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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2401256

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2401256

mardi 30 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2401256
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation7ème chambre
Avocat requérantSELARL CARLINI & ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 9 février 2024, M. A C, représenté par Me Maury, demande au tribunal :

1°) de condamner le centre hospitalier (CH) d'Arles à lui verser une somme de 15 000 euros en réparation de ses préjudices, assortie des intérêts à compter du 29 novembre 2023, avec anatocisme ;

2°) de mettre les frais d'expertise taxés et liquidés à hauteur de 1 000 euros à la charge définitive du CH d'Arles ;

3°) de mettre à la charge du CH d'Arles une somme de 2 500 euros à lui verser au titre des dispositions de l'article L.761-1 du code de Justice administrative.

Il soutient que :

- l'expert désigné par le tribunal a considéré que sa prise en charge aux urgences du CH d'Arles avait été inadéquate dès lors qu'il avait manqué à son obligation de moyens en omettant de réaliser des investigations médicales plus poussées, et notamment une radiographie du thorax, ce manquement étant constitutif d'une faute médicale de nature à engager la responsabilité pour faute du CH d'Arles à son endroit ;

- si l'expert ne retient aucune conséquence dommageable imputable au retard de diagnostic dont il a été victime et aucun poste de préjudice indemnisable, il est néanmoins fondé à obtenir l'indemnisation de ses souffrances endurées et de son préjudice d'anxiété à hauteur de 15 000 euros durant la période où il aurait dû bénéficier d'une hospitalisation, soit entre le 9 juillet 2013 et le 16 juillet suivant, date à laquelle il a été pris en charge à la clinique de Marignane.

Par un mémoire, enregistré le 26 février 2024, la caisse commune de sécurité sociale des Hautes-Alpes a indiqué au tribunal qu'elle n'avait pas de créance à faire valoir dans la présente instance.

Par un mémoire en défense, enregistré le 15 mai 2024, le CH d'Arles, représenté par la SELARL Carlini et associés, conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- si l'expert dans son rapport retient une prise en charge inadéquate caractérisée par un retard de diagnostic, celui-ci n'a aucun lien de causalité avec l'embolie pulmonaire dont le requérant a finalement été victime par la suite ;

- par ailleurs, les souffrances endurées dont se prévaut le requérant ont bien été prises en charge et le préjudice d'anxiété allégué ne présente pas non plus de lien direct et certain avec le retard de diagnostic mais résulte des prédispositions psychologiques de M. C ;

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- l'ordonnance du 3 janvier 2024 par laquelle le président du tribunal a taxé et liquidé les frais d'expertise à hauteur de 1 000 euros et les a mis à la charge de M. C.

Vu :

- le code civil ;

- le code de la santé publique ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Ludivine Journoud, magistrate rapporteure,

- les conclusions de Mme Amélie Lourtet, rapporteure publique,

- et les observations de Me Le Gouès de la SELARL Carlini et associés pour le CH d'Arles.

Considérant ce qui suit :

1. Le 8 juillet 2013 dans la nuit, M. C, souffrant de difficultés respiratoires et de douleurs dorsales, s'est rendu au service des urgences du CH d'Arles. Les examens médicaux réalisés n'ont pas mis en évidence de pathologie particulière, si ce n'est une hyperthermie modérée à 38,3 degrés. M. C a regagné son domicile avec une prescription d'antalgiques renforcés. Dans les suites, le scanner réalisé le 16 juillet 2013 à la Clinique de Marignane a permis de constater un épanchement du poumon droit de moyenne abondance. L'intéressé demande la condamnation du CH d'Arles à l'indemniser des préjudices qu'il estime avoir subi dans le cadre de sa prise en charge dans la nuit du 8 au 9 juillet 2013.

Sur la responsabilité :

2. Aux termes de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " I. - Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute ".

3. Il résulte de l'instruction, et principalement du rapport du 8 août 2023 de l'expertise diligentée par le tribunal, que M. C s'est présenté aux urgences du CH d'Arles dans la nuit du 8 au 9 juillet 2013 pour des douleurs au thorax associées à des douleurs dorsales jusqu'à l'épaule droit et à une fièvre modérée laissant penser à un syndrome inflammatoire et que sa prise en charge n'a pas été adéquate en l'absence de réalisation d'une radiographie du thorax. Toutefois, il résulte également de l'instruction que, malgré ce manquement du CH d'Arles à son obligation de moyens, ayant probablement entraîné un retard de diagnostic de la pleuro-pneumopathie contractée par le requérant, ce retard n'a pas été à l'origine de son embolie pulmonaire avec thrombose veineuse profonde. En outre, M. C présente une personnalité anxieuse et un terrain psychologique particulier pouvant expliquer son asthénie et la symptomatologie riche associée, sans aucun lien avec la pleuro-pneumopathie et l'épisode thrombo embolique postérieur et donc, sans conséquences dommageables pour le requérant.

4. Il résulte de ce qui précède, que M. C n'est pas fondé à engager la responsabilité pour faute du CH d'Arles et ses conclusions indemnitaires doivent par suite être rejetées.

Sur la déclaration de jugement commun :

5. La CCSS des Hautes-Alpes n'a pas fait valoir de créance dans la présente instance. Par suite, il y a lieu de lui déclarer commun le présent jugement.

Sur les frais du litige :

6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge du CH d'Arles, qui n'est pas la partie perdante à l'instance, au titre des frais exposés par M. C et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er: La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera déclaré commun à la CCSS des Hautes-Alpes.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A C, au centre hospitalier d'Arles et à la caisse commune de sécurité sociale des Hautes-Alpes.

Copie en sera adressée au Dr B, expert médical.

Délibéré après l'audience du 2 juillet 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Frédérique Simon, présidente,

M. Alexandre Derollepot, premier conseiller,

Mme Ludivine Journoud, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 juillet 2024.

La rapporteure,

signé

L. JournoudLa présidente,

signé

F. Simon

La greffière,

signé

A. Vidal

La République mande et ordonne au directeur général de l'agence régionale de santé Provence-Alpes-Côte d'Azur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

La greffière,

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