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AccueilJurisprudence administrativeN° TA14-2301970

Tribunal Administratif de Caen — Décision N° TA14-2301970

mardi 9 janvier 2024

JuridictionTribunal Administratif de Caen
SectionTribunal Administratif de Caen
N° DossierTA14-2301970
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème Chambre
Avocat requérantBERNARD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés les 21 juillet, 8 septembre, 21 septembre et 7 novembre 2023, Mme D C, représentée par Me Bernard, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 23 juin 2023 par lequel le préfet de la Manche a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Manche de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 50 euros par jour de retard ou, subsidiairement, de réexaminer sa situation dans un délai de deux mois et, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de huit jours ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros à verser à son conseil au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou à lui verser directement dans l'hypothèse où l'aide juridictionnelle ne lui serait pas accordée.

Elle soutient que :

- l'arrêté a été signé par une autorité incompétente ;

- la décision portant refus d'un titre de séjour est entachée d'un vice de procédure dès lors qu'il n'est pas établi que l'avis du collège des médecins de l'office français de l'immigration et de l'intégration (OFII), qu'il appartient au préfet de produire, a été rendu conformément aux dispositions de l'article R. 425-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article 4 de l'arrêté du 27 décembre 2016 et qu'il comporte les mentions obligatoires prévues à l'article 6 du même arrêté ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire français est illégale du fait de l'illégalité de la décision refusant de délivrer un titre de séjour ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle méconnaît les dispositions du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- la décision fixant le pays de destination n'est pas motivée ;

- elle est entachée d'une erreur de fait ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et le dernier alinéa de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Par un mémoire enregistré le 25 août 2023, le préfet de la Manche conclut au rejet de la requête au motif que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.

Mme C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 28 novembre 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Sénécal,

- et les observations de Me Bernard, représentant Mme C.

Considérant ce qui suit :

1. Mme D C, ressortissante nigériane née le 20 avril 1982, est entrée régulièrement en France le 5 mai 2022. L'office français de protection des réfugiés et apatrides a rejeté sa demande d'asile par une décision du 29 juillet 2022, confirmée par la cour nationale du droit d'asile le 30 décembre 2022. Mme C a demandé, le 17 janvier 2023, un titre de séjour pour raison médicale sur le fondement de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par l'arrêté attaqué du 23 juin 2023, le préfet de la Manche a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination.

Sur le moyen commun à l'ensemble des décisions attaquées :

2. Par un arrêté du 2 mai 2023, publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture n° 23 du 3 mai 2023, le préfet du Calvados a donné délégation à Mme Perrine Serre, secrétaire générale de la préfecture de la Manche, à l'effet de signer " tous actes, arrêtés, décisions, circulaires, rapports, correspondances, requêtes juridictionnelles et documents relevant des attributions de l'Etat dans le département de la Manche ", à l'exception de certains actes dont ne font pas partie les décisions relatives au séjour des étrangers en France. Le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'arrêté attaqué doit, par suite, être écarté.

Sur les autres moyens soulevés à l'encontre de la décision portant refus de titre de séjour :

3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. () ". L'article R. 425-11 du même code et l'article 4 de l'arrêté du 27 décembre 2016 précisent que l'avis médical rendu par le collège des médecins de l'OFII est émis au vu, d'une part, d'un rapport médical établi, conformément au modèle figurant à l'annexe B de l'arrêté, par un médecin de l'office et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé. En application de l'article 6 de l'arrêté du 27 décembre 2016, cet avis doit comporter des mentions obligatoires, notamment, les éléments de procédure au stade de l'élaboration du rapport et de l'élaboration de l'avis. Par ailleurs, l'article R. 425-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile précise : " Le collège à compétence nationale () est composé de trois médecins, (). La composition du collège et, le cas échéant, de ses formations est fixée par décision du directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. () ". Enfin, l'article 5 de l'arrêté du 27 décembre 2016 et l'article R. 425-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile énoncent que le médecin ayant établi le rapport médical ne doit pas siéger au sein du collège des médecins chargé de prononcer un avis.

