jeudi 8 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Marseille |
| Section | Tribunal Administratif de Marseille |
| N° Dossier | TA13-2407615 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | SARL NEMESIS |
Vu la procédure contentieuse antérieure :
Par une ordonnance n°2405270 du tribunal administratif de céans du 2 juillet 2024, l'Association Centre de Vol à Voile de la Crau (ci-après la CVVC) a été enjointe de libérer le hangar 103 de l'aérodrome situé sur le territoire de la commune d'Eyguières, dans le délai d'un mois à compter de la notification de ladite ordonnance, sous astreinte de 500 euros par jour de retard, le cas échéant avec le concours de la force publique.
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 29 juillet 2024, la CVVC, représentée par Me de la Grange, demande au juge des référés :
1°) à titre principal, de mettre fin à l'injonction de quitter les locaux du hangar 103 de l'aérodrome situé sur le territoire de la commune d'Eyguières, prononcée sous astreinte par l'ordonnance du 2 juillet 2024 ;
2°) à titre subsidiaire, d'ordonner une nouvelle expertise contradictoire portant sur la sécurité et la conformité de l'installation électrique du hangar 103 ;
3°) de mettre à la charge de la société d'économie mixte à opération unique (SEMOP) SEZAME et de la commune d'Eyguières à lui verser une somme de 3 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle a fait procéder à une expertise de l'installation électrique du hangar 103 et a réalisé des modifications et mises aux normes constatées par huissier et permettant de confirmer que l'installation électrique ne présente aucun danger grave et imminent pour la sécurité publique et celles des occupants du hangar ;
- elle a adressé à la commune d'Eyguières, par voie de sommation interpellative, le règlement de ses redevances d'occupation du domaine public des mois de septembre 2023 à juillet 2024, sur la base des avis émis en septembre 2023, tout en saisissant en parallèle le tribunal de la légalité de l'augmentation injustifiée du montant de sa redevance, décidée sans concertation, ni contrepartie ;
- ce nouvel éclairage justifie que le juge des référés soit saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-4 du code de justice administrative ;
- enfin, la commune d'Eyguières et la SEMOP SEZAME ne démontrent pas, dès lors que la CVVC s'est acquitté de ses loyers et que la sécurité de l'installation électrique du hangar 103 a été démontrée, l'urgence qui justifierait l'expulsion alors même qu'a contrario, elle pourrait engendrer sa disparition en tant qu'association, compte-tenu de l'impossibilité de retrouver des hangars adaptés sur un terrain proche.
Par un mémoire en défense, enregistré le 8 août 2024, la commune d'Eyguières et la SEMOP SEZAME représentées par son maire et par le cabinet Némésis, avocats, concluent au rejet de la requête et à la confirmation de l'ordonnance du 2 juillet 2024 et à ce qu'il soit mis à la charge de la CCVV une somme de 3 600 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elles font valoir que :
- les mesures correctives et mises aux normes réalisées par la CVVC sont insuffisantes et ne permettent pas de lever totalement la situation de danger grave et imminent s'agissant de l'installation électrique du hangar 103 occupée par l'association requérante ;
- la CVVC est toujours occupant sans droit ni titre sur le site de l'aérodrome d'Eyguières dès lors qu'elle reste redevable d'une créance de 36 053,10 euros, la commune n'ayant encaissé aucun des chèques déposés par l'association qui ne correspondent pas à la redevance due, et qu'elle ne dispose d'aucune autorisation d'occupation temporaire du domaine public en cours de validité.
Vu :
- l'ordonnance n°2405270 du 2 juillet 2024 par laquelle le juge des référés du tribunal de céans a enjoint à l'association CVVC de libérer le hangar 103 dans le délai d'un mois, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la propriété des personnes publiques ;
- le code de justice administrative ;
Le président du tribunal a désigné Mme Journoud pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience qui s'est tenue le 8 août 2024 à 10 heures 30.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Journoud,
- les observations de Me de la Grange pour la CVVC qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens,
- et les observations de Me Abbou pour la commune d'Eyguières et la SEMOP SEZAME qui conclut aux mêmes fins que son mémoire en défense, par les mêmes moyens.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Une note en délibéré présentée pour la commune d'Eyguières et la SEMOP SEZAME par Me Abbou a été enregistrée le 8 août 2024.
Considérant ce qui suit :
1. Par une convention du 1er juillet 2018, la commune d'Eyguières a autorisé l'association Centre Vol à Voile de la Crau (CVVC) à occuper le hangar 103 de l'aérodrome, occupation renouvelée par une convention du 1er janvier 2019, pour une durée de 6 mois soit jusqu'au 30 juin 2019. Cette convention n'a pas été renouvelée après cette date. Par délibération du 30 novembre 2020, le conseil municipal de la commune d'Eyguières a approuvé la création de la SEMOP en charge de la gestion et de l'exploitation de l'aérodrome et le contrat de concession signé entre la commune et la Société d'Exploitation des Zones Aéronautiques et Mécaniques d'Eyguières (SEZAME) à cet effet, a été conclu le 19 avril 2023. Malgré les demandes adressées à l'association CVVC par la SEZAME ou son mandataire, la société STEM Aéro, celle-ci n'a pas régularisé sa situation d'occupante sans droit ni titre de l'aérodrome et s'est opposée aux contrôles de sécurité du hangar n° 103.
