mardi 22 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2206407 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | GHERIB |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 23 juillet et 23 août 2022, Mme A B, représentée par Me Gherib, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 20 juin 2022 par lequel le préfet des Bouches-du-Rhône a refusé de lui délivrer un titre de séjour et lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours ;
2°) d'enjoindre au préfet des Bouches-du-Rhône, de lui délivrer un titre de séjour et de procéder au réexamen de sa situation dans le délai de un mois suivant la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 000 euros, à verser à son conseil, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que celle-ci renonce à percevoir la part contributive de l'État au titre de l'aide juridictionnelle.
Elle soutient que :
- l'arrêté est entaché d'incompétence ;
- l'arrêté est entaché d'une insuffisance de motivation en méconnaissance des dispositions des articles L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration et des dispositions de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le préfet a commis une erreur de fait et une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'absence d'accessibilité des soins nécessités par son état de santé dans son pays d'origine ;
- l'arrêté attaqué méconnaît également les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 septembre 2022, le préfet des Bouches-du-Rhône conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a produit des pièces, enregistrées le 3 octobre 2022, en qualité d'observateur dans la présente instance, qui ont été communiquées aux parties le 10 octobre 2022.
Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 5 septembre 2022.
Par une ordonnance du 18 août 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 18 octobre 2022 à 12 heures.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de M. C.
Les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, ressortissante algérienne née en 1981, a sollicité le 11 mars 2022 la délivrance d'un titre de séjour en raison de son état de santé. Le préfet des Bouches-du-Rhône a rejeté sa demande par un arrêté du 20 juin 2022. Mme B demande au tribunal l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, l'arrêté en litige a été signée par Mme E D, adjointe au chef de bureau de l'éloignement, du contentieux et de l'asile de la préfecture des Bouches-du-Rhône, qui bénéficiait, en vertu d'un arrêté n° 13-2021-08-31-00005 du 31 août 2021, régulièrement publié le 1er septembre 2021 au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture, d'une délégation à l'effet de signer les décisions relevant des attributions de son bureau au nombre desquelles figurent notamment les décisions portant obligation de quitter le territoire français. Le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte doit par suite être écarté.
3. En deuxième lieu, l'arrêté en litige vise les textes dont il fait application, notamment les stipulations de l'accord franco-algérien ainsi que les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Par ailleurs, il précise les éléments déterminants de la situation de la requérante qui ont conduit à lui refuser la délivrance d'un titre de séjour, notamment son état de santé et ses conditions d'entrée sur le territoire. L'arrêté comporte ainsi l'énoncé des éléments de droit et de fait qui en constituent le fondement, de manière suffisamment précise, et, par suite le moyen tiré de son insuffisante motivation doit être écarté.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 : " () Le certificat de résidence d'un an portant la mention "vie privée et familiale" est délivré de plein droit : / () / 7. Au ressortissant algérien, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, sous réserve qu'il ne puisse effectivement bénéficier d'un traitement approprié dans son pays () ".
5. Il ressort des pièces du dossier que Mme B souffre depuis 2019 d'accidents vasculaires cérébraux hémorragiques évolutifs de cause indéterminée, puis depuis 2021 de crises d'épilepsie, de ralentissement psychomoteur et de troubles attentionnels. Elle a été hospitalisée en France à plusieurs reprises dès le mois de septembre 2021 afin de réaliser des bilans étiologiques et bénéficie, à ce titre, de traitements médicamenteux et d'un suivi pluridisciplinaire en neurologie et en épileptologie notamment. Pour refuser de lui délivrer un titre de séjour en raison de cet état de santé, le préfet des Bouches-du-Rhône s'est notamment fondé sur l'avis rendu le 11 mai 2022 par le collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration aux termes duquel cet organisme a estimé que si l'état de santé de l'intéressée nécessitait une prise en charge médicale dont le défaut pouvait entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, le maintien de celle-ci sur le territoire français n'était pas nécessaire dès lors qu'elle pouvait bénéficier d'un traitement approprié dans son pays d'origine, l'Algérie, vers lequel elle pouvait voyager sans risque. Pour remettre en cause l'appréciation ainsi portée, l'intéressée verse de nombreux documents médicaux mais qui attestent d'hospitalisations exploratoires et de soins dont elle a pu bénéficier sur le territoire français. Les seules attestations émanant de deux médecins qui font état du caractère évolutif et imprévisible de sa maladie et évoquent la nécessité d'un suivi rapproché dans un centre spécialisé n'indiquent pas qu'un tel suivi ne pourrait être fait en Algérie, pays où la requérante a vécu jusqu'en septembre 2021 et au sein duquel elle a notamment bénéficié d'une prise en charge et d'un suivi. Par ailleurs, Mme B n'apporte aucun élément de nature à établir que les examens étiologiques dont elle bénéficie en France ne peuvent être réalisés dans son pays d'origine. En outre, en se bornant à évoquer son état de santé et le coût des traitements sans apporter de pièces au soutien de ses allégations, la requérante n'établit pas davantage l'absence d'accessibilité des soins et l'impossibilité de voyager à destination de son pays d'origine. Par suite, le moyen tiré de ce que l'arrêté litigieux serait entaché d'erreur de fait et d'erreur manifeste dans l'appréciation de son état de santé au regard de l'absence de traitement dans son pays d'origine doit être écarté.
6. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentale : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
7. Mme B, qui est entrée en France pour la dernière fois le 9 octobre 2021 sous couvert d'un visa Schengen d'une durée de quatre-vingt-dix jours avec son époux et leurs trois enfants, de nationalité algérienne, n'établit pas avoir fixé le centre de ses attaches familiales en France. Si une vie familiale a pu se constituer depuis son entrée sur le territoire et que ses enfants ont pu y être scolarisés pour l'année 2021/2022, aucun obstacle ne s'oppose à ce que la cellule familiale se reconstitue en Algérie, pays où la requérante vivait avec sa famille quelques mois avant la date de l'arrêté attaqué. Dans ces conditions et au regard du caractère récent de son séjour en France, la requérante n'est pas fondée à se prévaloir d'une méconnaissance des stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
8. Il résulte de tout ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté litigieux. Par voie de conséquence, ses conclusions présentées aux fins d'injonction et celles tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ne peuvent qu'être rejetées.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au préfet des Bouches-du-Rhône.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 8 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Gonneau, président,
Mme Simeray, première conseillère,
Mme Fabre, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 novembre 2022.
Le président-rapporteur,
Signé
P-Y. C
L'assesseure la plus ancienne,
Signé
C. Simeray
Le greffier,
Signé
A. Martinez
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026