vendredi 20 juin 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2300108 |
| Type | Décision |
| Formation | 10eme Chambre |
| Avocat requérant | LANTHEAUME |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 6 janvier 2023, Mme B C, représentée par Me Yannis Lantheaume, demande au tribunal :
1°) la décision de la directrice du centre de détention de Tarascon du 11 octobre 2022 portant refus de délivrance de permis de visiter M. A, détenu dans cet établissement et refus d'autorisation de communiquer par téléphone, confirmée par la décision du directeur interrégional des services pénitentiaires de Marseille du 16 novembre 2022 ;
2°) d'enjoindre à la directrice du centre de détention de Tarascon, à titre principal, de lui délivrer un permis de visite et de l'autoriser à communiquer par téléphone avec M. A dans le délai de quinze jours suivant la notification du jugement, et à titre subsidiaire, de réexaminer sa demande dans le délai de quinze jours suivant la notification du jugement ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- la décision du 11 octobre 2022 de la directrice d'établissement est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'une erreur de fait ;
- les deux décisions méconnaissent les articles L. 341-1 et L. 345-5 du code pénitentiaire ;
-elles méconnaissent les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
-elle sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation.
La clôture d'instruction a été fixée au 20 mars 2025.
Mme C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 10 février 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code pénitentiaire ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Juste,
- les conclusions de Mme Noire, rapporteure publique.
1. Par décision en date du 11 octobre 2022, la directrice du centre de détention (CD) de Tarascon a refusé de délivrer à Mme C un permis de visiter M. A, détenu dans cet établissement, et ne l'a pas autorisée à entrer en contact avec lui par téléphone. Par décision du 16 novembre 2022, le directeur interrégional des services pénitentiaires a rejeté le recours hiérarchique formé par Mme C contre la décision du 11 octobre 2022 et confirmé cette dernière. La requérante demande au tribunal d'annuler ces deux décisions.
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".
3. La décision du 11 octobre 2022, qui mentionne les articles du code pénitentiaire sur lesquels elle se fonde et les circonstances de faits la justifiant comporte ainsi l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Le moyen tiré de l'insuffisance de motivation est, par suite, infondé, et doit être écarté.
4. En deuxième lieu, la requérante soutient que la directrice du CD de Tarascon a entaché sa décision d'une erreur de fait dès lors que cette dernière affirme, à tort, que les conjoints faisaient déjà l'objet d'interdictions de visite et de communiquer alors que M. A était incarcéré au centre pénitentiaire de Béziers. Toutefois, si un tel constat apparaît dans la décision en litige, il n'en constitue pas le fondement dès lors que la directrice relève principalement les faits de violence grave et l'emprise psychologique que M. A exerce sur Mme C et qu'elle indique explicitement avoir pour objectif de protéger la requérante du risque sérieux et grave de récidive de violence envers elle. Par suite, la requérante ne peut utilement se prévaloir d'une prétendue erreur matérielle, sans incidence sur le sens de la décision de la directrice de l'établissement pénitentiaire.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 341-1 du code pénitentiaire, " Le droit des personnes détenues au maintien des relations avec les membres de leur famille s'exerce notamment par les visites que ceux-ci leur rendent ". Aux termes l'article L. 345-5 du même code : " Les personnes détenues ont le droit de téléphoner aux membres de leur famille. Elles peuvent être autorisées à téléphoner à d'autres personnes pour préparer leur réinsertion. L'accès au téléphone peut être refusé, suspendu ou retiré, pour des motifs liés au maintien du bon ordre et de la sécurité ou à la prévention des infractions. Le contrôle des communications téléphoniques est effectué conformément aux dispositions des articles L. 223-1 à L. 223-5. ".
