mardi 2 août 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2206539 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | YOUCHENKO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 1er août 2022 à 17 heures 04, M. B C, représenté par Me Youchenko, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'enjoindre à la préfète des Hautes Alpes de délivrer une nouvelle attestation de prolongation de l'instruction de sa demande dans un délai de 24 heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, et sous astreinte de 100 € par jour de retard ;
3°) condamner l'Etat, en vertu des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à verser la somme de 1 000 € à Me Youchenko, conseil du requérant, qui s'engage dans ce cas à renoncer à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie, dès lors que celle-ci est présumée en matière de renouvellement de justificatif de titre de séjour, compte tenu de l'impossibilité de circuler librement en France et qu'il se retrouve privé du salaire perçu dans le cadre d'un contrat d'apprentissage et de la possibilité de poursuivre sereinement ses études en France;
- le préfet devait lui remettre une attestation de prolongation de l'instruction de sa demande dont la dernière était valable jusqu'au 20 juillet 2022, alors que l'instruction de sa demande n'était pas close et qu'il n'est pas contesté que son dossier est complet , en vertu de l'article R. 431-15-1 alinéa deuxième du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- l'absence de délivrance du récépissé en cause porte une atteinte grave et manifestement illégal à son droit au travail et à son droit à circuler librement.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 août 2022, à 12 heures 28, la préfète des Hautes-Alpes conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence n'est pas caractérisée dès lors que l'intéressé n'apporte aucun élément précis justifiant l'urgence à suspendre la clôture d'instruction d'une demande saisie sur l'ANEF qui in fine ne relève pas de la voie dématérialisée puisqu'il ne remplit pas les conditions du statut d'étudiant ;
- sa défaillance à formuler une demande de titre de séjour auprès des guichets n'est pas de nature à révéler une situation d'urgence ;
- la condition d'atteinte manifestement grave et illégale aux libertés fondamentales n'est pas remplie dès lors qu'il ne s'est jamais présenté en préfecture afin de déposer un dossier relevant de l'admission exceptionnelle au séjour ou tout autre statut allégué et que son statut d'étudiant ne lui permettait que de travailler sous autorisation à titre accessoire ;
- aucune erreur manifeste d'appréciation au titre de l'article R. 431-15-1 du code précité ne peut être retenue.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- l'arrêté du 27 avril 2021 pris en application de l'article R. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile relatif aux titres de séjour dont la demande s'effectue au moyen d'un télé service ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. A pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue, le 2 août 2022 à 13 heures 45, en présence de Mme Martinez, greffière d'audience, M. A a lu son rapport et entendu :
- Me Teysseyré, substituant Me Youchenko, représentant M. C, qui s'en rapporte aux moyens et conclusions de sa requête et en réplique au mémoire en défense, fait valoir que la clôture de l'instruction du titre de séjour " travailleur temporaire " au 8 juillet 2022 n'est pas démontrée ; le dossier déposé pour le titre de séjour " étudiant " était réputé complet et en cours d'instruction, et à ce stade, aucune décision de refus du titre de séjour n'a été formalisée ; il n'a pas à déposer d'autres demandes.
La préfète des Hautes-Alpes n'étant ni présente ni représentée.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
Sur la demande d'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :
1. En vertu des articles 12 et 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, l'admission à l'aide juridictionnelle est prononcée par un bureau d'aide juridictionnelle ou, en cas d'urgence et à titre provisoire, par le président de ce bureau, par la juridiction compétente ou par son président.
2. Il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de M. C, de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.
3. D'une part, aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ".
4. D'autre part, aux termes de l'article R. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La demande d'un titre de séjour figurant sur une liste fixée par arrêté du ministre chargé de l'immigration s'effectue au moyen d'un télé service à compter de la date fixée par le même arrêté. Les catégories de titres de séjour désignées par arrêté figurent en annexe 9 du présent code. / Les personnes qui ne sont pas en mesure d'effectuer elles-mêmes le dépôt en ligne de leur demande bénéficient d'un accueil et d'un accompagnement leur permettant d'accomplir cette formalité () ". Aux termes de l'article R. 431-12 du même code, concernant les documents provisoires délivrés pendant l'examen d'une demande présentée sans recours au télé service mentionné à l'article R. 431-2 : " L'étranger admis à souscrire une demande de délivrance ou de renouvellement de titre de séjour se voit remettre un récépissé qui autorise sa présence sur le territoire pour la durée qu'il précise. Ce document est revêtu de la signature de l'agent compétent ainsi que du timbre du service chargé, en vertu de l'article R. 431-20, de l'instruction de la demande ". Enfin, aux termes de l'article R. 431-15-1 du même code : " Le dépôt d'une demande présentée au moyen du télé service mentionné à l'article R. 431-2 donne lieu à la délivrance immédiate d'une attestation dématérialisée de dépôt en ligne. Ce document ne justifie pas de la régularité du séjour de son titulaire. / Lorsque l'instruction d'une demande complète et déposée dans le respect des délais mentionnés à l'article R. 431-5 se poursuit au-delà de la date de validité du document de séjour détenu, le préfet est tenu de mettre à la disposition du demandeur via le télé service mentionné au premier alinéa une attestation de prolongation de l'instruction de sa demande dont la durée de validité ne peut être supérieure à trois mois. Ce document, accompagné du document de séjour expiré, lui permet de justifier de la régularité de son séjour pendant la durée qu'il précise. () / Lorsque le préfet prend une décision favorable sur la demande présentée, une attestation dématérialisée est mise à la disposition du demandeur via le télé service mentionné au premier alinéa qui lui permet de justifier de la régularité de son séjour, dans l'attente de la remise du titre. ". En vertu de l'article 1 de l'arrêté du 27 avril 2021 visé ci-dessus, les titres de séjour portant la mention " étudiant " sont au nombre de ceux dont le renouvellement doit être demandé au moyen du télé service mentionné à l'article R. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Aux termes de l'article R. 431-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le préfet peut également prescrire que les demandes de titre de séjour appartenant aux catégories qu'il détermine soient adressées par voie postale ".
