis à un emplacement réservé). / Actuellement la parcelle du projet comporte deux bastides en R+1 et une piscine ". En outre, le dossier comprend un plan cadastral, un document PC6 présentant une photographie aérienne illustrant l'insertion du projet et ses abords et des documents PC7 et PC8 comportant plusieurs photographies permettant de situer le terrain d'assiette et les constructions situées à proximité. La seule circonstance que n'apparaîtrait pas sur ces différents documents une maison en cours de construction à la date du dépôt du permis n'est pas de nature à avoir faussé l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable et notamment sur son insertion dans l'environnement immédiat. Le moyen tiré de l'incomplétude du dossier et de l'insuffisance du projet architectural en méconnaissance des articles R. 431-8 et R. 431-10 du code de l'urbanisme doit par suite être écarté.

S'agissant du moyen tiré de la violation des objectifs du projet d'aménagement et de développement durable :

11. Si les requérants se prévalent de certains objectifs du projet d'aménagement et de développement durable du plan local d'urbanisme intercommunal du territoire Marseille-Provence, un tel document n'est pas directement opposable aux autorisations d'urbanisme. Le moyen doit ainsi être écarté comme inopérant.

S'agissant du moyen tiré de l'incompatibilité du projet avec l'OAP " Qualité d'aménagement et formes urbaines " :

12. Aux termes de l'article L. 151-6 du code de l'urbanisme : " Les orientations d'aménagement et de programmation comprennent, en cohérence avec le projet d'aménagement et de développement durables, des dispositions portant sur l'aménagement, l'habitat, les transports, les déplacements et, en zone de montagne, sur les unités touristiques nouvelles. () " Aux termes du I. de l'article L. 151-7 du même code dans sa version applicable : "I. - Les orientations d'aménagement et de programmation peuvent notamment : 1° Définir les actions et opérations nécessaires pour mettre en valeur l'environnement, notamment les continuités écologiques, les paysages, les entrées de villes et le patrimoine, lutter contre l'insalubrité, permettre le renouvellement urbain, favoriser la densification et assurer le développement de la commune ; 2° Favoriser la mixité fonctionnelle en prévoyant qu'en cas de réalisation d'opérations d'aménagement, de construction ou de réhabilitation un pourcentage de ces opérations est destiné à la réalisation de commerces ; 3° Comporter un échéancier prévisionnel de l'ouverture à l'urbanisation des zones à urbaniser et de la réalisation des équipements correspondants ; 4° Porter sur des quartiers ou des secteurs à mettre en valeur, réhabiliter, restructurer ou aménager ; 5° Prendre la forme de schémas d'aménagement et préciser les principales caractéristiques des voies et espaces publics ; 6° Adapter la délimitation des périmètres, en fonction de la qualité de la desserte, où s'applique le plafonnement à proximité des transports prévu aux articles L. 151-35 et L. 151-36. ".

13. Il résulte de ces dispositions qu'une autorisation d'urbanisme ne peut être légalement délivrée si les travaux qu'elle prévoit sont incompatibles avec les orientations d'aménagement et de programmation d'un plan local d'urbanisme et, en particulier, en contrarient les objectifs.

14. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que le terrain d'assiette du projet se situe en zone UP3 définie par le règlement du PLUi comme permettant " notamment le développement de l'habitat individuel sous toutes ses formes (pavillonnaire, habitat individuel groupé) dans lesquelles les emprises au sol sont " principalement limitées à 30% ". L'orientation d'aménagement et de programmation (OAP) multi-sites " Qualité d'aménagement et formes urbaines " précise que " Les zones UP couvrent des secteurs à dominante d'habitat, de hauteur limitée (H max ( 7 mètres) avec des niveaux de densité variable. Ils sont définis en fonction des contextes paysagers et topographiques, de la consistance du cadre bâti, de l'armature viaire et de l'offre en équipement public. Les formes recherchées vont de l'habitat individuel isolé sur son terrain, aux opérations groupées de maisons jumelées ou en bande, jusqu'à de possibles variantes en habitat intermédiaire de type "individuel superposé () L'habitat individuel englobe une variété de typo-morphologie correspondant à : - différents niveaux de densité (de 10 à 50 logements/hectare) () ".

