LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2305905

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2305905

jeudi 6 novembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2305905
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation1ère Chambre
Avocat requérantJOURNAULT

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Marseille a examiné les requêtes de la société Le jardin de la Delorme contestant les sanctions pécuniaires (contribution spéciale de 18 250 € et contribution forfaitaire de 2 124 €) mises à sa charge par l'OFII pour l'emploi de travailleurs étrangers sans titre. La société invoquait notamment un défaut de motivation et une erreur de fait. Le tribunal a rejeté l'ensemble des demandes, jugeant que les moyens soulevés n'étaient pas fondés et que les décisions de l'OFII étaient légales. Les textes appliqués sont les articles L. 8253-1 du code du travail et L. 822-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :


Par une requête n°2305905, enregistrée le 23 juin 2023, la société Le jardin de la Delorme, représentée par Me Journault, demande au tribunal :

1°) d’annuler la décision du 12 janvier 2023 par laquelle l’office français de l’immigration et de l’intégration (OFII) a mis à sa charge la contribution spéciale prévue par l’article L. 8253-1 du code du travail pour un montant de 18 250 euros ainsi que la contribution forfaitaire prévue par l’article L. 822-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour un montant de 2 124 euros, ainsi que la décision du 18 avril 2023 rejetant son recours gracieux ;
2°) de la décharger de la somme de 2 037 euros ;
3°) de mettre à la charge de l’OFII une somme de 2 000 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :

la décision en litige est signée par une autorité qui n’est pas habilitée ;
elle est insuffisamment motivée dans la mesure où elle ne précise ni la date des faits ni leur matérialité ;
elle méconnaît le principe du contradictoire dès lors que le procès-verbal de constatation n’a pas été porté à sa connaissance ;
elle est entachée d’erreur de fait, d’une erreur de la qualification juridique des faits et d’une erreur de droit ;
la contribution forfaitaire ne doit pas être appliquée, dès lors qu’un employé contrôlé n’était pas en situation de séjour irrégulier en France et qu’il n’a donc jamais fait l’objet d’un réacheminement vers son pays d’origine ;
le montant de la sanction doit être minoré.


Par un mémoire en défense, enregistré le 15 décembre 2023, l’office français de l’immigration et de l’intégration conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens invoqués par la société Le jardin de la Delorme ne sont pas fondés.


Par ordonnance du 6 juin 2025, la clôture de l’instruction a été fixée, en application de l’article R. 613-1 et R. 613-3 du code de justice administrative, au 7 juillet 2025.


Par une requête n°2311816, enregistrée le 13 décembre 2023, la société Le jardin de la Delorme, représentée par Me Journault, demande au tribunal :

1°) d’annuler les titres de perception émis le 6 février 2023 par lesquels la direction départementale des finances publiques (DDFIP) de l’Essonne a mis à sa charge une somme de 18 250 euros au titre de la contribution spéciale et une somme de 2 124 euros au titre de la contribution forfaitaire représentative des frais d’acheminement ainsi que la décision implicite de rejet de son recours préalable obligatoire ;

2°) de la décharger du paiement de la somme de 2 037 euros ;

3°) de mettre à la charge solidaire de la DDFIP de l’Essonne et de l’OFII une somme de 2 000 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

les titres en litige sont signés par un auteur qui n’est pas habilité ;
ils sont fondés sur la décision du 12 janvier 2023 qui est illégale.


Par un mémoire en défense, enregistré le 2 février 2024, la DDFIP de l’Essonne conclut au rejet de la requête.

Elle informe le tribunal qu’elle n’a pas compétence pour instruire les contestations portant sur les titres de perception.


Par un mémoire en défense, enregistré le 24 juin 2025, l’office français de l’immigration et de l’intégration conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens invoqués par la société Le jardin de la Delorme ne sont pas fondés.