6. Il est constant que le conjoint de la requérante, M. A, a été condamné, par jugement du 17 janvier 2022, à une peine de quatre ans d'emprisonnement pour des faits comprenant des coups portés à la requérante, en présence d'un mineur, ayant entraîné une incapacité de travail supérieure à 8 jours, lui assénant des " coups de poings, des gifles, en lui donnant un coup de tête au front, en l'attrapant au niveau du cou, en lui mordant le menton, alors que Mélina C est notablement atteinte de la maladie de Biermer, et ce, en état de récidive légale pour avoir été définitivement condamné le 13 septembre 2006 par la Cour d'Assise des Alpes-Maritimes ". La considération que M. A n'a pas été condamné auparavant pour des faits de violence sur sa conjointe est sans incidence sur la gravité des faits pour lesquels il a été condamné et sur le risque patent résultant de l'emprise psychologique qu'il exerce sur elle comme en atteste le refus de cette dernière de se constituer partie civile contre M. A. Dans ces conditions, et eu égard particulièrement à l'état de faiblesse de la requérante, la directrice de l'établissement et le DISP n'ont pas méconnu les dispositions citées au point précédent et n'ont pas entaché leurs décisions respectives d'une erreur manifeste d'appréciation en refusant tant le permis de visite sollicité que d'autoriser les contacts téléphoniques.
7. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ".
8. D'une part, pour les motifs cités au point 6, il existe des raisons sérieuses de redouter la commission de violences physiques de la part de M. A à l'encontre de Mme C au cours de visites en unité de vie familiale, ainsi que de violences verbales et psychologiques au cours de visites parloirs ou de conversations téléphoniques. D'autre part, les décisions attaquées n'ont pour effet de refuser tout contact qu'entre Mme C et M. A. Il n'est ni établi, ni même allégué que ces décisions concernent les enfants du couple, ni qu'un tel permis ne pourrait être accordé aux enfants accompagnés de toute personne autre que la requérante elle-même. Dans ces conditions, les décisions en litige ne portent pas une atteinte disproportionnée au droit au respect de la vie privée de Mme C et ni les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ni celles de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant n'ont été méconnues.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme C doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction ainsi que celles présentées au titre des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C et au ministre de la justice - Garde des Sceaux.
Délibéré après l'audience du 19 mai 2025, à laquelle siégeaient :
M. Pecchioli, président,
M. Juste, premier conseiller,
Mme Houvet, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 juin 2025.
Le rapporteur,
Signé
C. JUSTE
Le président,
Signé
J.L PECCHIOLILe greffier,
Signé
S. BOUCHUT
La République mande et ordonne au Garde des Sceaux en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2509986
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. C... A..., un ressortissant algérien, qui demandait l'annulation d'un arrêté préfectoral lui refusant un titre de séjour et lui enjoignant de quitter le territoire. Le tribunal a jugé que le signataire de l'arrêté était compétent et que le refus de titre de séjour ne portait pas une atteinte disproportionnée au droit au respect de sa vie privée et familiale, au regard des stipulations de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968. La décision s'appuie également sur le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
24/03/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2508607
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... visant à annuler un arrêté préfectoral d'obligation de quitter le territoire français (OQTF) avec interdiction de retour. La juridiction a estimé que la décision était suffisamment motivée et ne révélait ni défaut d'examen sérieux ni erreur manifeste d'appréciation. Elle s'est fondée sur les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (article L. 613-1) et de la Convention européenne des droits de l'homme.
24/03/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2508600
Le Tribunal Administratif de Marseille rejette la requête en annulation d'un arrêté préfectoral d'obligation de quitter le territoire (OQTF) avec interdiction de retour. Le tribunal estime que la décision, prise par une autorité compétente, est suffisamment motivée et ne méconnaît pas le droit au respect de la vie privée et familiale garanti par l'article 8 de la CEDH. Il applique principalement les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
24/03/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2310944
Le Tribunal Administratif de Marseille rejette la requête en annulation d'un transfert pénitentiaire. Il juge que la décision, concernant un transfert entre établissements de même nature, constitue une mesure d'ordre intérieur, car elle ne porte pas une atteinte excessive au droit au respect de la vie privée et familiale du détenu (article 8 de la CEDH). La requête est donc déclarée irrecevable.
24/03/2026