mardi 25 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2208181 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | PREZIOSO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 30 septembre 2022, le préfet des Bouches-du-Rhône, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner l'expulsion de M. B C et Mme A E, et de tous occupants du logement qu'ils occupent sans droit ni titre au sein du foyer Saint Exupéry, situé rue des Calanques Quartier de la Carraire, 13140 Miramas ;
2°) d'autoriser le concours de la force publique pour procéder à l'évacuation forcée des lieux ;
3°) de l'autoriser à donner toutes instructions utiles au gestionnaire de l'association Habitat pluriel afin de débarrasser les lieux des biens meubles s'y trouvant, aux frais et risques de M. C et Mme E.
Il soutient que :
- M. C et Mme E n'ont pas respecté la durée de l'hébergement mis à leur disposition par l'association Habitat pluriel qui limitait leur hébergement à la durée de l'instruction du recours déposé auprès de la Cour nationale des demandeurs d'asile ;
- l'expulsion de M. C et Mme E ne se heurte à aucune contestation sérieuse ;
- l'urgence et l'utilité sont caractérisées au regard du nombre de personnes en attente de logement ;
Par un mémoire, en défense, enregistré le 20 octobre 2022, M. C et Mme E, représentés par Me Prezioso, concluent :
- Leur admission, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
- Au rejet de la requête ;
- A ce que soit mise à la charge de l'Etat une somme de 1500 euros à verser au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- Ils vont déposer une demande de réexamen de sorte que la mesure sollicitée par le préfet des Bouches-du-Rhône se heurte à une contestation sérieuse ;
- la mesure sollicitée par le préfet des Bouches du Rhône ne présente pas le caractère urgent et utile requis par les dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative ;
- ils sont en droit de bénéficier des conditions matérielles d'accueil ;
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et su séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Josset, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue, le 24 octobre 2022 à 14 heures, en présence de Mme Saint-Etienne, greffière d'audience, Mme D a lu son rapport et entendu :
- Mme F, représentant le préfet des Bouches-du-Rhône qui déclare avoir pris connaissance du mémoire en défense présenté par les requérants et s'en rapporte à ses écritures ;
- M. C et Mme E qui déclarent avoir en vain fait des recherches pour trouver un hébergement mais que celles-ci sont restées vaines, qu'ils ont deux enfants de 5 ans et 2 ans et demi et qu'ils ne peuvent ainsi se retrouver à la rue avec eux.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :
1. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". Eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête en référé présentées par M. C et Mme E, il y a lieu d'admettre les intéressées au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire, sur le fondement de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991.
Sur la demande de référé :
2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".
3. Aux termes de l'article L. 551-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'hébergement des demandeurs d'asile prévu au chapitre II prend fin au terme du mois au cours duquel le droit du demandeur de se maintenir sur le territoire français a pris fin, dans les conditions prévues aux articles L. 542-1 et L. 542-2 ". Aux termes de l'article L. 542-1 du même code : " () Lorsqu'un recours contre la décision de rejet de l'office a été formé dans le délai prévu à l'article L. 532-1, le droit du demandeur de se maintenir sur le territoire français prend fin à la date de la lecture en audience publique de la décision de la Cour nationale du droit d'asile ou, s'il est statué par ordonnance, à la date de la notification de celle-ci ". Aux termes de l'article L. 551-15 du même code : " Les conditions matérielles d'accueil peuvent être refusées, totalement ou partiellement, au demandeur dans les cas suivants : ()/ 3° Il présente une demande de réexamen de sa demande d'asile ". L'article L. 552-15 du même dispose que : " Lorsqu'il est mis fin à l'hébergement dans les conditions prévues aux articles L. 551-11 à L. 551-14, l'autorité administrative compétente ou le gestionnaire du lieu d'hébergement peut demander en justice, après mise en demeure restée infructueuse, qu'il soit enjoint à cet occupant sans titre d'évacuer ce lieu.() /La demande est portée devant le président du tribunal administratif, qui statue sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative et dont l'ordonnance est immédiatement exécutoire. ".
4. Aux termes de l'article R. 552-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Pour l'application du premier alinéa de l'article L. 552-15, si une personne se maintient dans le lieu d'hébergement après la date mentionnée à l'article R. 552-12 ou, le cas échéant, après l'expiration du délai prévu à l'article R. 552-13, le préfet du département dans lequel se situe ce lieu d'hébergement ou le gestionnaire du lieu d'hébergement met en demeure cette personne de quitter les lieux dans les cas suivants : / 1° La personne ne dispose pas d'un titre de séjour et n'a pas sollicité d'aide au retour volontaire ou a refusé l'offre d'aide au retour volontaire qui lui a été présentée par l'Office français de l'immigration et de l'intégration ; / 2° La personne bénéficie d'un titre de séjour en France et a refusé une ou plusieurs offres de logement ou d'hébergement qui lui ont été faites en vue de libérer le lieu d'hébergement occupé. /Si la mise en demeure est infructueuse, le préfet ou le gestionnaire du lieu d'hébergement peut, après une décision de rejet définitive et dans les conditions prévues à l'article L. 552-15, saisir le président du tribunal administratif afin d'enjoindre à cet occupant de quitter les lieux. ".
5. Il résulte de ces dispositions que, saisi par le préfet d'une demande tendant à ce que soit ordonnée l'expulsion d'un lieu d'hébergement pour demandeurs d'asile d'un demandeur d'asile dont la demande a fait l'objet d'une décision définitive, le juge des référés du tribunal administratif y fait droit dès lors que la demande d'expulsion ne se heurte à aucune contestation sérieuse et que la libération des lieux présente un caractère d'urgence et d'utilité. Il résulte également de l'économie générale et des termes mêmes des dispositions précitées que le législateur a entendu ne pas maintenir le bénéfice de l'accueil dans les lieux d'hébergement pour demandeurs d'asile aux demandeurs d'asile dont la demande a été définitivement rejetée, à compter de la date à laquelle ce rejet est devenu définitif, même s'ils ont formé après ce rejet une demande de réexamen.
6. Il résulte de l'instruction que les demandes d'asile présentées par M. C et Mme E, ressortissants ivoiriens, ont été définitivement rejetées par deux décisions de la Cour nationale du droit d'asile en date du 14 avril 2022, qu'ils ont été mis en demeure de quitter les lieux le 28 juin 2022 et que cette mise en demeure est restée infructueuse. En outre les intéressés ont fait l'objet le 18 mai 2022, de deux obligation de quitter le territoire national dont les recours ont été rejetés par le tribunal de Marseille les 19 juillet 2022. Pour les motifs exposés au point précédent, la circonstance, non établie, que les requérants ont demandé le réexamen de leur situation au regard du droit d'asile postérieurement à ces décisions ne saurait avoir eu pour conséquence de prolonger leur droit à être hébergés. Il est dès lors constant que M. C et Mme E occupent sans droit ni titre le logement mis à leur disposition situé au sein titre au sein du foyer Saint Exupéry, rue des Calanques Quartier de la Carraire, 13140 Miramas. La demande du préfet des Bouches-du-Rhône ne se heurte à aucune contestation sérieuse et la libération des lieux par les intéressés présente un caractère d'urgence et d'utilité eu égard à la circonstance que le maintien indu en centre d'accueil d'une personne dont la demande d'asile a été rejetée lèse le droit d'un demandeur d'asile en le privant notamment de l'accès à un hébergement en centre d'accueil et de l'accompagnement social et administratif durant le déroulement de la procédure d'asile, compte tenu, notamment, du nombre limité de places d'accueil dans le département et du nombre de demandeurs d'asile et qu'il compromet le fonctionnement normal de ce centre d'accueil.
7. Dès lors, il y a lieu d'enjoindre à M. C et Mme E de quitter le logement qu'ils occupent au sein du foyer Saint Exupéry. Compte tenu de la présence de deux enfants âgés de cinq ans et de deux ans et demi, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'accorder à M. C et Mme E un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance pour libérer le logement pour demandeurs d'asile que leur famille occupe indûment. En l'absence de départ volontaire des intéressés à l'issue de ce délai, il y a lieu d'autoriser le préfet des Bouches-du-Rhône à procéder à l'évacuation forcée des lieux au besoin avec le concours de la force publique et à prendre les mesures nécessaires pour faire enlever, à leurs frais et risques les biens meubles qui s'y trouveraient.
O R D O N N E :
Article 1er : M. B C et Mme A E sont admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Il est enjoint à M. B C et Mme A E de libérer, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance, le logement qu'ils occupent sans droit ni titre situé au sein du foyer Saint Exupéry, rue des Calanques Quartier de la Carraire, 13140 Miramas. A défaut, le préfet des Bouches-du-Rhône pourra procéder d'office à leur expulsion, si nécessaire avec le concours de la force publique.
Article 3 : Le préfet des Bouches-du-Rhône est autorisé à donner toutes instructions utiles au gestionnaire de l'association Habitat pluriel afin de débarrasser les lieux des biens meubles s'y trouvant, aux frais et risques de M. B C et Mme A E, à défaut pour eux d'avoir emporté leurs effets personnels.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée au ministre de l'intérieur, à M. B C et Mme A E, et à Me Prezioso .
Copie en sera adressée au préfet des Bouches-du-Rhône.
Fait à Marseille, le 25 octobre 2022.
La juge des référés,
Signé
M. D
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône, en ce qui le concerne et à tous les commissaires à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026