2. Par une ordonnance n°2405270 du 2 juillet 2024, le juge des référés du tribunal de céans a enjoint à la CVVC et à tous occupants de son chef de libérer les emplacements qu'ils occupent, sans droit ni titre, sur l'aérodrome d'Eyguières, correspondant au hangar 103, dans le délai d'un mois à compter de la notification de ladite ordonnance et sous astreinte de 500 euros par jour de retard. Le juge des référés a précisé que la libération des lieux impliquait leur remise en état, et l'enlèvement des aéronefs et de tout matériel, et qu'à défaut de déférer à cette injonction dans le délai imparti, la commune d'Eyguières et la SEMOP SEZAME étaient autorisées à y faire procéder d'office, aux frais, risques et périls de la CVVC, en recourant à l'intervention d'un huissier et de toute personne dont l'assistance serait utile, au besoin avec le concours de la force publique. Par la présente requête, la CVVC demande qu'il soit mis fin à cette injonction sur le fondement de l'article L. 521-4 du code de justice administrative.
Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 521-4 du code de justice administrative :
3. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision. " Le juge des référés tient de ces dispositions le pouvoir, en cas d'urgence et d'utilité, d'ordonner l'expulsion des occupants sans titre du domaine public. Par ailleurs, aux termes des dispositions de l'article L. 521-4 du code de justice administrative : " Saisi par toute personne intéressée, le juge des référés peut, à tout moment, au vu d'un élément nouveau, modifier les mesures qu'il avait ordonnées ou y mettre fin. ".
4. Il résulte de l'instruction que, si à la suite de l'ordonnance du 2 juillet 2024, la CVVC établit qu'elle a pris les mesures correctives qui s'imposaient pour faire cesser le danger grave et imminent concernant l'installation électrique du hangar 103, qu'elle occupe sur le site de l'aérodrome de la commune d'Eyguières, et qu'elle établit également qu'elle s'est acquittée par voie de sommation interpellative du 11 juillet 2024 du règlement d'une partie de ses redevances d'occupation du domaine public pour la période courant du mois de septembre 2023 au mois de juillet 2024, il n'en demeure pas moins que d'une part, la CVVC reste redevable d'une partie de sa créance d'un montant totale de 36 053,10 euros et d'autre part, qu'elle a refusé de signer une nouvelle convention d'occupation du domaine public avec la SEMOP SEZAME, désormais gestionnaire de l'aérodrome. Par suite, et alors même qu'elle fait valoir que l'augmentation du montant des redevances d'occupation est manifestement excessive et que le contrat de concession est contesté devant le tribunal de Céans, elle ne dispose donc toujours d'aucun droit ni titre l'autorisant à occuper le hangar qu'elle utilise sur le site de l'aérodrome de la commune d'Eyguières, relevant du domaine public et dont la commune entend récupérer la jouissance.
5. Il résulte de tout ce qui précède que les éléments avancés par la CVVC à l'appui de sa requête, ne sont pas de nature à justifier qu'il soit mis fin à l'injonction prononcée par l'ordonnance du 2 juillet 2024.
Sur les conclusions à fin d'expertise complémentaire :
6. Les demandes formées devant le juge des référés sur le fondement des articles L.521-3 et L.521-4 du code de justice administrative sont présentées, instruites, jugées et, le cas échéant, susceptibles de recours selon des règles différentes de celles applicables aux demandes présentées sur le fondement de l'article R. 532-1 du même code tendant au prononcé d'une mesure d'expertise. Il n'appartient pas, dès lors, au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-4 d'ordonner, comme le demande la CVVC, une expertise judiciaire complémentaire afin de confirmer la mise aux normes de l'installation électrique du hangar qu'elle occupe, et il y a donc lieu de rejeter ses conclusions présentées à cette fin.
Sur les conclusions au titre des frais irrépétibles :
7. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de rejeter les conclusions de l'association CVVC, ainsi que les conclusions présentées par la commune d'Eyguières et la SEMOP SEZAME en défense, au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E
Article 1er : La requête de la CVVC est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune d'Eyguières et de la SEMOP SEZAME au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à l'association Centre de Vol à Voile de la Crau, à la commune d'Eyguières et à la société d'exploitation des Zones Aéronautiques et mécaniques d'Eyguières.
Fait à Marseille, le 8 août 2024.
La juge des référés,
Ludivine Journoud
La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaire de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026