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AccueilJurisprudence administrativeN° TA13-2514106

Tribunal Administratif de Marseille — Décision N° TA13-2514106

mardi 16 décembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Marseille
SectionTribunal Administratif de Marseille
N° DossierTA13-2514106
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Avocat requérantAARPI JASPER AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Marseille a été saisi par M. A... d’une demande d’expertise médicale, sur le fondement de l’article R. 532-1 du code de justice administrative, afin d’établir le lien entre une infection nosocomiale survenue en janvier 2024 et sa prise en charge chirurgicale au centre hospitalier de La Timone (AP-HM) en décembre 2023. L’AP-HM et l’ONIAM ne s’opposant pas à cette mesure, le juge des référés a fait droit à la demande, estimant qu’elle présentait un caractère utile pour une éventuelle action en réparation. Il a désigné un collège d’experts pour déterminer l’origine de l’infection, ses conséquences et les préjudices subis. En revanche, la demande de frais d’instance présentée par le requérant a été rejetée, les parties défenderesses n’étant pas considérées comme perdantes.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 13 novembre 2025, M, D... A..., représenté par la Selarl Chiche Cohen, demande au juge des référés :

1°) d’ordonner, sur le fondement des dispositions de l’article R. 532-1 du code de justice administrative, une expertise portant sur l’infection survenue lors de la prise en charge au centre hospitalier de La Timone qui a débuté le 5 décembre 2023 ;

2°) de mettre à la charge de l’Assistance publique-hôpitaux de Marseille, de l’Office National d’Indemnisation des Accidents Médicaux et de la caisse primaire d’assurance maladie des Bouches-du-Rhône de versement de la somme de 1 000 euros sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que l’expertise demandée est utile.


Par un mémoire en défense, enregistré le 17 novembre 2025, l’Assistance publique – hôpitaux de Marseille agissant par le directeur en exercice, représenté par Me Le Goues déclare ne pas s’opposer à l’expertise et demande le rejet des conclusions relatives aux frais d’instance.


Par un mémoire en défense, enregistré le 21 novembre 2025, l’Office National d'Indemnisation des Accidents Médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM), agissant par le directeur en exercice, représenté par la Selarlu Olivier Saumon, déclare ne pas s’opposer à l’expertise et demande au juge des référés de compléter les termes de la mission d’expertise et de rejeter le surplus des conclusions.




La requête a été communiquée à la caisse commune de sécurité sociale (CCSS) des Hautes-Alpes qui n’a pas produit d’observations.


Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- le code de justice administrative.

Le président du Tribunal a désigné M. G... Argoud, magistrat, pour statuer sur les demandes en référé.

Considérant ce qui suit :

Sur la demande d’expertise

1. Aux termes de l’article R. 532-1 du code de justice administrative : « Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l’absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d’expertise ou d’instruction (…) ».

2. Le requérant demande une expertise portant sur la survenance d’une infection à la suite de la prise en charge au centre hospitalier de La Timone, relevant de l’AP-HM, qui a débuté le 4 décembre 2023. Il résulte de l’instruction que la prise en charge au centre hospitalier de La Timone, concernant une ostéosynthèse par plaque verrouillée et deux vis médiales, d’une fracture luxation bimalléolaire de la cheville gauche, a débuté le 4 décembre 2023 et a été conclue par une sortie le 6 décembre 2023. Le 10 janvier 2024, l’intéressé a été admis dans les services de l’AP-HM où a été diagnostiquée une infection précoce aigüe purulente de la cheville gauche été marquée. Ces complications ont engendré des préjudices susceptibles de faire l’objet d’une action en réparation devant la juridiction administrative. Ainsi, la demande présente un caractère utile et entre dans le champ d’application des dispositions précitées de l’article R. 532-1 du code de justice administrative. Il y a donc lieu d’y faire droit, d’ordonner une expertise au contradictoire de l’AP-HM, de l’ONIAM, de la Caisse primaire d'assurance maladie des Hautes Alpes et de Monsieur D... A... et de fixer la mission de l’expert comme il est précisé à l’article 1er de la présente ordonnance.

Sur les frais d’instance :

3. L’article L. 761-1 du code de justice administrative fait obstacle à ce que soit mis à la charge de l’Assistance publique-hôpitaux de Marseille, de Office National d’Indemnisation des Accidents Médicaux ou de la caisse primaire d’assurance maladie des Bouches-du-Rhône, qui n’ont pas la qualité de partie perdante à la présente instance, la charge des frais exposés par le requérant et non compris dans les dépens.



