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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2400730

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2400730

jeudi 1 février 2024

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2400730
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantQUINSON

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 23 janvier 2024, Mme N'nabinty A, représentée par Me Quinson, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) de l'admettre à l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;

2°) d'enjoindre au directeur académique des services de l'éducation nationale des Bouches-du-Rhône de l'affecter dans un établissement scolaire correspond à son test CASNAV dans un délai de deux jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros à verser à son conseil en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

- l'urgence est caractérisée dès lors qu'elle a réalisé le test CASNAV le 18 décembre 2023, qu'aucune affectation conforme à ses souhaits ne lui a, depuis, été proposée et qu'il est impératif qu'elle suivre une formation pour espérer obtenir un titre de séjour avant ses 19 ans ;

- l'administration porte une atteinte grave et illégale au droit à l'égal accès à l'éducation, protégé notamment par le préambule de la Constitution du 27 octobre 1946 et les articles L. 111-1, L. 131-1 et L. 122-2 du code de l'éducation.

Par un mémoire en défense enregistré le 29 janvier 2024, le recteur de l'académie d'Aix-Marseille conclut au non-lieu à statuer

Il soutient que la requérante a été affectée au lycée Jean Perrin le 26 janvier 2024.

Par un mémoire enregistré le 30 janvier 2024, Mme A, représentée par Me Quinson, renouvèle ses conclusions.

Elle soutient que l'affectation proposée n'est pas conforme à ses souhaits.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant signée à New York le 26 janvier 1990 ;

- la Constitution, et notamment son Préambule ;

- le code de l'éducation ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Hogedez, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.

Après avoir entendu, au cours de l'audience publique du 30 janvier 2024, tenue à 15h00 en présence de Mme Ben Hammouda, greffière d'audience :

- le rapport de Mme Hogedez,

- aucune des parties n'étant présentes ou représentées.

La juge des référés, à l'issue de l'audience, a prononcé la clôture de l'instruction.

Considérant ce qui suit :

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ".

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ".

3. Mme A, ressortissante guinéenne née le 6 décembre 2005, a fait l'objet le 24 novembre 2023 d'un jugement en assistance éducative du juge des enfants du tribunal pour enfants de B. Elle indique avoir passé le 18 décembre 2023 un test de positionnement en vue de la scolarisation des enfants allophones nouvellement arrivés et des enfants issus des familles itinérantes et de voyageurs (CASNAV), préalable à son inscription dans un établissement scolaire. Le 12 janvier 2024, elle a appris son affectation dans un lycée qui ne propose pas des CAP conformes au projet professionnel qu'elle envisage dans la vente et son conseil a sollicité, le 16 janvier 2024, une nouvelle affectation conforme à ses souhaits, à laquelle il n'a pas été donné suite.

4. Ainsi que la requérante l'expose elle-même, elle n'est pas restée sans affectation dans un établissement de formation professionnelle à la suite de son test CASNAV, de sorte qu'elle ne saurait sérieusement soutenir, alors même que cette affectation ne serait pas conforme à ses vœux, que l'administration aurait porté une atteinte grave et manifestement illégale à son droit à la scolarisation. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la requête aux fins d'injonction et d'astreinte, ainsi que celles présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, doivent être rejetées.

5. Il n'y a enfin pas lieu d'admettre la requérante, dont l'action est manifestement infondée au sens de l'article 7 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991, au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

O R D O N N E :

Article 1er : Mme A n'est pas admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme A est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme N'nabinty A, au recteur de l'académie d'Aix-Marseille et à Me Laurie Quinson.

Fait à B, le 1er février 2024.

La juge des référés,

Signé

I. Hogedez

La République mande et ordonne à la ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse, des sports et des jeux olympiques et paralympiques en ce qui la concerne ou à tous commissaire de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

Le greffier.

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