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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2403203

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2403203

vendredi 12 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2403203
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation6ème Chambre
Avocat requérantYOUCHENKO

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I/ Par une requête et des mémoires, enregistrés les 27 mars 2024, 15 mai 2024 et 7 juin 2024, sous le numéro 2403203, Mme B E épouse A, représentée par Me Youchenko, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler l'arrêté du préfet des Bouches-du-Rhône du 4 mars 2024 portant refus de séjour, obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, fixation du pays de destination de la mesure d'éloignement et prononçant une interdiction de retour sur le territoire d'un an ;

2°) d'enjoindre au préfet de procéder au réexamen de sa situation administrative, dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard et de lui délivrer dans l'attente, dans un délai de 15 jours à compter de la notification du jugement à intervenir, une autorisation provisoire de séjour lui permettant de travailler ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

Sur la décision portant refus de séjour :

- elle méconnaît les stipulations de l'article 6-5 de l'accord franco-algérien et porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale en violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le préfet n'a à tort pas fait usage de son pouvoir général de régularisation, au regard des énonciations de la circulaire du 28 novembre 2012 ;

Sur la décision portant obligation de quitter le territoire :

- elle viole les stipulations de l'article 3-1 de la convention relative aux droits de l'enfant de 1990 ;

- elle viole l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation eu égard aux conséquences sur sa situation personnelle ;

Sur la décision portant interdiction de retour sur le territoire :

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation ;

- elle viole les stipulations de l'article 3-1 de la convention relative aux droits de l'enfant de 1990 et l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense, enregistré le 15 avril 2024, le préfet des Bouches-du-Rhône conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.

II/ Par une requête et des mémoires, enregistrés les 27 mars 2024, 15 mai 2024 et 7 juin 2024, sous le numéro 2403213, M. C A, représenté par Me Youchenko, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler l'arrêté du préfet des Bouches-du-Rhône du 4 mars 2024 portant refus de séjour, obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, fixation du pays de destination de la mesure d'éloignement et prononçant une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an ;

2°) d'enjoindre au préfet de procéder au réexamen de sa situation administrative, dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard et de lui délivrer dans l'attente, dans un délai de 15 jours à compter de la notification du jugement à intervenir, une autorisation provisoire de séjour lui permettant de travailler ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

Sur la décision portant refus de séjour :

- elle méconnaît les stipulations de l'article 6-5 de l'accord franco-algérien et porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale en violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le préfet n'a à tort pas fait usage de son pouvoir général de régularisation, au regard des énonciations de la circulaire du 28 novembre 2012 ;

Sur la décision portant obligation de quitter le territoire :

- elle viole les stipulations de l'article 3-1 de la convention relative aux droits de l'enfant de 1990 ;

- elle viole l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation eu égard aux conséquences sur sa situation personnelle ;

Sur la décision portant interdiction de retour sur le territoire :

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation ;

- elle viole les stipulations de l'article 3-1 de la convention relative aux droits de l'enfant de 1990 et l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense, enregistré le 15 avril 2024, le préfet des Bouches-du-Rhône conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;

- la convention relative aux droits de l'enfant de 1990 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Brossier ;

- les observations de Me Teysseyré, substituant Me Youchenko, pour les requérants.

Considérant ce qui suit :

1. M. et Mme A, ressortissants algériens nés le 15 mars 1985 et le 7 juin 1992, qui déclarent être entrés en France respectivement le 16 mai et le 8 février 2015 munis de visas de court séjour de type C, ont sollicité la reconnaissance du statut de réfugié les 24 août et 21 mai 2015. Leurs demandes d'asile ont respectivement été rejetées le 23 novembre 2016 et le 26 octobre 2015 par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA), dont les décisions ont été confirmées par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) le 30 mai 2017 et le 9 juin 2016. Les requérants ont par suite fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire en date du 29 novembre 2017. Le 23 octobre 2023, ils ont respectivement sollicité leur admission au séjour au titre de la " vie privée et familiale ". Par deux arrêtés en date du 4 mars 2024, le préfet des Bouches-du-Rhône a rejeté leur demande, a assorti ces refus de séjour d'obligations de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination des mesures d'éloignement et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an. Par les requêtes n°s 2403203 et 2403213 susvisées, M. et Mme A demandent, chacun en ce qui les concerne, l'annulation de ces arrêtés.

