mardi 14 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2300593 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | SELARL HENRY TIERNY AVOCATS ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 13 janvier 2023 auprès du tribunal administratif de Toulon, renvoyée par ordonnance n° 2300100 du 16 janvier 2023 au tribunal administratif de Marseille qui l'a enregistrée sous le n° 2300593, et un mémoire enregistré le 22 février 2023, M. B A, représenté par Me Tierny, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 11 janvier 2023 par lequel le préfet du Var lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai et interdiction de retour sur le territoire pendant deux ans ;
3°) d'enjoindre au préfet du Var, dans le délai d'un mois à compter du jugement à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard :
- à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour d'un an,
- à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation en lui délivrant une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat, sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, une somme de 1 500 euros.
Il soutient que :
- sauf si l'administration justifie de la compétence du signataire de l'arrêté, les décisions attaquées sont entachées d'incompétence ;
- alors que l'arrêté ignore sa situation personnelle et familiale, les exigences de motivation prescrites par l'article L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration, par l'article L. 511-1-I 10ème alinéa de code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'article 12 de la directive 2008/115/CE ne sont pas respectées ;
- le préfet n'a pas procédé à un examen particulier de sa situation personnelle ;
- l'arrêté est entaché d'erreurs de fait ;
- il est entaché d'une méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences de décisions sur sa vie privée et familiale ;
- il est entaché d'une méconnaissance des articles 7 à 9 de la convention internationale des droits de l'enfant, et d'une erreur manifeste d'appréciation à cet endroit ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation en ce qu'il est indiqué qu'il s'est soustrait à une mesure d'éloignement ;
- le refus de délai de départ volontaire n'est pas justifié au regard de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- la circonstance humanitaire, prévue par l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et relative à la présence en France de sa femme et son enfant, s'oppose à l'interdiction de retour.
Par un mémoire en défense enregistré le 20 février 2023, le préfet du Var conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens invoqués n'est fondé.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme C pour statuer sur les litiges relatifs aux décisions portant mesure d'éloignement des ressortissants étrangers en application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 23 février 2023 à l'issue de laquelle l'instruction a été close :
- le rapport de Mme Busidan, magistrate désignée ;
- les observations de Me Tierny, représentant M. A, présent, qui reprend et développe les moyens et arguments articulés dans les écritures ; s'agissant du moyen tiré du défaut d'examen sérieux de la situation particulière de M. A, il insiste sur le caractère peu sérieux de l'audition réalisée par les services de police et les contradictions internes de la décision.
Le préfet du Var n'était ni présent ni représenté.
Une note en délibéré, présentée pour M. A, a été enregistrée le 8 mars 2023.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, ressortissant albanais né le 6 juillet 1988, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 11 janvier 2023, par lequel le préfet du Var lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai en fixant le pays de destination de la mesure d'éloignement, et interdiction de retour sur le territoire français pendant deux ans.
Sur la demande d'admission à l'aide juridictionnelle provisoire:
2. En vertu des articles 12 et 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, l'admission à l'aide juridictionnelle est prononcée par un bureau d'aide juridictionnelle ou, en cas d'urgence et à titre provisoire, par le président de ce bureau, par la juridiction compétente ou par son président.
3. Il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de M. A, de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions en annulation :
4. Il ressort des considérations de fait énoncées par l'arrêté en litige que le préfet du Var y a tantôt considéré que M. A était célibataire et sans charge de famille, tantôt envisagé qu'il serait marié et père d'un enfant. Certes, ces hésitations reflètent des mentions contradictoires qui figurent dans le procès-verbal d'audition dressé par les services de police sans d'ailleurs paraître imputables à M. A. Il ressort cependant des pièces du dossier que le préfet avait la possibilité de les lever, au vu notamment de fiches Telemofpra indiquant le mariage de M. A, comme aussi la nationalité albanaise de son épouse, et qu'il était ainsi en mesure de prendre en compte la situation familiale exacte de l'intéressé avant d'édicter les décisions en litige. Dans ces conditions, M. A est fondé à soutenir que l'arrêté en litige est entaché d'un défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle, et que les décisions attaquées sont illégales pour ce motif.
5. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que doit être annulé l'arrêté du 11 janvier 2023 par lequel le préfet du Var a fait obligation à M. A de quitter le territoire français sans délai en fixant le pays de destination de la mesure d'éloignement, et interdiction de retour sur le territoire français pendant deux ans.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. L'exécution du présent jugement, au regard des motifs de ce dernier, implique seulement qu'il soit enjoint au préfet du Var, dans le délai de deux mois à compter de sa notification, de prendre une nouvelle décision après réexamen de la situation de M. A. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais du litige :
7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que Me Tierny, avocat du requérant, renonce à percevoir les sommes correspondant à la part contributive de l'État et sous réserve de l'admission définitive de son client à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'État le versement à Me Tierny de la somme de 1 000 euros.
D E C I D E :
Article 1er : M. A est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : L'arrêté du 11 janvier 2023 par lequel le préfet du Var a fait à M. A obligation de quitter le territoire français sans délai et interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de deux ans est annulé.
Article 3 : Il est enjoint au préfet du Var, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, de prendre une nouvelle décision après réexamen de la situation de M. A.
Article 4 : L'État versera à Me Tierny une somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve d'une renonciation expresse de celui-ci au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à Me Edward Tierny et au préfet du Var.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 mars 2023.
La magistrate désignée,
Signé
H. C
Le greffier,
Signé
T. Marcon
La République mande et ordonne au préfet du Var en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Le greffier
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026