Par un courrier du 10 octobre 2025, les parties ont été informées, en application des dispositions de l’article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d’être fondé sur un moyen relevé d’office tiré de la méconnaissance du champ d’application de la loi dès lors que l’article 34 de la loi n° 2024-42 du 26 janvier 2024 pour contrôler l’immigration, améliorer l’intégration, abroge la section 2 du chapitre II du titre II du livre VIII du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.


Vu les autres pièces des dossiers.

Vu:
- le code du travail ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique :
le rapport de Mme Le Mestric, rapporteure,
les conclusions de Mme Lourtet, rapporteure publique.


Considérant ce qui suit :

Le 6 avril 2021, les services de police ont procédé dans le 15ème arrondissement de Marseille au contrôle du commerce exploité par la société Le jardin de la Delorme, dans lequel ils ont constaté la présence en action de travail de deux ressortissants étrangers démunis de titres les autorisant à travailler et à séjourner en France. Par une décision du 12 janvier 2023, le directeur général de l’OFII a mis à la charge de la société la contribution spéciale prévue par l’article L. 8253-1 du code du travail pour un montant de 18 250 euros, ainsi que la contribution forfaitaire prévue par l’article L. 822-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour un montant de 2 124 euros. Le 6 février 2023, les titres de perceptions afférents à cette décision ont été émis. Le 3 mars 2023, la société a formé un recours gracieux à l’encontre de la décision du 12 janvier 2023 qui a été expressément rejeté par l’OFII le 18 avril 2023. Le 19 avril 2023, la société requérante a déposé un recours administratif préalable obligatoire contre les titres émis, qui n’a pas fait l’objet de réponse par l’administration. La société Le jardin de la Delorme demande au tribunal d’annuler la décision du 12 janvier 2023, la décision du 18 avril 2023 de rejet de son recours gracieux ainsi que les titres de perception émis le 6 janvier 2023.

Les requêtes enregistrées sous les numéros 2305905 et 2311816 concernent la situation d’une même société, présentent à juger des questions semblables et ont fait l’objet d’une instruction commune. Il y a donc lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.

Sur l’étendue du litige :

3. Aux termes de l’article L. 8251-1 du code du travail : « Nul ne peut, directement ou indirectement, embaucher, conserver à son service ou employer pour quelque durée que ce soit un étranger non muni du titre l’autorisant à exercer une activité salariée en France. Il est également interdit à toute personne d’engager ou de conserver à son service un étranger dans une catégorie professionnelle, une profession ou une zone géographique autres que celles qui sont mentionnées, le cas échéant, sur le titre prévu au premier alinéa. ». Aux termes de l’article L. 8253-1 du même code : « Sans préjudice des poursuites judiciaires pouvant être intentées à son encontre, l’employeur qui a employé un travailleur étranger en méconnaissance des dispositions du premier alinéa de l’article L. 8251-1 acquitte, pour chaque travailleur étranger non autorisé à travailler, une contribution spéciale. Le montant de cette contribution spéciale est déterminé dans des conditions fixées par décret en Conseil d’Etat. Il est, au plus, égal à 5 000 fois le taux horaire du minimum garanti prévu à l’article L. 3231-12. Ce montant peut être minoré en cas de non-cumul d’infractions ou en cas de paiement spontané par l’employeur des salaires et indemnités dus au salarié étranger non autorisé à travailler mentionné à l’article R. 8252-6. Il est alors, au plus, égal à 2 000 fois ce même taux. Il peut être majoré en cas de réitération et est alors, au plus, égal à 15 000 fois ce même taux. L’Office français de l’immigration et de l’intégration est chargé de constater et fixer le montant de cette contribution pour le compte de l’Etat selon des modalités définies par convention. L’Etat est ordonnateur de la contribution spéciale. A ce titre, il liquide et émet le titre de perception. Le comptable public compétent assure le recouvrement de cette contribution comme en matière de créances étrangères à l’impôt et aux domaines ». Enfin, aux termes de l’article L. 626-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « Sans préjudice des poursuites judiciaires qui pourront être engagées à son encontre et de la contribution spéciale prévue à l’article L. 8253-1 du code du travail, l’employeur qui aura occupé un travailleur étranger en situation de séjour irrégulier acquittera une contribution forfaitaire représentative des frais de réacheminement de l’étranger dans son pays d’origine. Le montant total des sanctions pécuniaires prévues, pour l’emploi d’un étranger non autorisé à travailler, au premier alinéa du présent article et à l’article L. 8253-1 du code du travail ne peut excéder le montant des sanctions pénales prévues par les articles L. 8256-2, L. 8256-7 et L. 8256-8 du code du travail ou, si l’employeur entre dans le champ d’application de ces articles, le montant des sanctions pénales prévues par le chapitre II du présent titre. L’Office français de l’immigration et de l’intégration est chargé de constater et de liquider cette contribution. (…) ».

