mardi 13 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2305280 |
| Type | Décision |
| Recours | Exécution d'un jugement |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | GIROD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 6 juin 2023, M. C E, retenu au centre de rétention de Marseille, représenté par Me Girod, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 5 juin 2023 par lequel le préfet des Bouches-du-Rhône l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans assortie d'un signalement dans le système d'information Schengen (SIS) ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 000 euros en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 à verser à son conseil qui renonce dans ce cas à percevoir la part contributive de l'État due au titre de l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
Sur l'arrêté attaqué pris dans son ensemble :
- il est insuffisamment motivé ;
- il a été signé par une autorité incompétente ;
- il est entaché d'un défaut d'examen de sa situation personnelle.
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- la décision méconnaît les stipulations de l'article 8 de la Convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision méconnaît les stipulations de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;
- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences sur sa situation personnelle ;
Sur la décision portant refus de délai de départ de volontaire :
- la décision méconnait les dispositions de l'article L.612-2 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers ;
- elle est entachée d'une erreur de fait dès lors qu'il justifie de garanties de représentation suffisantes en détenant une carte d'identité algérienne et un permis de conduire algérien en cours de validité.
Sur l'interdiction de retour sur le territoire français :
- la décision présente un caractère disproportionné au regard de sa situation personnelle en méconnaissance des dispositions des articles L.612-6 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il ne représente pas une menace actuelle pour l'ordre public ;
- son signalement au système d'information Schengen (SIS) l'empêchera d'obtenir un visa pour revenir en France et obtenir un titre de séjour.
Par un mémoire en défense enregistré le 12 juin 2023, le préfet des Bouches-du-Rhône conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. E ne sont pas fondés.
Vu la prestation de serment de M. B, interprète en langue arabe.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Journoud pour statuer sur les litiges relatifs aux décisions portant mesure d'éloignement des ressortissants étrangers en application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Journoud, magistrate désignée,
- les observations de Me Girod pour M. E, présent et assisté de M. B, interprète en langue arabe, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens et qui fait valoir en outre, que la décision d'obligation de quitter le territoire français opposée à son client méconnait également l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne sur le droit d'être entendu et de faire valoir ses observations en amont de la notification de l'obligation de quitter le territoire français et par ailleurs que l'épouse de M. E n'est pas opposée à son retour au domicile conjugal ;
- les observations de M. E, assisté de M. B, interprète en langue arabe, qui indique au tribunal que son employeur lui fournira un contrat de travail dès l'obtention de son titre de séjour, qu'il veut rester en France mais qu'il accepte l'obligation de quitter le territoire français si c'est pour aller dans un autre pays européen car il n'y a pas d'avenir ni de travail en Algérie.
Le préfet des Bouches-du-Rhône n'était ni présent, ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. C E, né le 30 mai 1994 à Alger, de nationalité algérienne, actuellement retenu au centre de rétention administrative de Marseille, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 5 juin 2023 par lequel le préfet des Bouches-du-Rhône l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans.
Sur la demande d'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président ". Il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de M. E, de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne l'arrêté attaqué pris dans son ensemble :
3. Contrairement à ce que soutient le requérant, les décisions en litige comportent les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Elles sont, par suite, suffisamment motivées. Le moyen, dirigé à l'encontre de l'ensemble des décisions, doit être écarté comme manquant en fait.
4. Par ailleurs, l'arrêté contesté a été signé par M. A F, adjoint à la cheffe du bureau de l'éloignement, du contentieux et de l'asile de la préfecture des Bouches-du-Rhône, qui bénéficiait, en vertu d'un arrêté n°13-2023-05-16-00003 du 16 mai 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture, d'une délégation à l'effet de signer notamment les décisions portant obligation de quitter le territoire français et celles portant interdiction de retour sur le territoire français et fixant le pays de destination. Par suite, le moyen tiré de ce que l'arrêté contesté aurait été signé par une autorité incompétente doit être écarté.
5. Enfin, il ne ressort ni de la motivation de l'arrêté en litige ni d'aucune pièce du dossier que le préfet se soit abstenu de procéder à un examen de la situation personnelle du requérant. Ce moyen doit donc être écarté.
