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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2205563

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2205563

lundi 8 août 2022

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2205563
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantCOLAS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 28 juin 2022, M. D B, représenté par Me Colas, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 20 juin 2022 par lequel la préfète des Alpes-de-Haute-Provence l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur ce territoire pour une durée d'un an ;

3°) d'enjoindre à la préfète des Alpes-de-Haute-Provence de lui délivrer une carte de séjour mention " vie privée et familiale " ou une autorisation provisoire de séjour au titre de l'asile dans le délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir et à défaut, de réexaminer sa situation administrative dans un délai de huit jours à compter de la notification de la décision à intervenir sous astreinte de 150 euros par jour de retard et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil, qui s'engage dans ce cas à renoncer à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État au titre de l'aide juridictionnelle, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Il soutient que :

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- cette décision est insuffisamment motivée en droit et en fait au regard des dispositions de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration, dès lors qu'il bénéficiait encore du droit de se maintenir sur le territoire français à la date de son édiction et dès lors notamment qu'elle ne vise pas les stipulations de la convention internationale relative A droits de l'enfant ;

- la préfète n'a pas procédé à un examen particulier de sa situation, notamment familiale ;

- il n'a pas été mis en mesure de présenter des observations préalablement au prononcé de la mesure d'éloignement, en violation du principe du contradictoire ;

- son droit à être entendu prévu à l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne a été méconnu au regard du court délai dont il a disposé entre le rejet de sa demande d'asile par la cour nationale du droit d'asile et l'édiction de l'arrêté attaqué ;

- les stipulations des articles 31 et 33 de la convention de Genève et les dispositions des articles L. 541-1 et L. 542-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ont été méconnues dès lors qu'il bénéficiait du droit de se maintenir sur le territoire français à la date de l'édiction de l'arrêté attaqué, la décision de la cour nationale du droit d'asile rejetant sa demande d'asile ne lui ayant pas été préalablement notifiée et dès lors qu'il n'entrait par ailleurs dans aucun des cas visés par les dispositions de l'article L. 542-2 du même code ;

- il résulte des dispositions des articles L. 521-7 et R. 521-18 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qu'il bénéficiait au surplus du droit de se maintenir sur le territoire français le temps de l'examen de la demande d'asile de sa fille mineure en qualité de représentant légal de celle-ci ;

- les stipulations du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative A droits de l'enfant ont été méconnues ;

- cette décision porte à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée en violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

En ce qui concerne la décision lui octroyant un délai de départ volontaire de trente jours :

- cette décision est insuffisamment motivée, alors pourtant qu'elle doit faire l'objet d'une motivation spécifique ;

- la préfète a méconnu l'étendue de sa compétence en accordant automatiquement un délai de départ volontaire de trente jours en violation des dispositions de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- cette décision est entachée d'une erreur de droit ;

- cette décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- la préfète n'a pas sollicité, comme elle aurait dû le faire, les informations le concernant afin de vérifier si un délai supérieur à trente jours devait lui être accordé, conformément A dispositions des articles 7 et 5 de la directive du 16 décembre 2008 et à celles de l'article 16 de la loi du 12 avril 2000 ;

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

- cette décision est insuffisamment motivée au regard des dispositions des articles L. 612-8 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et ce d'autant plus que qu'un délai de trente jours lui a été accordé et que le prononcé d'une interdiction de retour n'est, dans ce cas, qu'une faculté pour l'autorité administrative ;

- la préfète n'a pas tenu compte de l'ensemble des éléments caractérisant sa situation personnelle et familiale ;

- cette décision porte à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée en violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- cette décision est entachée d'une erreur de droit dès lors que la préfète ne s'est prononcée sur aucun des critères énoncés par les dispositions de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- cette décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de ses conséquences sur sa situation personnelle et familiale et alors qu'il ne représente aucune menace pour l'ordre public.

Par un mémoire en défense, enregistré le 27 juillet 2022, la préfète des Alpes-de-Haute-Provence conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- la convention internationale relative A droits de l'enfant, signée à New-York le 26 janvier 1990 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme C pour statuer en qualité de juge du contentieux de l'éloignement sur les requêtes instruites selon les dispositions de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 28 juillet 2022 :

- le rapport de Mme C,

- les observations de Me Colas, avocate de M. B, non présent, qui conclut A mêmes fins que la requête par les mêmes moyens,

- la préfète des Alpes-de-Haute-Provence n'étant ni présente, ni représentée.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. D B, ressortissant nigérian né le 5 avril 1999, est entré irrégulièrement en France le 25 mai 2019. Le 14 février 2020, il a déposé une demande d'asile. Par décision du 12 novembre 2021, confirmée par une décision du 14 juin 2022 de la cour nationale du droit d'asile, l'office français de protection des réfugiés et apatrides a rejeté cette demande. Par un arrêté du 20 juin 2022, dont M. B demande l'annulation, la préfète des Alpes-de-Haute-Provence l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et lui a interdit le retour sur ce territoire pour une durée d'un an.

