jeudi 24 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Caen |
| Section | Tribunal Administratif de Caen |
| N° Dossier | TA14-2201098 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | WAHAB |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 10 mai et 18 octobre 2022, Mme A B D, représentée par Me Wahab, demande au tribunal :
1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 21 février 2022 par lequel le préfet du Calvados lui a refusé la délivrance d'un certificat de résidence, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être reconduite d'office ;
3°) d'enjoindre au préfet du Calvados, à titre principal, de lui délivrer un certificat de résidence portant la mention " étudiant " ou " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale " dans un délai d'un mois à compter de la décision à intervenir, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation sous la même condition de délai et sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros à verser à son conseil, en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve qu'il renonce à percevoir la part contributive de l'Etat versée au titre de l'aide juridictionnelle et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme B D soutient que :
- sa requête est recevable ;
- l'arrêté pris dans son ensemble est entaché d'incompétence ;
- la décision de refus de certificat de résidence est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation en ce que le préfet aurait dû au titre de son pouvoir de régularisation l'admettre exceptionnellement au séjour compte tenu de sa situation personnelle ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision de refus de certificat de résidence ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des conséquences qu'elle emporte sur sa situation personnelle ;
- la décision fixant le pays de destination est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité portant obligation de quitter le territoire.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 juin 2022, le préfet du Calvados conclut au rejet de la requête au motif qu'aucun des moyens invoqués par la requérante n'est fondé.
Mme B D a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 10 juin 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour des ressortissants algériens et de leurs familles,
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique,
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C,
- les observations de Me Wahab, représentant Mme B D.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A B D, ressortissante algérienne née le 3 décembre 1999, est selon ses déclarations entrée en France le 11 février 2017 munie d'un visa court séjour. Le 3 juin 2021, elle a sollicité un certificat de résidence portant la mention " étudiant " sur le fondement du titre III du protocole annexé à l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968. Par un arrêté du 21 février 2022, dont Mme B D demande l'annulation, le préfet du Calvados a rejeté sa demande, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination.
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président () ".
3. Il a été statué sur la demande d'aide juridictionnelle présentée par Mme B D par une décision du 10 juin 2022. Ses conclusions tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire sont donc devenues sans objet. Par suite, il n'y a plus lieu d'y statuer.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne l'arrêté pris dans son ensemble :
4. Le préfet du Calvados a donné délégation de signature au chef du service de l'immigration, signataire de la décision contestée, par un arrêté du 27 avril 2022 qui a été régulièrement publié au recueil des actes administratifs le même jour et qui est consultable sur le site internet de la préfecture. Le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte doit dès lors être écarté.
En ce qui concerne la légalité de la décision portant refus de certificat de résidence :
5. Dès lors que les conditions dans lesquelles les ressortissants algériens peuvent être admis à séjourner en France sont régies de manière exclusive par l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, ceux-ci ne peuvent utilement invoquer les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile à l'appui d'une demande d'admission au séjour sur le territoire national. Toutefois, si l'accord franco-algérien ne prévoit pas, pour sa part, de semblables modalités d'admission exceptionnelle au séjour, ses stipulations n'interdisent pas au préfet de délivrer un certificat de résidence à un ressortissant algérien qui ne remplit pas l'ensemble des conditions auxquelles est subordonnée sa délivrance de plein droit. Il appartient au préfet, dans l'exercice du pouvoir discrétionnaire dont il dispose sur ce point, d'apprécier, compte tenu de l'ensemble des éléments de la situation personnelle de l'intéressé, l'opportunité d'une mesure de régularisation. S'il est ainsi toujours loisible au préfet d'y procéder à titre gracieux, celui-ci n'est pas tenu, en l'absence de dispositions expresses en ce sens, d'examiner d'office si l'intéressé remplit les conditions pour se voir attribuer un certificat de résidence au regard de considérations humanitaires ou de motifs exceptionnels.
6. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier, et notamment des termes de la décision attaquée, que le préfet du Calvados, sans s'estimer en situation de compétence liée, n'a pas entendu user de la faculté dont il dispose, au titre de son pouvoir discrétionnaire, d'examiner d'office si Mme B D remplissait les conditions pour se voir attribuer un certificat de résidence au regard de considérations humanitaires ou de motifs exceptionnels. Par suite, le moyen tiré de ce que le préfet du Calvados a entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation en ne lui accordant pas le certificat de résidence sollicité, dans le cadre de son pouvoir discrétionnaire de régularisation au titre de l'admission exceptionnelle au séjour, ne peut qu'être écarté.
En ce qui concerne la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
7. En premier lieu, en l'absence d'illégalité relevée à l'encontre de la décision portant refus de certificat de résidence, le moyen tiré de ce que la décision portant obligation de quitter le territoire français serait dépourvue de base légale ne peut qu'être écarté.
8. En deuxième lieu, si la requérante fait valoir que le préfet du Calvados a entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors que l'exécution de la mesure en litige compromettra la poursuite de ses études, elle ne démontre pas qu'elle sera dans l'impossibilité de reprendre ses études en France une fois son visa de long séjour obtenu ou qu'elle ne pourra suivre une telle formation dans son pays d'origine. En outre, il ressort des pièces du dossier que Mme B D est arrivée en France en 2017 à l'âge de dix-sept ans et s'y est maintenue en situation irrégulière pendant près de quatre ans à la date de la décision attaquée. Si elle indique vivre chez sa sœur et son beau-frère, elle ne justifie pas de l'ancienneté et de l'intensité des liens qui les unissent. En outre, la requérante n'établit pas qu'elle serait en situation d'isolement en Algérie, où elle a vécu jusqu'à ses dix-sept ans et où réside encore son père, de sorte que rien ne fait obstacle à ce qu'elle y poursuive sa vie alors qu'elle est célibataire et sans enfants. Par suite, la décision en litige ne peut être regardée comme entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de l'ensemble des conséquences qu'elle emporte sur la situation personnelle de l'intéressée.
En ce qui concerne la légalité de la décision fixant le pays de destination :
9. En l'absence d'illégalité relevée à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire, le moyen tiré de ce que la décision fixant le pays de destination serait dépourvue de base légale ne peut qu'être écarté.
10. Il résulte de tout ce qui précède que Mme B D n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 21 février 2022, par lequel le préfet du Calvados lui a refusé la délivrance d'un certificat de résidence, avec obligation de quitter le territoire français et fixation du pays de destination.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
11. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation de la requête, n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte présentées par Mme B D doivent être rejetées.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 :
12. Mme B D étant la partie perdante, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions qu'elle a présentées à ce titre.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions tendant à l'admission à l'aide juridictionnelle à titre provisoire de Mme B D.
Article 2 : La requête de Mme B D est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B D, à Me Wahab et au préfet du Calvados.
Délibéré après l'audience du 3 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Mondésert, président,
M. Berrivin, premier conseiller,
Mme Silvani, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 novembre 2022.
La rapporteure,
signé
C. C
Le président,
signé
X. MONDESERT
La greffière,
signé
A. LAPERSONNE
La République mande et ordonne au préfet du Calvados en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
la greffière,
A. Lapersonne
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026