vendredi 15 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Caen |
| Section | Tribunal Administratif de Caen |
| N° Dossier | TA14-2002557 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | CABINET COUDRAY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 18 décembre 2020 et 25 novembre 2021, la communauté d'agglomération du Cotentin, représentée par la SELARL Cabinet Coudray, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 9 octobre 2020 par laquelle le préfet de la Manche a notifié le montant alloué pour l'année 2020 au titre du fonds national de péréquation des ressources intercommunales et communales ;
2°) d'enjoindre à l'Etat de recalculer le montant de la dotation attribuée au titre du fonds national de péréquation des ressources intercommunales et communales pour l'année 2020 et de verser à chacun de ses membres le montant résultant de ce calcul dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir et sous astreinte de 1 000 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision en litige est entachée d'un vice de forme ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle a été prise en considération de la décision de même nature allouant une somme au titre du FPIC pour l'année 2019 ; dès lors, elle est fondée à contester la légalité de cette dernière décision par la voie de l'exception ;
- la décision allouant une somme au titre du FPIC pour l'année 2020 fait partie, avec celle allouant une somme pour l'année 2019, d'une opération complexe ; dès lors, elle est fondée à contester la légalité de cette dernière décision par voie d'exception ;
- en ne minorant pas son potentiel financier agrégé des prélèvements de la contribution au redressement des finances publiques (CRFP) opérés en 2018, la décision adoptée au titre de l'année 2019 méconnaît les dispositions de l'article L. 2336-2 du code général des collectivités territoriales ; ainsi, la décision en litige est nécessairement entachée d'erreur de droit ;
- en refusant de prendre en compte le double prélèvement de CRFP opéré sur les mêmes recettes réelles de fonctionnement à compter de 2017 dans le calcul de son potentiel financier agrégé au titre de l'attribution versée en 2019, l'Etat a méconnu l'article L. 5211-28 du code général des collectivités locales en soumettant un même euro de recette réelle de fonctionnement à un double prélèvement et en dépassant les seuils de prélèvement fixé à cet article ;
- ces doubles prises en compte de prélèvements de CRFP n'ont pas été intégrées dans le calcul du PFIA de la communauté d'agglomération requérante pour l'année 2019 ; dès lors, la décision en litige méconnaît les dispositions de l'article L. 2336-2 du code général des collectivités territoriales ;
- le prélèvement de CRFP pérennisé au sein de la dotation de consolidation des communes nouvelles et membres de la communauté d'agglomération requérante, méconnaît les dispositions de l'article L. 2113-20 du code général des collectivités territoriales, entraînant une surestimation du potentiel financier agrégé du bloc intercommunal contraire aux dispositions des articles L. 2336-2 et L. 5211-28 du même code et entachant d'illégalité la décision en litige ;
- les dispositions de l'article L. 2336-2 du code général des collectivités territoriales imposent, par renvoi aux dispositions de l'article L. 5211-28 du même code, de minorer le potentiel financier agrégé de la requérante des prélèvements de CRFP opérés en 2018, ceci alors même que les dispositions de l'article L. 5211-28 de ce code ont été modifiées à compter du 1er janvier 2019 ; dès lors, en ne prenant pas en compte ces prélèvements dans l'attribution allouée en 2019, la décision en litige, qui se fonde sur cette dernière, est nécessairement entachée d'une erreur de droit ;
- la décision d'attribution prise au titre de l'année 2019 a été adoptée sur le fondement, ou en application, de la note du 14 juin 2019 relative à la répartition du fonds national de péréquation ; dès lors, la requérante est fondée à exciper de l'illégalité de cette note à l'occasion de la contestation, par voie d'exception, de la décision d'attribution rendue au titre de l'année 2020.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 juillet 2021, le préfet de la Manche conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens soulevés par la communauté d'agglomération du Cotentin n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Cheylan,
- les conclusions de M. Bonneu, rapporteur public,
- et les observations de Me Dugué, représentant la communauté d'agglomération du Cotentin.
Le préfet de la Manche n'était ni présent, ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision du 9 octobre 2020, le préfet de la Manche a notifié à la communauté d'agglomération du Cotentin le montant attribué pour l'année 2020 au titre du fonds national de péréquation des ressources intercommunales et communales (FPIC) à destination de l'établissement public de coopération intercommunale et de ses communes membres. Cette attribution s'élève à un montant de 1 687 950 euros au titre de l'année 2020. Par sa requête, la communauté d'agglomération du Cotentin demande l'annulation de cette décision.
