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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2505787

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2505787

jeudi 18 décembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2505787
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation6ème Chambre
Avocat requérantFEBBRARO

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant algérien, contestant un arrêté préfectoral du 8 avril 2025 portant obligation de quitter le territoire français sans délai, fixation du pays de destination et interdiction de retour pour deux ans. Le requérant invoquait une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et une erreur manifeste d'appréciation. Le tribunal a jugé que M. B... ne justifiait pas d'une vie privée et familiale ancrée en France ni d'une insertion professionnelle suffisante, et a estimé que la mesure n'était pas disproportionnée. La décision s'appuie sur l'article 8 de la Convention et le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 8 mai 2025 sous le n° 2505787, M. A... B..., ayant pour avocat Me Febbraro, demande au tribunal :

1°) de l’admettre à titre provisoire au bénéfice de l’aide juridictionnelle ;
2°) d’annuler l’arrêté du préfet des Bouches-du-Rhône en date du 8 avril 2025 portant obligation de quitter le territoire français sans délai de départ volontaire, fixation du pays de destination de la mesure d’éloignement et interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1000 euros au titre des dispositions combinées de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. B..., de nationalité algérienne, soutient que l’arrêté attaqué méconnaît l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales en étant entaché d’une erreur manifeste d’appréciation.

Par un mémoire enregistré le 6 novembre 2025, le préfet des Bouches-du-Rhône conclut au rejet de la requête, en soutenant que les moyens de M. B... ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
-la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ;
-l’accord entre le gouvernement de la République française et le gouvernement de la République algérienne démocratique et populaire, relatif à la circulation, à l’emploi et au séjour en France des ressortissants algériens et de leurs familles, complété par un protocole, deux échanges de lettres et une annexe, modifié, signé à Alger le 27 décembre 1968 ;
-le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
-la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et le décret n° 2020-1717 du 29 décembre 2020 ;
-le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de M. Brossier.



Considérant ce qui suit :

1. M. B..., de nationalité algérienne, demande au tribunal d’annuler la décision en date du 8 avril 2025 par laquelle le préfet des Bouches-du-Rhône lui a fait obligation de quitter le territoire français, ainsi que les décisions prises par la même autorité le même jour n’accordant aucun délai de départ volontaire, fixant le pays de destination de la mesure d’éloignement et portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans.


Sur l'aide juridictionnelle provisoire :

2. Le bureau d’aide juridictionnelle ayant statué le 1er août 2025, en cours d’instance, sur la demande de M. B... tendant au bénéfice de l’aide juridictionnelle, les conclusions de la requête tendant à ce bénéfice à titre provisoire sont devenues sans objet. Il n’a pas lieu d’y statuer.


Sur les conclusions aux fins d’annulation :

3. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : « 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. (…) ».


4. Il ressort des pièces du dossier que M. B..., né en avril 1986, est entré en France en 2018. Sa demande d’asile a été rejetée par l’Office français de protection des réfugiés et apatrides le 23 avril 2019. Sa présence alléguée depuis sept ans à la date de la décision attaquée n’est pas établie. Il n’établit pas non plus son allégation selon laquelle il travaille de façon permanent et régulière depuis 2022, de sorte qu’il ne démontre ni vie privée et familiale ancrée dans la durée en France, ni insertion sociale ou professionnelle particulière.

5. Dans ces circonstances, et sans qu’y fasse obstacle la circonstance alléguée qu’il aurait droit à une possible régularisation, M. B... n'est fondé à soutenir, ni que l'arrêté attaqué aurait porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels il a été pris et aurait ainsi méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales, ni que le préfet aurait commis une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.

6. Il résulte de tout ce qui précède que M. B... n’est pas fondé à demander l’annulation de l'arrêté attaqué.


Sur les frais liés au litige :

7. Aux termes des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : « Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ».

8. Ces dispositions font obstacle à ce que soit mise à la charge de l’Etat, qui n’est pas dans la présente instance la partie perdante, une quelconque somme au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.






D E C I D E :





Article 1er : Il n’y a pas lieu d’admettre M. B... à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.


Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B... est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A... B..., au préfet des Bouches-du-Rhône et à Me Febbraro.


Délibéré après l’audience du 27 novembre 2025, à laquelle siégeaient :

M. Brossier, président,
Mme Niquet, première conseillère,
Mme Pouliquen, conseillère.


Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 décembre 2025.


L’assesseure la plus ancienne,


signé


Niquet
Le président,


signé


J.B. Brossier
Le greffier,


signé


P. Giraud



La République mande et ordonne au préfet des Bouches-du-Rhône, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Le greffier,




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