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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2305344

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2305344

vendredi 29 septembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2305344
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation6ème Chambre
Avocat requérantGONAND

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 7 juin 2023, et des pièces complémentaires enregistrées le 31 août 2023, M. A C, représenté par Me Gonand, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 26 mai 2023 par lequel le préfet des Bouches-du-Rhône lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français et a fixé le pays de destination.

Il soutient qu'il est père d'un enfant français dont il contribue effectivement à l'entretien et l'éducation.

Par un mémoire enregistré le 31 juillet 2023, le préfet des Bouches-du-Rhône conclut au rejet de la requête du requérant.

Il soutient qu'aucun moyen de la requête n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant signée à New York le 26 janvier 1990 ;

- l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Brossier,

- les observations du requérant.

Une note en délibéré, présenté pour le requérant, a été enregistrée le 14 septembre 2023.

Considérant ce qui suit :

1. M. A C, de nationalité tunisienne, né le 14 juin 1979, déclare être entré sur le territoire français en 2010 dans des conditions indéterminées. Le 14 avril 2021, il a sollicité une première fois la délivrance d'un titre de séjour portant mention " vie privée et familiale " en qualité de parent d'enfant français sur le fondement de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, rejetée par un arrêté du 5 août 2021. Le 6 février 2023, il a de nouveau sollicité son admission au séjour sur le même fondement. Par arrêté en date du 26 mai 2023, le préfet des Bouches-du-Rhône a rejeté sa demande, assorti ce refus de séjour d'une obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours suivant la notification de cet arrêté et fixé le pays de destination. M. C demande l'annulation de cet arrêté.

2. Aux termes de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France et qui établit contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil, depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 ". Aux termes de l'article L. 432-1 du même code : " La délivrance d'une carte de séjour temporaire () peut, par une décision motivée, être refusée à tout étranger dont la présence en France constitue une menace pour l'ordre public ".

3. M. C sollicite son admission au séjour en qualité de père de l'enfant Ali, de nationalité française, né le 2 novembre 2020 de son union passée avec Mme B. Si le requérant fait état, notamment dans sa note en délibéré, d'éléments relatifs à l'entretien et l'éducation de son enfant français, au regard de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ou de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant, toutefois et en tout état de cause, il résulte de l'instruction que le préfet des Bouches-du-Rhône aurait pris la même décision sans erreur d'appréciation en fondant sur le seul motif tiré de ce que la présence en France du requérant, au regard de la nature et de la récurrence des faits délictueux qu'il a commis, constitue une menace pour l'ordre public au sens des dispositions de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu'il a été condamné le 30 décembre 2020 par le tribunal correctionnel d'Aix-en-Provence à dix mois d'emprisonnement avec sursis probatoire pendant deux ans pour des faits de violence sur son ancienne compagne, puis le 8 janvier 2021 à six mois d'emprisonnement avec sursis pour circulation dans un véhicule sans assurance sous l'empire d'un état alcoolique et sans permis de conduire, puis le 15 septembre 2021 à six mois d'emprisonnement pour circulation dans un véhicule sans assurance, sans permis de conduire en récidive et usage de stupéfiants.

4. Il résulte de tout ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du préfet des Bouches-du-Rhône du 26 mai 2023. Par voie de conséquence, ses conclusions complémentaires formées dans sa note en délibéré, aux fins d'injonction d'admission au séjour et de remboursement des frais exposés et non compris dans les dépens, ne peuvent en tout état de cause qu'être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête présentée par M. C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au préfet des Bouches-du-Rhône.

Délibéré après l'audience du 8 septembre 2023, à laquelle siégeaient :

M. Brossier, président,

Mme Caselles, première conseillère,

Mme Pouliquen, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 septembre 2023.

L'assesseure la plus ancienne,

Signé

S. Caselles

Le président,

Signé

J.B. Brossier

La greffière,

Signé

D. Dan

La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

La greffière,

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