vendredi 22 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Caen |
| Section | Tribunal Administratif de Caen |
| N° Dossier | TA14-2200155 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | CAVELIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 24 janvier et 7 juin 2022, M. C A, représenté par Me Cavelier, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 1er décembre 2021 par laquelle le préfet du Calvados a refusé de lui délivrer une carte de résident valable dix ans ;
2°) d'enjoindre au préfet du Calvados de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours sous astreinte de 50 euros par jour de retard à compter de la notification du jugement ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative à verser à son conseil sous réserve que ce dernier renonce à percevoir la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
- le préfet n'a pas saisi le maire de sa commune de résidence ;
- en examinant la demande de titre au regard du seul article L. 413-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et non de l'article L. 423-10 du même code qui était le fondement de la demande, le préfet a commis une erreur de droit ;
- le préfet a commis une erreur d'appréciation et une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 avril 2022, le préfet du Calvados conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 19 mai 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B,
- et les observations de Me Cavelier, représentant M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. C A, ressortissant ivoirien, est entré, selon ses dires, le 4 août 2015, en France. Il a bénéficié, frauduleusement, de l'aide sociale à l'enfance. Père d'un enfant français depuis le 13 novembre 2017, il a bénéficié, en qualité de parent d'un enfant français, d'un titre de séjour renouvelé jusqu'au 5 avril 2021. Il a demandé une carte de résident d'une durée de dix ans. Il demande l'annulation de la décision du 1er décembre 2021 par laquelle le préfet du Calvados a refusé de la lui délivrer.
2. Aux termes de l'article L. 413-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La première délivrance de la carte de résident prévue aux articles L. 423-6, L. 423-10 ou L. 423-16, de la carte de résident portant la mention " résident de longue durée-UE " prévue aux articles L. 421-12, L. 421-25, L. 424-5, L. 424-14 ou L. 426-19, ainsi que de la carte de résident permanent prévue à l'article L. 426-4 est subordonnée à l'intégration républicaine de l'étranger dans la société française, appréciée en particulier au regard de son engagement personnel à respecter les principes qui régissent la République française, du respect effectif de ces principes et de sa connaissance de la langue française qui doit être au moins égale à un niveau défini par décret en Conseil d'Etat. () ". Aux termes de l'article L. 423-10 du même code : " L'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui est père ou mère d'un enfant français résidant en France et titulaire depuis au moins trois années de la carte de séjour temporaire prévue à l'article L. 423-7 ou d'une carte de séjour pluriannuelle délivrée aux étrangers mentionnés aux articles L. 423-1, L. 423-7 et L. 423-23, sous réserve qu'il continue de remplir les conditions prévues pour l'obtention de cette carte de séjour, se voit délivrer une carte de résident d'une durée de dix ans. / La délivrance de cette carte de résident est subordonnée au respect des conditions d'intégration républicaine prévues à l'article L. 413-7. / L'enfant visé au premier alinéa s'entend de l'enfant ayant une filiation légalement établie, y compris l'enfant adopté, en vertu d'une décision d'adoption, sous réserve de la vérification par le ministère public de la régularité de cette décision lorsqu'elle a été prononcée à l'étranger. ".
3. Il ressort des pièces du dossier que, pour refuser la délivrance d'une carte de résident à M. A, qui se déclare père d'un enfant français, le préfet lui a opposé un défaut de respect des conditions d'intégration républicaine exigé par l'article L. 423-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le préfet, sans interroger le maire de la commune de résidence de l'intéressé, s'est fondé sur la circonstance que M. A ne pouvait justifier d'une intégration républicaine au sein de la société française dès lors qu'il avait été condamné, le
30 novembre 2018, par la cour d'appel de Caen à 6 mois de prison avec sursis pour usage de faux documents administratifs. Toutefois, à la date de la décision attaquée, si la condamnation restait récente, les faits étaient anciens et ne présentaient pas de gravité particulière en l'absence d'atteinte aux personnes et aux biens. En outre, M. A a obtenu le diplôme national du brevet en 2016 et le brevet d'études professionnelles en " études du bâtiment " en 2018. Il bénéficie d'un contrat d'apprentissage qui lui procure une rémunération pour la période du 6 septembre 2021 au 30 septembre 2022 égale à 80 % du SMIC. Dans ces conditions, les seules mentions sur le bulletin n° 2 du casier judiciaire de l'intéressé n'étaient pas de nature à révéler un défaut d'intégration républicaine au sens des dispositions précitées. Par suite, en se fondant sur ces seules mentions, le préfet du Calvados a commis une erreur d'appréciation.
4. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, la décision refusant à M. A la délivrance d'une carte de résident doit être annulée.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
5. L'exécution du présent jugement implique que le préfet du Calvados procède à un réexamen de la demande de M. A. Il y a lieu d'enjoindre au préfet d'y procéder dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés à l'instance :
6. L'Etat versera à Me Cavelier une somme de 1 200 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de sa renonciation à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du préfet du Calvados du 1er décembre 2021 est annulée.
Article 2 : Le préfet du Calvados procèdera au réexamen de la demande de M. A dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera à Me Cavelier une somme de 1 200 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de sa renonciation à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. C A, à Me Cavelier et au préfet du Calvados.
Délibéré après l'audience du 23 juin 2022, à laquelle siégeaient :
M. Guillou, président,
M. Berrivin, premier conseiller,
Mme Saint-Macary, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 juillet 2022.
Le rapporteur,
SIGNÉ
A. B
Le président,
SIGNÉ
H. GUILLOULa greffière,
SIGNÉ
A. LAPERSONNE
La République mande et ordonne au préfet du Calvados en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
la greffière
A. Lapersonne
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026