15. D'une part, il ne ressort d'aucun article du règlement que les auteurs du PLUi aient entendu prohiber la réalisation de logements collectifs en zone UP3. D'autre part, si les requérants soutiennent que le projet attaqué, portant, dans sa version modifiée par le permis de construire modificatif, sur la réalisation de 26 logements dont 11 logements sociaux, ne serait pas conforme avec l'orientation d'aménagement et de programmation " Qualité d'aménagement et des formes urbaines " du PLUi complétant le règlement des zones UP, un tel moyen ne peut prospérer dès lors que les orientations d'une OAP ne sont opposables aux autorisations d'urbanisme qu'en terme de compatibilité. Il ressort en outre des pièces du dossier que le projet attaqué prévoit la réalisation de 5 bâtiments en R+1, comprenant chacun 5 ou 6 logements, disposant tous d'une entrée autonome, et que le pétitionnaire a ainsi recherché une organisation correspondant aux formes d'habitat souhaitées par les auteurs de l'OAP, qui privilégient les maisons " regroupées en plot " ou " superposées en plot ". Par suite, et alors que le niveau de densité de l'habitat individuel tel que mentionné par l'OAP ne dresse qu'un objectif sans valeur normative, le projet critiqué n'apparaît pas incompatible avec les objectifs généraux dressés par l'OAP " Qualité d'aménagement et des formes urbaines ".

16. En second lieu, s'agissant de la volumétrie et du gabarit des constructions en zones UP et UM, l'orientation d'aménagement et de programmation (OAP) multi-sites " Qualité d'aménagement et formes urbaines " précise " chaque projet d'habitat groupé devra respecter les prescriptions suivantes : () En Up et en UM : pas de toiture continue sur plus de 15 mètres linéaires () ".

17. Les requérants soutiennent que le projet attaqué contrevient à une telle prescription dès lors que, telles qu'autorisées par le permis de construire modificatif, les bastides A, B et D présentent une longueur de toiture de 16,92 mètres et le bâtiment C une longueur de 17,4 mètres. Toutefois, une telle règle, édictée par l'OAP et non le règlement, ne peut être appréciée, comme il l'a été dit aux points 13 et 15 du présent jugement, qu'en terme de compatibilité et à l'échelle du territoire couvert, soit, en l'espèce, l'ensemble des zones UP et UM du territoire de Marseille-Provence. Dans ces conditions, M. F et autres ne démontrent pas que le dépassement du linéaire de toiture de 4 des 5 bâtiments projetés serait, à l'échelle du territoire couvert par la règle, de nature à rendre incompatible le projet attaqué avec l'OAP multi-sites.

S'agissant de la méconnaissance de l'article UP7 du règlement du PLUi :

18. Aux termes de l'article 7 du règlement de la zone UP du plan local d'urbanisme intercommunal : " a) en l'absence de polygone constructible sur le règlement graphique, la distance d) mesurée horizontalement entre tout point d'une construction et le point le plus proche d'une limite séparative est supérieure ou égale à la moitié de la différence d'altitude entre ces deux points sans être inférieure à 3 mètres (). L'altitude de la limite doit être mesurée au niveau du fonds voisin et non au niveau du terrain du projet ".

19. D'une part, il ressort du plan de masse que la hauteur de la bastide A projetée est mesurée à une altitude de 185,32 mètres et se situe, à son point le plus proche, à 3,40 mètres de la limite Nord-Ouest du terrain d'assiette. Si le plan de masse n'indique pas la cote du terrain voisin à ce point précis, il indique toutefois deux autres cotes altimétriques de respectivement 179 mètres et 178,84 mètres, entre lesquelles ce point se situe. Alors que les plans de façade indiquent une déclivité linéaire du terrain naturel au droit de la façade Nord-Ouest du bâtiment, l'altitude du fonds voisin au droit du point d'implantation du projet au plus proche de la limite séparative est dès lors comprise entre 179 et 178,84 mètres. Dans ces conditions, l'implantation de la bastide A est conforme aux règles de distance avec les limites séparatives édictées par l'article UP7 du règlement du plan local d'urbanisme.

