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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2309339

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2309339

mercredi 23 avril 2025

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2309339
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation9è ch Magistrat statuant seul
Avocat requérantDESFARGES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 5 octobre 2023, M. A B, représenté par Me Desfarges, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 20 mars 2023, ainsi que la décision implicite par laquelle la caisse d'allocations familiales des Bouches-du-Rhône, a mis à sa charge un indu d'aide exceptionnelle de solidarité d'un montant de 150 euros versé en septembre 2020 ;

2°) de le décharger du paiement de l'indu ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- sa requête est recevable ;

- la notification de l'indu, en méconnaissance de l'article R. 133-9-2 du code de la sécurité sociale et de l'article L. 553-2 du code de la sécurité sociale, ne lui a pas permis de connaître les motifs de l'indu, le montant exact de la somme réclamée, et l'existence d'un délai de deux mois impartis au débiteur pour s'acquitter de la somme réclamée ;

- la notification d'indu ne comporte ni le nom, ni le prénom, ni la signature de son auteur ;

- la décision méconnait l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles qui limite la procédure de récupération par prélèvements à d'autres prestations à échoir à l'allocation de revenu de solidarité active ;

- la décision attaquée méconnaît les droits de la défense et l'article L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration en l'absence de procédure contradictoire lui permettant de faire valoir ses observations ;

- il n'a tiré aucun revenu de son activité d'auto-entrepreneur ;

- les crédits bancaires relevés par la caisse d'allocations familiales des Bouches-du-Rhône correspondent à des cadeaux, aucun virement d'une société n'a pu être constaté ;

- la caisse d'allocations familiales des Bouches-du-Rhône a manqué à son devoir d'information prescrit par l'article L. 583-1 du code de la sécurité sociale ;

- à titre subsidiaire, et dès lors qu'il est de bonne foi, et qu'il est dans une situation particulièrement précaire, une remise totale de sa dette lui sera accordée.

Par un mémoire en défense, enregistré le 18 mars 2025, la caisse d'allocations familiales des Bouches-du-Rhône conclut au rejet de la requête, et demande à ce que les frais de l'instance soient à la charge de M. B en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 25 août 2023.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le président du tribunal a désigné Mme Caselles, première conseillère, pour statuer sur le litige en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience en application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.

Ont été entendus à l'audience :

- le rapport de Mme Caselles, première conseillère,

- la caisse d'allocations familiales des Bouches-du-Rhône et M. B n'étant ni présents ni représentés.

La clôture de l'instruction a été prononcée, en application des dispositions de l'article R. 772-9 du code de justice administrative, après que les parties ont formulé leurs observations orales.

Considérant ce qui suit :

1. M. B a déposé une demande pour obtenir le bénéfice du revenu de solidarité active le 20 mars 2018. Il a déclaré être sans activité et sans ressource, marié, avec un enfant à charge. A la suite d'un contrôle sur place, la caisse d'allocations familiales des Bouches-du-Rhône a mis à sa charge un indu d'aide exceptionnelle de solidarité d'un montant de 150 euros versé en septembre 2020 dont M. B demande l'annulation.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Aux termes de l'article L. 211-2 du même code : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : () 3° () imposent des sujétions () (). ".

3. La décision par laquelle l'autorité administrative procède à la récupération de sommes indûment versées au titre de l'aide exceptionnelle de solidarité ou de fin d'année est au nombre des décisions imposant une sujétion et doit, par suite, être motivée en application des dispositions précitées de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration. Il en résulte qu'une telle décision doit comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. A ce titre, l'autorité administrative doit faire figurer dans la motivation de sa décision la nature de la prestation et le montant des sommes réclamées, ainsi que le motif et la période sur laquelle porte la récupération. En revanche, elle n'est pas tenue d'indiquer dans cette décision les éléments servant au calcul du montant de l'indu.

4. Il résulte de l'instruction que la décision initiale du 20 mars 2023 par laquelle la caisse d'allocations familiales des Bouches-du-Rhône a mis à la charge de M. B un indu d'aide exceptionnelle de solidarité d'un montant de 150 euros versé en septembre 2020 ne comporte aucune motivation en droit. Par suite le moyen tiré du défaut de motivation de cette décision doit être accueilli.

5. Il résulte de ce qui précède que M. B est fondé à demander l'annulation de la décision du 20 mars 2023 par laquelle la caisse d'allocations familiales des Bouches-du-Rhône a mis à sa charge un indu d'aide exceptionnelle de solidarité d'un montant de 150 euros versé en septembre 2020 doit être annulée, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur l'ensemble des moyens soulevés dans la requête.

Sur les conclusions à fin de décharge :

6. Le présent jugement, qui prononce seulement l'annulation de la décision du 20 mars 2023 par laquelle la caisse d'allocations familiales des Bouches-du-Rhône a mis à la charge de M. B un indu d'aide exceptionnelle de solidarité d'un montant de 150 euros versé en septembre 2020 n'implique pas de prononcer la décharge de l'indu en cause. Compte tenu du motif d'annulation retenu, tenant à l'absence de motivation, il est loisible à l'administration, si elle s'y croit fondée et si, en particulier, aucune règle de prescription n'y fait obstacle, de reprendre régulièrement et dans le respect de l'autorité de la chose jugée, sous le contrôle du juge, une nouvelle décision.

Sur les frais de l'instance :

7. Il n'y a pas lieu dans les circonstances de l'espèce de faire droit aux conclusions de M. B sur le fondement des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. En tout état de cause, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise, à ce titre, à la charge de M. B qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance.

DECIDE :

Article 1er : La décision du 20 mars 2023 par laquelle la caisse d'allocations familiales des Bouches-du-Rhône a mis à la charge de M. B un indu d'aide exceptionnelle de solidarité d'un montant de 150 euros versée en septembre 2020 est annulée.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Les conclusions présentées par la caisse d'allocations familiales des Bouches-du-Rhône, et tendant à ce qu'une somme soit mise à la charge de M. B en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sont rejetées.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M A B et à la caisse d'allocations familiales des Bouches-du-Rhône.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 avril 2025.

La magistrate désignée,

Signé

S. CasellesLe greffier,

Signé

D. Griziot

La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef,

Le greffier.

N°2309339

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