Sur la demande d'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :

2. A termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président ". En application de ces dispositions, il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de M. B, de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

3. A termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () / 4° La reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ou il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et L. 542-2, à moins qu'il ne soit titulaire de l'un des documents mentionnés au 3° () ". A termes de l'article L. 541-1 du même code : " Le demandeur d'asile dont l'examen de la demande relève de la compétence de la France et qui a introduit sa demande auprès de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides bénéficie du droit de se maintenir sur le territoire français " et A termes de l'article L. 541-2 : " L'attestation délivrée en application de l'article L. 521-7, dès lors que la demande d'asile a été introduite auprès de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, vaut autorisation provisoire de séjour et est renouvelable jusqu'à ce que l'office et, le cas échéant, la Cour nationale du droit d'asile statuent ". A termes de l'article L. 542-1 de ce code : " () / Lorsqu'un recours contre la décision de rejet de l'office a été formé dans le délai prévu à l'article L. 532-1, le droit du demandeur de se maintenir sur le territoire français prend fin à la date de la lecture en audience publique de la décision de la Cour nationale du droit d'asile ou, s'il est statué par ordonnance, à la date de la notification de celle-ci ". A termes de l'article L. 542-3 de ce même code : " Lorsque le droit au maintien sur le territoire français a pris fin dans les conditions prévues A articles L. 542-1 ou L. 542-2, l'attestation de demande d'asile peut être refusée, retirée ou son renouvellement refusé () ".

4. Il ressort des pièces du dossier que la demande d'asile présentée par M. B a été rejetée par une décision de l'office français de protection des réfugiés et des apatrides du 12 novembre 2021, confirmée par une décision de la cour nationale du droit d'asile du 14 juin 2022 lue en audience publique le même jour. Ainsi, à la date de l'édiction de l'arrêté attaqué, il ne bénéficiait plus du droit de se maintenir sur le territoire français.

5. Toutefois A termes de l'article L. 521-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Tout étranger présent sur le territoire français et souhaitant demander l'asile se présente en personne à l'autorité administrative compétente qui enregistre sa demande et procède, dans des conditions fixées par décret en Conseil d'Etat, à la détermination de l'Etat responsable en application du règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil, du 26 juin 2013, établissant les critères et mécanismes de détermination de l'Etat membre responsable de l'examen d'une demande de protection internationale introduite dans l'un des Etats membres par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, ou en application d'engagements identiques à ceux prévus par le même règlement ". A termes de l'article L. 521-3 du même code : " Lorsque la demande d'asile est présentée par un étranger qui se trouve en France accompagné de ses enfants mineurs, elle est regardée comme présentée en son nom et en celui de ses enfants ". A termes de l'article L. 531-9 de ce code : " Si des éléments nouveaux sont présentés par le demandeur d'asile alors que la procédure concernant sa demande est en cours, ils sont examinés, dans le cadre de cette procédure, par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides s'il n'a pas encore statué ou par la Cour nationale du droit d'asile si elle est saisie ". Enfin, A termes de l'article L. 531-23 de ce même code : " Lorsqu'il est statué sur la demande de chacun des parents présentée dans les conditions prévues à l'article L. 521-3, la décision accordant la protection la plus étendue est réputée prise également au bénéfice des enfants. Cette décision n'est pas opposable A enfants qui établissent que la personne qui a présenté la demande n'était pas en droit de le faire ". Enfin, et A termes de l'article L. 531-41 : " Constitue une demande de réexamen une demande d'asile présentée après qu'une décision définitive a été prise sur une demande antérieure () ".

6. Il résulte de ces dispositions qu'il appartient à l'étranger présent sur le territoire français et souhaitant demander l'asile de présenter une demande en son nom et, le cas échéant, en celui de ses enfants mineurs qui l'accompagnent. En cas de naissance ou d'entrée en France d'un enfant mineur postérieurement à l'enregistrement de sa demande, l'étranger est tenu, tant que l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ou, en cas de recours, la Cour nationale du droit d'asile, ne s'est pas prononcé, d'en informer cette autorité administrative ou cette juridiction. La décision rendue par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ou, en cas de recours, par la Cour nationale du droit d'asile, est réputée l'être à l'égard du demandeur et de ses enfants mineurs, sauf dans le cas où le mineur établit que la personne qui a présenté la demande n'était pas en droit de le faire. Dans le cas où une demande est présentée ultérieurement au nom d'un mineur, cette demande doit alors être regardée comme une demande de réexamen au sens de l'article L. 531-41 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