Sur la jonction :

2. Lesdites requêtes n°s 2403203 et 2403213 concernent la même cellule familiale, présentent à juger des questions semblables et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour qu'il y soit statué par un seul jugement.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

Sur les décisions portant refus de séjour :

3. En premier lieu, aux termes de l'article 6-5 de l'accord franco-algérien : " () Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : () / 5) au ressortissant algérien, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus ". Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° - Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance () ".

4. D'une part, M. et Mme A ne peuvent utilement invoquer la circulaire du 28 novembre 2012, dont les énonciations constituent de simples orientations destinées à éclairer les préfets dans l'exercice de leur pouvoir de régularisation des étrangers en situation irrégulière, mesures de faveur au bénéfice desquelles ceux-ci ne peuvent faire valoir aucun droit.

5. D'autre part, il ressort des pièces des deux dossiers, similaires, que Mme A, âgée de 31 ans, se maintient en situation irrégulière sur le territoire français depuis 2015, et que son époux M. A, âgé de 38 ans, se maintient lui aussi en situation irrégulière sur le territoire français, avec leurs deux enfants nés en France le 14 juillet 2016 et le 12 septembre 2020. Si les requérants se prévalent de l'ancienneté et de la continuité de leur séjour en France, les pièces qu'ils produisent à l'appui de leur requête, constituées pour l'essentiel de divers courriers administratifs, de factures et d'ordonnances médicales, ne démontrent pas que M. et Mme A, qui ont fait l'objet d'obligations de quitter le territoire en novembre 2017, auraient transféré en France le centre de leurs intérêts personnels et familiaux, alors qu'ils ne démontrent pas être dépourvus de toutes attaches familiales en Algérie. En outre, si les requérants soutiennent que leur fille aînée âgée de 7 ans et leur fils cadet âgé de 4 ans sont scolarisés en France, toutefois, il ressort des pièces du dossier qu'ils ne font valoir aucun élément qui ferait obstacle à ce que la cellule familiale se reconstitue en Algérie, pays dont la famille a la nationalité et où leurs deux enfants mineurs pourront poursuivre leur scolarité. Enfin, si les requérants se prévalent de missions de bénévolat au sein de diverses associations, de tels engagements ne caractérisent pas une insertion socioprofessionnelle particulière.

6. Dans ces circonstances, eu égard aux conditions de séjour de M. et Mme A, le préfet des Bouches-du-Rhône n'a pas porté au droit des requérants au respect de leur vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts en vue desquels il a pris les arrêtés en litige, et n'a donc pas méconnu les stipulations de l'article 6-5 de l'accord franco-algérien ou celles de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

7. En second lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Lorsqu'elle envisage de refuser la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par un étranger qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans, l'autorité administrative est tenue de soumettre cette demande pour avis à la commission du titre de séjour prévue à l'article L. 432-14. / Les modalités d'application du présent article sont définies par décret en Conseil d'Etat ".

8. Portant sur la délivrance des catégories de cartes de séjour temporaire qu'il mentionne, l'article L. 435-1 est relatif aux conditions dans lesquelles les étrangers peuvent être admis à séjourner en France soit au titre d'une activité salariée, soit au titre de la vie privée et familiale. Dès lors que, ainsi qu'il a été dit ci-dessus, ces conditions sont régies de manière exclusive par l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, un ressortissant algérien ne peut utilement invoquer les dispositions de cet article à l'appui d'une demande d'admission au séjour sur le territoire national. Toutefois, si l'accord franco-algérien ne prévoit pas, pour sa part, de semblables modalités d'admission exceptionnelle au séjour, ses stipulations n'interdisent pas au préfet de délivrer un certificat de résidence à un ressortissant algérien qui ne remplit pas l'ensemble des conditions auxquelles est subordonnée sa délivrance de plein droit. Il appartient au préfet, dans l'exercice du pouvoir discrétionnaire dont il dispose sur ce point, d'apprécier, compte tenu de l'ensemble des éléments de la situation personnelle de l'intéressé, l'opportunité d'une mesure de régularisation.

9. Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 5 du présent jugement, et en l'absence d'éléments supplémentaires, M. et Mme A ne justifient pas de motifs exceptionnels ou de circonstances humanitaires démontrant que le préfet aurait commis une erreur manifeste d'appréciation dans l'exercice de son pouvoir de régularisation.

10. Il résulte de ce qui précède que les requérants ne sont pas fondés, chacun en ce qui les concerne, à demander l'annulation des décisions attaquées portant refus de séjour.

Sur les décisions portant obligation de quitter le territoire :

11. En premier lieu, aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant du 26 janvier 1990 : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. ". Il résulte de ces stipulations que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.

