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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2501895

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2501895

mardi 30 septembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2501895
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation4ème Chambre
Avocat requérantSERO MORA DHABOUGUI

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant algérien, qui contestait l'arrêté préfectoral du 9 janvier 2025 refusant son titre de séjour et l'obligeant à quitter le territoire. Le requérant invoquait notamment l'incompétence de l'auteur de l'acte, un défaut de motivation et une erreur manifeste d'appréciation de sa situation médicale. Le tribunal a écarté ces moyens, jugeant que le signataire disposait d'une délégation de signature régulière et que la décision était suffisamment motivée en droit et en fait. La solution retenue est fondée sur les articles L. 111-2, L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration, ainsi que sur l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

 

Par une requête enregistrée le 7 février 2025, M. C... B... représenté par Me Sero Mora, demande au tribunal :

 

1°) d’annuler l’arrêté du 9 janvier 2025 par lequel le préfet des Bouches-du-Rhône a rejeté sa demande de titre de séjour, l’a obligé à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours et a fixé le pays de destination ;

2°) à titre principal, d’enjoindre au préfet des Bouches-du-Rhône de lui délivrer une carte de séjour temporaire l’autorisant à travailler dans un délai de quinze-jours à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;

3°) à titre subsidiaire, d’enjoindre au préfet des Bouches-du-Rhône de réexaminer sa situation ;

4°) de condamner l’Etat à verser à son conseil la somme de 1 500 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991 sur l’aide juridique.

Il soutient que :

 

Sur l’arrêté pris dans son ensemble :

-  il méconnaît les dispositions de l’article 4 de la loi du 12 avril 2000 ;

- il est entaché d’une incompétence de l’auteur de l’acte ;

- il est entaché d’une insuffisance de motivation ;

- il est entaché d’une erreur manifeste d’appréciation de sa situation.

Sur la décision portant délai de départ volontaire :

- elle est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation de sa situation.

Sur la décision fixant le pays de destination :

- elle est illégale du fait de l’illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.

Par un mémoire en défense, enregistré le 19 juin 2025, le préfet des Bouches-du-Rhône conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

 

Par une ordonnance du 28 mars 2025, la clôture de l’instruction a été fixée au 18 août 2025.

 M. B... a été admis au bénéfice de l’aide juridictionnelle totale par une décision du 23 mai 2025.

Vu les autres pièces du dossier.

 

Vu :

- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;

- le code des relations entre le public et l’administration ;

- la loi du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.

 

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience,

Les parties n’étant ni présentes, ni représentées,

 

A été entendu au cours de l’audience publique le rapport de M. Salvage, président rapporteur.

Considérant ce qui suit :

 

1. M. C... B..., ressortissant algérien né le 15 novembre 1972, est entré en France le 2 octobre 2022 sous couvert d’un passeport revêtu d’un visa D valable du 15 septembre 2022 au 24 août 2023. Le 8 août 2024, il a sollicité son admission au séjour sur le fondement de l’article 6 alinéa 1-7 de l’accord franco-algérien du 27 décembre 1968. Par un arrêté du 9 janvier 2025, le préfet des Bouches-du-Rhône a rejeté sa demande de titre de séjour, l’a obligé à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours et a fixé le pays de destination. M. B... demande au tribunal l’annulation de cet arrêté.

Sur l’arrêté pris dans son ensemble :

2. En premier lieu, aux termes de l’article L. 111-2 du code des relations entre le public et l’administration : « Toute personne a le droit de connaître le prénom, le nom, la qualité et l'adresse administratives de l'agent chargé d'instruire sa demande ou de traiter l'affaire qui la concerne ; ces éléments figurent sur les correspondances qui lui sont adressées. Si des motifs intéressant la sécurité publique ou la sécurité des personnes le justifient, l'anonymat de l'agent est respecté. »

3. L’arrêté en litige a été signé par M. A... D... qui bénéficiait, en sa qualité d’adjoint à la cheffe du bureau de l’éloignement, du contentieux et de l’asile à la préfecture des Bouches-du-Rhône, par un arrêté n°13-2025-01-03-00008 du préfet de ce département du 3 janvier 2025, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial n°13-2025-005 de la préfecture des Bouches-du-Rhône, d’une délégation à cet effet. Dès lors, les moyens tirés de la méconnaissance de l’article L. 111-2 du code des relations entre le public et l’administration et de l’incompétence du signataire doivent être écartés. 