7. Il ressort des pièces du dossier que le 4 mai 2022, M. B a formulé une demande d'asile au nom de sa fille, née le 29 août 2021, postérieurement à l'enregistrement de sa propre demande le 23 janvier 2020 et à son rejet par une décision de l'office français de protection des réfugiés et des apatrides du 12 novembre 2021. En conséquence du dépôt de cette demande, la fille de M. B s'est vu remettre une attestation de demande d'asile en procédure normale valable du 4 mai 2022 au 3 mars 2023 et mentionnant son père en qualité de représentant légal. Ainsi, à la date à laquelle l'arrêté attaqué a été édicté, la demande d'asile de la fille de M. B n'avait pas été encore examinée et M. B bénéficiait donc du droit de se maintenir le temps de l'examen de cette demande par l'office français de protection des réfugiés et des apatrides. Si la préfète des Alpes-de-Haute-Provence fait valoir que la demande d'asile présentée par la fille de M. B devait être regardée comme associée à celle de ses parents et donc rejetée à la date de l'édiction de cet arrêté, M. B soutient sans être contesté que cette demande a été présentée en considération des menaces qui pesaient personnellement sur sa fille en cas de retour au Nigéria, et notamment au risque d'excision auquel elle était exposée. Si M. B n'a pas informé, comme il y était tenu, l'office français de protection des réfugiés et des apatrides de la naissance de cette enfant, ainsi d'ailleurs que de l'existence de ses trois autres fils, dont un est malheureusement décédé, cette seule circonstance n'est pas de nature à justifier l'édiction d'une mesure d'éloignement à son encontre par la préfète, alors que ses services étaient nécessairement informés, à tout le moins s'agissant de sa fille, dont il était le représentant légal, qu'il était le père d'une enfant dont la demande d'asile était en cours d'examen, ce que l'arrêté attaqué ne mentionne même pas en se bornant à relever qu'il se déclare marié et sans enfant. Enfin, la circonstance que la demande d'asile de sa fille ait été finalement rejetée le 25 juillet 2022, postérieurement à l'édiction de l'arrêté attaqué, n'est pas de nature à justifier de sa légalité. Par suite, M. B est fondé à soutenir que la décision portant obligation de quitter le territoire français est entachée d'une erreur de droit, dès lors qu'en qualité de père et de représentant légal de sa fille, il bénéficiait du droit de se maintenir sur le territoire français jusqu'à ce qu'il ait été statué définitivement sur la demande d'asile de cette dernière.

8. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens articlés à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français, que M. B est fondé à demander l'annulation de cette décision et, par voie de conséquence, de la décision fixant le délai de départ volontaire, de la décision fixant le pays de destination de son éloignement et de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français.

Sur les conclusions A fins d'injonction :

9. A termes de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Si la décision portant obligation de quitter le territoire français est annulée, il est immédiatement mis fin A mesures de surveillance prévues A articles L. 721-6, L. 721-7, L. 731-1, L. 731-3, L. 741-1 et L. 743-13, et l'étranger est muni d'une autorisation provisoire de séjour jusqu'à ce que l'autorité administrative ait à nouveau statué sur son cas ".

10. L'annulation de l'arrêté implique seulement que l'administration réexamine la situation de M. B et qu'il lui soit délivré une autorisation provisoire de séjour jusqu'à ce qu'il ait été à nouveau statué sur son cas. Il y a lieu d'enjoindre à la préfète des Alpes-de-Haute-Provence de procéder à ce réexamen dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement et de délivrer à l'intéressé, pendant ce réexamen, une autorisation provisoire de séjour.

Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 :

11. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que Me Colas, avocate de M. B, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat et sous réserve de l'admission définitive de son client à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Colas de la somme de 1 000 euros.

D E C I D E :

Article 1er : M. B est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : L'arrêté du 20 juin 2022 par lequel la préfète des Alpes-de-Haute-Provence a obligé M. B à quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur ce territoire pour une durée d'un an est annulé.

Article 3 : Il est enjoint à la préfète des Alpes-de-Haute-Provence de réexaminer la situation de M. B dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement et de lui délivrer dans l'attente une autorisation provisoire de séjour.

Article 4 : Sous réserve de l'admission définitive de M. B à l'aide juridictionnelle et sous réserve que Me Colas renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, ce dernier versera à Me Colas, avocate de M. B, la somme de 1 000 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Article 5 : Le surplus de la requête de M. B est rejeté.

Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. D B, à Me Sandrine Colas et à la préfète des Alpes-de-Haute-Provence.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 août 2022.

La magistrate désignée,

Signé

J. C

La greffière,

Signé

A. Martinez

La République mande et ordonne à la préfète des Alpes-de-Haute-Provence en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

La greffière

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