20. D'autre part, s'agissant de la bastide C, d'une hauteur mesurée à une altitude de 185,32 mètres, le plan de masse précise la cote du terrain naturel du fonds voisin à 178,19 mètres. Par suite, la construction, implantée à 3,65 mètres de distance de la limite séparative à son point le plus proche, et non 3,35 mètres comme indiqué par les requérants, respecte elle-aussi les règles de distance édictées par l'article UP7 du règlement du plan local d'urbanisme.

S'agissant de la méconnaissance de l'article UP9 du règlement du PLUi :

21. Aux termes de l'article 9 du règlement de la zone UP du plan local d'urbanisme intercommunal : " a) Peuvent être interdits ou admis sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales, les constructions ou ouvrages à édifier ou à modifier qui, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou leur aspect extérieur, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales ".

22. Pour apprécier si un projet de construction porte atteinte, en méconnaissance des dispositions précitées du règlement d'un plan local d'urbanisme, au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales, il appartient à l'autorité administrative d'apprécier, dans un premier temps, la qualité du site sur lequel la construction est projetée et d'évaluer, dans un second temps, l'impact que cette construction, compte tenu de sa nature et de ses effets, pourrait avoir sur le site.

23. Il ressort des pièces versées aux débats comme de la demande de permis de construire que le secteur, qui ne bénéficie d'aucune protection particulière, se caractérise par un habitat pavillonnaire relativement dense, composé de villas et de bastides de tailles disparates. Le projet en litige porte sur la réalisation de cinq bastides en R+1 d'une hauteur de façade d'environ 6,7 mètres, et dont le traitement esthétique retenu par le pétitionnaire, notamment la couverture en tuile et les coloris, est comparable aux constructions du secteur et permet une intégration dans son environnement. Par suite, le projet ne porte pas atteinte aux lieux dans lesquels il est envisagé. Ce moyen doit, dès lors, être écarté.

S'agissant de la méconnaissance de l'article UP10 du règlement du PLUi :

24. En premier lieu, aux termes de l'article UP10 du règlement du PLUi, s'agissant de la surface des espaces verts et des espaces de pleine terre : " () b) la surface totale des espaces verts est supérieure ou égale à () en UP3, 50 % de la surface de terrain ; () d) dans le cadre de l'application des articles 10b) et 10c), la surface totale des espaces de pleine terre est supérieure ou égale aux deux-tiers de la surface totale des espaces végétalisés exigés () ". Le lexique annexé au règlement précise que les cheminements doux, notamment, peuvent être intégrés au surface de pleine terre si le revêtement autorise plus de 50% de perméabilité.

25. Il ressort des pièces du dossier que la surface de terrain d'assiette de la construction projetée est de 3 847 m². Les dispositions précitées imposent ainsi 1 922,5 m² d'espaces végétalisés et 1 281 m² de surface de pleine terre. Il ressort du plan des espaces verts annexé au dossier de permis de construire modificatif que le projet prévoit de conserver 1 933,8 m² d'espaces verts et 1 754,1 m² d'espaces de pleine terre. Si les requérants soutiennent que le pétitionnaire ne pouvait comptabiliser dans les espaces de pleine terre les cheminements piétonniers, il ressort de la notice de présentation du permis de construire modificatif que le revêtement de ces derniers permettra une perméabilité de plus de 50%. En se bornant à indiquer que le matériau permettant cette perméabilité n'est pas précisé par le pétitionnaire, les requérants ne contestent pas utilement la prise en compte desdits chemins dans les surfaces de pleine-terre. Au demeurant, les requérants ne démontrent ni même n'allèguent qu'en déduisant la surface de ces chemins piétonniers de la surface de pleine terre, le projet ne respecterait plus les prescriptions prévues aux b) et d) de l'article UP10 précité.