4. D'une part, il ressort des pièces du dossier que le collège des médecins de l'OFII a émis un avis sur la situation médicale de Mme C le 22 mai 2023 au vu du rapport médical du docteur A B, établi conformément aux dispositions de l'article 4 de l'arrêté du 27 décembre 2016 et sur la base des informations disponibles sur les possibilités pour Mme C de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans son pays d'origine. Si Mme C fait valoir qu'elle n'a pas reçu de convocation pour des examens complémentaires alors que le médecin rapporteur a coché les cases correspondant à sa convocation pour un examen médical et pour des examens complémentaires et que son traitement médical avait évolué, il ne ressort pas de pièces du dossier, et n'est d'ailleurs pas allégué, qu'elle aurait informé l'OFII de l'évolution de son traitement antihypertenseur et de l'augmentation de la charge virale de l'hépatite B. De même, la circonstance que le rapport mentionne que " selon autre ordonnance " le loxapac lui est prescrit, alors que trois ordonnances prescrivaient ce traitement, et qu'il ne détaille pas les conséquences du suivi psychiatrique et des perspectives quant au pronostic n'est pas de nature à entacher d'irrégularité ce rapport médical qui fait état des trois pathologies dont souffre Mme C, à savoir une hypertension essentielle primitive, une hépatite virale chronique B sans agent delta et un trouble dépressif récurrent avec un épisode actuel sévère.

5. D'autre part, il ressort des mentions portées sur l'avis du collège des médecins de l'OFII, qui comporte les mentions obligatoires énoncées par l'article 6 de l'arrêté du 27 décembre 2016, que le médecin rapporteur n'a pas siégé au sein du collège des médecins qui a rendu cet avis, l'avis comportant les mentions permettant d'identifier les trois médecins composant le collège et étant revêtu de leurs signatures. En outre, le directeur général de l'OFII, par une décision du 29 juin 2023 régulièrement publiée et consultable sur le site internet de l'OFII, a désigné les trois médecins signataires pour participer au collège de médecins de l'OFII, ainsi que le médecin rapporteur. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que l'avis du collège de médecins aurait été rendu dans des conditions irrégulières doit être écarté.

6. En deuxième lieu, lorsque le défaut de prise en charge risque d'avoir des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur la santé de l'intéressé, l'autorité administrative ne peut légalement refuser le titre de séjour sollicité que s'il existe des possibilités de traitement approprié de l'affection en cause dans le pays dont l'étranger est originaire et que si ce dernier y a effectivement accès. Toutefois, la partie qui justifie de l'avis d'un collège des médecins de l'OFII qui lui est favorable doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, l'existence ou l'absence d'un traitement approprié et effectivement accessible dans le pays de renvoi. Pour déterminer si un étranger peut bénéficier effectivement dans le pays dont il est originaire d'un traitement médical approprié, au sens de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il convient de s'assurer, eu égard à la pathologie de l'intéressé, de l'existence d'un traitement approprié et de sa disponibilité dans des conditions permettant d'y avoir accès, et non de rechercher si les soins dans le pays d'origine sont équivalents à ceux offerts en France ou en Europe.

7. Par son avis émis le 22 mai 2023, le collège des médecins de l'OFII a estimé que si l'état de santé de Mme C nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, elle peut, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans son pays d'origine, y bénéficier effectivement d'un traitement médical approprié et que son état de santé lui permet de voyager sans risque. Pour contester ces derniers points de l'avis, Mme C se borne à produire des ordonnances de prescriptions médicamenteuses et des comptes rendus d'examens médicaux qui ne se prononcent pas sur l'existence et l'accessibilité au Nigéria des soins que requiert son état de santé. Par ailleurs, la documentation à caractère général produite, en particulier celle établie en avril 2022 par l'agence européenne pour l'asile, précise que 57 % des centres de santé publique au Nigéria sont en mesure de délivrer des médicaments antihypertenseurs initiaux ou de suivi, 60 % de fournir des soins continus à long terme et que s'il existe des obstacles à l'accès aux services pour le traitement de l'hépatite B, en particulier s'agissant des vaccinations, l'accès aux soins est plus accessible dans les zones urbaines que dans les zones rurales. Si Mme C soutient que deux des molécules qui composent son traitement médical pour traiter son hypertension ne figurent pas sur la liste des médicaments disponibles dressée par le ministère de la santé nigérian et qu'il est difficile de se procurer la troisième molécule, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'elle ne pourrait pas bénéficier, dans son pays d'origine, d'un traitement avec des molécules équivalentes ni que son traitement médicamenteux ne pourrait être adapté. En outre, il ne ressort pas des pièces du dossier que les traitements médicamenteux prescrits pour soigner la dépression de Mme C ne sont pas disponibles au Nigéria. Enfin, il ne ressort pas des pièces du dossier que Mme C ne pourrait accéder effectivement aux soins et traitements que son état de santé exige. Il résulte de l'ensemble de ces éléments que le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

8. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale ". Il ressort des pièces du dossier que Mme C résidait sur le territoire français depuis treize mois à la date de la décision attaquée, qu'elle est célibataire et sans enfant à charge en France, que ses parents, sa sœur et ses frères résident au Nigéria et qu'elle y a vécu jusqu'à l'âge de 40 ans. Enfin, il ne ressort pas des pièces du dossier que Mme C aurait tissé des liens personnels et amicaux en France ni qu'elle y serait particulièrement intégrée. Dans ces conditions, la décision refusant de lui délivrer un titre de séjour ne porte pas à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs pour lesquels cette décision a été prise. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

9. En dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 8, le moyen tiré de ce que la décision attaquée serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.

10. Il résulte de ce qui précède que Mme C n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision refusant de lui délivrer un titre de séjour.

Sur les autres moyens soulevés à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

11. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit au point 10 que le moyen tiré de l'illégalité de la décision portant refus de séjour doit être écarté.

12. En deuxième lieu, en application des dispositions du second alinéa de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'obligation de quitter le territoire français qui accompagne la décision de refus de titre de séjour n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de cette décision. En l'espèce, la décision refusant de délivrer un titre de séjour à Mme C comportant les considérations de droit et de fait qui la fonde et étant, par suite, suffisamment motivée, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de la décision portant obligation de quitter le territoire doit être écarté et ce, alors même que cette décision ne mentionne pas que le collège des médecins de l'OFII a indiqué que l'état de santé de Mme C ne fait pas obstacle à ce qu'elle voyage, sans risque, vers son pays d'origine, ni ne fait état des traitements inhumains ou dégradants auxquels elle serait exposée en cas de retour dans son pays d'origine.

13. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : () 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié ". Pour les motifs exposés au point 7, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions doit être écarté.

14. En dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 8, les moyens tirés de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés.

Sur les autres moyens soulevés à l'encontre de la décision fixant le pays de destination :

15. En premier lieu, la décision attaquée vise, notamment, l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, mentionne le pays d'origine de Mme C, le Nigéria, et précise que l'intéressée n'allègue pas être exposée à des peines ou traitements contraires à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour dans son pays d'origine. Dans ces conditions, la décision fixant le pays de destination doit être regardée comme étant suffisamment motivée.

16. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier que par une décision du 29 juillet 2022 de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, confirmée le 30 décembre 2022 par la Cour nationale du droit d'asile, la demande d'asile présentée par la requérante a été rejetée. En outre, la demande de titre de séjour que Mme C a ensuite présentée au préfet le 17 janvier 2023 ne comporte aucune mention de traitements inhumains et dégradants subis ou auxquels elle serait exposée en cas de retour dans son pays d'origine. Enfin, il ne ressort pas des pièces du dossier, et n'est d'ailleurs pas allégué, que la requérante aurait transmis au préfet, postérieurement au dépôt de sa demande de titre de séjour, des éléments relatifs à de tels traitements inhumains et dégradants. Le moyen tiré de ce que le préfet a commis une erreur de fait en considérant qu'elle n'avait pas fait état de risques en cas de retour dans son pays d'origine doit être écarté.

17. En dernier lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ". Aux termes de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ".

18. Si Mme C soutient qu'elle sera exposée à des menaces en cas de retour dans son pays d'origine, en raison de son orientation sexuelle, les éléments qu'elle produit ne sont pas suffisamment probants pour établir la réalité des risques allégués. Par suite, ce moyen doit être écarté.

19. Il résulte de tout ce qui précède que Mme C n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 23 juin 2023 par lequel le préfet de la Manche a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination. Il y a lieu, par voie de conséquence, de rejeter les conclusions à fin d'injonction ainsi que celles de Me Bernard relatives aux frais de l'instance.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme D C, à Me Bernard et au préfet de la Manche.

Copie en sera adressée pour information au bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Caen.

Délibéré après l'audience du 12 décembre 2023 à laquelle siégeaient :

- Mme Macaud, présidente,

- Mme Sénécal, première conseillère,

- Mme Créantor, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 janvier 2024.

La rapporteure,

SIGNÉ

I. SENECAL

La présidente,

SIGNÉ

A. MACAUD

La greffière,

SIGNÉ

E. BLOYET

La République mande et ordonne au préfet de la Manche en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

E. BLOYET

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