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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2411729

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2411729

mardi 18 mars 2025

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2411729
TypeDécision
Avocat requérantSELARL CARLINI & ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I°) Par une requête enregistrée le 14 novembre 2024, Mme C B, représentée par la Selarl Ekite avocats, demande au juge des référés d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, une expertise portant sur les conditions dans lesquelles elle a été prise en charge au centre hospitalier de Salon-de-Provence puis à l'hôpital Nord à compter du 23 août 2023.

Elle soutient que l'expertise demandée est utile.

La requête a été transmise à l'Assistance publique - hôpitaux de Marseille au centre hospitalier de Salon-de-Provence et à la Caisse primaire d'assurance maladie des Bouches-du-Rhône qui n'ont pas présenté d'observations.

II°) Par une requête enregistrée le 14 novembre 2024, Mme C B, représentée par la Selarl Ekite avocats, demande au juge des référés

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, une expertise portant sur les conditions dans lesquelles elle a été prise en charge au centre hospitalier de Salon-de-Provence puis à l'hôpital Nord à compter du 23 août 2023.

2°) de mettre à la charge du le versement de la somme de 2 000 euros au titre des frais d'avocat.

Elle soutient que l'expertise demandée est utile.

Par un mémoire en défense enregistré le 26 novembre 2024, l'Assistance publique - hôpitaux de Marseille, représenté par la Selarl Abeille et associés, déclare ne pas s'opposer à l'expertise

La requête a été transmise au centre hospitalier de Salon-de-Provence et à la Caisse primaire d'assurance maladie des Bouches-du-Rhône qui n'ont pas présenté d'observations.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- le code de justice administrative.

Le président du Tribunal a désigné M. E Argoud, magistrat, pour statuer sur les demandes en référé.

Considérant ce qui suit :

Sur la jonction :

1. Les deux requêtes concernent la même prise en charge, tendent à expertiser la même situation et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre et de statuer par une même ordonnance.

Sur la demande d'expertise :

2. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction () ".

3. La requérante demande une expertise portant sur les conditions dans lesquelles elle a été prise en charge au centre hospitalier de Salon-de-Provence puis à l'hôpital Nord à compter du 23 août 2023. Il résulte de l'instruction que la prise en charge a été marquée par des complications qui ont engendré des préjudices susceptibles de faire l'objet d'une action en réparation devant la juridiction administrative. Ainsi, la demande présente un caractère utile et entre dans le champ d'application des dispositions précitées de l'article R. 532-1 du code de justice administrative. Il y a donc lieu d'y faire droit, d'ordonner une expertise au contradictoire de l'Assistance publique - hôpitaux de Marseille, du centre hospitalier de Salon-de-Provence et de la Caisse primaire d'assurance maladie des Bouches-du-Rhône et de fixer la mission de l'expert comme il est précisé à l'article 1er de la présente ordonnance.

O R D O N N E :

Article 1 : Les requêtes n° 2411728 et 2411729 sont jointes.

Article 2 : Le docteur D A, exerçant au 41, domaine de la Bastide,06950 à Falicon, est désigné pour procéder, en présence de l'Assistance publique - hôpitaux de Marseille, du centre hospitalier de Salon-de-Provence et de la Caisse primaire d'assurance maladie des Bouches-du-Rhône, à une expertise médicale avec la mission suivante :

1°) examiner Mme B et se faire communiquer son entier dossier médical et plus généralement tous documents et pièces qu'il estimera utiles à l'accomplissement de sa mission ;

2°) procéder à l'examen de M. me B, décrire son état de santé actuel et son état de santé antérieur à la prise en charge, en ne retenant que les seuls antécédents qui peuvent avoir une incidence sur les séquelles en lien avec la prise en charge ;

3°) décrire les conditions dans lesquelles Mme B a été prise en charge dans les services du centre hospitalier de Salon-de-Provence puis à l'hôpital Nord à compter du 23 août 2023 et préciser, notamment, les examens pratiqués, le traitement entrepris et les soins reçus ; rechercher si les traitements administrés étaient adaptés à l'état de la patiente ;

4°) rechercher si Mme B a bénéficié d'une information suffisante, si les soins prodigués ont été attentifs, diligents, conformes aux données acquises de la science médicale et, dans la négative, donner tous éléments sur l'existence de fautes médicales, de soins, dans l'organisation ou le fonctionnement du service, erreurs, imprudences, manquements aux précautions nécessaires, négligences, maladresses ou autres défaillances afin d'éclairer le tribunal sur l'engagement, éventuel, de la responsabilité du centre hospitalier enfin, le cas échéant, en cas d'erreur de diagnostic dire si le retard a été à l'origine des préjudices subis et si oui dans quel pourcentage ;

5°) déterminer les raisons de la dégradation de l'état de santé de Zoe B et indiquer quelle est la fréquence, le caractère habituel ou prévisible de cette dégradation par rapport au diagnostic qui a été ou aurait dû être posé ;

