mardi 11 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2404168 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | GONAND |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 26 avril 2024 et un mémoire complémentaire enregistré le 23 mai 2024, M. B A, représenté par Me Gonand, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 25 avril 2024 par lequel le préfet de Vaucluse lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée de trois ans ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué est entaché du vice d'incompétence de son signataire ;
- il est insuffisamment motivé en violation de l'article L. 612-10 code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- il méconnaît l'intérêt supérieur de ses enfants de nationalité française en violation des articles 3 et 10 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant et de l'article 5) a de la directive " retour " ;
- il méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors qu'il est parent de deux enfants français et qu'il justifie avoir transféré le centre de ses intérêts privés et familiaux en France ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 mai 2024 le préfet de Vaucluse conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens invoqués par M. A ne sont pas fondés.
Vu :
- la convention internationale des droits de l'enfant signée à New York le 26 janvier 1990 ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Sarac-Deleigne pour statuer sur les litiges relatifs aux décisions portant mesure d'éloignement des ressortissants étrangers en application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience :
- le rapport de Mme Sarac-Deleigne, magistrate désignée,
- les observations de Me Gonand, représentant M. A, qui conclut aux mêmes fins et par les mêmes moyens que ceux exposés dans la requête et celles de M. A.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant guinéen, né le 21 février 1997, est entré en France en janvier 2017 selon ses déclarations. Par un arrêté du 18 novembre 2022, le préfet des Bouches-du-Rhône a refusé de lui délivrer le titre de séjour sollicité en qualité de parent d'enfant français et l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours. A la suite d'un contrôle à la circulation, par un arrêté du 25 avril 2024 le préfet de Vaucluse lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée de trois ans. M. A demande au tribunal l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. Aux termes de l'article L.612-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire au-delà du délai de départ volontaire, l'autorité administrative édicte une interdiction de retour. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français ().
3. Il ressort de ces dispositions que l'autorité compétente doit, pour décider de prononcer à l'encontre de l'étranger soumis à l'obligation de quitter le territoire français une interdiction de retour et en fixer la durée, tenir compte, dans le respect des principes constitutionnels, des principes généraux du droit et des règles résultant des engagements internationaux de la France, des quatre critères qu'elles énumèrent, sans pouvoir se limiter à ne prendre en compte que l'un ou plusieurs d'entre eux.
4. Il ressort des pièces du dossier que M. A est père de deux enfants français nés le 20 mars 2020 et le 15 novembre 2022, issus de sa relation avec une ressortissante française et que le couple s'est séparé en février 2021. Par un jugement du 27 octobre 2021, le juge aux affaires familiales a accordé l'exerce conjointe de l'autorité parentale pour l'enfant Youssouf et a fixé la résidence de l'enfant au domicile de la mère, tout en accordant un droit de visite au père, et en fixant le principe du versement mensuel d'une pension alimentaire d'un montant de 100 euros. Après la naissance du second enfant, celui-ci et l'aîné exposés à des violences psychologiques et des négligences graves imputables à la mère ont été placés à l'aide sociale à l'enfance de Saône et Loire par un jugement en assistance éducative du 21 août 2023 reconnaissant aux deux parents un droit de visite médiatisée en lieu neutre susceptible d'évolution. Si le préfet soutient que le requérant ne justifie pas contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de ses enfants, il ressort des pièces du dossier que M. A, artiste de rue impécunieux, justifie honorer une partie de sa contribution financière depuis 2021 à hauteur de ses moyens par le versement d'une somme 45 à 80 euros par mois. Il ressort du rapport de l'équipe de la maison parentale du Cagnais du 9 août 2023 que jusqu'au mois de juin 2023, date de départ de la mère des enfants en Saône et Loire, M. A a honoré son droit de visite tous les lundis et s'est déplacé pour les voir après leur déménagement en dépit des difficultés que cela représente pour lui du fait de sa situation administrative et financière. Par un courrier du 16 août 2024, le coordonnateur des enfants confiés au service de l'aide sociale à l'enfance de Saône et Loire atteste que M. A est présent à chaque visite prévue avec ses deux fils. Les billets de bus et de train versés au dossier confirment l'exerce effectif par le requérant de son droit de visite. Par ailleurs, si le préfet de Vaucluse fait valoir que M. A est défavorablement connu des services de police pour des faits de violences, escroquerie, recel de vols, usage et détention illicite de stupéfiants, conduite d'un véhicule sans permis ni assurance, seuls les faits de violences avec usage ou menace d'une arme commis en 2021 et février 2023 sont mentionnés dans le fichier automatisé des empreintes digitales (FAED). En tout état de cause, il ne ressort pas des pièces du dossier que ces faits aient donné lieu à une condamnation judiciaire ni que le comportement de l'intéressé caractérise, à la date de la décision attaquée, une menace réelle et actuelle à l'ordre public. Par suite, dans les circonstances particulières de l'espèce et compte tenu du très jeune âge des enfants de M. A, en fixant à trois ans la durée de l'interdiction de retour sur le territoire français, le préfet de Vaucluse, a entaché sa décision d'une erreur d'appréciation. Il y a donc lieu, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, d'annuler l'arrêté attaqué.
Sur les frais liés aux litiges :
5. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 900 euros au titre des frais exposés par M. A et non compris dans les dépens.
D E C I D E:
Article 1er : L'arrêté du 25 avril 2024 du préfet de Vaucluse est annulé.
Article 2 : L'Etat versera à M. A une somme de 900 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à Me Gonand, et au préfet de Vaucluse.
Rendue publique par mise à disposition au greffe le 11 juin 2024.
La magistrate désignée,
Signé
B. Sarac-Deleigne
La greffière,
Signé
S. Boislard
La République mande et ordonne au préfet de Vaucluse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026