4. Toutefois, le VII de l’article 34 de la loi n° 2024-42 susvisée dispose que : « La section 2 du chapitre II du titre II du livre VIII du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile est abrogée ». Aux termes de l’article L. 8253-1 du code du travail, dans sa rédaction issue de cette loi, applicable à compter du 28 janvier 2024 : « Le ministre chargé de l’immigration prononce, au vu des procès-verbaux et des rapports qui lui sont transmis en application de l’article L. 8271-17, une amende administrative contre l’auteur d’un manquement aux articles L. 8251-1 et L. 8251-2, sans préjudice des poursuites judiciaires pouvant être intentées à son encontre. / Lorsqu’il prononce l’amende, le ministre chargé de l’immigration prend en compte, pour déterminer le montant de cette dernière, les capacités financières de l’auteur d’un manquement, le degré d’intentionnalité, le degré de gravité de la négligence commise et les frais d’éloignement du territoire français du ressortissant étranger en situation irrégulière. / Le montant de l’amende est, au plus, égal à 5 000 fois le taux horaire du minimum garanti prévu à l’article L. 3231-12. Il peut être majoré en cas de réitération et est alors, au plus, égal à 15 000 fois ce même taux. / L’amende est appliquée autant de fois qu’il y a d’étrangers concernés. / Lorsque sont prononcées, à l’encontre de la même personne, une amende administrative en application du présent article et une sanction pénale en application des articles L. 8256-2, L. 8256-7 et L. 8256-8 à raison des mêmes faits, le montant global des amendes prononcées ne dépasse pas le maximum légal le plus élevé des sanctions encourues. / (…) ».

5 Le juge, saisi d’une contestation portant sur une sanction que l’administration inflige à un administré, se prononçant comme juge de plein contentieux, il lui appartient de prendre une décision qui se substitue à celle de l’administration et, le cas échéant, de faire application d’une loi nouvelle plus douce entrée en vigueur entre la date à laquelle l’infraction a été commise et celle à laquelle il statue.

6. En l’espèce, les dispositions précitées 4 du VII de l’article 34 de la loi du 26 janvier 2024 ont abrogé les dispositions de la section 2 du chapitre II du titre II du livre VIII du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, section qui comprenait les articles L. 822-2 et L. 822-3 de ce code relatifs à la contribution forfaitaire représentative des frais d’éloignement du territoire français, étant rappelé que ces dispositions étaient codifiées aux articles L. 626-1 et suivants de ce code avant le 1er mai 2021. Par conséquent, il y a lieu pour le tribunal, statuant comme juge de plein contentieux sur les conclusions de la société requérante dirigées contre cette contribution forfaitaire, d’appliquer les dispositions de la loi du 26 janvier 2024 aux manquements commis par cette société et de prononcer un non-lieu partiel sur les conclusions à fin d’annulation de la décision du 12 janvier 2023 en tant qu’elle prévoit la contribution forfaitaire prévue par l’article L. 822-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour un montant de 2 124 euros.

