jeudi 6 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2305484 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | DARMON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 13 juin et 5 juillet 2023, M. B A, représenté par Me Stioui demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner la suspension de l'arrêté du 17 mai 2023 par lequel le chef d'établissement du Lycée Victor Hugo à Marseille l'a licencié, sans préavis ni indemnité de licenciements ;
2°) d'ordonner sa réintégration au sein du rectorat ;
2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie, dès lors qu'il est privé d'emploi, ce qui est préjudiciable, tant sur le plan financier au regard des dépenses auxquelles le ménage composé de deux enfants doit faire face que pour sa santé psychologique ;
- la décision en litige a été prise par une autorité incompétente ;
- la procédure de licenciement est viciée, dès lors qu'il n'y a pas eu d'entretien préalable, ni avant ni après la séance de la commission de discipline, en méconnaissance des droits de la défense ;
- la décision en litige est entachée d'erreurs de fait en ce concerne les faits d'altercation avec une collègue de travail, le 21 octobre 2022 ;
- cette décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation : quant aux faits reprochés tenant à l'emploi du terme " collabos " et aux propos tenus devant le chef d'établissement, le directeur délégué aux formations professionnelles et technologiques et le conseiller principal et ceux adressés à une conseillère principal d'éducation ; les faits relatifs à la tenue de propos agressifs dans l'exercice de ses fonctions qui contreviennent à son obligation d'exemplarité et ce devant l'établissement à la vue des élèves qui filmaient ne sont ni précis, ni étayé, ni motivé ; cette erreur manifeste d'appréciation est également établie, dès lors qu'aucun élément ne permet d'établir qu'une enquête impartiale a été menée et que les rapports à son encontre qui sont à charge sont incohérents, tant pas leur contenu, que leur temporalité ; cette erreur manifeste d'appréciation ressort également des conséquences de la sanction disciplinaire à son encontre, qui aura des conséquences extrêmement dommageables pour sa vie de famille et alors que ses qualités professionnelles sont avérées et qu'il bénéficie de nombreux soutiens tant parmi ses collègues que de l'équipe de direction.
- la décision en litige est entachée de détournement de pouvoir.
Par un mémoire, en défense, enregistré le 3 juillet 2023, présenté par Me Darmon, le recteur de l'académie d'Aix-Marseille et le lycée Victor Hugo conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
-la condition d'urgence n'est pas remplie, dès lors que le contrat à durée déterminée de M. A venait à échéance le 31 aout 2023 et que l'intéressé n'avait aucun droit acquis à son renouvellement et à supposer même une décision de suspension de la mesure contestée, M. A ne pourra pas reprendre son travail au sein de l'établissement ; M. A n'est pas privé de ressources et il ne justifie pas de ses revenus ;
- aucun des moyens soulevés n'est de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision en litige : celle-ci a été prise par une autorité compétente, la procédure de licenciement n'est pas entachée d'un vice de procédure, dès lors notamment que ce licenciement n'avait pas à être précédé d'un entretien préalable, n'est ni entachée d'erreurs de fait quant aux faits reprochés, ni d'erreur manifeste d'appréciation, ni entachée de détournement de pouvoir.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 9 juin 2023 sous le numéro 2305484 par laquelle M. A demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de l'éducation ;
- le code général de la fonction publique ;
- le décret n° 86-83 du 17 janvier 1986 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Josset pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue le 5 juillet 2023, en présence de Mme Bouchut, greffière d'audience, Mme Josset a lu son rapport et entendu :
- Me Stioui, représentant M. A qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens et ajoute que la sanction est disproportionnée aux faits ;
- Me Darmon, représentant le recteur de l'académie d'Aix-Marseille le lycée Victor Hugo qui persiste dans ses écritures en défense et soulève l'irrecevabilité des conclusions de la requête en tant qu'elles sont dirigées contre le recteur de l'académie d'Aix-Marseille.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, recruté en qualité d'assistant d'éducation (AED) au Lycée Victor Hugo, à compter du 1er septembre 2019, par un contrat à durée déterminée renouvelé chaque année scolaire et en dernier lieu pour la période du 1er septembre 2022 au 31 aout 2023, demande au juge des référés, saisit sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, d'ordonner la suspension de l'arrêté du 17 mai 2023 par lequel le chef d'établissement du Lycée Victor Hugo à Marseille l'a licencié.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". Il résulte de ces dispositions que le prononcé d'une ordonnance de suspension de l'exécution d'une décision administrative est subordonné à la réunion cumulative de l'existence d'une situation d'urgence et d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.
3. En l'état de l'instruction, aucun des moyens soulevés par M. A et exposés dans les visas de la présente ordonnance ainsi que le moyen, soulevé à l'audience, tiré de la disproportion de la sanction au regard des faits reprochés n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige du 17 mai 2023. Par suite, sans qu'il ne soit besoin de se prononcer ni sur la condition d'urgence, ni sur la recevabilité des conclusions en tant qu'elles sont dirigées contre le recteur de l'académie d'Aix-Marseille, les conclusions présentées par M. A tendant à la suspension des effets de cette décision doivent être rejetées, de même que les conclusions aux fins d'injonction et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
4. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par le recteur de l'académie d'Aix-Marseille et le lycée Victor Hugo.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions du recteur de l'académie d'Aix-Marseille et du lycée Victor Hugo tendant au bénéfice des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A, au recteur de l'académie d'Aix Marseille et au Lycée Victor Hugo.
Fait à Marseille, le 6 juillet 2023
La juge des référés,
signé
M. Josset
La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui le concerne et à tous commissaires à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026