mardi 20 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2207776 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | GIROD |
Vu la procédure suivante : Par une requête, enregistrée le 15 septembre 2022, M. A B demande au tribunal : 1°) de l'admettre provisoirement à l'aide juridictionnelle ; 2°) d'annuler l'arrêté du 9 août 2022 par lequel le préfet des Bouches-du-Rhône l'a obligé à quitter le territoire sans délai en fixant le pays de sa destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français de deux ans ; 3°) d'annuler la décision d'inscription au fichier SIS ; 4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 1 000 euros au titre des dispositions combinées de l'article 37 de la loi relative à l'aide juridique et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Il soutient que : S'agissant de l'obligation de quitter le territoire français : - l'administration doit justifier de la compétence de l'auteur de l'acte ; - la décision est entachée d'un défaut de motivation et d'un défaut d'examen de la situation personnelle ; - la décision porte atteinte au droit au respect de la vie privée et familiale garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; - la décision le prive de la possibilité de comparaître devant un juge en violation de l'article 6 paragraphe 1 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; S'agissant du refus d'accorder un délai de départ volontaire : - la décision est insuffisamment motivée ; - la décision est entachée d'erreur de droit car elle ne prend pas en compte l'ensemble de sa situation personnelle ; - la décision est entachée d'erreur d'appréciation des conditions fixées par les articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile car il justifie de garanties de représentation, résultant notamment d'une adresse stable et effective ; S'agissant de l'interdiction de retour : - la décision est insuffisamment motivée ; - la décision est entachée de l'illégalité entachant l'obligation de quitter le territoire ; - contrairement à ce que mentionne l'arrêté, il ne représente pas une menace pour l'ordre public ; - la durée de l'interdiction de retour est disproportionnée aux faits reprochés. Par un mémoire en défense, enregistré le 19 septembre 2022, le préfet des Bouches-du-Rhône a conclu au rejet de la requête. Il fait valoir que : - la requête est tardive ;- les moyens présentés par M. B ne sont pas fondés. Vu les autres pièces du dossier. Vu : - la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; - le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ; - la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ; - le code de justice administrative. La présidente du tribunal a désigné Mme E pour statuer sur les litiges relatifs aux décisions portant mesure d'éloignement des ressortissants étrangers en application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience. Ont été entendus au cours de l'audience publique : - le rapport de Mme E - les observations de Me Girod pour M. B, - le préfet des Bouches-du-Rhône n'étant ni présent, ni représenté. Considérant ce qui suit : 1. M. B, ressortissant algérien, né le 15 février 2003, ne justifie pas être entré régulièrement en France et n'est pas titulaire d'un titre de séjour en cours de validité. Par la présente requête, il demande au tribunal l'annulation de l'arrêté du 9 août 2022 par lequel le préfet des Bouches-du-Rhône l'a obligé à quitter le territoire sans délai en fixant le pays de sa destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français de trois ans. Sur la demande d'admission à l'aide juridictionnelle : 2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'appréciation des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président " ; aux termes de l'article 62 du décret du 19 décembre 1991 pris pour l'application de ces dispositions : " L'admission provisoire est demandée sans forme au président du bureau ou de la section ou au président de la juridiction saisie. Elle peut être prononcée d'office si l'intéressé a formé une demande d'aide juridictionnelle sur laquelle il n'a pas encore été définitivement statué ". Il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur sa requête, de prononcer l'admission provisoire de M. B à l'aide juridictionnelle. Sur les conclusions à fin d'annulation : S'agissant de l'obligation de quitter le territoire français : 3. Par un arrêté du 31 août 2021 publié au recueil des actes administratifs du 1er septembre 2021, le préfet des Bouches-du-Rhône a donné délégation à Mme D C, adjointe au chef du bureau de l'éloignement, du contentieux et de l'asile à la direction des migrations, de l'intégration et de la nationalité au sein de cette préfecture, pour signer les décisions en litige. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de la décision attaquée manque en fait et doit être écarté. 