mardi 9 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2406166 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | PASSET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 24 juin et le 9 juillet 2024, la société TDF représentée par Me Bon-Julien, demande au juge des référés :
1°) sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre les décisions du maire de Ventabren refusant le raccordement du projet de la société TDF au réseau électrique et refusant d'accorder un arrêté de police de la circulation pour la réalisation de ces travaux ;
2°) d'enjoindre à la commune de Ventabren d'autoriser provisoirement le raccordement du projet de la société TDF au réseau électrique dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir et de prendre un arrêté de police de la circulation pour la réalisation de ces travaux, dans les mêmes conditions ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Ventabren la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les décisions contestées sont susceptibles de recours ;
- la condition de l'urgence est remplie ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige, dès lors que :
- les décisions contestées sont entachées d'incompétence ;
- elles sont insuffisamment motivées ;
- la décision refusant le raccordement méconnaît les dispositions de l'article L. 111-12 du code de l'urbanisme ;
- la décision refusant de prendre un arrêté de circulation méconnaît les dispositions de l'article L. 2213-1 du code général des collectivités territoriales ;
- il y a détournement de pouvoir.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 juillet 2024, la commune de Ventabren, représentée par Me Passet, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de la société requérante la somme de 3 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la demande de suspension est irrecevable, dès lors qu'elle est dirigée contre une décision ne faisant pas grief ;
- la condition d'urgence n'est pas remplie ;
- les autres moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par un mémoire en intervention, enregistré le 9 juillet 2024, M. B A, Mme E D épouse A, M. C A, représentés par M. F, demandent que le tribunal rejette la requête présentée par la société TDF et à ce que soit mise à la charge de la société TDF la somme de 3 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- Leur intervention est recevable, dès lors qu'ils ont intérêt pour agir ;
- La demande de suspension est irrecevable, dès lors qu'elle est dirigée contre une décision ne faisant pas grief ;
- La demande est également irrecevable en ce qu'elle tend à obtenir une autorisation de mise en fonctionnement ;
- La condition d'urgence n'est pas remplie ;
- Il y a détournement de procédure et incompétence de la juridiction administrative, dès lors que l'objet du recours est d'obtenir indument une autorisation de mise en fonctionnement ;
- Les autres moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
- la requête enregistrée sous le n° 2406171 tendant à l'annulation des décisions en litige ;
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Dyèvre, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référés.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique du 9 juillet 2024, tenue en présence de M. Abed, greffier d'audience, Mme Dyèvre a lu son rapport et a entendu les observations de Me Le Rouge pour la société TDF qui, par les mêmes moyens, a conclu aux mêmes fins que sa requête, de Me Passet, représentant la commune de Ventabren, qui a maintenu les termes de sa défense et de Me F, pour l'intervention formée par M. A et autres, qui conclut par les mêmes moyens au rejet de la requête.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
Sur l'intervention :
1. M. A et autres justifient d'un intérêt suffisant à l'annulation des décisions attaquées. Ainsi, leur intervention est recevable.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'une décision administrative lorsque l'exécution de celle-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.
3. Par une déclaration préalable déposée le 4 juillet 2022, la société TDF a déclaré l'installation d'un pylône treillis, supportant les antennes relais de téléphonie mobile de l'opérateur Free Mobile ainsi que les baies techniques nécessaires à leur fonctionnement sur les parcelles cadastrées section BL n° 115 et 134, situées lieudit Château Noir à Ventabren. Par un arrêté du 24 avril 2023 faisant suite à l'injonction prononcée par l'ordonnance du tribunal n°2301547 du 21 mars 2023, la commune de Ventabren ne s'est pas opposée à cette déclaration. Le 25 janvier 2024, la société Enedis a demandé à la commune de Ventabren son autorisation pour raccorder le projet au réseau électrique, ainsi que, le 31 janvier suivant, par son mandataire, la délivrance d'un arrêté de police de la circulation pour la réalisation des travaux de raccordement. Par courriel du 13 février 2024, la commune de Ventabren a refusé de faire droit à ces demandes. La société TDF demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de prononcer la suspension de l'exécution des effets des décisions contenues dans le courriel du 13 février 2024.
Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :
4. La commune de Ventabren soutient que la requête est irrecevable, dès lors que le courriel contesté du 13 février 2024 n'est qu'informatif et ne comporte aucune décision faisant grief. Toutefois, il ressort des pièces du dossier et des termes mêmes du courriel du 13 février 2024 que la demande de raccordement au réseau électrique formée par Enedis et la demande d'un arrêté de police de la circulation pour la réalisation de ces travaux ont été expressément refusées dans ce courriel du 13 février 2024 qui ne peut être regardé comme étant seulement à visée informative. Dans ces conditions les refus exprès opposés aux demandes précitées présentent le caractère de décisions faisant grief susceptibles de faire l'objet d'un recours pour excès de pouvoir. Par suite, la fin de non-recevoir ainsi soulevée par la commune de Ventabren ne peut qu'être écartée.