Sur les conclusions à fin d’annulation des décisions du 12 janvier 2023 et du 18 avril 2023 :

7. Aux termes du premier alinéa de l’article L. 8251-1 du code du travail : « Nul ne peut, directement ou indirectement, embaucher, conserver à son service ou employer pour quelque durée que ce soit un étranger non muni du titre l'autorisant à exercer une activité salariée en France ». Aux termes de l’article L. 8253-1 du même code, dans sa rédaction alors en vigueur : « Sans préjudice des poursuites judiciaires pouvant être intentées à son encontre, l'employeur qui a employé un travailleur étranger en méconnaissance des dispositions du premier alinéa de l'article L. 8251-1 acquitte, pour chaque travailleur étranger non autorisé à travailler, une contribution spéciale. Le montant de cette contribution spéciale est déterminé dans des conditions fixées par décret en Conseil d'Etat. Il est, au plus, égal à 5 000 fois le taux horaire du minimum garanti prévu à l'article L. 3231-12. Ce montant peut être minoré en cas de non-cumul d'infractions ou en cas de paiement spontané par l'employeur des salaires et indemnités dus au salarié étranger non autorisé à travailler mentionné à l'article R. 8252-6. Il est alors, au plus, égal à 2 000 fois ce même taux. (...) ». Aux termes de l’article L. 8271-17 de ce code, dans sa rédaction applicable au litige : « Outre les agents de contrôle de l'inspection du travail mentionnés à l'article L. 8112-1, les agents et officiers de police judiciaire, les agents de la direction générale des douanes sont compétents pour rechercher et constater, au moyen de procès-verbaux transmis directement au procureur de la République, les infractions aux dispositions de l'article L. 8251-1 relatif à l'emploi d'un étranger non autorisé à travailler et de l'article L. 8251-2 interdisant le recours aux services d'un employeur d'un étranger non autorisé à travailler. / Afin de permettre la liquidation de la contribution spéciale mentionnée à l'article L. 8253-1 du présent code et de la contribution forfaitaire mentionnée à l'article L. 626-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration reçoit des agents mentionnés au premier alinéa du présent article une copie des procès-verbaux relatifs à ces infractions ». Aux termes de l’article R. 8253-3 du même code, « Au vu des procès-verbaux qui lui sont transmis en application de l'article L. 8271-17, le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration indique à l'employeur, par lettre recommandée avec avis de réception ou par tout autre moyen permettant de faire la preuve de sa date de réception par le destinataire, que les dispositions de l'article L. 8253-1 sont susceptibles de lui être appliquées et qu'il peut présenter ses observations dans un délai de quinze jours ».

8. Ni les articles L. 8253-1 et suivants du code du travail, ni l’article L. 8271-17 du même code, ne prévoient expressément que le procès-verbal constatant l’infraction aux dispositions de l'article L. 8251-1 du code du travail, relatif à l'emploi d'un étranger non autorisé à travailler en France, et fondant le versement de la contribution spéciale, soit communiqué au contrevenant. Le respect du principe général des droits de la défense suppose, s’agissant des mesures à caractère de sanction, ainsi d’ailleurs que le précise l’article L. 122-2 du code des relations entre le public et l’administration, que la personne en cause soit informée, avec une précision suffisante et dans un délai raisonnable avant le prononcé de la sanction, des griefs formulés à son encontre et mise à même de demander la communication des pièces au vu desquelles les manquements ont été retenus.