4. Il ressort des pièces du dossier que l'arrêté attaqué mentionne les dispositions normatives applicables et indique les circonstances de fait particulières à la situation de l'intéressé, constituant le fondement de la décision. Dès lors, le moyen invoquant un défaut de motivation et le moyen invoquant un défaut d'examen de la situation personnelle doivent être écartés. 5. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, (). Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ". 6. L'intéressé qui n'apporte aucun élément de nature à justifier de la réalité de ses allégations suivant lesquelles l'essentiel de ses liens familiaux se trouveraient en France, et qu'il serait dépourvu d'attaches dans son pays d'origine, alors que par ailleurs compte du caractère répété et de la gravité des infractions pénales pour lesquelles il a été condamné à deux reprises à des peines d'emprisonnement, il constitue une menace pour l'ordre public. Dès lors, il n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée porterait au droit au respect de la vie privée et familiale garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, une atteinte disproportionnée à ses objectifs. 7. L'obligation de quitter le territoire ne fait pas obstacle à ce que l'intéressé revienne en France pour faire valoir sa défense, à l'occasion du procès dont il fait l'objet en raison de faits constitutifs d'infractions pénales pour lesquelles il est poursuivi. Contrairement à ce que soutient le requérant, la décision ne le prive pas de la possibilité de comparaître devant un juge en violation de l'article 6 paragraphe 1 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. 8. Les conclusions dirigées contre l'obligation de quitter le territoire doivent être rejetées. S'agissant du refus d'accorder un délai de départ volontaire : 9. Ainsi qu'il a été dit au point 3, l'arrêté en litige est suffisamment motivé. Le moyen tiré de l'insuffisance de motivation du refus d'accorder un délai de départ volontaire, qui n'est soumis à aucune exigence de motivation singulière, autre que celle qui s'impose à l'ensemble de l'arrêté, doit être écarté. 10. Contrairement à ce que soutient le requérant, il ressort des termes mêmes de l'arrêté que le préfet, qui n'est pas tenu de reprendre de manière exhaustive tous les éléments de la vie personnelle dont le requérant entend se prévaloir, a pris en compte l'ensemble de sa situation. 11. En vertu des articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le délai de départ volontaire peut être refusé lorsque notamment l'étranger représente une menace pour l'ordre public, ou lorsqu'il ne justifie pas de garantie de représentation, ou qu'il s'est soustrait à une précédente décision d'obligation de quitter le territoire. Il ressort des pièces du dossier, ainsi qu'il a été dit au point 5 que l'intéressé représente une menace pour l'ordre public et qu'il s'est déjà soustrait à l'exécution d'une précédente décision d'éloignement. Ces deux motifs suffisant chacun à justifier le refus d'accorder un délai de départ volontaire, le requérant ne peut, en tout état de cause, pas utilement soutenir qu'il justifierait de garanties de représentation qui seraient liées à une résidence effective et permanente. 12. Les conclusions dirigées contre le refus d'accorder un délai de départ volontaire doivent être rejetées. S'agissant de l'interdiction de retour : 13. Le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de l'interdiction de retour doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 8. 14. Le moyen tiré de ce que l'interdiction de retour serait entachée de l'illégalité entachant l'obligation de quitter le territoire doit être écarté en conséquence de ce qui a été dit au point 7. 15. Les moyens tirés de l'absence de menace à l'ordre public et de la disproportion de l'interdiction de retour, doivent être écartés pour les motifs exposés au point 5. 16. Il résulte de ce qui vient d'être dit que les conclusions dirigées contre l'interdiction de retour doivent être rejetées. S'agissant des conclusions dirigées contre la décision d'inscription au fichier SIS : 17. Le requérant ne formulant aucun moyen à l'appui de ces conclusions, elles doivent en tout état de cause être rejetées. 18. Il résulte de tout ce qui vient d'être dit que, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, les conclusions à fin d'annulation dirigées contre l'arrêté attaqué doivent être rejetées. Sur les frais d'instance : 19. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à la condamnation sur leur fondement de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante à la présente instance. Les conclusions présentées au titre des frais de justice doivent être rejetées.D É C I D E :Article 1er : M. B est admis provisoirement à l'aide juridictionnelle.Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet des Bouches-du-Rhône. Lu en audience publique le 20 septembre 2022. La magistrate désignée,SignéF. E La greffière,SignéH. Ben HammoudaLa République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.Pour expédition conformeLa greffière en chefLa greffière2N° 2207776
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026