O R D O N N E :


Article 1er : Un collège d’experts composé du docteur F... C... , exerçant Avenue des Tamaris, unité d’infectiologie à Aix-en-Provence (13100) et du docteur E... B..., exerçant Clinique Toutes Aures, Avenue des Savels à Manosque (04100) est désigné pour procéder, en présence des parties de l’AP-HM, de l’ONIAM et de la CCSS des Hautes-Alpes, à une expertise médicale avec la mission suivante :

1°) examiner M. A... et se faire communiquer son entier dossier médical et plus généralement tous documents et pièces qu’il estimera utiles à l’accomplissement de sa mission ;

2°) procéder à l’examen de M. A..., décrire son état de santé actuel et son état de santé antérieur à l’infection, en ne retenant que les seuls antécédents qui peuvent avoir une incidence sur les séquelles en lien avec l’infection diagnostiquée le 10 janvier 2024 ;

3°) décrire les conditions dans lesquelles l’infection diagnostiquée le 10 janvier 2024 est survenue et donner tous éléments sur le lien entre l’infection et la prise en charge par le centre hospitalier de La Timone, qui a débuté le 4 décembre 2023 enfin, dire si l’infection a été à l’origine des préjudices subis et si oui dans quel pourcentage ; déterminer, dans le cas où l’infection ne serait pas la cause directe des préjudices subis mais aurait fait perdre, la requérante, des chances de les éviter, l’importance de cette perte de chance, en pourcentage ;

4°) préciser, la durée du déficit fonctionnel temporaire partiel ou total ;

5°) fixer la date de consolidation ;

6°) indiquer le taux de déficit fonctionnel permanent et les répercussions sur les conditions d’existence de M. A... notamment, le cas échéant, sur le plan professionnel, l’importance des souffrances endurées, le préjudice esthétique, le préjudice d’agrément et le préjudice sexuel, ainsi que tout autre élément de nature à permettre au tribunal de se prononcer sur les préjudices subis par M. A... ;

7°) dégager en les spécifiant tous les éléments de préjudice, notamment ceux propres à justifier une indemnisation ; le cas échéant, donner tous les éléments utiles sur les préjudices patrimoniaux subis par M. A... s’il y a lieu, évaluer le besoin d’assistance à une tierce personne et dans l’affirmative en définir les conditions, décrire les soins futurs et les aides compensatoires au handicap de la victime (dépenses de santé, logement adapté, frais divers, appareillage spécifique, véhicule adapté), en précisant la fréquence de leur renouvellement ;

8°) dire si l’état de M. A... est susceptible de modifications en aggravation ou en amélioration, et, dans l’affirmative, fournir toutes précisions utiles sur cette évolution, son degré de probabilité et, dans le cas où un nouvel examen lui apparaîtrait nécessaire, indiquer le délai dans lequel il devra y être procédé ;

9°) d’indiquer, dans sa conclusion, de façon récapitulative et succincte, les circonstances, les causes et l’étendue des préjudices subis par la victime.


Article 2 : Le collège d’experts accomplira sa mission dans les conditions prévues par les articles R. 621-1 à R. 621-14 du code de justice administrative.


Article 3 : En application de l’article R. 621-9 du code de justice administrative, le collège d’experts déposera son rapport au greffe du tribunal administratif de Marseille par voie numérique dans le délai de six mois à compter de la notification de la présente ordonnance. Il notifiera une copie de son rapport à chacune des parties intéressées et, avec l’accord de celles-ci, utilisera à cette fin, dans la mesure du possible, des moyens électroniques.

Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 6 : La présente ordonnance sera notifiée à M. D... A..., à l’Assistance publique-hôpitaux de Marseille, à la Caisse commune de sécurité sociale des Hautes-Alpes, à l’Office National d'Indemnisation des Accidents Médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales et au collège d’expert composé du docteur E... B... et du docteur F... C....


Fait à Marseille, le 16 décembre 2025



Le juge des référés,


Signé

G... Argoud


La République mande et ordonne au Ministre de la Santé et de l’Accès aux soins en ce qui le concerne ou à tous commissaires à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,







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