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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2312124

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2312124

jeudi 11 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2312124
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantSCP TERTIAN - BAGNOLI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés le 22 décembre 2023 et le 1er février 2024, la métropole Aix-Marseille Provence, représentés par Me Charrel, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, une expertise portant sur les désordres affectant la cité administrative d'Istres ;

2°) de réserver les dépens.

Elle soutient que de nombreux désordres sont apparus depuis la réalisation des travaux de la cité administrative.

Par des mémoires enregistrés le 8 janvier 2024 et le 4 mars 2024, la Sarl MIDI Architecture et la société CTE Construction, représentées par Me Capinero, demandent au juge des référés, dans le dernier état de leurs écritures :

1°) de rejeter la requête ;

2°) à titre subsidiaire, de donner acte de leurs plus expresses protestations et réserves d'usage.

Elles soutiennent qu'il n'existe aucun lien entre les désordres établis et les travaux en question.

Par un mémoire enregistré le 19 janvier 2024, la SMA SA et la SMABTP, représentées par Me Bouty-Duparc, demandent au juge des référés de mettre hors de cause la SMA SA et de mettre en cause la SMABTP en qualité d'assureur de la société FDO Construction SA ;

Elles soutiennent que la société SMA SA n'est plus l'assureur de la société FDO Construction.

Par un mémoire enregistré le 5 février 2024, la société Areas Dommages, en qualité d'assureur des sociétés SAM, Couleurs Locales et Serec et M. A E D, représentés par Me Tertian, demandent au juge des référés :

1°) de rejeter tout demande formées à l'encontre de M. D ;

2°) de donner acte de ses protestations et réserves d'usage ;

3°) de compléter la mission de l'expert ;

4°) d'ordonner le dépôt d'un pré-rapport ;

5°) de mettre en cause la société SAS Clestra ;

Ils soutiennent que M. D n'est l'assureur d'aucun des intervenants à l'acte de construire.

Par un mémoire enregistré le 9 février 2024, la société ANT, représentée par Me Hamdi, demande au juge des référés de donner acte de ses plus expresses protestations et réserves d'usage ;

La procédure a été régulièrement communiquée à la société Eiffage Infrastructures Gestion et Développement, la société SUD Construction, la société Massilia Etanchéité, la société d'activité Métallière, la société couleurs locales, la société d'aménagement de rénovation d'études et de coordination, la société Sedel, la société MAF et la société Clestra, qui n'ont pas présenté d'observations.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Josset, pour statuer sur les demandes de référés.

Considérant ce qui suit :

Sur les demandes de mises hors de cause et de mises en cause :

1. D'une part, la société SMA SA et la SMABTP demandent au juge des référés de mettre hors de cause la société SMA SA au motif qu'elle n'est pas l'assureur de la société FDO Construction SA et de mettre en cause la SMABT en qualité d'assureur de la société FDO Construction SA. Toutefois il résulte de l'instruction que la société SMA SA était l'assureur de la société FDO Construction jusqu'au 5 mars 2010. Dès lors sa présence aux opérations d'expertise de la société SMA Sa présente un caractère d'utilité. En revanche, rien ne s'oppose à la mise en cause sollicitée par la société SMABTP, en qualité d'assureur de la société FDO Construcoes. Ainsi la demande de mise en cause hors de la société SMA SA doit être rejetée et la demande de mise en cause de la société SMABT doit être accueillie.

2. D'autre part, la société Areas dommages et M. D, demandent au juge des référés de mettre en cause aux opérations d'expertise la SAS Clestra en qualité de sous-traitante de la société Couleurs locales et de mettre hors de cause M. D au motif qu'il n'est qu'un agent de la compagnie Areas Dommages. Ces demandes présentent un caractère d'utilité. Par suite il y a lieu d'y faire droit.

Sur les conclusions à fin d'expertise :

3. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction ".

4. La métropole Aix-Marseille Provence demande au juge des référés d'ordonner une expertise portant sur les désordres affectant la cité administrative d'Istres. Pour s'opposer à cette demande d'expertise la Sarl MI.DI Architecture et la société CTE Construction soutiennent que les désordres litigieux n'ont aucun lien avec les travaux réalisés pour la construction de la cité d'Istres. Toutefois, l'expertise sollicitée est une simple mesure d'instruction qui a notamment pour objet de déterminer la réalité, la nature, les causes et l'étendue des désordres affectant la cité d'Istres sans préjuger de leur imputabilité ou des responsabilités pouvant être encourues par les parties défenderesses. Dès lors la demande d'expertise, susceptible de se rattacher à une action ultérieure devant le juge du fond et qui ne préjuge en rien des responsabilités encourues, entre dans le champ d'application des dispositions précitées de l'article R. 532-1 du code de justice administrative et présente un caractère utile. Dès lors, il y a lieu d'y faire droit et de fixer la mission de l'expert comme il est précisé à l'article 3 de la présente ordonnance.