4. En deuxième lieu, aux termes de l’article L. 211-2 du code des relations entre le public et l’administration : « Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / - restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police (…) ». Aux termes de l’article L. 211-5 du même code : « La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l’énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ». Aux termes de l’article L. 613-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du séjour : « La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée ».

 5. En l’espèce, l’arrêté en litige mentionne de manière suffisante les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et le moyen tiré d’un défaut de motivation ne saurait être accueilli.

 6. En troisième lieu, aux termes de l’article 6 de l’accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié : « (…) Le certificat de résidence d’un an portant la mention « vie privée et familiale » est délivré de plein droit : / (…) / 7) au ressortissant algérien, résidant habituellement en France, dont l’état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d’une exceptionnelle gravité, sous réserve qu’il ne puisse pas effectivement bénéficier d’un traitement approprié dans son pays (…) ». Aux termes de l’article R. 425-11 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « Pour l’application de l’article L. 425-9, le préfet délivre la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin de l'office et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé. Les orientations générales mentionnées au troisième alinéa de l'article L. 425-9 sont fixées par arrêté du ministre chargé de la santé. ».

7. Il ressort des pièces du dossier que, par son avis du 6 novembre 2024, le collège des médecins de l’OFII a estimé que si l’état de santé de l’intéressé nécessitait une prise en charge médicale dont le défaut pouvait entraîner des conséquences d’une exceptionnelle gravité, son maintien sur le territoire français n’était pas nécessaire dès lors qu’il pouvait bénéficier d’un traitement approprié dans son pays d’origine, l’Algérie, vers lequel il pouvait voyager sans risque. Le requérant ne produit aucun élément de nature à contredire utilement les motifs de cet avis et, dès lors, le moyen tiré de l’existence d’une erreur d’appréciation doit être écarté.

Sur la décision portant délai de départ volontaire :

8. Aux termes de l’article L. 612-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « L’étranger faisant l’objet d’une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d’un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision (…) ».

9. En se bornant à soutenir que le médecin de l’OFII n’aurait pas pu déterminer la maladie dont il souffrait, M. B... n’apporte aucun élément de droit ou de fait à l’appui de ce moyen justifiant qu’un délai supérieur à trente jours lui soit accordé. Par suite, le moyen tiré de l’erreur manifeste d’appréciation de sa situation doit être écarté.

Sur la décision fixant le pays de destination :

10. Il résulte de ce qui a été exposé précédemment que l’exception d’illégalité de la décision portant refus de titre de séjour à l’encontre de la décision fixant le pays de destination ne peut être qu’écartée.

11. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B... doit être rejetée, y compris en ses conclusions aux fins d’injonction ainsi que ses conclusions présentées sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

 

Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C... B... et au préfet des Bouches-du-Rhône.

Copie en sera adressée au ministre d’Etat, ministre de l’intérieur.

Délibéré après l'audience du 8 septembre 2025, à laquelle siégeaient :

 

M. Salvage, président,

Mme Arniaud, première conseillère,

Mme Fayard, conseillère.

 

Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 septembre 2025

 

L’assesseure la plus ancienne,

 

Signé

 

C. ARNIAUD

 

 

 

 

 

Le président-rapporteur

 

Signé

 

F. SALVAGE

La greffière

 

Signé

 

S. BOUCHUT

 

La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

 

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

La greffière,

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