26. En second lieu, aux termes de l'article UP10 du règlement du PLUi, s'agissant du traitement des espaces libres, des espaces verts et des espaces de pleine terre : " () e) les arbres existants sont maintenus ou, en cas d'impossibilité, obligatoirement remplacés par des sujets en quantité et qualité équivalentes (essence et développement à terme) ". L'OAP " Qualité d'aménagement et formes urbaines " précise qu'" afin de préserver les arbres de haute tige de manière pérenne, une distance minimale de 3 mètres séparera les constructions, y compris enterrées, des arbres de haute tige ".

27. D'une part, contrairement à ce que soutiennent les requérants, les dispositions du e) de l'article UP10 n'imposent pas au pétitionnaire de justifier ne pas pouvoir préserver les arbres existants mais uniquement de s'assurer, le cas échéant, de leur remplacement par des sujets équivalents. D'autre part, la circonstance que, sur les 36 sujets que le projet prévoit de planter, 12 ne seraient pas situés à une distance supérieure à 3 mètres des constructions, n'est pas de nature à rendre le permis délivré incompatible avec l'OAP.

S'agissant de la méconnaissance de l'article UP11 du règlement du PLUi :

28. En premier lieu, l'article UP11 du plan local d'urbanisme intercommunal de Marseille-Provence et par dérogation, s'agissant des logements locatifs financés avec un prêt aidé par l'Etat, l'article 3.6 des dispositions générales dudit PLUi, fixent les modalités de calcul du nombre de places de stationnement en fonction du nombre de logements projetés. Il en résulte, d'une part, qu'une place de stationnement doit être créée par logement locatif financé par un prêt aidé par l'Etat. D'autre part, s'agissant des logements à l'accession, le projet doit prévoir, pour les résidents, une place par tranche de 40 m² de surface de plancher créée, sans être inférieure à 1 place ni supérieure à 2 places par logement et, pour les visiteurs, 1 place pour 3 logements créés. Par ailleurs, le lexique annexé au règlement du PLUi définit la place commandée comme une " place de stationnement d'un véhicule nécessitant le déplacement d'un autre véhicule pour être accessible ", qui est comptabilisée, au titre des obligations de réalisation de places de stationnement, comme une demi-place.

29. Il ressort des pièces du dossier de permis de construire modificatif que le projet prévoit la réalisation de 26 logements ventilés en 11 logements locatifs sociaux, nécessitant 11 places de stationnement, et 15 logements à l'accession développant une surface de plancher totale de 1 209 m², nécessitant 30 places de stationnement pour les résidents et 5 places pour les visiteurs, soit un total, pour l'ensemble du projet, de 46 places de stationnement. Il ressort de la notice de présentation et du plan des sous-sols que le projet prévoit 51 places de stationnement dont 5 places commandées, soit un total de 48 places. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article UP11 du plan local d'urbanisme et de l'article 3.6 des dispositions générales de ce même plan doit être écarté.

30. En second lieu, les dispositions du f) de l'article 11 du règlement de la zone UP du PLUi énoncent que " Les emplacements prévus pour le stationnement des vélos doivent être facilement accessibles depuis les voies ou emprises publiques et : - lorsqu'ils sont situés dans le même volume que celui de la construction principale, localisés en rez-de-chaussée ou, sous réserve d'une impossibilité technique, au premier niveau de sous-sol ".

