mercredi 7 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2208083 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | SELARL CARLINI & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 27 septembre 2022, Mme C A, représentée par Me Adraï-Lachkar, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article
R. 541-1 du code de justice administrative :
1°) de condamner l'assistance publique - hôpitaux de Marseille (AP-HM) à lui verser une provision d'un montant de 44 241,50 euros à valoir sur l'indemnité due en réparation des conséquences d'une infection contractée lors de son hospitalisation le 5 avril 2018 au sein d'un établissement de l'AP-HM ;
2°) de mettre à la charge de l'AP-HM la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative
Elle soutient que :
- l'expertise conduite dans le cadre de la procédure devant la commission de conciliation et d'indemnisation (CCI) de Marseille a établi l'existence et l'origine de l'infection nosocomiale dont elle a été victime ;
- l'incompétence opposée par la CCI en raison du taux de gravité doit conduire à retenir la responsabilité de l'AP-HM ;
- la nature et l'ampleur des préjudices subis justifie, en l'état de l'instruction, l'attribution d'une indemnité provisionnelle à hauteur de la somme demandée ;
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 octobre 2022, l'AP-HM, agissant par son directeur en exercice et représenté par Me Carlini demande au juge des référés de rejeter la demande de provision de Mme A ;
L'AP-HM fait valoir que l'expertise organisée devant la CCI, qui ne s'est pas déroulée à son contradictoire, ne peut servir de fondement à une demande de provision fondée sur sa responsabilité alléguée au vu de ces seuls éléments ;
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de justice administrative,
- le code de la santé publique ;
La présidente du tribunal a désigné M. d'Hervé, magistrat honoraire, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 541-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable. Il peut, même d'office, subordonner le versement de la provision à la constitution d'une garantie. ".
2. Il résulte de ces dispositions que pour regarder une obligation comme non sérieusement contestable, il appartient au juge des référés de s'assurer que les éléments qui lui sont soumis par les parties sont de nature à en établir l'existence avec un degré suffisant de certitude.
Sur l'existence d'une obligation non sérieusement contestable :
3. Mme A a initié une procédure devant la CCI de Marseille en mettant en cause la Polyclinique Parc Rambot et le docteur B en raison d'une opération, en date du 5 avril 2017, de reprise d'une prothèse du genou gauche réalisée en février 2013. Les experts désignés dans le cadre de cette demande ont cependant décrit et analysé l'ensemble des interventions pratiquées pour le traitement de Mme A, dont certaines se sont déroulées au sein d'établissements dépendant de l'AP-HM, notamment la clinique Sainte Marguerite où une intervention de reprise totale de la prothèse du genou a été réalisée le 5 avril 2018. Selon l'expert, qui évoque une première infection due à une contamination par Escherichia Coli, c'est cette dernière intervention qui est à l'origine d'une infection de type nosocomiale par " staphylocoque epidermis " contractée par Mme A.
4.Toutefois, et alors qu'une nouvelle expertise est en cours après avoir été ordonnée par le juge des référés du tribunal administratif de Marseille, il est constant que l'expertise amiable organisée dans les conditions rappelées au point 3, sur les conclusions de laquelle se fonde exclusivement la demande de provision de Mme A, ne s'est pas déroulée au contradictoire de l'AP-HM et ne peut être retenue pour mettre seule, en l'état de l'instruction, à la charge de cet établissement une obligation indemnitaire non sérieusement contestable, et ce alors qu'aucune demande indemnitaire préalable n'a été présentée à cet établissement resté étranger à la procédure ouverte devant la CCI.
5. Il résulte de tout ce qui précède que la demande de provision de Mme A doit être rejetée, ainsi que les conclusions qu'elle a présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C A, à l'Assistance publique-Hôpitaux de Marseille et à la caisse commune de sécurité sociale des Hautes-Alpes.
Fait à Marseille, le 7 juin 2023.
Le juge des référés
signé
J-L d'HERVE
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en cheffe,
La greffière,
4
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026