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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2511721

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2511721

mercredi 15 octobre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2511721
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantLA ROCCA

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté comme manifestement irrecevable la requête de Mme B... contre un arrêté de non-opposition à déclaration préalable délivré par le maire de Turriers en 2022. La requérante soutenait l'irrégularité de l'affichage et l'insuffisance des autorisations, mais le juge a constaté qu'elle avait eu connaissance acquise de la décision au plus tard le 10 mars 2023, date d'un accord conclu avec le bénéficiaire. Sa requête, introduite plus de deux ans et demi après cette date, était tardive. L'ordonnance se fonde sur l'article R. 222-1 du code de justice administrative et les articles R. 424-15 et R. 600-2 du code de l'urbanisme.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 26 septembre 2025, Mme A... B..., représentée par Me La Rocca, demande au tribunal :

1°) d’annuler l’arrêté de non-opposition à la déclaration préalable délivré par le maire de Turriers le 20 mai 2022 à la SCI les Baumelles en vue de réhabiliter un immeuble d’habitation situé au 4 route du Toron ;

2°) d’ordonner la communication intégrale du dossier d’urbanisme ;
3°) de condamner la commune à lui verser la somme de 3 000 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative ;
Elle soutient que :

la décision en litige n’a pas été régulièrement affichée ;
les travaux réalisés nécessitaient un permis de construire ;
elle n’a pas été consultée préalablement à la création de vues sur sa propriété ;
aucun contrôle de conformité n’a été réalisé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de l’urbanisme ;
Vu le code de justice administrative.


Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les présidents (…) de formation de jugement des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : / (…) / 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser. »
2. Aux termes de l’article R. 424-15 du code de l’urbanisme : « Mention (…) de la déclaration préalable doit être affichée sur le terrain, de manière visible de l'extérieur, par les soins de son bénéficiaire, (…) dès la date à laquelle le permis tacite ou la décision de non-opposition à la déclaration préalable est acquis et pendant toute la durée du chantier. ». Aux termes de l’article R. 600-2 du même code : « Le délai de recours contentieux à l’encontre d’une décision de non-opposition à une déclaration préalable ou d’un permis de construire, d’aménager ou de démolir court à l’égard des tiers à compter du premier jour d’une période continue de deux mois d’affichage sur le terrain des pièces mentionnées à l’article R. 424-15 ».
3. Mme B... soutient que la décision de non-opposition à déclaration préalable en litige doit être regardée comme n’ayant pas été régulièrement portée à la connaissance des tiers. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que la requérante a conclu un accord avec la SCI les Baumelles en date du 10 mars 2023 où elle « s’engage à accepter le permis modificatif qui sera déposé ». Mme B... a ainsi nécessairement, à cette occasion, eu connaissance du permis initial qui était modifié. Elle avait dès lors connaissance acquise de la décision en litige au plus tard le 10 mars 2025. Sa requête, introduite plus de 3 ans après celle-ci et 2 ans et demi après son accord conclu avec la SCI, doit en conséquence être rejetée comme manifestement irrecevable sur le fondement des dispositions précitées du 4° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.


O R D O N N E:


Article 1er : La requête de Mme B... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B....
Fait à Marseille, le 15 octobre 2025





Le président,

Signé

F. Salvage



La République mande et ordonne au préfet des Alpes de Haute Provence en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,
La greffière en chef,
La greffière



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