12. M. et Mme A font valoir la scolarité de leurs deux enfants mineurs, l'aînée, D A, née en juillet 2016 scolarisée en cours préparatoire (CP) au titre de l'année scolaire 2022-2023 et son frère cadet, Miyad A, né en septembre 2020 scolarisé en classe de petite section de maternelle au titre de la même année scolaire. Il ne ressort toutefois pas des pièces du dossier, eu égard notamment à la circonstance que ces deux enfants n'ont pas effectué l'ensemble de leur parcours scolaire en France depuis leur naissance, qu'ils ne puissent pas poursuivre leur scolarité en Algérie. Dans ces conditions, M. et Mme A ne sont pas fondés à soutenir que le préfet des Bouches-du-Rhône n'aurait pas suffisamment tenu compte de l'intérêt de leurs enfants. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations du 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doit être écarté.

13. En second lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° - Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance () ".

14. Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 5 du présent jugement, M. et Mme A ne sont pas fondés à soutenir que la décision portant obligation de quitter le territoire porte une atteinte disproportionnée à leurs droits au respect de leur vie privée et familiale en violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ou serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

15. Il résulte de ce qui précède que les requérants ne sont pas fondés, chacun en ce qui les concerne, à demander l'annulation des décisions attaquées portant obligation de quitter le territoire français.

Sur les décisions portant interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an :

16. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, et dix ans en cas de menace grave pour l'ordre public ". Aux termes de l'article L. 612-8 du même code : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français () ". Aux termes de l'article L 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français () ". Aux termes de l'article L. 613-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les décisions relatives au refus et à la fin du délai de départ volontaire prévues aux articles L. 612-2 et L. 612-5 () sont distinctes de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Elles sont motivées ".

17. En premier lieu, la décision d'interdiction de retour doit comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, de sorte que son destinataire puisse à sa seule lecture en connaître les motifs. Cette motivation doit attester de la prise en compte par l'autorité compétente, au vu de la situation de l'intéressé, des critères prévus par la loi, à savoir la nature et l'ancienneté de ses liens avec la France, l'existence ou non d'une précédente mesure d'éloignement et, le cas échéant, la menace pour l'ordre public que constitue sa présence sur le territoire.

.

18. Il ressort de la lecture des décisions attaquées qu'elles mentionnent les textes applicables incluant l'article L. 612-8 précité et qu'elles indiquent la date d'entrée des requérants en France et donc nécessairement la durée de leur présence en France, qu'ils ont déjà fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement en 2017 qu'ils n'ont pas exécutée et qu'en ce qui concerne leur vie privée et familiale, rien ne s'oppose à ce que leur cellule nucléaire dans leur pays d'origine. Dans ces conditions, le moyen tiré d'une insuffisante motivation doit être être écarté. A cet égard, les requérants ne peuvent utilement se prévaloir de ce que les arrêtés litigieux ne visent pas les dispositions des articles R. 613-6, R. 711-1 et R. 711-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

19. En deuxième lieu, compte tenu de la situation irrégulière des requérants, de l'existence d'une précédente mesure d'éloignement qui n'a pas été exécutée, ainsi que de la durée de leur séjour en France, le préfet des Bouches-du-Rhône n'a pas commis d'erreur d'appréciation en leur interdisant de retourner en France pour une durée d'un an.

20. En troisième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés précédemment, les requérants ne démontrent pas que les décisions portant interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an, eu égard à leurs conditions de séjour en France, violeraient les articles 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant signée à New York le 26 janvier 1990.

21. Il résulte de ce qui précède que les requérants ne sont pas fondés, chacun en ce qui les concerne, à demander l'annulation des décisions attaquées portant interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an.

22. Il résulte de tout ce qui précède que M. et Mme A ne sont pas fondés à demander, chacun en ce qui les concerne, l'annulation des arrêtés du préfet des Bouches-du-Rhône du 4 mars 2024. Leurs conclusions subséquentes aux fins d'injonction et de remboursement des frais exposés et non compris dans les dépens doivent, par suite, être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête n° 2403203 de Mme A est rejetée.

Article 2 : La requête n° 2403213 de M. A est rejetée.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B E épouse A, à M. C A, et au préfet des Bouches-du-Rhône.

Délibéré après l'audience du 28 juin 2024, à laquelle siégeaient :

M. Brossier, président,

Mme Charpy, conseillère,

Mme Pouliquen, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 juillet 2024.

L'assesseure la plus ancienne,

Signé

C. Charpy

Le président,

Signé

J.B. Brossier

La greffière,

Signé

D. Dan

La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

La greffière,

N°s 2403203, 2403213

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