mercredi 24 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2209965 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | GUENDOUZ |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 29 novembre 2022 et 26 janvier 2023, M. A B, représenté par Me Guendouz, demande au juge des référés :
1°) de condamner la commune de Fos-sur-Mer à lui verser, à titre provisionnel, une somme de 5 000 euros en application de l'article R. 541-1 du code de justice administrative ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Fos-sur-Mer une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la responsabilité de la commune de Fos-sur-Mer est engagée à son égard au titre du défaut d'entretien normal de la route communale du Guigonnet où il a chuté ;
- ayant subi une incapacité totale de travail de 90 jours, il est fondé à solliciter l'allocation d'une indemnité provisionnelle de 5 000 euros.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 janvier 2023, la commune de Fos-sur-Mer, représentée par son maire en exercice, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge du requérant la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens ne sont pas fondés.
La procédure a été communiquée à la caisse commune de sécurité sociale des Hautes-Alpes qui n'a pas produit de mémoire.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités publiques ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Lopa Dufrénot, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Alors que, le 8 septembre 2021, il circulait à motocyclette sur la route communale du Guigonnet, sur le territoire de Fos-sur-Mer, M. B a été victime d'une chute à l'origine notamment d'une fracture bimalléolaire ouverte, pathologie prise en charge le soir même par le centre hospitalier de Martigues. L'intéressé recherchant la responsabilité de la commune de Fos-sur-Mer au titre du défaut d'entretien normal de la voie publique, demande sa condamnation à lui verser, à titre provisionnel, la somme de 5 000 euros.
Sur la demande de provision :
2. Aux termes de l'article R. 541-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable. Il peut, même d'office, subordonner le versement de la provision à la constitution d'une garantie. ".
3. Il résulte de ces dispositions que, pour regarder une obligation comme non sérieusement contestable, il appartient au juge des référés de s'assurer que les éléments qui lui sont soumis par les parties sont de nature à en établir l'existence avec un degré suffisant de certitude. Dans ce cas, le montant de la provision que peut allouer le juge des référés n'a d'autre limite que celle résultant du caractère non sérieusement contestable de l'obligation dont les parties font état. Dans l'hypothèse où l'évaluation du montant de la provision résultant de cette obligation est incertaine, le juge des référés ne doit allouer de provision, le cas échéant assortie d'une garantie, que pour la fraction de ce montant qui lui parait revêtir un caractère de certitude suffisant. Il résulte par ailleurs des dispositions précitées que le juge du référé provision statue à titre provisoire, seul le juge du fond ayant compétence pour fixer le montant définitif d'une indemnisation, sans être lié par l'appréciation provisionnelle du juge des référés.
4. Il appartient à l'usager d'un ouvrage public d'établir la matérialité du dommage dont il se dit victime et d'apporter la preuve du lien de causalité entre cet ouvrage et le dommage subi. La collectivité en charge de l'ouvrage public peut s'exonérer de sa responsabilité en rapportant la preuve soit de l'entretien normal de cet ouvrage, soit de ce que le dommage est imputable à la faute de la victime ou à un cas de force majeure, sans que puisse utilement être invoqué le fait d'un tiers.
5. Il résulte de l'instruction, notamment de la déclaration de sinistre auprès de la compagnie d'assurance de l'intéressé du 13 septembre 2021, du témoignage d'un collègue de travail du 8 septembre 2021, du rapport d'intervention de la police municipale du 8 septembre 2021, des extraits de Google Maps ainsi que des pièces médicales versées aux débats que, le 8 septembre 2021, vers 21 heures, M. B, en motocyclette, quittant l'enceinte du site de la société Esso Raffinage SAF où il est employé, a emprunté la voie située immédiatement à droite vers la route communale du Guigonnet, après avoir marqué le stop. Sur cette route, après les dos d'âne de couleur rouge, le requérant a perdu le contrôle de son véhicule, en raison de la présence alléguée de graviers sur la chaussée. Ayant percuté la glissière de sécurité après des roulades au sol, il a été pris en charge par les sapeurs-pompiers et transporté au centre hospitalier de Martigues. D'une part, il résulte de la même instruction que l'accident dont a été victime le requérant a eu lieu sur la voie unique de la route du Guigonnet vers le chemin de la Sonde, une fois dépassés les dos d'âne de couleur rouge implantés sur les deux voies de la route du Guigonnet, en sens opposé vers la gare Fos Mériquette, ces deux voies étant bordées par une ligne continue. La voie où a lieu l'accident en cause, protégée par une barrière de sécurité, longe une bande de terrain recouverte, sur toute sa largeur et sa longueur, de graviers où sont plantés des panneaux de signalisation ainsi que des lampadaires, elle-même délimitant le site de la société Esso Raffinage SAF. La commune de Fos-sur-Mer formule l'hypothèse que " le lieu de l'accident pourrait s'avérer se situer " sur une parcelle appartenant à la société Esso Raffinage SAF. Or, sur ce point, elle n'apporte aucune précision de nature à infirmer sérieusement la localisation de l'accident. Bien plus, la parcelle cadastrée section AT n° 22, telle qu'alléguée, jouxte la route du Guigonnet vers la gare Fos Mériquette, à l'opposé de l'entrée du site de la société précitée. Il résulte des photographies que la bande de terrain qui sépare sur toute sa longueur l'enceinte grillagée du site de la société Esso et la route du Guigonnet, ainsi qu'il a été dit, est recouverte de graviers qui sont susceptibles de se retrouver librement notamment sur la voie publique. Toutefois, alors même qu'aucun dispositif de signalisation n'alerte les usagers de la présence de graviers, il ne résulte pas de l'instruction et il n'est ni allégué, M. B fréquentant régulièrement la route du Guigonnet pour se déplacer de son domicile à son lieu de travail, sur une motocyclette de marque BMW 1250 GS caractérisée par sa bonne tenue de route que la présence de ces graviers, par leurs calibre, quantité et étendue sur la route rectiligne, aurait excédé les obstacles ou défectuosités que les usagers de la voie publique doivent normalement s'attendre à rencontrer. Dès lors, alors même qu'à la date de l'accident, la route du Guigonnet aurait présenté un état dégradé, M. B n'apporte pas d'élément de nature à établir avec un degré suffisant de certitude que l'accident en cause survenu sur la route communale du Guigonnet à raison de la présence de graviers serait à l'origine de la perte invoquée de l'adhérence du véhicule puis de la chute du requérant, victime de pathologies corroborées par les pièces médicales versées aux débats, susceptible d'engager la responsabilité de la collectivité sur le fondement du défaut d'entretien normal de la voie publique à l'égard de M. B, usager de celle-ci. En l'état de l'instruction, l'existence de l'obligation dont il se prévaut ne présente pas le caractère non sérieusement contestable exigé par les dispositions de l'article R. 541-1 du code de justice administrative précité. Par suite, les conclusions de M. B tendant à la condamnation de la commune de Fos-sur-Mer au versement d'une provision doivent être rejetées.
Sur les frais d'instance :
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative s'opposent à ce que la somme réclamée par M. B au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens soit mise à la charge de la commune de Fos-sur-Mer, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance. Il n'y a pas lieu, en revanche, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. B la somme que réclame la commune de Fos-sur-Mer, sur le fondement de ces mêmes dispositions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Fos-sur-Mer sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B, à la commune de Fos-sur-Mer et à la caisse commune de sécurité sociale des Hautes-Alpes.
Fait à Marseille, le 24 juillet 2024.
La juge des référés,
Signé
M. LOPA DUFRÉNOT
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026