31. Il ressort des pièces du dossier de permis de construire modificatif que le local à vélos de 43 m² projeté est situé en sous-sol, dans le parking. Pour justifier cette localisation, la notice de présentation précise que chaque logement dispose d'une entrée séparée et que le parking aisément accessible constitue la seule partie commune existante reliant les cinq bastides. Toutefois, une telle circonstance ne constitue pas une " impossibilité technique " au sens des dispositions précitées qui permettait à la société pétitionnaire de s'affranchir de la règle selon laquelle les espaces de stationnement pour vélos doivent être prévus en rez-de-chaussée. Il ne ressort notamment pas des pièces du dossier que serait impossible, par exemple, la réalisation d'un local à vélos dans chaque bâtiment à due proportion de leur surface de plancher respective. Les requérants sont donc fondés à soutenir que le permis de construire contesté a été délivré en conséquence d'une application inexacte du f) de l'article 11 du règlement de la zone UP du plan local d'urbanisme intercommunal du territoire Marseille Provence.

S'agissant de la méconnaissance de l'article UP12 du règlement du PLUi :

32. Aux termes de l'article 12 du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal : " a) Pour accueillir une construction nouvelle, un terrain doit être desservi par une voie ou une emprise publique existante ou créée dans le cadre du projet et dont les caractéristiques permettent de satisfaire : - aux besoins des constructions et aménagements ; - et aux exigences de sécurité routière, de défense contre l'incendie, de sécurité civile et de collecte des ordures ménagères. () e) Les accès sont aménagés de façon à ne pas créer de danger ou de perturbation pour la circulation en raison de leur position (notamment à proximité d'une intersection) ou d'éventuels défauts de visibilité ".

33. La construction projetée est desservie par le chemin des Aubagnens qui est une voie à double-sens présentant les caractéristiques satisfaisantes en terme de sécurité et qui s'ouvre au droit de l'accès au projet sur une placette publique comprenant notamment un arrêt de bus. Il n'est pas établi que la courbure de la rampe d'accès rendrait impossible le croisement des véhicules.

34. Les requérants soutiennent enfin que la défense contre l'incendie ne serait pas assurée par le projet, à défaut notamment d'une voie interne carrossable qui permettrait aux véhicules incendie d'accéder aux constructions. Toutefois, le SDIS a rendu un avis favorable, le 21 octobre 2022, au permis de construire modificatif, ce dernier prévoyant la réalisation d'un cheminement pompier libre de toutes plantations d'une largeur d'1,80 mètre et une borne incendie installée à proximité immédiate de la rampe d'accès au sous-sol. Il en résulte qu'une voie interne n'est pas nécessaire au projet, dès lors que le chemin des Aubagnens est la " voie engin " le desservant et que toutes ses constructions sont accessibles par les cheminements piétons permettant le passage des dévidoirs et des échelles à mains. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article UP12 du règlement du PLUi, pris dans toutes ses branches, doit être écarté.

S'agissant de la méconnaissance de l'article UP13 du règlement du PLUi :

35. Le f) de l'article UP13 du règlement du PLUi indique les prescriptions applicables aux constructions nouvelles concernant le traitement des eaux pluviales, précisant les modalités de rejet et les volumes de rétention qui y sont associés. Le g) du même article énonce que " l'infiltration doit être la technique à privilégier pour la vidange du volume de rétention si elle est techniquement réalisable ".

36. En premier lieu, il ressort de la notice hydraulique versé aux dossiers de demandes de permis de construire et de permis de construire modificatif que l'étude géotechnique réalisée par le bureau d'études, mais non produite aux débats, " déconseille fortement de recourir à de l'infiltration compte-tenu de la nature argileuse et de la faible perméabilité des sols. Le principe retenu est un bassin de rétention en béton armé, traité par cuvelage étanche avec pompes de relevage situées au sous-sol " de la construction projetée et le rejet en aval des pompes se fera exclusivement par canalisation étanche avec un débit de 5 litres par seconde. Une telle analyse, liée à la nature des sols, et qui n'est pas critiquée par les requérants, justifie le choix du pétitionnaire de ne pas privilégier la technique de l'infiltration pour le rejet des eaux pluviales. Au demeurant, les permis de construire en litige ont été accordés sous réserve du respect des prescriptions imposées par le pôle Eau et Assainissement de la métropole d'Aix-Marseille-Provence dans ses avis favorables émis les 20 octobre 2021 et 27 octobre 2022, qui subordonnent la délivrance d'une autorisation de rejet à la production par le pétitionnaire d'une étude de sol démontrant l'impossibilité de vidanger l'ouvrage par infiltration.

