mercredi 27 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2308233 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | PONSOT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 4 septembre 2023, Mme B, représentée par Me Ponsot, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre la délibération du jury d'examen du Master 1 " Droit public " telle que révélée par le relevé de notes du 4 août 2023 signé par le doyen de la faculté de droit et de science politique, M. C A, qui l'a déclarée ajournée en Master 1 " Droit public "
;
2°) à titre principal, d'enjoindre au président d'Aix-Marseille Université de saisir le jury d'examen afin qu'il la déclare " admise " en Master 1, sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;
3°) à titre subsidiaire, d'enjoindre au président d'Aix-Marseille Université de saisir le jury d'examen afin qu'il statue de nouveau sur son examen de Master 1, sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;
4°) de mettre à la charge d'Aix-Marseille Université la somme de 1 500 euros sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
Sur l'urgence :
- elle justifie de l'existence d'une situation d'urgence dès lors, d'une part, qu'elle ne peut poursuivre son parcours universitaire et, par suite, obtenir le diplôme de niveau universitaire auquel elle peut prétendre et, d'autre part, qu'une inscription en Master 2 est encore susceptible d'intervenir utilement, eu égard notamment aux modalités d'organisation pour la rentrée 2023/2024.
Sur l'existence d'un doute sérieux :
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée dès lors que le règlement portant modalités du contrôle des connaissances en Master 1 de la faculté de droit et de sciences politiques d'Aix-Marseille au titre de l'année universitaire 2022/2023, fixé par délibération n°2022/04/07-02 du 7 avril 2022, est seulement accessible sur le site internet de la faculté et ne porte mention d'aucune date pour attester de sa publication officielle ; dès lors, la délibération du 7 avril 2022 est inopposable compte tenu d'une publicité insuffisante et irrégulière ; il s'ensuit que la décision du 4 juillet 2023 en litige est entachée d'un défaut de base légale ;
- en ne respectant pas le mécanisme de la note seuil pour les différents étudiants de Master 1, il est patent que l'université d'Aix-Marseille a commis une erreur de droit, au regard des règles applicables, qu'elle a elle-même mis en place ;
- la décision contestée contrevient au principe d'égalité de traitement entre les usagers du service public de l'enseignement universitaire, de nombreux autres étudiants de Master 1 ayant pu, nonobstant leur moyenne pour les UE 1 et 2 en-dessous de la note seuil de 9/20, bénéficier de la compensation et de l'aval du jury pour valider leur année.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 septembre 2023, Aix-Marseille Université, représentée par son président en exercice, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la condition d'urgence n'est pas remplie ;
- aucun des moyens invoqués par la requérante n'est de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête au fond enregistrée sous le n° 2308233.
Vu :
- le code de l'éducation ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Lopa Dufrénot, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référés.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 25 septembre 2023 à 9 heures 30, en présence de M. Giraud, greffier d'audience :
- le rapport de Mme Lopa Dufrénot ;
- les observations de Me Ponsot, représentant la requérante qui conclut aux mêmes fins que la requête, par les mêmes moyens ;
- les observations de Me Riviere, représentant Aix-Marseille Université, qui conclut aux mêmes fins, par les mêmes moyens.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience. Considérant ce qui suit :
Sur l'aide juridictionnelle provisoire :
1. L'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique dispose : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. ". Aux termes de l'article 61 du décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 : " L'admission provisoire est accordée par () le président de la juridiction saisie, soit sur une demande présentée sans forme par l'intéressé, soit d'office si celui-ci a présenté une demande d'aide juridictionnelle ou d'aide à l'intervention de l'avocat sur laquelle il n'a pas encore été statué ".
2. Mme B a présenté le 4 septembre 2023 une demande d'aide juridictionnelle sur laquelle il n'a pas encore été statué. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Sur les conclusions aux fins de suspension :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".
2. Il résulte de ces dispositions que le prononcé d'une ordonnance de suspension de l'exécution d'une décision administrative est subordonné à la réunion cumulative de l'existence d'une situation d'urgence et d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée.
3. Par transmission de son relevé de notes établi le 4 août 2023, Mme B a été informée de son ajournement au Master 1 mention " Droit public " de la faculté de droit et de sciences politiques d'Aix-Marseille Université au titre de l'année universitaire 2022-2023, après avoir obtenu la moyenne générale de 9,956/20 pour l'année, avec 10,932/20 au premier semestre et 8,98/20 au second. Elle demande, sur le fondement des dispositions précitées de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la délibération du jury d'examen révélée par ce relevé de notes.
4. En l'état de l'instruction, les moyens invoqués par Mme B à l'appui de sa demande, tels qu'ils ont été analysés dans les visas de la présente ordonnance ne sont pas de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision d'ajournement contestée. Par suite, sans qu'il soit besoin d'examiner si la condition d'urgence est remplie, la requête de Mme B doit être rejetée, y compris les conclusions à fin d'injonction sous astreinte et celles tendant au remboursement de frais exposés et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : Mme B est admise à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : La surplus des conclusions de la requête de Mme B est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Diota B, à Aix- Marseille Université et à Me Ponsot.
Fait à Marseille, le 27 septembre 2023.
La juge des référés, signé
M. LOPA DUFRÉNOT
La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme, Pour la greffière en chef, Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026