2. En premier lieu, aux termes du premier alinéa de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute décision prise par une administration comporte la signature de son auteur, ainsi que la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci ". Toutefois, il résulte des articles L. 100-1 et L. 100-3 du code des relations entre le public et l'administration que les dispositions de ce code ne s'appliquent pas, sauf exception, aux relations entre personnes morales de droit public. L'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration n'est ainsi pas applicable dans un litige opposant deux personnes publiques.
3. La requérante soutient que la décision attaquée est entachée d'un vice de forme en ce qu'elle ne comporte pas le nom et la qualité de la personne l'ayant adoptée, conformément aux dispositions de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration. Toutefois, il résulte des dispositions précitées qu'une collectivité territoriale ne peut utilement se prévaloir de ces dispositions à l'encontre d'une décision édictée par l'Etat. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision attaquée est irrégulière faute de satisfaire aux exigences de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration, qui est inopérant, doit être écarté.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 211-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Le présent chapitre () s'applique également aux relations entre les administrations. ". Aux termes de l'article L. 211-2 du même code : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / () 6° Refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir () ".
5. La communauté d'agglomération du Cotentin soutient que la décision en litige méconnaît les dispositions des articles L. 211-1 et suivants du code des relations entre le public et l'administration dès lors qu'elle ne précise pas les motifs de droit et de fait qui la fondent. Toutefois, la décision du 9 octobre 2020 notifiant le montant de la dotation au titre du fonds national de péréquation des ressources intercommunales et communales pour l'année 2020, qui n'est pas une décision défavorable, n'est pas au nombre des décisions devant être motivées en vertu de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté comme étant inopérant.
6. En troisième lieu, l'illégalité d'un acte administratif, qu'il soit ou non réglementaire, ne peut être utilement invoquée par voie d'exception à l'appui de conclusions dirigées contre une décision administrative ultérieure que si cette dernière décision a été prise pour l'application du premier acte ou s'il en constitue la base légale. S'agissant d'un acte non réglementaire, l'exception n'est recevable que si l'acte n'est pas devenu définitif à la date à laquelle elle est invoquée, sauf dans le cas où l'acte et la décision ultérieure constituant les éléments d'une même opération complexe, l'illégalité dont l'acte serait entaché peut être invoquée en dépit du caractère définitif de cet acte.
7. Pour contester la légalité de la décision du 9 octobre 2020, la communauté d'agglomération expose que la décision en litige trouve sa base légale et factuelle dans la décision du 20 août 2019 portant attribution d'une dotation de péréquation au titre de l'année 2019. Elle soutient en outre que ces décisions forment ensemble une opération complexe. Si la requérante est recevable à exciper de l'illégalité de la décision attribuant une dotation de péréquation au titre de l'année 2019, cette décision n'étant pas devenue définitive en raison de l'exercice d'un recours contentieux, il ne résulte pas de l'instruction que la décision en litige trouverait sa base légale dans cette décision antérieure ni qu'elle aurait été prise pour son application. En outre, compte tenu de ce qui vient d'être exposé, la communauté d'agglomération ne peut utilement se prévaloir de l'illégalité de la note d'information du 14 juin 2019 sur laquelle la décision du 20 août 2019 serait fondée. Dès lors, les moyens soulevés, par voie d'exception, contre la décision du 20 août 2019 et la note d'information du 14 juin 2019, doivent être écartés.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction sous astreinte présentées par la communauté d'agglomération du Cotentin doivent être écartées.
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par la communauté d'agglomération du Cotentin au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la communauté d'agglomération du Cotentin est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la communauté d'agglomération du Cotentin et au préfet de la Manche.
Délibéré après l'audience du 31 août 2023, à laquelle siégeaient :
M. Cheylan, président,
M. Martinez, premier conseiller,
Mme Groch, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 septembre 2023.
Le président-rapporteur,
Signé
F. CHEYLAN
L'assesseur le plus ancien,
Signé
P. MARTINEZ
La greffière,
Signé
C. BÉNIS
La République mande et ordonne au préfet de la Manche, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
la greffière,
C. Bénis
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026