vendredi 7 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Caen |
| Section | Tribunal Administratif de Caen |
| N° Dossier | TA14-2302938 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | SCHLOSSER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 11 novembre 2023, le 6 décembre 2023 et le 15 avril 2024, M. B D et Mme E A, représentés par Me Schlosser, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) de les admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler la décision implicite du 11 septembre 2023 par laquelle le préfet du Calvados a refusé la délivrance d'un titre de séjour ;
3°) d'enjoindre au préfet du Calvados de leur délivrer un récépissé de dépôt de demande de titre de séjour avec autorisation de travailler dans un délai de cinq jours à compter de la notification du jugement à intervenir et de réexaminer leur situation dans le délai de dix jours à compter de la date de notification du jugement à intervenir, l'ensemble sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Ils soutiennent que :
La décision de refus de titre de séjour :
- n'est pas motivée ;
- méconnaît l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- méconnaît l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
La décision portant refus d'enregistrer leur demande de titre de séjour :
- méconnaît les articles R. 431-10 et R. 431-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- est entachée d'erreurs de fait et de droit, le dossier présenté étant complet.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 avril 2024, le préfet du Calvados doit être regardé comme concluant à l'irrecevabilité de la requête de Mme A et au rejet de la requête de M. D.
Il soutient qu'aucune demande de titre de séjour n'a été reçue au nom de Mme A, qu'une décision de refus d'instruction du dossier s'est substituée à la décision implicite de refus de titre de séjour et que les moyens soulevés par M. D ne sont pas fondés.
M. D et Mme A ont été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par deux décisions du 20 février 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Martinez,
- et les observations de Me Courset, substituant Me Schlosser, représentant M. D et Mme A.
Le préfet du Calvados n'était ni présent ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. M. B D et Mme E A, ressortissants bangladais, déclarent avoir sollicité le 11 mai 2023 la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par une décision implicite du 11 septembre 2023, dont il est demandé l'annulation, le préfet du Calvados a refusé de délivrer le titre demandé. Par une décision du 25 mars 2024, le préfet du Calvados a, en dernier lieu, informé M. D de son refus d'examiner la demande de titre de séjour en raison de son irrecevabilité, du fait de l'incomplétude de son dossier et de l'absence de légalisation de l'acte de naissance transmis.
Sur la demande d'aide juridictionnelle provisoire :
2. M. D et Mme A ont été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle par deux décisions du 20 février 2024, Par suite, il n'y a pas lieu de statuer sur leurs conclusions à fin d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle.
Sur les fins de recevoir soulevées en défense :
3. En premier lieu, si Mme A soutient avoir déposé une demande de titre commune à celle de son conjoint le 11 mai 2023, il ressort des pièces du dossier, et l'absence de copie de la demande, que le document attestant du dépôt en recommandé postal avec accusé de réception ne mentionne que le nom de M. B D. En conséquence, la fin de non-recevoir tirée de l'absence de décision attaquée concernant Mme A doit être accueillie. Dès lors, les conclusions présentées par Mme A doivent être rejetées comme étant irrecevables.
4. En second lieu, aux termes de l'article R. 431-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui demande la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour présente à l'appui de sa demande : / 1° Les documents justifiants de son état civil ; / 2° Les documents justifiants de sa nationalité ; / 3° Les documents justifiants de l'état civil et de la nationalité de son conjoint, de ses enfants et de ses parents lorsqu'il sollicite la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour pour motif familial / La délivrance du premier récépissé et l'intervention de la décision relative au titre de séjour sollicité sont subordonnées à la production de ces documents () ". Aux termes de l'article R. 432-1 du même code : " Le silence gardé par l'autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet ". Aux termes de l'article R. 432-2 de ce code : " La décision implicite de rejet mentionnée à l'article R. 432-1 naît au terme d'un délai de quatre mois () ".
5. Il résulte des pièces du dossier que M. D avait transmis, à l'appui de sa demande de titre de séjour, un acte de naissance. Le préfet, qui se borne dans ses écritures en défense à faire état d'un courrier du 25 mars 2024 postérieur à l'introduction de la requête et sollicitant de la part du requérant son acte de naissance, n'établit pas que le dossier aurait été incomplet au regard des pièces exigées par les dispositions précitées du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le silence gardé par le préfet du Calvados sur la demande de titre de séjour enregistrée le 11 mai 2023 a fait naître une décision implicite de rejet susceptible de recours. Dès lors, la fin de non-recevoir opposée en défense, tirée de l'absence de décision implicite de rejet, doit être écartée.
Sur les conclusions aux fins d'annulation dirigées contre la décision implicite de refus de séjour :
6. La décision de refus de titre de séjour doit être motivée en vertu de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration. Aux termes de l'article L. 232-4 du même code : " Une décision implicite intervenue dans les cas où la décision explicite aurait dû être motivée n'est pas illégale du seul fait qu'elle n'est pas assortie de cette motivation. Toutefois, à la demande de l'intéressé, formulée dans les délais du recours contentieux, les motifs de toute décision implicite de rejet devront lui être communiqués dans le mois suivant cette demande ".
7. Il ressort des pièces du dossier que le préfet du Calvados, par une décision implicite du 11 septembre 2023, a rejeté la demande de M. D. Par courrier du 26 octobre 2023 et reçu en préfecture le 4 novembre 2023, le requérant a sollicité la communication des motifs de cette décision implicite. A la date du 4 décembre 2023, le préfet du Calvados n'a pas communiqué les motifs sollicités. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être accueilli.
8. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête, que la décision implicite du préfet du Calvados doit être annulée.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
9. L'exécution du présent jugement implique que la demande de M. D soit réexaminée sur le fondement de l'article L. 911-2 du code de justice administrative. Il y a lieu, par suite, d'enjoindre au préfet du Calvados de procéder à ce réexamen dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 :
10. M. D a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Schlosser, avocate de M. D, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Schlosser de la somme de 1 000 euros.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions à fin d'admission à l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : Les conclusions présentées par Mme A sont rejetées.
Article 3 : La décision du 11 septembre 2023 du préfet du Calvados est annulée.
Article 4 : Il est enjoint au préfet du Calvados de procéder au réexamen de la demande de M. D dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 5 : Le surplus des conclusions est rejeté.
Article 6 : L'Etat versera à Me Schlosser une somme de 1 000 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Schlosser renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.
Article 7 : Le présent jugement sera notifié à M. B D et Mme E A, à Me Schlosser et au préfet du Calvados.
Délibéré après l'audience du 23 mai 2024, à laquelle siégeaient :
M. Cheylan, président,
M. Martinez, premier conseiller,
Mme Groch, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 juin 2024.
Le rapporteur,
Signé
P. MARTINEZ
Le président,
Signé
F. CHEYLAN
La greffière,
Signé
C. BÉNIS
La République mande et ordonne au préfet du Calvados en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
C. Bénis
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026