5. Il résulte de l'instruction que M. C, titulaire d'un titre de séjour portant la mention " étudiant " valable en dernier lieu jusqu'au 13 janvier 2022, a déposé le 25 octobre 2021 via l'ANEF une demande de renouvellement de ce titre de séjour dans le Finistère. Ayant sollicité le transfert de sa demande dans le département des Hautes-Alpes, des pièces complémentaires pour la complétude du dossier lui ont été demandées et l'intéressé a été informé qu'il ne justifiait pas des conditions cumulatives d'une inscription dans un établissement scolaire et de ressources à hauteur de 615 euros / mois tel que prévu pour le statut étudiant. L'intéressé a modifié sa demande en sollicitant par l'ANEF une demande de changement de statut pour son apprentissage, soit une demande de travailleur temporaire. Par un courriel du 7 juillet 2022, le conseil du requérant a sollicité les services préfectoraux afin qu'il soit destinataire d'une nouvelle attestation de prolongation d'instruction pour sa demande de titre de séjour " mention étudiant ", suivant celle expirant le 20 juillet 2022. Par un courriel du 18 juillet 2022, les services de la préfecture des Hautes-Alpes ont indiqué au conseil du requérant que " M. C ne peut pas prétendre au statut d'étudiant avec un contrat d'apprentissage. Pour sa demande au statut de " travailleur temporaire " ou pour toute autre demande (sauf étudiant ", M. C doit prendre un rendez-vous au guichet de " dépôt de dossier " [sur le site de la préfecture] ".
6. En se bornant à soutenir, à l'appui de sa requête, que l'absence de délivrance d'une attestation de prolongation d'instruction de la demande de renouvellement de titre de séjour dont s'agit porte une atteinte grave et manifestement illégale aux libertés fondamentales que constituent la liberté d'aller et venir et le droit au travail, le requérant ne peut être regardé comme contestant utilement devant le juge des référés le motif de droit opposé par l'autorité administrative, notamment au regard des dispositions dérogatoires de l'article R. 5221-7 du code du travail, s'agissant de la conclusion d'un contrat d'apprentissage. Dans ce même courriel susmentionné, l'administration l'a également informé des modalités de dépôt de demande de titre de séjour sur les autres fondements au regard de son contrat d'apprentissage. Dans ces conditions, en l'état de l'instruction, faute de démontrer pouvoir prétendre, en application des dispositions précitées du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, au renouvellement de son titre de séjour et de relever d'une procédure dématérialisée au titre d'un statut " étudiant ", l'absence de délivrance par l'administration préfectorale d'une attestation de prolongation de l'instruction de sa demande de titre de séjour mention " étudiant ", ne caractérise pas un agissement ou une décision de la préfète des Hautes-Alpes qui serait constitutive d'une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale et qui serait susceptible de justifier l'intervention dans les plus brefs délais du juge des référés sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative.
7. Il s'ensuit que les conditions requises pour que le juge du référé-liberté prononce, sur le fondement des dispositions précitées, une injonction à l'égard de la préfète des Hautes-Alpes ne sont pas remplies Par suite, la requête de M. C, en toutes ses conclusions, doit être rejetée.
O R D O N N E:
Article 1er : M. C est admis à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2: Le surplus des conclusions de la requête de M. C est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B C, à Me Youchenko et à la préfète des Hautes-Alpes.
Fait à Marseille, le 2 août 2022.
Le juge des référés,
Signé
X. A
La République mande et ordonne à la préfète des Hautes-Alpes en ce qui le concerne et à tous huissiers à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026