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
6. Aux termes de du paragraphe 1 de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions et organes de l'Union " ; aux termes du paragraphe 2 de ce même article : " Ce droit comporte notamment : / - le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre ; () ". Aux termes du paragraphe 1 de l'article 51 de la charte : " Les dispositions de la présente Charte s'adressent aux institutions, organes et organismes de l'Union dans le respect du principe de subsidiarité, ainsi qu'aux Etats membres uniquement lorsqu'ils mettent en œuvre le droit de l'Union. () ". Le droit d'être entendu implique que l'autorité préfectorale, avant de prendre à l'encontre d'un étranger une décision portant obligation de quitter le territoire français, mette l'intéressé à même de présenter ses observations écrites et lui permette, sur sa demande, de faire valoir des observations orales, de telle sorte qu'il puisse faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue sur la mesure envisagée avant qu'elle n'intervienne.
7. Il ressort des pièces du dossier et notamment du procès-verbal d'audition du 4 juin 2023 produit par le préfet des Bouches-du-Rhône en défense, que M. E a été informé qu'il pouvait faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français et qu'il a été mis en mesure de faire valoir, de manière utile et effective, ses observations concernant une telle mesure d'éloignement. Dans ces conditions, M. E n'est pas fondé à soutenir que son droit d'être entendu a été méconnu.
8. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. ". Le requérant qui soutient que la décision en litige méconnait les stipulations de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié doit être regardé comme soulevant le moyen tiré de l'erreur de droit du fait de la méconnaissance de l'article L.611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui dispose que : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : () 6° L'étranger marié depuis au moins trois ans avec un conjoint de nationalité française, à condition que la communauté de vie n'ait pas cessé depuis le mariage et que le conjoint ait conservé la nationalité française ; (). ".
9. Pour soutenir que la mesure d'éloignement a méconnu les stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales, le requérant fait valoir qu'il réside et travaille en France depuis 2017, qu'il est marié avec une ressortissante française, qui déclare être bénéficiaire de l'allocation adulte handicapé, avec laquelle il vit en concubinage depuis le 1er septembre 2021, date de signature d'un bail en commun. Toutefois, s'il est constant que l'intéressé a contracté mariage avec Mme D le 29 mars 2023, leur relation et leur mariage présentent un caractère très récent et instable, ainsi qu'il ressort des déclarations faites par son épouse auprès des services de police, et des circonstances de son interpellation à son domicile pour violences conjugales à l'encontre de son épouse le 4 juin 2023. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que M. E est entré irrégulièrement en France en 2017 où il se maintient de manière irrégulière sans avoir engagé aucune démarche de régularisation et où il déclare travailler illégalement dans le bâtiment, sans toutefois l'établir. Il ressort du procès-verbal de dépôt de plainte du 4 juin 2023, que son épouse indique vouloir divorcer dès lors qu'elle considère que le requérant n'a contracté mariage que dans le seul but d'obtenir un droit au séjour en France. Enfin, le requérant, qui allègue sans l'établir qu'il a rendez-vous en préfecture le 14 juin 2023 pour déposer sa demande de titre de séjour, n'établit pas non plus qu'il ne dispose plus d'aucune attache en Algérie, son pays d'origine, où réside toute sa famille selon ses propres déclarations en audition et où il a vécu l'essentiel de son existence jusqu'à l'âge de 23 ans. Ainsi, rien ne fait obstacle à ce qu'il retourne dans son pays d'origine où il a vécu la majeure partie de sa vie et où il a nécessairement conservé des attaches culturelles et sociales. Dans ces conditions, la décision contestée n'a pas porté au droit au respect de la vie privée et familiale de l'intéressé une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise et ne peut donc être regardée comme méconnaissant ni les stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales, ni les dispositions du 6° de l'article L.611-3 du code de l'entré et du séjour des étrangers et du droit d'asile également précitées. Pour les mêmes motifs, le préfet des Bouches-du-Rhône n'a pas entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences qu'elle emporte sur sa situation personnelle.