5. M. A et autres soutiennent également que la requête est irrecevable dès lors que les demandes formées pour la société TDF ont pour objet la délivrance d'une autorisation de mise en fonctionnement dont la nature et le contentieux échappent à la compétence du juge administratif. Toutefois, il ressort des pièces du dossier et de l'objet des décisions en litige qu'elles n'ont ni pour objet ni pour effet d'autoriser la mise en fonctionnement de l'antenne relais. Par suite, cette fin de non-recevoir ne peut qu'être écartée.
En ce qui concerne l'urgence :
6. Pour justifier de l'urgence, la société TDF se prévaut des engagements contractuels qu'elle a souscrits auprès de l'opérateur Free Mobile et de ce que le site accueillant le projet permettra de couvrir une partie du territoire et de la population de la commune non encore couverts par les réseaux 3G, 4G et 5G de l'opérateur. Eu égard à l'intérêt public qui s'attache à la couverture du territoire national par le réseau de téléphonie mobile tant 3G que 4G et 5G et la finalité de l'infrastructure projetée, qui a vocation à être exploitée par au moins un opérateur ayant souscrit des engagements avec l'Etat et dont le réseau ne couvre que partiellement le territoire de la commune, la condition d'urgence doit être regardée comme remplie.
En ce qui concerne l'existence d'un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée :
7. En l'état de l'instruction, les moyens tirés de ce que les décisions contenues dans le courriel du 13 février 2024 ont été prises par une autorité incompétente, sont insuffisamment motivées et méconnaissent les dispositions de l'article L. 111-12 du code de l'urbanisme ainsi que les dispositions de l'article L. 2213-1 du code général des collectivités territoriales sont propres à faire naitre un doute sérieux quant à leur légalité. En revanche, pour l'application des dispositions de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, le moyen tiré du détournement de pouvoir n'est pas de nature à faire naître un tel doute.
8. Il résulte de ce qui précède que l'exécution des décisions du 13 février 2024 par lesquelles le maire de la commune de Ventabren a refusé le raccordement du projet de la société TDF au réseau électrique et a refusé la délivrance d'un arrêté de police de la circulation pour la réalisation de ces travaux doit être suspendue.
9. En l'espèce, il ne résulte pas de l'instruction que les dispositions en vigueur à la date des décisions litigieuses interdiraient que les demandes puissent être accueillies pour un motif que l'administration n'a pas relevé ou que, par suite d'un changement de circonstances, la situation de fait existant à la date de la présente ordonnance y ferait obstacle. Par suite, il doit être enjoint au maire de Ventabren de prendre, dans le délai de quinze jours suivant la notification de la présente ordonnance, la décision d'autoriser les travaux de raccordement du projet de la société TDF au réseau électrique et de délivrer un arrêté de police de la circulation correspondant, qui revêtiront un caractère provisoire jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la requête en annulation des décisions attaquées.
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la société TDF, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, les sommes que demandent la commune Ventabren et M. A et autres au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens Il y a lieu, en revanche, faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de la commune de Ventabren le versement d'une somme de 800 euros à la société TDF au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : L'intervention présentée par M. A et autres est recevable.
Article 2 : Les décisions du 13 février 2024 par lesquelles le maire de la commune de Ventabren a refusé le raccordement du projet de la société TDF au réseau électrique et a refusé la délivrance d'un arrêté de police de la circulation pour la réalisation de ces travaux sont suspendues.
Article 3 : Il est enjoint au maire de Ventabren de prendre, dans le délai de quinze jours suivant la notification de la présente ordonnance, une décision d'autorisation des travaux de raccordement du projet de la société TDF au réseau électrique et de lui délivrer un arrêté de police de la circulation correspondant.
Article 4 : La commune de Ventabren versera une somme de 800 euros à la société TDF au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : Les conclusions présentées par la commune de Ventabren sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 6 : Les conclusions présentées par M. A et autres sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 7 : La présente ordonnance sera notifiée à la société TDF, à la commune de Ventabren et à M. B A, Mme E D épouse A, M. C A.
Copie en sera adressée au préfet des Bouches-du-Rhône.
La juge des référés,
Signé
C. DYEVRE
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef ;
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026