37. En deuxième lieu, et contrairement à ce que soutiennent les requérants, l'étude hydraulique calcule le volume global de rétention en reprenant les prescriptions de l'article UP13 de 100 litres par m², soit 197 m3 pour 1 965 m² de surface imperméabilisée. Par ailleurs, l'allégation selon laquelle un tel volume serait sous-dimensionné ou que le rejet en aval ne se ferait pas au droit d'un caniveau ne sont assorties d'aucune précision permettant d'en apprécier le bien-fondé.

38. En troisième et dernier lieu, les requérants font grief au projet de prévoir une surverse du bassin, en cas de pluie d'occurrence décennale, sur le chemin privé des Quatre Familles sur lequel le pétitionnaire ne disposerait d'aucun droit. Toutefois, les autorisations d'urbanisme sont délivrées sous réserve du droit des tiers. En outre, le pétitionnaire atteste dans sa demande de permis, ainsi que dans ses écritures en défense, bénéficier d'une telle servitude. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de la méconnaissance, par les permis de construire en litige, des dispositions de l'article UP13 du règlement du PLUi doit être écarté dans toutes ses branches.

Sur l'application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme :

39. Aux termes des dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées () contre une décision de non-opposition à déclaration préalable estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice entraînant l'illégalité de cet acte est susceptible d'être régularisé, sursoit à statuer, après avoir invité les parties à présenter leurs observations, jusqu'à l'expiration du délai qu'il fixe pour cette régularisation, même après l'achèvement des travaux. Si une mesure de régularisation est notifiée dans ce délai au juge, celui-ci statue après avoir invité les parties à présenter leurs observations. Le refus par le juge de faire droit à une demande de sursis à statuer est motivé ".

40. Ces dispositions permettent au juge, lorsqu'il constate un vice qui entache la légalité de l'autorisation d'urbanisme attaquée mais qui peut être régularisé par une décision modificative, de rendre un jugement avant dire droit par lequel il fixe un délai pour cette régularisation et sursoit à statuer sur le recours dont il est saisi. Le juge peut préciser, par son jugement avant-dire droit, les modalités de cette régularisation.

41. Le vice dont le présent jugement, au point 31, reconnaît qu'il entache d'illégalité les permis de construire en litige, relatif à la méconnaissance des prescriptions de l'article UP11 du règlement plan local d'urbanisme intercommunal, apparaît susceptible de faire l'objet d'un permis de construire de régularisation. Dans ces conditions, il y a lieu de surseoir à statuer, en application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, et de fixer à la société Pierprovence Allauch et à la commune d'Allauch un délai de quatre mois à compter de la notification du présent jugement aux fins de produire la mesure de régularisation nécessaire.

D É C I D E :

Article 1 er: Il est sursis à statuer sur la requête, jusqu'à l'expiration d'un délai de quatre mois, à compter de la notification du présent jugement, imparti à la société Pierprovence Allauch et à la commune d'Allauch pour notifier au tribunal un permis de construire régularisant le vice mentionné au point 31 du présent jugement.

Article 2 : Tous droits et moyens des parties sur lesquels il n'est pas expressément statué par la présente décision sont réservés jusqu'en fin d'instance.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. G F, à Mme A F, à M. C B, à Mme M B, à M. D J, à Mme I E, à Mme L N, à la société Pierprovence Allauch et à la commune d'Allauch.

Délibéré après l'audience du 4 mai 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Hogedez, présidente,

Mme Busidan, première conseillère,

M. Peyrot, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er juin 2023.

Le rapporteur,

signé

P. PeyrotLa présidente,

signé

I. HogedezLe greffier,

signé

A. Brémond

La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

Le greffier.

N°2203496

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