En ce qui concerne la décision portant refus de délai de départ volontaire :
10. Aux termes de l'article L.612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". Aux termes de l'article L.612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; () ;
11. Il ressort des pièces du dossier que M. E, qui est entré irrégulièrement en France en 2017 selon ses propres déclarations, n'a jamais cherché à régulariser sa situation au regard du droit au séjour jusqu'à ce jour. Par suite, il se trouvait dans la situation où en application du 1° de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet pouvait refuser pour ce seul motif un délai de départ volontaire. Par ailleurs, alors même qu'il déclare, sans toutefois l'établir, disposer de garanties de représentation suffisante dès lors qu'il détient une carte d'identité algérienne et un permis de conduire algérien en cours de validité, le requérant ne dispose d'aucun document de voyage en cours de validité et d'aucune circonstance particulière tenant à sa situation personnelle, propre à justifier qu'un délai lui soit accordé à titre exceptionnel pour quitter volontairement le territoire français. Dans ces conditions, il n'est pas fondé à soutenir que le préfet aurait commis une erreur d'appréciation en ne lui accordant pas un délai de départ volontaire.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
12. Aux termes de l'article L.612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ". Aux termes de l'article L.612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11. "
13. Pour prononcer à l'encontre de M. E une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans, le préfet des Bouches-du-Rhône a indiqué que le requérant, qui ne justifie pas de circonstances humanitaires, ne justifie pas non plus de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, qu'il ne dispose d'aucune attache familiale en France dès lors qu'il déclare que toute sa famille réside en Algérie, nonobstant la présence de son épouse sur laquelle il exerce des violences, et qu'il est défavorablement connu des services de police. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que l'épouse de nationalité française de M. E indique durant son audition par les services de police qu'elle souhaite de nouveau porter plainte pour violences conjugales et qu'elle souhaite divorcer, ayant considéré que son époux n'avait contracté leur mariage le 29 mars 2023 que dans le but d'obtenir un droit au séjour en France. Par suite, M. E ne justifie pas de circonstances humanitaires au sens des dispositions précitées devant conduire le préfet à s'abstenir d'assortir l'obligation de quitter le territoire français sans délai d'une interdiction de retour, ainsi que le prévoient l'article L.612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
14. S'agissant de la durée de ladite interdiction, M. E soutient que son comportement ne constituerait pas une menace pour l'ordre public puisque que l'affaire de violences conjugales pour laquelle il a été interpellé à son domicile le 4 juin 2023, de même que les précédentes plaintes de son épouse pour des faits similaires, auraient été classées sans suite. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que le requérant est également signalisé au fichier automatisé des empreintes digitales en août et septembre 2022 notamment pour des faits de rébellion, offre ou cession non autorisés de stupéfiants et acquisition non autorisée de stupéfiants. Le préfet n'a ainsi pas commis d'erreur d'appréciation en retenant l'existence d'une menace à l'ordre public pour déterminer le quantum de la décision attaquée. Ainsi, dans les circonstances de l'espèce tenant à l'existence d'une menace à l'ordre public combinée à l'entrée récente de M. E sur le territoire français, alors même que l'ensemble de sa famille réside en Algérie, et au mariage très récent de l'intéressé avec Mme D sur laquelle il exerce des violences, le préfet des Bouches-du-Rhône n'a pas fait une inexacte application des dispositions de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en fixant la durée de l'interdiction de retour sur le territoire français à deux ans, cette durée ne présentant pas le caractère disproportionné invoqué puisqu'elle pouvait aller jusqu'à trois ans.
15. Par ailleurs, pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 7 du présent jugement, M. E n'est pas fondé à soutenir que cette décision, qui l'interdit de retour sur le territoire français pendant une durée de deux ans, méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales ou que le préfet l'aurait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences qu'elle emporte sur sa situation personnelle. Enfin, si le requérant soutient que l'interdiction de retour sur le territoire français conduit à une expulsion automatique de l'ensemble de l'espace Schengen pour cette même durée, et aurait pour conséquence l'impossibilité pour lui d'obtenir un visa ou un titre de séjour en France ou dans un autre état membre de l'espace Schengen, du fait de son inscription dans le système d'information Schengen (SIS), cette inscription, qui n'est qu'une conséquence de l'interdiction de retour en litige, n'a pas d'incidence sur la légalité de cette mesure.
16. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de M. E à fin d'annulation de l'arrêté du 5 juin 2023 du préfet des Bouches-du-Rhône doivent être rejetées. Il en va de même par voie de conséquence des conclusions à fin d'injonction ainsi que de celles tendant à l'application des dispositions combinées des articles 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : M. E est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. E est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C E et au préfet des Bouches-du-Rhône.
Lu en audience publique le 13 juin 2023.
Le magistrat désigné,
Signé
L. Journoud
La greffière,
Signé
S. Boislard
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Strasbourg — N° TA67-2604050
Le Tribunal Administratif de Strasbourg a été saisi par Mme C..., ressortissante afghane, d’un recours en excès de pouvoir contre une décision de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII) du 22 avril 2026 lui refusant le bénéfice des conditions matérielles d’accueil. Le tribunal a rejeté la requête, estimant que la décision était légale au regard de l’article L. 551-15 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, qui prévoit un refus en cas de demande de réexamen d’asile. Il a considéré que la motivation était suffisante, que la vulnérabilité de la requérante avait été prise en compte, et que l’OFII n’avait pas commis d’erreur manifeste d’appréciation. En conséquence, les conclusions à fin d’annulation et les demandes accessoires ont été rejetées.
01/06/2026