Sur le pré-rapport :

5. Aucune disposition du code de justice administrative, ni aucun principe général du droit ne fait obligation à l'expert d'établir un pré-rapport. L'expert, dans la conduite des opérations de la mesure qui lui est confiée et dont il définit librement les modalités pratiques, de concert avec les parties, ne saurait se voir soumis à d'autres obligations que celles issues du caractère contradictoire de la procédure. L'établissement d'un pré-rapport ne constitue qu'une modalité opérationnelle de l'expertise. Il appartient donc à l'expert d'apprécier la nécessité d'y recourir. Les conclusions de la société Area Dommages et de M. D tendant à ce que l'expert dépose un pré-rapport, ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les frais d'expertise :

4. Il n'appartient pas au juge des référés de déterminer la charge des dépens de la mesure d'instruction qu'il ordonne. Par suite, les conclusions présentées par la société SMA SA et la société SMABTP, relatives aux dépens, doivent être rejetées.

O R D O N N E :

Article 1er : M. A D est mis hors de cause.

Article 2 : La société Clestra, en qualité de sous-traitante de la société Couleurs Locales et la société SMABTP, en qualité d'assureur de la société FDO Construction sont mises en cause

Article 3 : Monsieur C B, exerçant à AB6 Architecture, 34 Impasse de l'Esquirou à Fuveau (13710), est désigné pour procéder, en présence des parties en instance à une expertise avec la mission suivante :

1°) convoquer les parties, se rendre à la cité administrative d'Istres ;

2°) se faire communiquer tous documents utiles à l'accomplissement de sa mission ; entendre tout sachant ;

3°) examiner et décrire les désordres, malfaçons et les dommages constatés ; de définir leur nature, leur date d'apparition, leur importance et leur éventuel caractère évolutif ;

4°) donner un avis motivé sur la ou les causes et origines des désordres dont il s'agit dont il s'agit en précisant s'ils sont dus à un vice de conception, à un défaut de surveillance dans la direction des travaux ou à des fautes d'exécution, à un défaut d'entretien ou d'utilisation du bien, à la qualité des matériaux utilisés ou encore à toute autre cause et, dans le cas de causes multiples, préciser dans quelles proportions les désordres sont imputables à chacune d'elles ;

5°) préciser si les malfaçons et/ou désordres constatés étaient soit connus soit apparents, à la date de la réception et dire si les désordres et malfaçons constatés pouvaient être détectés dans toute leur ampleur et importance lors de la réception et de la levée des réserves ;

6°) donner son avis sur les conséquences des désordres et malfaçons constaté et dire, notamment s'ils portent atteinte à la solidité de l'immeuble ou s'ils le rendent impropre à sa destination ou s'ils sont susceptibles de le faire dans un délai prévisible, dans l'hypothèse où l'évolution des désordres en cause, qui n'auraient pas encore manifesté toute leur ampleur, apparaitrait inéluctable. ;

7°) formuler les solutions techniques permettant de faire cesser les désordres et indiquer les travaux nécessaires à la réparation ; en évaluer le coût et la durée ; préciser la plus-value éventuelle apportée à l'ouvrage par ces travaux

8°) fournir tous éléments utiles permettant au juge d'apprécier l'étendue des préjudices subis par les requérants du fait de ces désordres et de l'exécution des réparations ;

9°) d'une manière générale, fournir tous éléments susceptibles de concourir à l'information de la juridiction qui serait saisie pour se prononcer sur les responsabilités encourues et l'imputabilité des désordres constatés.

Article 4 : L'expert accomplira sa mission dans les conditions prévues par les articles R. 621-1 à R. 621-14 du code de justice administrative.

Article 5 : En application de l'article R. 621-9 du code de justice administrative, l'expert déposera son rapport au greffe du tribunal administratif de Marseille, dans les conditions prévues à l'article R. 621-6-5 dans le délai de quatre mois à compter de la notification de la présente ordonnance. Il notifiera une copie de son rapport à chacune des parties intéressées et, avec l'accord de celles-ci, cette notification peut s'opérer dans les conditions prévues par l'article R. 621-7-3.

Article 6 : Le surplus des conclusions des conclusions des parties est rejeté.

Article 7 : La présente ordonnance sera notifiée à la Métropole-Aix-Marseille Provence, la société Midi architecture, la société Ant, la société Cte Construction, la société Eiffage infrastructures gestion et développement, la Sud construction pour société Fdo Construction, la société Massilia étanchéité, la société d'activité métallière, la société Couleurs locales, la société d'aménagement de rénovation d'études et de coordination, la société Sedel, la SMABTP, la Société Sma, la société Areas Dommages, M. A E D , la Mutuelle des architectes français, la société Clestra et à l'expert, Monsieur C B.

Fait à Marseille, le 11/07/2024.

La juge des référés,

Signé

M. JOSSET

La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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