6°) dans l'hypothèse où des manquements des services hospitaliers mis en cause seraient relevés, indiquer précisément les séquelles en relation directe et exclusive avec chacun de ces manquements, déterminer, dans le cas où ces manquements ne seraient pas la cause directe des préjudices subis mais auraient fait perdre, à Mme B, des chances de les éviter, l'importance de cette perte de chance, en pourcentage ;

7°) donner son avis sur le point de savoir si le décès de Zoe B a un rapport avec son état initial, ou l'évolution prévisible de cet état ; déterminer la part présentant un lien de causalité direct, certain et exclusif avec un manquement, maladresse ou défaillance reproché à chacun des deux centres hospitaliers ; dire si le décès de Zoe est imputable à une faute de leur part ou à un aléa thérapeutique ;

8°) donner son avis sur le point de savoir si le ou les manquements éventuellement constatés ont fait perdre à Zoe une chance sérieuse de survie ; proposer une quantification de cette perte de chance, formulée en pourcentage, en faisant la distinction avec les autres facteurs ayant pu provoquer son décès ;

9°) dire si Zoe a été victime d'une infection et, dans l'affirmative, en rechercher l'origine plausible et les facteurs ayant favorisé son développement ; donner son avis sur le point de savoir si cette infection est d'origine nosocomiale ;

10°) évaluer les postes de préjudices subis par Zoe avant décès : taux de déficit fonctionnel temporaire total ou partiel, souffrances endurées, préjudice esthétique et tous autres postes de préjudices susceptibles d'être apparus ;

11°) préciser, la durée du déficit fonctionnel temporaire partiel ou total de Mme B ;

12°) fixer la date de consolidation de Mme B ;

13°) indiquer le taux de déficit fonctionnel permanent et les répercussions sur les conditions d'existence de M. me B notamment, le cas échéant, sur le plan professionnel, l'importance des souffrances endurées, le préjudice esthétique, le préjudice d'agrément et le préjudice sexuel, ainsi que tout autre élément de nature à permettre au tribunal de se prononcer sur les préjudices subis par Mme B du fait desdits manquements ;

14°) en l'absence de responsabilité de l'établissement de santé, dire si les préjudices subis sont directement imputables à un acte de prévention, de diagnostic ou de soins, si cet accident médical non fautif a entraîné des conséquences anormales à l'aune de la probabilité (à définir précisément en pourcentage) habituelle de réalisation de l'un des risques lié à l'intervention, de l'exposition particulière du patient en raison de son état de santé initial comme de son évolution prévisible, du caractère incontournable ou non de l'intervention, enfin évaluer précisément le niveau de gravité des séquelles présentées ;

15°) dégager en les spécifiant tous les éléments de préjudice, notamment ceux propres à justifier une indemnisation ; le cas échéant, donner tous les éléments utiles sur les préjudices patrimoniaux subis par Mme B s'il y a lieu, évaluer le besoin d'assistance à une tierce personne et dans l'affirmative en définir les conditions, décrire les soins futurs et les aides compensatoires au handicap de la victime (dépenses de santé, logement adapté, frais divers, appareillage spécifique, véhicule adapté), en précisant la fréquence de leur renouvellement ;

16°) dire si l'état de Mme B est susceptible de modifications en aggravation ou en amélioration, et, dans l'affirmative, fournir toutes précisions utiles sur cette évolution, son degré de probabilité et, dans le cas où un nouvel examen lui apparaîtrait nécessaire, indiquer le délai dans lequel il devra y être procédé ;

17°) d'indiquer, dans sa conclusion, de façon récapitulative et succincte, les circonstances, les causes et l'étendue des préjudices subis par la victime.

Article 3 : L'expert accomplira sa mission dans les conditions prévues par les articles R. 621-1 à R. 621-14 du code de justice administrative.

Article 4 : En application de l'article R. 621-9 du code de justice administrative, l'expert déposera son rapport au greffe du tribunal administratif de Marseille par voie numérique dans le délai de six mois à compter de la notification de la présente ordonnance. Il notifiera une copie de son rapport à chacune des parties intéressées et, avec l'accord de celles-ci, utilisera à cette fin, dans la mesure du possible, des moyens électroniques.

Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C B, l'Assistance publique - hôpitaux de Marseille, au centre hospitalier de Salon-de-Provence, à la Caisse primaire d'assurance maladie des Bouches-du-Rhône, et à l'expert, le docteur A.

Fait à Marseille, le 18 mars 2025.

Le juge des référés,

Signé

E Argoud

La République mande et ordonne au Ministre du travail, de la santé, des solidarités et des familles en ce qui le concerne ou à tous les commissaires à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

P/Le greffier en chef,

La greffière

N° 2411728, 2411729

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