9. En l’espèce, le courrier du 12 octobre 2022, par lequel le directeur général de l’OFII a avisé la société requérante de son intention de mettre à sa charge une contribution spéciale et une contribution forfaitaire que l’Office, ne mentionne pas que la société avait la possibilité de solliciter la communication du procès-verbal du 6 avril 2021 qui fonde la sanction contestée. A cet égard, le directeur général de l’OFII a avisé la société de son intention de mettre à sa charge les contributions spéciale et forfaitaire et a seulement précisé : « si vous avez adressé une demande de communication du procès-verbal à l’adresse électronique plciir@ofii.fr, le délai de 15 jours court à compter de la réception de ce document ». Une telle formulation ne peut être regardée comme satisfaisant à l’obligation à laquelle était tenu l’OFII d’informer, en temps utile, de façon claire et non ambigüe, la société requérante de son droit à demander la communication des pièces au vu desquelles les manquements ont été retenus. Par ailleurs, le vice de procédure tiré de cette absence d’information préalable de la société étant de nature à l’avoir privée d’une garantie et constituant, dès lors, une irrégularité de nature à entacher la légalité de la décision de l’OFII du 12 janvier 2023 et, par suite, de celle du 18 septembre 2023 rejetant le recours gracieux de la société Le jardin de la Delorme, cette dernière est, dès lors, fondée à demander leur annulation.

10. Il résulte de ce qui précède, sans qu’il soit besoin d’examiner les autres moyens de la requête n°2305905, que les décisions du 12 janvier 2023 et du 18 septembre 2023 doivent être annulées.

Sur les conclusions à fin d’annulation des titres de perception émis le 6 février 2023 :

11. Le ministre de l’intérieur a émis les deux titres de perception en litige, d’un montant de 12 250 euros au titre de la contribution spéciale et d’un montant de 2 124 euros au titre de la contribution forfaitaire relative au frais de réacheminement, à la suite de la décision du 12 janvier 2023 par laquelle le directeur de l’OFII a mis à la charge de la société Le jardin de la Delorme lesdites contributions. Cette décision du 12 janvier 2023 étant annulée par le présent jugement, les titres de perception contestés du 6 février 2023, qui en résultent, se trouvent privés de base légale et doivent, par conséquent, être également annulés et ce, sans qu’il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens invoqués dans la requête n°2311816.

Sur les conclusions aux fins de décharge de l’obligation de payer :

12. Compte tenu du motif d’annulation de la décision du 12 janvier 2023, la société Le jardin de la Delorme doit être déchargée de l’obligation de payer la somme de 12 250 euros mise à sa charge par les titres de perception du 6 février 2023.



Sur les frais liés au litige :

12. Il y a lieu de mettre à la charge de l’OFII une somme de 1 500 euros à verser à la société Le jardin de la Delorme, pour les deux requêtes, sur le fondement des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.






D E C I D E :




Article 1er: Il n’y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la société Le jardin de la Delorme tendant à l’annulation de la décision de l’OFII du 12 janvier 2023 en tant qu’elle fixe la contribution forfaitaire représentative des frais d’éloignement du territoire français et du titre de perception du 6 février 2023 afférent émis pour un montant de 2 124 euros.


Article 2: Les décisions du 12 janvier 2023 et du 18 septembre 2023 sont annulées en tant qu’elles mettent à la charge de la société Le jardin de la Delorme la contribution spéciale


Article 3 : Le titre de perception émis le 6 février 2023 pour un montant de 18 250 euros au titre de la contribution spéciale est annulé.


Article 4 : La société Le jardin de la Delorme est déchargée de l’obligation de payer la somme de 18 250 euros mise à charge par les titres de perception du 6 février 2023.


Article 5 : L’OFII versera à la société Le jardin de la Delorme la somme de 1 500 euros pour les deux requêtes en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
















Article 6 : Le présent jugement sera notifié à la société Le jardin de la Delorme, au ministre de l’intérieur et à l’office français de l’immigration et de l’intégration.


Copie en sera faite à la direction départementale des finances publiques de l’Essonne.


Délibéré après l'audience du 16 octobre 2025, à laquelle siégeaient :

M. Fedi, président,
Mme Le Mestric, première conseillère,
Mme Fabre, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 novembre 2025.


La rapporteure,

signé


F. Le Mestric




Le président,

signé


G. Fedi
La greffière

signé


B. Marquet


La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,


Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions