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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2209535

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2209535

vendredi 30 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2209535
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantURIEN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 15 novembre 2022, Mme A C et le syndicat national de l'enseignement et de la recherche du ministère de l'agriculture-FO, représentés par Me Puigrenier, demandent au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre à l'Etablissement Public Local d'Enseignement Agricole d'Aix-Valabre-Marseille (Campus Nature Provence) de régulariser la situation administrative de Mme C dans un délai de huit jours suivant la notification de la présente ordonnance, sous astreinte de 250 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 3 000 euros en application de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- la condition d'urgence est remplie dès lors que Mme C est placée dans une situation irrégulière qui perdure depuis plus de sept ans, que l'administration est dans l'obligation de rectifier une telle situation, qu'elle subit un préjudice financier conséquent notamment au regard des charges qui pèsent sur son budget et un préjudice dans la constitution de ses droits sociaux ;

- la mesure qu'ils sollicitent est utile car elle est la seule de nature à lui permettre d'obtenir le respect de son droit à bénéficier d'une position administrative régulière ;

- la mesure ne fait pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative ;

- la mesure ne se heurte à aucune contestation sérieuse.

Par un mémoire, enregistré le 20 décembre 2022, l'établissement public Campus Nature Provence conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge solidaire des requérants la somme de 1 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la requête est irrecevable car elle fait obstacle à de nombreuses décisions administratives déjà opposées à la demande de Mme C relativement à une revalorisation indiciaire ;

- le syndicat national de l'enseignement et de la recherche du ministère de l'agriculture-FO n'a pas intérêt à agir ;

- la mesure demandée ne présente un caractère ni provisoire ni conservatoire ;

- la condition d'urgence n'est pas remplie.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme B, première vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. ".

2. Le juge des référés peut prendre toute mesure de nature provisoire et conservatoire, et notamment, prononcer des injonctions à l'égard de l'administration, à condition que l'urgence le justifie, qu'elle soit utile, ne se heurte à aucune contestation sérieuse et ne fasse obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. S'agissant de la condition d'urgence, il appartient au juge des référés d'apprécier, au moment où il statue, concrètement et compte tenu des justifications fournies par le requérant, si la situation portée à sa connaissance est de nature à porter un préjudice suffisamment grave et immédiat à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre.

3. Mme C, agent contractuel à durée déterminée, au sein de l'établissement public d'enseignement agricole d'Aix-Valabre-Marseille, a signé, le 8 avril 2015, un avenant à son contrat de travail à durée déterminée, puis le 15 juin 2015, un contrat de travail à durée indéterminée qui l'affectait sur un emploi d'assistance administrative et pédagogique du service développement des actions de formation continue. Mme C fait valoir que ce contrat fait référence, à tort, à une délibération n° II-2008 du 18 juin 2008 créant un emploi de catégorie C à temps non complet d'assistance administrative et pédagogique en santé animale, alors qu'il lui était confié les missions d'assistance administrative et pédagogique du service développement des actions de formation continue, poste de catégorie A, à temps complet, créé par une délibération n°II-2018-1-13 du 14 mars 2008. Mme C demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'ordonner à l'établissement public d'enseignement agricole d'Aix-Valabre-Marseille de régulariser sa situation administrative.

4. Il résulte de l'instruction, d'une part, que la situation dont fait état Mme C perdure depuis plus de sept ans à la date d'introduction de sa demande devant le tribunal, d'autre part, que l'intéressée n'est ni privée d'emploi ni ne se trouve en situation d'être privée d'emploi. Dans ces conditions, et alors même que Mme C soutient subir des difficultés financières du fait de la perte de traitement mensuel auquel elle aurait normalement droit, l'intéressée ne justifie pas de l'existence d'une situation d'urgence qui rendrait nécessaire l'intervention de la mesure qu'elle sollicite à la juge des référés dans de brefs délais. En outre, la mesure sollicitée par Mme C tendant à la régularisation de sa situation administrative ne présente pas le caractère d'une mesure provisoire ou conservatoire et n'est donc pas au nombre de celles que le juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions précitées, peut ordonner.

5. Dans ces conditions, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la recevabilité de la requête en tant qu'elle émane du syndicat national de l'enseignement et de la recherche du ministère de l'agriculture-FO, il y a lieu de rejeter les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte présentées par Mme C et le syndicat requérant ainsi que celles tendant au bénéfice des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

6. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y pas lieu de mettre à la charge des requérants la somme que l'Etablissement Public Local d'Enseignement Agricole d'Aix-Valabre-Marseille (Campus Nature Provence) sollicite sur le fondement de ces mêmes dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme C et du syndicat national de l'enseignement et de la recherche du ministère de l'agriculture-FO est rejetée.

Article 2 : Les conclusions de l'Etablissement Public Local d'Enseignement Agricole d'Aix-Valabre-Marseille (Campus Nature Provence) tendant au bénéfice des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article3: La présente ordonnance sera notifiée à Mme A C au syndicat national de l'enseignement et de la recherche du ministère de l'agriculture-FO et à l'Etablissement Public Local d'Enseignement Agricole d'Aix-Valabre-Marseille (Campus Nature Provence).

Fait à Marseille, le 30 décembre 202La juge des référés,

Signé

Muriel B

La République mande et ordonne au ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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